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Des souris vertes

Petites réflexions autour d'une pratique écologique du numérique



Actualité


La Programmation Responsable (1) : Ce dossier tu liras
Date 16/10/2017
Ico Dossier
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"Le chêne

Ne fait pas attention aux fleurs

Une pose"


Matsuo Bashõ (1644-1695)


Diantrebleu et palsembouille. Dites moi que je rêve. Après nous avoir traîné dans un précédent dossier de semaines en semaines, mis les lecteurs comme votre pimpant serviteur au bord de l'épuisement nerveux devant cette avalanche de conseils tous plus pertinents les uns que les autres, voilà que l'on récidive illico presto à la rédaction des souris vertes avec un nouveau dossier qui promet d'être encore plus dense. Mais que fait la police ?


Ah, chers amis, je comprends votre désarroi, mais figurez-vous que les souris vertes se sont données pour tâche de sauver le monde, pas moins, et que nos beaux dossiers, jusqu'ici, ne visaient pas un public pourtant essentiel si l'on souhaite endiguer la fonte des glaciers et ne pas franchir la barre fatidique des 14 degrés de réchauffement, j'ai nommé celui  des Gentils Programmeurs (GP pour les intimes). Oui, ami informaticien, programmeur du dimanche, du lundi, ou des autres jours, codeur furieux, hacker curieux, développeur industriel, ce dossier est pour toi. Les autres peuvent rester aussi, hein, ne serait-ce que pour admirer nos magnifiques haïkus, nos dessins bientôt exposés au Louvre ou rigoler un bon coup à toutes ces blagues et ces conseils auxquels ils n'entravent que pouic.


Alors, tu connais déjà la Programmation Objet ? Tu maîtrises comme un champion la Programmation Impérative ? La Programmation Par Contraintes n'a plus de secrets pour toi, tu manges de la Programmation Système tous les jours au petit déjeuner, et tu utilises la Programmation Fonctionnelle du soir au matin d'une seule main et les yeux bandés ? Peut-être même es-tu déjà passé maître dans l'art de la Programmation Avec Les Pieds, rejoignant avec bonheur le club très à la mode et bien densément peuplé des développeurs appliquant cette technique ancestrale ? Il est cependant quasi certain que tu ne connais pas encore la Programmation Responsable, ce concept révolutionnaire que viennent d'inventer les souris vertes toutes seules dans leur jardin et qu'elles offrent au monde dans un élan d'une générosité inouïe et sans supplément d'achat.


Oui, constatons-le et déplorons-le dans un grand soupir navré, malgré l'escalade au matériel toujours plus performant, au stockage toujours plus massif, au réseau toujours plus câblé, nos bonnes vieilles machines continuent à prendre de longues minutes pour ouvrir notre courrier électronique ou afficher la photo de notre chat, et soufflent à la moindre tâche à accomplir. Les ordinateurs rament, inertent, traînent, pagaient et écopent sans relâche, à contre-courant et avec le dynamisme alerte de la limace à l'heure de la sieste. Comment se fesse, se demandera-t-on sans mauvaise pensée ? La seule explication plausible à ce paradoxe incroyable est que les applications et les systèmes d'exploitation Grand Public sont développés massivement Avec Les Pieds (TM), et parfois avec d'autres parties de notre anatomie pas beaucoup plus adaptées à la tâche, et certainement pas dans un souci d'économie, de simplicité et de besoin circonscrit et juste comblé. Et pourquoi donc s'enquiquiner, quand précisément le moindre téléphone portable dispose désormais de la capacité du super calculateur d'il y a 10 ans, et quand le bon peuple est toujours prêt à racheter mémoire, gros disque, super processeur, pour faire toujours la même chose (bureautique, internet, multimédia) mais en consommant plus de ressources ?


Trop c'est trop, et réciproquement


Oui, il suffit, et aux Souris Vertes nous disons STOP. Stop à la paresse de la dépense inutile, de la ressource gaspillée, de la réflexion inachevée, tout ça pour soi-disant gagner du temps et au final en faire perdre aux autres. Et, nous le revendiquons bien fort, ce qui fait le sel de la programmation, ce n'est pas d'écrire du code qui marchouille une fois sur deux, mais d'écrire du code qui fuse, qui bondit, qui trépigne, aérodynamique, élégant et simple à la fois, de la pure pensée en action, du condensé d'esprit transmis directement à la machine, la beauté cristalline et l'équilibre fragile et parfait de l'octet bien ordonné.


La programmation, ce n'est pas de la routine et du code au kilomètre, c'est de la création, de l'intuition, c'est résoudre 250 problèmes par jour et trouver des solutions toujours plus ingénieuses pour faire faire à la machine ce que l'on a rêvé tout haut. C'est construire des ponts, soulever des montagnes, balayer des nuages, tout ça sans se lever de sa chaise. C'est la possibilité de déployer toute l'étendue de son imagination et répondre sans relâche à la question : comment ? Comment aller d'un point à un autre, comment faire faire à un ordinateur, dont on devra convenir qu'il est gentil mais pas bien malin, n'en déplaise aux tenants de l'intelligence artificielle et des Réseaux de Neurones Partout, une tâche complexe, en un minimum de temps et avec un minimum de ressources ?


Et, comble de cerise sur le baba au rhum, il se trouve que, contrairement à bien d'autres domaines de création où il faut faire face à de la matière brute, et donc à des impondérables, l'informatique nous offre cet espace sans contrainte et ouaté de la perfection des conditions d'éxécution : tout est reproductible, anticipable, contrôlable, le seul facteur d'erreur et d'irrationalité est celui qui nous glissons par mégarde dans l'engrenage.


Bref, nous n'avons aucune excuse, et c'est avec une exigence implacable que nous allons dérouler notre super nouveau grand dossier, car programmer, oui, ach ja, claro que si, shi, absolument et tout à fait, mais pas n'importe comment et pour faire n'importe quoi. Précisons tout de même que nous ne sommes pas des experts absolus, ultimes et patentés de la question, simplement nous avons sans doute consacré un peu de plus de réflexion à la manière de programmer de manière écologique que la plupart, aussi nous nous permettrons de dispenser nos conseils sans retenue et avec la nuance subtile de l'éléphant dans un magasin de porcelaine qui nous caractérise lorsqu'un sujet nous tient à coeur.


Mais qu'est-ce donc que cette Programmation Responsable que nous promettons à grand frais ? On ne va pas tout de même pas se quitter sans en avoir esquissé les contours, après avoir fait saliver le bon peuple sur cette notion fantastique ? A vrai dire, programmer de manière écologique et reponsable reviendra souvent à programmer de manière efficace, donc à optimiser les ressources consommées pour faire ce que l'on a décidé de faire. Mais pas que, quand même, parce qu'il y a des choses qui ne sont pas optimisables, des problèmes mal posés ou des besoins exorbitants qu'il s'agira aussi de ne pas chercher à satisfaire à coup de silicium et d'octets dans le réseau.


Prêt à embarquer dans notre prochaine aventure ? Attention, accrochez-vous et faites briller votre plus bel insigne de Chamois d'Or, car on ne fera pas de révision sur les concepts et de tutoriel pas à pas pour les débutants sympathiques et curieux, qui devront se mettre à niveau sans notre aide. Allez zou, on se lance avec un petit haïku optimal de circonstance :


"Toujours plus court

Le chemin

qui me ramène à toi"


Midoriro no Mausu (la Souris Verte)



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Mes données dans le cloud : écologique ou pas ?
Date 05/10/2017
Ico Réseau
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Les souris vertes et le Nuage


"Froid printanier

Dans l’eau des rizières dérive

Un nuage sans racine"


Tanaka Hiroaki

N'est-il pas incroyable de penser que, dans toute la masse d'articles magnifiques que nous ont livrés les souris vertes, pas un seul, non, même un seul, ne traite d'un thème qui est pourtant l'alpha et l'omega, le lambda et le zeta et tout le reste de l'alphabet grec de l'informatique d'aujourd'hui ? Est-ce à dire que nos souris vertes, recluses au fond de leur jardin, ont réussi à échapper au raz-de-marée du Cloud A Toutes Les Sauces ? Absolument non, et ce n'est pas qu'elles n'ont rien à dire sur le sujet, mais bien plutôt qu'elles attendaient leur heure pour régler une fois pour toute son compte à ce gros prétentieux.


Il faut dire que, côté promesses à gogo, le petit nuage se pose-là. A en croire certains, il permettrait de protéger le badaud de sa bêtise crasse et de sa gestion anarchique des données, en offrant un horizon parfaitement éthéré de l'octet qui flotte gentiment au-dessus des contingences humaines, en abondance, toujours prêt comme le plus serviable des scouts, et parfaitement inodore et incolore, plus écologique encore que votre voiture à pédale ou votre chemise en vrai chanvre biologique, équitable et cultivé à moins de trente mètres. Comme la fameuse potion du bonimenteur de Lucky Luke, le Cloud est capable de guérir le cancer, de faire reculer la faim dans le monde, d'arrêter les guerres, de construire des écoles pour les petits enfants et de punir les méchants quand ils sont trop méchants.


Bon, il y aurait beaucoup à dire sur le Cloud et son marketing tout-terrain, mais nous allons aujourd'hui nous concentrer sur une question cruciale : est-il, oui ou non, ou les deux, plus écologique d'avoir ses données dans le Cloud ? Certains universitaires bien en vue n'hésitent pas à brandir cet argument à tort et à travers, fort de leur autorité patentée, et on ne discute pas s'il vous plaît. Eh bien aux Souris Vertes, on aime la discussion et, pour gâcher tout de suite le suspense haletant qui commençait à poindre dans cet article, on pense très nettement et très franchement que c'est du pipeau. Pfuit pfuit. Nous allons donc nous efforcer de vous expliquer, avec toute la science du Professeur Souriso et des derniers travaux en date de son équipe de pointe, pourquoi le conte du Gentil Nuage est une vaste fumisterie, et probablement la plus belle machine à polluer produite ces dernières années.



Gentil cirrostratus ou cumulonimbus sauvage ?


Il convient, avant d'aborder le fond du problème, de présenter un peu ce qu'on appelle le Cloud. On remarquera que la plupart des gens qui n'ont que ce mot à la bouche se gardent bien de le définir, les petits malins. Il faut dire que la poésie du vocable s'en trouverait assez rapidement affectée. Qu'est-ce donc qu'on entend pas ce terme ? Des volontaires parmi les souris pour répondre, peut-être ? Ah, une réponse excessivement pertinente à ma droite,  on me dit que le Cloud, ça n'existe pas. Pas pour dire que c'est virtuel et donc que ça n'a aucune matérialité, non non, mais pour dire que ce concept est totalement creux.


En effet, me complète la souris, le Cloud, c'est tout simplement stocker des programmes et des données sur des serveurs informatiques. Grand dieu, ça serait une sacré révolution si ça ne faisait pas déjà 40 ans qu'on faisait comme ça. Mais en vérité, s'il faut maintenant mettre un nom guilleret sur cette pratique qui ne nous fera pas tomber de notre chaise, c'est qu'il faut entendre dans cette idée un projet totalitaire assez impressionnant : le Cloud, c'est stocker toutes vos données et tous vos programmes sur NOS serveurs, dans un souci unique et constant de votre bien-être bien entendu.


Concrètement, le Cloud c'est donc un appel massif à se déresponsabiliser totalement de la manière dont sont hébergées nos données ou applications en mettant le tout dans un gros nuage dont on ne cherchera surtout pas à savoir comment il fonctionne. Autant dire qu'on est assez loin de l'éthique des souris vertes en la matière, elles qui militent pour que les gens prennent en main leur consommation numérique et tâchent de la circonscrire à leurs besoins réels. Evidemment, seuls les plus naïfs ou les moins intéressés par les conséquences de leurs actions réussiront à se persuader que cette petite opération est totalement sans impact, car plutôt que dans l'air pur et vivifiant de l'octet virevoltant, c'est bien qu'ils finiront dans des batteries de serveurs énormes alimentés par des centrales au charbon d'une taille conséquente, ou par d'autres sources d'énergie tout aussi réjouissantes, et refroidis par des climatisations à côté desquelles le petit confort thermique sur lequel on s'efforce de rogner dans son salon pour sauvegarder le climat de la planète paraît bien futile.



Sauve qui peut


Ne jetons pas trop vite l'anathème sur notre pimpant phénomène météo-informatique, car il y a des justifications relativement pertinentes au fait de vouloir stocker nos petites affaires dans ce grand placard informe. En effet, les serveurs sont gérés par des professionnels voyez-vous, ce que vous n'êtes certes pas, qui vous garantissent donc que vous ne perdrez jamais le moindre octet, même en cas de guerre thermo-nucléaire. Et, pour couronner le tout, vos données sont disponibles tout le temps et de partout, avec n'importe quel appareil ! Alors, cher Professeur Souriso, on arrête la polémique et on court vite se créer un compte FesseGueule ?


Avant de nous jeter à corps perdu dans le ciel magnifique du petit nuage moutonnant, examinons un peu l'alternative à ces belles propositions. Nous parlerons plutôt, n'est-ce pas, d'y placer nos données personnelles, ce qui concerne tout de même nettement plus de monde que le fait d'héberger des applications ou des sites web. S'il s'agit donc de faire une sauvegarde, c'est vrai que la promesse de ne jamais perdre nos affaires est assez séduisante. En effet, les hébergeurs utilisent en général des techniques de duplication et de distribution des copies qui garantissent qu'aucune panne ou mort subite d'un disque ne saurait nous être fatale.


Les lecteurs attentifs de notre magnifique article sur la manière de ne pas perdre ses données se souviendront que nous avons donné une solution parfaitement équivalente et qui n'implique pas d'aller loger ses données à plus de quelques mètres, à savoir la sauvegarde sur un disque dur externe, ou même plusieurs si on est paranoïque et terrorisé par la moindre perte d'octets. Il existe même des manière de monter des disques dur en parallèle dans votre ordinateur pour qu'ils soient des miroirs parfaits, et donc qu'on puisse en perdre un sans même s'en rendre compte car tout continue à rouler doucement (c'est très exactement une des techniques supposément savante et experte utilisée par nos professionnels du Cloud).


Donc, si c'est réellement pour n'avoir aucun risque de perdre ses données, aucune raison spéciale de passer par le nuage si ce n'est la paresse de gérer soi-même ses petites sauvegardes. Notons qu'en contrepartie, vos photos, courriers, films de vacances et autres auront le bonheur de ne pas être analysés dans le but de proposer des profils de consommation toujours plus affinés à l'ensemble de l'humanité, même si tout le monde ne semble pas également sensible à ces arguments de privauté de la vie privée.



Pouvoir être partout nulle part


Le deuxième argument choc en faveur du nuage est son accessibilité radicalement totale de partout et par n'importe quel moyen. Hop, toutes mes données sont sur mon compte YouplaBox et je peux y accéder même depuis les toilettes avec le téléphone de ma copine (on ne vous demandera pas ce que vous faites aux toilettes avec le téléphone de votre copine, après tout ça ne regarde que vous). Alors là il faut s'incliner, car notre solution paraît minable à côté, puisqu'on ne va pas transporter son disque dur externe partout avec soi, et en plus ça ne fonctionne qu'avec un ordinateur. Et même s'il existe de nos jours des cartes mémoire minusculissimes ou des clés USB de capacité hippopotamesque, c'est décidément impensable d'en emporter une partout où l'on va, surtout que l'on risquerait bien de finir par abîmer le support et ainsi perdre l'intérêt de notre belle sauvegarde qui doit survivre à tout.


Donc là il nous faut nous incliner, échec et matelas, nous voilà bien marrons devant cet argument imparable de la disponibilité. Vraiment ? Mais si vous êtes convaincu, c'est que vous n'avez pas derrière vous la souris à lunettes qui vous souffle un contre-argument de poids. En effet, l'hypothèse de l'accessibilité permanente à vos données suppose implicitement :

1 - la possession d'un appareil capable de lire lesdites données et simultanément d'aller les chercher sur le réseau,

2 - la présence d'une connexion réseau dans votre environnement immédiat suffisamment sympathique et robuste pour supporter ce petit échange de bons procédés

3 - la présence d'un ou plusieurs serveurs prêts à répondre à vos besoins, malgré des sollicitations concurrentes venant du monde entier


Les partisans du Cloud nous garantissent que le point 3 est toujours satisfait, mais malgré leur bel optimisme les problèmes de réseau à grande échelle et de serveurs indisponibles sont des événements relativement courants. Ainsi, une mauvaise conjoncture mondiale des infrastructures réseau et pif, plus de photos de vacances. Mais c'est surtout sur les points 1 et 2 qu'on ne saurait rien vous promettre, car la pérennité de vos petits appareils électroniques et celle de votre connexion internet locale ne dépend que de votre compétence personnelle et de votre degré de malchance. Bien plus que la mort tragique de votre dernier appareil numérique disponible, c'est bien évidemment l'impossibilité d'accès au réseau qui est le problème le plus fréquent et le plus probable. Evidemment, la prolifération des antennes relais, réseaux OuiFils et autres accès publics vous permettront sans doute de vous en sortir en changeant de décor, mais à condition de s'assoir avec bonheur sur toute notion de sécurité et de confidentialité de vos données personnelles, car dans ces conditons n'importe quelle personne un minimum outillée peut venir écouter tout ce que vous faites. Eh oui, on ne dialogue pas impunément sur des réseaux ouverts à tous en pensant qu'on est seul au monde.


A côté de tout cela, notre petite solution de la donnée portative a le charme d'être accessible sans besoin d'accès au réseau, et toujours dans des conditions contrôlées sur qui peut voir quoi, où, quand, comment et à combien. Et puis, pour terminer sur cette question, qui a vraiment besoin d'avoir sous la main au moindre instant ses petites données numériques ? Franchement, vous regardez vos photos de mariage tous les jours, vous ? Vous pourriez peut-être vous passer quelques jours de ce film de vacances où l'on vous voit vous promener au milieu des souris vertes, ou bien de votre dernier relevé de gaz soigneusement archivé numériquement ? Surtout que, comme nous allons le voir, ce petit confort de la donnée toujours sous le coude n'est pas sans conséquence, ça serait trop beau.



Et ça coûte combien ?


Il faudrait tout de même finir par se poser cette question, car enfin les grosses multinationales mondialisées qui offrent leur service de Cloud ne le font pas par bonté d'âme et pour rendre service à l'humanité. Ni pour vos beaux yeux de souris vertes, même si c'est triste à entendre. D'une manière ou d'une autre, elles doivent donc en tirer un profit, et celui-ci arrive, comme toujours en informatique, sous 3 formes possibles :

- vous payez directement pour ce service magique. Au moins ça a le mérite d'être clair, et suit le principe de "c'est çui qui paie qui paie", autrement dit vous assumez la responsabilité pécuniaire de vos pratiques numériques, même si l'état injecte de son côté quelques deniers dans la maintenance des gros tuyaux de communication, pour le plus grand bonheur des gros consommateurs de nuage en gelée.

- c'est gratuit pour vous, mais grevé de pubs et autres offres commerciales quand vous accédez à vos données. Bon, pourquoi pas, vous payez aussi indirectement le service  par ces nuisances publicitaires bien pénibles.

- c'est gratuit et on ne vous demande rien, pas de pub à l'horizon, l'air est pur sous un ciel azuré et serein. En général c'est là que ça sent le roussi : vous pouvez être sûr que vos données sont utilisées à des fins commerciales, et pillées ou revendues sans merci pour rapporter un subside confortable à votre hébergeur si généreux.

Evidemment, ces 3 méthodes ne sont pas incompatibles entre elles, et il n'y a pas de raison pour qu'une entreprise peu scrupuleuse vous fasse payer, mais en profite également pour valoriser vos données dans votre dos, pour le dire bien poliment.


Bon, mais tout ça n'est que le coût plus ou moins direct lié à votre choix d'utiliser le cumulus informaticus, et la souris verte à lunettes tape du pied depuis un moment, car nous avons passé sous silence le vrai coût, celui qui devrait vous faire renoncer immédiatement à ces viles pratiques de la donnée à distance, à savoir bien sûr le coût environnemental associé.


Car, comme toujours lorsque l'on veut faire les choses de la manière la plus générale, la plus simple d'esprit, la moins réfléchie possible, et en se moquant éperdument du contexte, on aboutit à des absurdités écologiques. En effet, rappelez-vous, le Monsieur Cloud doit nous garantir pérennité et disponibilité des données à tout prix. Et est-il capable de savoir si votre fichier est un vieux film inutile que vous ne regarderez plus jamais ou bien LA copie de votre diplôme de fin d'études que vous ne pouvez surtout pas perdre ? Certes non. Du coup, il va appliquer la bonne vieille méthode du Je Mets Le Paquet pour le moindre fichier que vous déposez sur un serveur. Non seulement celui-ci sera recopié sur plein de disques, et plein de serveurs, pour être sûr de ne pas être perdu, mais en plus il sera soigneusement gardé en état d'alerte permanent pour être disponible à la moindre milliseconde. On oublie donc toute forme d'archivage ou de compression intelligente, ou de stockage sur des supports inertes, les gros serveurs de notre hébergeur tournent à plein régime 24h/24 pour pouvoir vous restituer une donnée dont vous avez peut-être vous-même oublié l'intérêt et l'existence.


Remarquons la différence de taille avec le fait d'avoir ses données sur sa propre petite machine : quand votre machine est éteinte et que vous dormez, elles ne génèrent aucune consommation. C'est encore plus vrai pour le disque dur externe, qui ne demande son petit 5V en usb que lorsque vous le branchez, soit juste quand vous avez besoin des données en question. Sans compter que la consommation d'un périphérique USB ou d'un disque dur interne est totalement négligeable devant celle des serveurs monstres des géants du Cloud et de toute l'infrastructure réseau nécessaire à cette Pratique Moderne Incontournable.


Vous l'avez compris, utiliser le Cloud c'est sortir la grosse Bertha pour écraser une mouche, et consommer de l'eléctricité au terawatt de manière totalement superflue, aussi vous entendrez notre circonspection devant les discours qui préconisent que l'univers entier doit s'y précipiter sans attendre.



Loin des yeux, loin du schtroumpf


Il nous faut aborder le sujet de la dernière thèse en date issue des travaux du Professeur Souriso, j'ai nommé "Analyse et conceptualisation de l'Effet Rebond à travers l'exemple du stockage des données personnelles dans le Cloud". Dans un grand élan de générosité, je vous épargne le jargon et les graphiques abscons, notre estimé professeur n'ayant pas toujours la plume sobre et percutante de votre serviteur, pour vous en livrer la substantifique moelle osseuse du squelette dans le placard : le Cloud participe, et pas qu'un peu, à ce que l'on appelle communément l'effet rebond (boum). Mais si si, vous connaissez, nous avons déjà rencontré ce concept à maintes reprises dans nos précédents articles, et sur bien des sujets différents. Il dit tout simplement que pour certains phénomènes, les gains d'efficacité ne viennent pas faire baisser la consommation totale, mais au contraire l'encouragent. Par exemple, le fait de produire des voitures qui consomment moins d'essence ne fait pas baisser la quantité totale d'essence consommée, bien au contraire : les gens en profitent pour rouler davantage.


Avec notre bonne vieille branche de nuage, le principe est le même, du moins c'est ce que nous prétendons aux souris vertes, libre à qui veut de venir nous démontrer que c'est faux. On encourage les gens à mettre leurs données dans le Cloud, sur des espaces dédiés dont la capacité est tout simplement gigantesque. Résultat, vu que c'est facile et gratuit, ou presque, on en profite pour y mettre tout et n'importe quoi sans se poser de question et sans jamais ranger sa chambre. Evidemment, s'il fallait gérer nous-même la sauvegarde de nos montagnes de données, on finirait peut-être par y regarder de plus près car tout cela prend du temps et nécessite du matériel pas forcément bon marché.


Bref, comme le Cloud est cette espèce de corne d'abondance qui n'a jamais de fond, et que nos données ne nous enquiquinent plus pour prendre toute la place disponible sur notre petit stockage local, on en profite pour en stocker des tonnes sans se faire mal au dos. Donc, en encourageant les gens à tout ranger dans le Cloud, on encourage aussi la surconsommation frénétique et sans limite. Et comment les gens pourraient-ils raisonnablement s'en fixer, quand justement l'argument principal en faveur du Cloud est de dire qu'il n'y aucune limite nulle part pour rien de rien ?



Conclusion : que faire du cloud ?


Il est temps de conclure cette petite diatribe anti nuage toxique. Que peut-on donc mettre dans le fameux nuage, et comment ? Malgré tout ce que nous avons pu écrire, il faut tout de même avouer qu'il offre certains avantages dont il serait dommage de se passer, et donc que plutôt que de ne pas s'en servir du tout, apprendre à s'en servir à bon escient serait de bon aloi.

A vrai dire, vous utilisez déjà le Cloud sans le savoir et depuis longtemps, pour tous les services de messagerie. En effet, il ne vous aura pas échappé que vos messages électroniques, quel que soit le terminal que vous utilisez, restent disponibles sur le serveur de messagerie et visibles autant de fois que vous le souhaitez. C'est que le protocole de réception de messages qui s'appelle l'IMAP est en fait une préfiguration de ce qu'on nous vend aujourd'hui à toutes les sauces avec le joli nom marketing qui ne veut rien dire. Pour ceux qui se souviendraient du protocole de messagerie qui le précédait, dont même Microsoft a réussi à se défaire récemment après des décennies à traîner du pied, dès qu'on lisait un mail bim, il était téléchargé sur votre appareil et plus jamais disponible ailleurs que sur ledit appareil.

Eh bien voilà pour nous une illustration parfaite de l'utilité du Cloud, car disons-le franchement le comportement précédent était une plaie s'agissant du courrier électronique. Donc, oui, les Souris Vertes plébiscitent l'IMAP et aiment quand la messagerie glisse sur un beau nuage ouaté. En contrepartie, elles inondent régulièrement le public d'articles sur les manières de gérer ses messages électroniques, car tout ceci, on ne le répètera jamais assez, a un coût environnemental non négligeable qu'il s'agit au moins de contrôler un minimum.


Une autre application est de mettre en partage des fichiers ou dossiers accessibles par une petite, ou grande, communauté. Là, évidemment, le fait que tout soit sur un serveur centralisé permet que tous puissent disposer des dernières données à jour, et évite aussi que chacun doive gérer sa petite copie personnelle de la même chose (même si, encore une fois, une telle copie ne fait que prendre une place sur du stockage inerte la plupart du temps, donc sans coût environnemental réel). C'est d'ailleurs le cas de tous les projets open source, dont le code est disponible en ligne pour être revu, amendé et corrigé par tous les collaborateurs qui le souhaitent, une bien belle idée. Mais tout ceci reste conditionné au fait que l'on n'en mette pas des tartines, n'est-ce pas, il y a un monde entre quelques mega octets de code et une collection intégrale de vidéos à la demande.

Pour tout autre type d'usage, très honnêtement nous peinons à voir l'intérêt du Cloud. Soit il s'agit de données hyper importantes voire vitales à notre survie en société, que nous ne souhaiterions pas vraiment voir gérées par une grande firme transnationale sur des serveurs distants de milliers de kilomètres, tant qu'à faire, soit il s'agit de données d'intérêt secondaire, et dans ce cas on survivra très bien d'attendre d'être chez soi pour les lire, ou de devoir emporter notre petit support externe copain qui les contient.

Mais c'est à chacun de trouver sa manière de gérer ses données personnelles, nous ne prétendons pas imposer notre hygiène informatique personnelle à la terre entière. Nous espérons tout de même que certains, voire l'ensemble de nos arguments vous auront convaincu que, d'une part, le cloud n'est pas nécessaire à la vie sur terre, et que, de l'autre, il est tout sauf écologique comme certains le laissent entendre. Maintenant, à vous de construire votre propre pratique quotidienne de la donnée informatique.

Et, sur ce, on vous souhaite bon vent, car il est temps pour nous de retourner regarder les nuages, les vrais, ceux qui ont des formes rigolotes et changeantes. Tiens, j'en vois justement un qui a une forme de souris verte !

"Il y a toujours

Du Soleil

Au-dessus des nuages"


Richard Clayderman (1990)

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Au secours, mon ordi est lent ! (8) : J'apprends à reconnaître et changer le matériel
Date 26/09/2017
Ico Dossier
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"Neige légère

Si je souriais

Je me changerais aussitôt en lapin de garenne"


Uejima Onitsura (1660-1738)


Enfin ! Nous voilà rendu au terme de l'aventure épique de notre Dossier Sans Fin qui, paradoxalement, a une fin. Et, après des articles tous plus ébouriffants les uns que les autres traitant essentiellement du système d'exploitation et des applications installées, nous abordons aujourd'hui le cas du dernier sujet qui fâche, qui fâche tout rouge même quand ça dysfonctionne gravement dans les chaumières, à savoir celui du matériel.


Alors, commençons tout net par une mise en garde ferme et sans ambiguité, sachez que le matériel n'est que très rarement la cause des crises de nerf à caractère informatique, sauf pour ceux qui se font un devoir de laisser régulièrement tomber leur appareil portable par terre. Dans l'écrasante majorité des cas, c'est bien votre utilisation de l'appareil qui créé les problèmes, pas la mort atroce d'un composant électronique. De ce point de vue, lesdits composants sont d'une étonnante robustesse au regard de la durée de vie qu'on accorde généralement aux ordinateurs avant de les considérer sans égard comme de vils déchets qu'il faut vite ôter de notre regard.


Mais bon, la panne matérielle survient malgré tout de temps à autre, et puis on peut avoir envie aussi de changer un petit quelque chose pour donner un coup de neuf à notre machine, qu'il s'agisse d'un disque plus rapide ou plus gros, de davantage de mémoire vive, d'une carte réseau intégrant les derniers protocoles, etc. Donc "savoir changer son matériel à la marge parfois il faut", comme l'énoncerait le-grand-maître-sur-la-montagne-qui-parle-toujours-à-l'envers.


Et c'est précisément ce que l'on se propose de faire, enfin modestement et comme d'habitude dans un article où toute ressemblance avec un tutoriel informatique détaillé serait purement fortuite. Nous allons ensemble tâcher d'apprendre à identifier les organes vitaux de nos petits ordinateurs. Sans surprise, cet article ne s'étendra pas aux petits appareils mobiles qui, pourtant, sont équipés rigoureusement des mêmes composants, simplement dans une version miniaturisée et chaque fois différente en fonction de la marque et du produit, de manière à ne surtout pas pouvoir être remplacée par un amateur éclairé. Pour ces petites bêtes, on oubliera donc bien vite le fait de réparer ou augmenter soi-même son matériel défaillant, et on enverra le tout directement au constructeur qu'il s'en débrouille, c'est bien triste mais c'est la vie.


En ce qui concerne les ordinateurs, la situation est nettement plus sympathique, mais à vrai dire seuls les possesseurs d'une horrible unité centrale disgracieuse pourront bénéficier de l'ensemble des possibilités de manipulation du matériel. Pour les ordinateurs portables, les ultra mini-pc ou les marques au design minimaliste si élégant, on aura déjà de la chance si on peut accéder à la barette mémoire sans sortir notre attirail complet de soudure à l'arc.


Pour achever de mettre l'eau à la bouche de nos lecteurs alléchés par de belles promesses qui n'engagent qu'eux, décrivons tout de suite le niveau de bricolage et le matériel requis par les délicates opérations à coeur ouvert du matériel informatique : néant. Rien. Zéro. Nul. Changer un composant informatique est aussi simple que de changer une ampoule, généralement nettement moins dangeureux, et nécessite essentiellement deux doigts et un petit tournevis cruciforme pour tout matériel. Autant dire que vous auriez pu vous y mettre bien avant ! Allez, on rattrape le temps perdu et on s'y met de ce pas.



Les premiers pas sans trébucher


Sur les conseils de quelques souris vertes inquiètes de notre manque de précaution verbale, lançons quelques remarques liminaires indispensables à l'évitement d'un sabotage généralisé de votre bel ordinateur.


Tout d'abord, quel que soit le type d'appareil sur lequel vous souhaitez intervenir, il va vous falloir examiner avec prudence la manière de lui exposer les entrailles, plus précisément la manière de l'ouvrir pour accéder aux composants internes. Sur les unités centrales, en général quelques vis à l'arrière, parfois prévues même pour être retirées sans tournevis, permettent de retirer un panneau latéral qui donne accès à l'ensemble. Sur les ordinateurs portables, la situation est nettement moins simple car chaque constructeur a ses petites (ou grosses) lubies, et il vous faudra sans doute, pour réussir à l'ouvrir, étudier la documentation fournie, ou l'un des milliards de tutoriels dédiés sur des sites de diffusion de vidéos en ligne que nous ne nommerons pas.


Dans tous les cas, il faut impérativement éteindre et débrancher l'appareil, retirer la batterie aussi pour un portable, avant toute intervention.


Autre conseil qui s'applique universellement à toute vélléité de changement de matériel, bien s'assurer, toujours à l'aide d'une consultation attentive des notices techniques, de connaître les composants compatibles avec le matériel. Vous ne pourrez pas mettre n'importe quel processeur sur une carte mère donnée, de même que vous ne pourrez pas mettre n'importe quel type ou taille de barette mémoire dans un ordinateur portable, et ainsi de suite. Il faut donc bien s'assurer que le matériel que l'on souhaite installer est :

- de la bonne taille (il y a différentes tailles de disque dur, de barettes mémoire, de carte graphiques, etc)

- de la bonne catégorie ou génération pour être reconnu par les autres composants (essentiellement par la carte mère).


Il peut être de bon ton d'aller consulter les caractéristiques techniques précises des composants sur des sites marchands assez complets, même si vous ne comptez par passer par eux pour vous les procurer. On pourra par exemple aller voir celui-ci ou encore celui-là.


Comme pour la plupart des opérations informatiques, quelques minutes de préparation et l'usage d'un papier et d'un crayon peut vous éviter bien des tracas, par rapport à la méthode du fonce-dans-le-tas-sans-lever-les-yeux.



L'ordinateur portable, au scalpel et sous un microscope


Bon, comme on l'a dit, l'ordinateur portable constitue un univers particulier dans le domaine du matériel, en ce qu'il n'est pas assemblé du tout de la même manière que son grand papa l'unité centrale de base. On pourra trouver ici un schéma montrant tous les petits composants qui équipent la bestiole. 


Voilà qui peut faire peur au premier abord, mais à vrai dire nous allons nous contenter de regarder deux composants qui sont généralement facilement accessibles et remplaçables par nos propres moyens : la mémoire et le disque dur.


Perte de mémoire momentanée


En ce qui concerne la mémoire, il est presque impensable que le composant décède, la quasi totalité des barettes mémoires d'il y a des décennies continuant à ma connaissance à fonctionner sans sourciller quelle qu'ait été leur degré d'utilisation dans leur longue carrière de mémoire vive. La seule bonne raison valable de triturer la mémoire est pour en mettre davantage, soit sous la forme d'une seule barette plus grosse, soit en en ajoutant une deuxième si votre ordinateur le permet. On rappelle à toutes fins utiles que, hors utilisation spécifique comme un calcul intense de la position des étoiles ou le montage vidéo à grande échelle, bénéficier de plus de 3 ou 4 Go de RAM sur un appareil n'a pratiquement aucun sens et ne rendra JAMAIS votre ordinateur plus rapide. Aucun intérêt non plus à essayer un modèle plus récent, parce que les différences constatées au niveau d'une utilisation pépère seront infinitésimales, à moins de sauter 4 ou 5 générations de composants d'un grand pas alerte, et dans ce cas votre ordinateur sera tout bonnement incapable de faire fonctionner ce matériel qui lui semblera venu d'une autre galaxie.


Une fois cette mise en garde bien en tête, avisons-nous donc d'apprendre à reconnaître la fameuse barette mémoire dans la jungle des composants. Attention, c'est à ne pas confondre avec les minuscules cartes mémoires Flash qui équipent vos appareils photos et autre tablettes, dans des formats aussi évocateurs que SD ou Micro SD. Ici nous parlons de la vraie mémoire vive des ordinateurs, dite RAM par les anglophones pour Random Access Memory. Vous en trouvez une belle illustration ici par exemple, avec en prime l'étiquette qui permet de voir qu'elle n'est pas fabriquée en Poitou ou en Normandie. Cette version courte mais un peu grosse correspond à ce qui est utilisé dans les portables, à ne pas confondre avec la version plus longue et plus fine qui équipe généralement les ordinateurs fixes.


Bon, ben voilà le composant qu'il nous faut repérer dans votre belle machine, ouverte par vos soins sans trop tirer sur le capot. Même chez les constructeurs d'ordinateurs portables les plus récalcitrants, il est prévu qu'il soit très simple d'y accéder, et généralement la barette elle-même se clipse et se déclipse sans même besoin d'un outil.


Dernier petit conseil, si vous souhaitez ajouter une barette (pour les chanceux qui ont deux emplacements, donc souvent un portable aussi encombrant qu'un lave-linge), ou remplacer l'existante pour du Plus Gros, vérifiez bien dans votre notice le maximum de Go que vous pouvez embarquer sur votre modèle, car souvent la limite est sévère. Et vérifiez au passage par une petite recherche internet que votre système d'exploitation est bien capable d'utiliser toute cette formidable manne de mémoire vive, car lui aussi a ses limites figurez-vous. Par exemple, Windows XP, bon d'accord c'est vieux mais quand même, ne supporte pas plus de 2Go de mémoire, au-delà il ne voit même pas que ça existe.


Change de disque papy


Le deuxième composant que l'on peut triturer joyeusement dans un ordinateur portable, sauf sur certains modèles récalcitrants, est le disque dur. Et cela tombe très bien, souvenez-vous que nous avons déjà expliqué que c'est LE composant qu'il faut changer en priorité si vous voulez de la performance.


Que vous vouliez mettre un disque SSD, ou un disque dur à plateau traditonnel (format 2,5 pouces pour les portables, attention à ne pas prendre le gros machin de 3,5 pouces qui équipe les ordinateurs fixes), l'emplacement est le même et la manière de le brancher identique. Il existe plusieurs types de connectique, mais à moins d'avoir un ordinateur datant d'avant la domestication du feu, vous pouvez à coup sûr vous diriger vers un disque dur de norme SATA. En général, quelques petites vis à retirer puis un petit bout de câble à déclipser sont tout ce qui vous sépare du bonheur du nouveau disque dur fringant et alerte.


On ne s'étend pas davantage sur le sujet, c'est super facile, aucun risque ni pour vous ni pour le matériel qui n'est pas spécialisement fragile. Evitez simplement les décharges sauvages d'électricité statique si vous avez un pull en laine de mouton tressé.  Lancez-vous et vous verrez, vous nous remercierez, on doit même pouvoir le faire en famille avec des enfants.




L'ordinateur fixe enfin à nu


Bien bien bien. Comme nous l'avons fait remarquer tant et plus, c'est véritablement avec ce type d'ordinateur, conspué par l'ensemble des médias pour de soi-disant atteintes au sens esthétique et écologique des foules, que nous allons pouvoir dérouler l'ensemble des petits travaux du Faire-le-soi-même qui permet autonomie, réparation, choix personnel des composants et tout ce qui s'ensuit.


Précisons au passage qu'il y a deux directions bien intéressantes à suivre si l'on souhaite remettre à neuf son équipement, c'est de s'efforcer de réduire :

- les nuisances sonores

- la consommation électrique

Ca tombe bien, généralement les deux vont de pair, vu que ce sont les composants énergivores qui sont généralement équipés de turbines d'avion pour les refroidir, quand les composants économes ne nécessitent en général qu'une lègère brise, voire rien du tout pour des éléments qu'on dit passifs (sans ventilation).


Allez, on y va pour un petit tour d'horizon de tout ce qu'on peut remplacer nous-même et sans aide dans notre petite boîboîte.


La mémoire courte


Sans surprise, on peut ajouter, remplacer, enlever, remettre, bref faire tout ce que l'on veut avec la mémoire vive de son ordinateur. On prendra juste garde à bien prendre la bonne taille, souvent la taille standard, et une fréquence (xxx Mhz) acceptée par votre carte mère.


D'ordinaire il y a bien plus d'emplacements pour la mémoire dans un ordinateur fixe, jusqu'à 4 barettes possibles, donc vous serez beaucoup moins contraints que sur les portables. On conseille généralement de ne prendre que des barettes identiques, et par paires, pour des performances optimales, mais je ne suis pas sûr que vous preniez de gros risques à faire un peu comme bon vous semble.


Comme sur les portables, il y a un système de clipsage excessivement simple à manipuler pour enlever et poser une barette mémoire, la seule difficulté éventuelle étant de passer à travers les méandres de câbles ou le bloc de refroidissement géant du processeur, mais a priori vous n'aurez pas besoin d'une formation poussée pour mener votre mission à bien.


Un disque toujours plus dur


Ici encore, vous bénéficiez d'une myriade de possibilités incroyables, quelle chance vraiment. En effet, les unités centrales des ordinateurs fixes vous permettent d'accueillir entre deux et une douzaine de disques durs en même temps en fonction du modèle. Evidemment, aux souris vertes on ne va pas pousser à la surconsommation de stockage, mais avoir deux disques différents est une idée fameuse pour tout un tas de bonnes raisons qui sont énoncées dans notre très bel article sur la perte de données. Et si vous avez l'occasion de récupérer des disques un peu anciens qui n'ont pas la capacité pléthorique des modèles actuels, en mettre plusieurs pour avoir une capacité globale raisonnable est une option parfaitement économique autant qu'écologique.


Concernant la taille des disques durs, ils sont le plus souvent mesurés à l'anglo-saxonne à 3,5 pouces, donc assez volumineux. Les 2,5 pouces à taille plus réduites sont historiquement plutôt dédiés aux ordinateurs portables. Cependant, votre matériel est tout à fait capable de gérer les deux formats si vous pouvez les faire entrer dans votre petite tour, c'est pourquoi nous vous conseillons sans hésiter d'opter pour le format 2,5 pouces même pour un ordinateur fixe : ces petites bêtes sont nettement plus petites, plus économes en énergie , nettement moins bruyantes aussi le plus souvent, tout en ayant de nos jours une capacité tout à fait comparable à celle de leurs copains plus larges. Il existe des petites plaques de métal qui permettent de visser ces disques dans une baie 3,5 pouces, mais sinon même un petit système maison à base d'élastiques tendus vous permettra de suspendre vos disques tout en réduisant les vibrations sur le boîtier, et donc les nuisances sonores parfois bien pénibles de gratte-gratte.


Dans tous les cas et quel que soit le disque à installer, un peu de patience et un petit tournevis cruciforme suffiront à vous sortir d'affaire.


Bien s'alimenter


Ah tiens, voilà un composant de la machine que nous avons très peu abordé jusqu'à présent aux Souris Vertes. Pourtant il est de première importance pour notre Thème Principal, vu que c'est lui qui alimente en énergie débonnaire tout le reste des composants : c'est l'alimentation, justement. Dans un ordinateur portable, le bloc d'alimentation est irrémédiablement lié à la batterie, absolument particulier à votre modèle et aux choix arbitraires du constructeur, et parfaitement hors périmètre de tout bricolage amateur.


Ce n'est pas du tout le cas des ordinateurs fixes, où l'alimentation peut être changée exactement comme le reste des composants, et avec la même facilité : on dévisse l'ancien, on revisse le nouveau, et hop. Bon, il faudra tout de même remettre tous les câbles qui courent sans vous tromper, donc autant dire faire un minimum attention et consulter abondamment la notice avant d'allumer le tout, mais honnêtement ça se fait très bien et sans panique excessive.


Pourquoi donc voudrait-on toucher à ce composant ? C'est que toutes les alimentations ne se valent pas, voyez-vous, et certaines pompent sans arrêt sur leur prise pour n'en restituer qu'une partie minuscule à leurs amis. On dit qu'elles ont un mauvais rendement. Certaines alimentations éhontées ont des pertes de près de 50% de l'eléctricité qu'elles prélèvent, alors que d'autres affichent un rendement de plus de 90%, autant dire que la différence de consommation finale est énorme. Sans compter qu'une mauvaise alimentation va chauffer, faire un maximum de bruit avec son gros ventilateur disgracieux, et en prime entamer sérieusement la durée de vie des autres composants en ne délivrant pas des tensions stables.


Autant dire que s'il est UN composant sur lequel il vaut la peine d'investir, c'est bien l'alimentation. Donc, si vous le pouvez, le mieux est encore de choisir une alimentation efficace, peu gourmande, passive, c'est-à-dire sans ventilateur, et très robuste. Même si nous nous refusons en général à tout forme de publicité déguisée, nous allons tout de même vous faire connaître  la marque que nous chérissons aux souris vertes, une petite championne des alimentations écologiques et qui durent. Après, ne vous méprenez pas, il y a plein d'alternatives viables, et non, nous ne touchons pas de subsides de la société en question pour ce petit encart publicitaire sournoisement tapi au beau milieu de l'article.


Le vroum vroum du ventilo


Ah, le doux bruit de la caresse du vent sur la mer, ou encore des feuilles d'arbres qui tremblent d'un léger souffle... Rien à voir malheureusement avec les nuisances sonores liées à nos belles machines, diantre non. Sachez-le, les composants électroniques n'émettent absolument aucun bruit, en tout cas aucun audible par une oreille humaine non dotée de super-pouvoirs (Superman serait peut-être d'un autre avis sur la question). Alors pourquoi diable nos ordinateurs sont-ils si bruyants ? Oui, pourquoi me demandent les souris vertes d'un air hagard ? Eh bien, à vrai dire lesdits composants engendrent leur propre petite nuisance locale sous la forme d'une dissipation de chaleur totalement incontrôlée, ce qui les rend inutilisable sans un bon système de refroidissement qui, lui, n'a pas l'heur d'être silencieux.


Et, pour le commun de mortels, le refroidissement viendra sous la forme de petits ventilateurs parsemant gentiment l'intérieur douillet de la machine. Il existe bien des solutions alternatives, comme le refroidissement à eau, ou watercooling, qui malgré son nom très cool se montre très coûteux, encombrant et totalement inadapté à des ordinateurs portables. Bref, il n'y a pas à y couper, il faut passer par le ventilateur. Evidemment, tout cela ne serait pas un problème en soi si ces petits appareils n'émettaient des sifflements, bourdonnements et autres crachotements qui empestent le quotidien.


La souris verte à lunettes me fait remarquer, à juste titre même si je grince des dents, qu'il existe un autre grand responsable des bruits des ordinateurs : le disque dur, ouh le méchant, qui gratte, qui gratte, et parfois aussi provoque des bruits aigus à cause de la rotation de ses plateaux. Mais, honnêtement, seuls les modèles vraiment moisis sont capables de nuisances dignes de ce nom, dans ce cas on changera bien vite l'importun pour une version discrète. Les disques SSD ou la mémoire flash, cartes SD, clés USB, et autres, sont eux totalement silencieux. Et en plus ils chauffent très peu ! Comme quoi il y a du bon dans ces petites bêtes.


Pour continuer dans cet accès d'optimisme qui nous saisit, il y a tout de même des raisons de se réjouir, car la course à la miniaturisation et à l'autonomie des petits appareils a obligé les constructeurs à embarquer toujours moins de ventilateurs, et donc à créer des composants de moins en moins énergivores, puisque la dissipation de chaleur est directement liée à l'énergie consommée. Autrement dit, on trouve aujourd'hui des composants tellement gentils qu'ils n'ont plus besoin d'être refroidis, ou si peu. C'est la raison pour laquelle les smartphones par exemple, qui embarquent pourtant processeur et compagnie, sont silencieux car absolument pas refroidis. Ce qui n'empêche pas certains modèles bien peu soignés de chauffer délicatement vos fesses ou la poche de votre sac. 


Avec les ordinateurs l'équation est un peu plus compliquée, car évidemment on ne saurait renoncer à la promesse du Toujours Plus, de puissance, de mémoire, de composants, etc, si bien qu'il est quasiment impossible de monter un système totalement passif. Le processeur en particulier ne pourra jamais de passer de ventilation, itou l'alimentation si elle est costaude, et la carte graphique si elle permet de tuer des zombies en rafale en plusieurs millions de pixels.


Bon, il est temps d'en venir au fait, pas trop tôt même, à savoir peut-on changer ces satanés ventilos qui nous pourrissent la vie ? La réponse est oui, comme pour tout le reste

quelques vis ou systèmes de clipsage élémentaires vous séparent de la tranquillité d'esprit retrouvée. Cela dit, il est important de prendre conscience que le bruit est inhérent à toute ventilation. Au minimum, le déplacement de l'air produira toujours un son audible. Au pire, un léger jeu au niveau de l'axe du ventilateur produira les bruits irréguliers et parfaitements insupportables de vrombissement, sifflements aigus et autres. Mais ces bruits apparaîtront forcément avec l'usure mécanique, aucun ventilateur ne pourra rester silencieux éternellement.


Par ailleurs, les sons aigus sont nettement plus insupportables que les sons graves. Et plus le ventilateur a un diamètre important, plus il peut tourner lentement (donc générer moins de bruit de souffle) et produit des sons graves. Or la miniaturisation rampante fait que souvent on équipe les machines de ventilateurs minuscules qui deviennent infernaux une fois leur prime jeunesse derrière eux. C'est encore plus le cas avec les ordinateurs portables, longue vie à eux. Fort heureusement, les possesseurs d'une unité centrale de bonne taille auront eux toute latitude pour choisir des modèles de ventilateur plus gros, et ainsi non seulement améliorer notablement la durée de vie de leur matériel par un refroidissement adéquat, et s'épargner les tourments sonores qui traumatisent le bon peuple.


Attention, bien qu'entièrement mécanique et d'allure nettement moins fragile que la plupart des petits composants délicats qui équipent une machine, tout ventilateur doit être manipulé avec précaution. En effet, la moindre maladresse pourrait endommager le beau roulement à bille et risquer de rendre le ventilateur bruyant, voire pire, totalement inefficace, ce qui signe la mort assurée de ce qu'il était censé refroidir. Un processeur puissant laissé sans aucun refroidissement et à plein régime a une durée de vie qui se compte en heures, peut-être moins encore.


Pour conclure, vous apprendrez donc à changer avec bonheur vos ventilateurs en respectant quelques règle d'usage :

- choisir autant que possible des ventilateurs de diamètre important, et des vitesses de rotation faibles. Il existe des systèmes permettant d'adapter des diamètres plus importants sur de petits composants.

- ne pas se priver d'un système de refroidissement maousse costaud pour le processeur ou la carte graphique. Un bon gros radiateur bien efficace vous dispensera d'une ventilation importante.

- prendre le soin de réfléchir à la ventilation complète du boîtier, pas seulement d'un composant particulier. Des flux d'air combinés permettront de refroidir mieux avec moins de bruit total. Si ce travail vous paraît totalement grotesque, sachez qu'un bon système de refroidissement est sans doute plus important que le choix de tel ou tel Supercomposant plus technologique : vous verrez peut-être fonctionner ledit composant à pleine capacité 1% du temps, par contre vous subirez en permanence les assauts d'une ventilation mal conçue. Sans compter les risques de voir la durée de vie de ces fameux Supercomposants fondre comme neige au soleil. Et dieu sait que la ventilation est un domaine où les fabricants investissent bien peu d'efforts, donc se contenter du tout venant est généralement une mauvaise idée.

- essayez de vous équiper au maximum en composants passifs et peu gourmands. Attention cependant à conserver une ventilation minimale pour ne pas transformer le tout en réacteur à fusion en un clin d'oeil, avec décès massif des composants à la clé.


Au fait, avant de passer à la suite, jetons un coup d'oeil pour voir à quoi ressemble un ventilateur d'ordinateur. Drôle de tête, hein, heureusement qu'il reste caché dans sa boîte celui-là.

Repeindre sa carte graphique en vert fluo


Tiens, voilà une transition idéale maintenant que nous savons tout des ventilateurs, nous pouvons enfin régler son compte à la carte graphique qui turbine comme un hélicoptère de combat. Cela dit, sachez qu'au-delà du ventilateur qu'elle embarque, qui est toujours démontable et remplaçable, on peut vouloir remplacer carrément le tout pour choisir son modèle soi-même. Libre à vous de chercher du Gros, voire du Très Gros, si avez des envies de jeux vidéos importantes, mais dans tous les cas on s'assurera que la carte en question a une consommation minime en faible charge, de manière à ne pas voir sa facture d'électricité grimper au plafond, sans parler du volume sonore qui fait qu'on ne s'entend plus dans le salon. Cela vous dispensera de consommer à tout crin même pour ouvrir un document texte ou visionner le prochain article des souris vertes.


Sachez également qu'il existe un grand nombre de cartes graphiques totalement passives, donc totalement silencieuses (on pourra en voir un exemple ici), voire de nombreux modèles intégrés à la carte mère, ce qui est l'idéal si vous avez de petits besoins : consommation ridicule, encombrement inexistant, le seul défaut étant que vous ne pourrez pas la remplacer plus tard, mais on a dit petits besoins n'est-ce pas ?


Si vous choisissez de vous équiper d'une carte graphique non intégrée et de la changer par vos soins, aucune difficulté, mais attention à bien regarder la place dans votre boîtier avant de vous lancer. Ces bestioles existent dans toutes les tailles (et tous les budgets aussi, on peut y laisser sa fortune sans y prendre garde) et vous seriez surpris de voir que certains modèles pour joueurs invétérés auront bien du mal à passer par la porte d'entrée.


Les autres composants mystères


Il existe encore toute une pléthore de composants qui peuvent être ajoutés et remplacés à l'envie. En l'espèce, l'informatique est un peu comme la réparation de vélo, aucune pièce ne saurait échapper à la sagacité de l'amateur éclairé : carte réseau, carte audio, adaptateur bluetooth, bloc usb, lecteur DVD-ROM, lecteur de disquette, antenne de souris portative, tout y passe. Nous n'allons pas nous attarder davantage sur toutes ces possibilités, d'autant que la mode des ordinateurs portables fait que l'on trouve de plus en plus de composants de ce type sous forme de petits adapateurs USB et de moins en moins de composants internes à trifouiller dans le ventre de la machine. Mais les curieux trouveront toujours leur bonheur, car nous le répétons, le martelons et le rabâchons, absolument aucune pièce équipant un ordinateur n'est hors de portée d'un petit coup de tournevis du dimanche.


La totale complète de l'expert absolu : le bloc processeur / carte mère


Nous avons gardé le meilleur pour la fin, enfin le meilleur si on a les nerfs solides, un moral d'acier et une impertubabilité de moine tibétain. En effet, si changer le processeur et/ou la carte mère de votre machine est tout à fait possible tout seul dans votre salon, votre garage, votre jardin, ou toute autre pièce qui vous fera plaisir, c'est loin d'être la vie de croisière que nous avons décrite précédemment. Si vous trouviez que remplacer le bloc d'alimentation relevait déjà du casse-tête avec tous ces câbles à débrancher et rebrancher à l'identique, vous pouvez déjà prévoir une bonne provision d'aspirine, car vous vous apprêtez sans le savoir à démonter tous les composants et à vider l'intégralité du boîtier, rien de moins. Et côté milliers de vis à retirer, on est servi, sans parler du fait que malgré tout ces plaques de plastiques embarquent des composants minuscules et qui supporteront mal un gros coup sur la tête. Autrement dit, rigueur, patience et minutie sont les bienvenues pour l'occasion.


En fonction de votre type de refroidissement, il se peut que remplacer le processeur seul soit d'une simplicité enfantine : soit tout est accessible par le dessus, on dévisse le système de refroidissement, on déclipse et youpi. En faisant attention au remontage quand même, le moindre millimètre de contact en moins sur la ventilation serait fatal. Mais si vous avez la malchance de vous retrouver avec un système de radiateur du processeur fixé des deux côtés de la carte mère pour une meilleure stabilité, patatras, il vous faudra démonter entièrement la carte en question même si vous n'avez pas prévu de la remplacer.


Bref, on ne se lancera dans ce type d'aventure qu'armé d'un solide enthousiasme, d'une bonne préparation et de préférence accompagné de quelques souris vertes si c'est la première fois que vous tentez l'expérience. En même temps, vu la durée de vie de plusieurs décennies de ces composants, si l'on ne s'invente pas de nouveaux besoins tous les matins, on devrait pouvoir se dispenser de ce type de bricolage expert plus d'une fois ou deux dans sa vie.


Avant de partir, cependant, jetons tous un coup d'oeil à ces composants si énigmatiques : avez-vous déjà vu de vos yeux vu une carte mère, un processeur avec sa petite ventilation ou même un processeur tout nu ? Renversant.



Bye bye le dossier : ce n'est qu'un au revoir...


Pfiou, eh bien je dois dire qu'aux souris vertes nous sommes bien contents de clôturer ce formidable dossier qui n'en finissait pas de continuer. Grâce à l'énergie débordante de nos petites souris et à leurs conseils avisés, vous êtes désormais en mesure de reprendre un peu de pouvoir sur ces satanés appareils électroniques qui peuplent votre quotidien. Le minimum, tout de même, restant de savoir qui commande et qui obéit dans cette affaire. Non, nous ne serons pas esclave de ces configurations ineptes pensées la tête à l'envers par des armées de fabricants plus soucieux du taux de remplacement de leur camelote que de l'épanouissement réel de leurs clients. Même face à de la dite haute technologie, nous conservons une marge de manoeuvre et des possibilités d'autonomie importantes qu'il s'agit de cultiver.


C'est ce que nous vous enjoignons de faire pendant que nous regagnons notre tanière, bien fourbus de tous ces articles à rallonge et qui s'obligent à nous mettre le nez dans le cambouis. Mais qu'on se rassure, nous n'avons pas épuisé nos propos, oh que non, et nous avons même en réserve quelques autres Gros Dossiers bien sentis pour les longues soirées d'hiver. On dit donc au revoir à notre grand dossier sans tristesse, car ce n'est que le début du reste de formidables aventures !


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