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Des souris vertes

Petites réflexions autour d'une pratique écologique du numérique



Actualité


Le Petit Geste Du Jour : je me dirige sans GPS
Date 04/02/2018
Ico Le Petit Geste du Jour
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"Verse l'averse d'automne -

Le chemin

Encore et toujours"


Taneda Santôka (1882-1940)


Attenzione, attenzione, aujourd'hui, on se prépare à un Petit Geste qui décoiffe, une idée tellement incroyable que personne n'aurait raisonnablement pu l'émettre à part une souris verte totalement passée à côté de son éqoque (les souris grises ou violettes sont déjà, paraît-il, outrageusement équipées de petits appareils numériques), à savoir la Direction Non Assistée, la Navigation Sans Assistance, le Déplacement Hors Ligne, la Marche Déconnectée, bref toutes formes de transport excessivement exotiques qui se réaliseront sans l'aide du moindre appareil numérique, même pas le plus petit non non.


Je vois poindre ici la circonspection naturelle de nos chers lecteurs, qui savent bien que ceci est impossible et que toute navigation à pied, à cheval ou en vélo, voire en bateau, en train, ou en voiture à pédale, se fait nécessairement grâce à un formidable système mondialement mondial appelé GPS. Eh bien, nous nous promettons ci-devant et avec panache de vous livrer des astuces incroyables qui vont vous permettre de vous déplacer autrement et sans l'aide de vos petits compagnons numériques quotidiens. Si si ! Mais avant ces formidables conseils qui vont certainement changer la face du monde, n'en doutons pas, expliquons un peu la motivation du pourquoi on pourrait vouloir se passer de notre copain GPS. C'est parti !


Le problème


C'est étonnant, mais nous n'avons jusqu'ici jamais eu l'occasion de parler vraiment de ce petit système GPS qui nous aide tant. Pourtant, il est difficile à éviter, le bougre, étant donné qu'on le capte absolument partout. Car oui, le GPS, avant d'être un système de localisation, est avant tout un réseau : il s'agit d'un ensemble d'émetteurs qui, sur une plage de fréquence et selon un protocole spécifiques, vous envoie très gentiment votre position où que vous soyez sur terre. Mais comme il ne s'agit ni d'un de vos amis qui vous suit partout, ni d'un medium particulièrement performant, il faut bien qu'il y ait un petit trucage à cette prouesse digne des plus grands magiciens de ce siècle, et celui-ci n'est pas particulièrement subtil : le système GPS est en réalité  composé d'un ensemble de satellites disposés en orbite un peu partout au-dessus de la planète. Grâce à une méthode géométrique bien connue de triangulation, si vous pouvez connaître votre distance à 3 points fixes, donc à 3 satellites, vous pouvez en déduire votre position absolue partout dans l'espace. Formidable !


Remarquez au passage que votre petit récepteur GPS communique donc avec pas moins de 3 satellites à chaque fois qu'il souhaite connaître sa position. Autrement dit, pour me localiser, il me faut donc : une trentaine de satellites dans l'espace, plus une puce GPS ultra minuscule dans mon appareil capable de leur parler doucement. Mais, à vrai dire, comme vous ne ferez pas grand chose de vos coordonnées sphériques à la surface du globe, il faut tout de même rajouter une petite couche logicielle supplémentaire, et un peu de réseau traditionnel pour nous afficher une carte au dessous de notre point qui clignote. Ce système est diablement efficace, mais c'est à peu près le plus coûteux qu'on aurait pu imaginer si on se donne comme proposition le fait de s'orienter simplement (même en restant sur le même modèle, par exemple, on pourrait sans doute trianguler à partir d'objets légèrement plus près que 30 km dans l'espace).


D'ailleurs, si l'on trouve désormais pas mal de monde pour s'indigner des géants américains du web qui colonisent notre univers mental, personne ne semble s'inquiéter outre mesure du fait que l'ensemble du système GPS, satellites et protocoles inclus, appartient à l'armée américaine qui l'avait certainement mis en place pour des raisons altruistes et bienveillantes, et dans un souci constant d'amour du prochain. Il est bien pratique qu'elle n'ait plus besoin de se démener pour espionner les gens, puisque la moitié de la population lui signale bien obligeamment sa position plusieurs centaines de fois par jour.


Mais, au-delà de l'aspect inquiétant de Big Brother Is Watching You From Space, c'est surtout côté débauche environnementale que tout cela commence à piquer le nez. Si l'on considère qu'en moins de 40 années d'existence, le programme GPS a déjà lancé 70 satellites (on pourra voir le détail ici de tous ceux qui ont déjà été décommissionnés de cette belle opération), on voit que l'addition va commencer à être salée s'il faut continuer à construire des fusées et des satellites à un rythme effréné pour continuer à trouver notre chemin jusqu'à la pizzeria.


D'autant que tout le monde n'est pas resté insensible au fait qu'une fois de plus, et à notre grand dam, les Etats-Unis dominent le monde et nous regardent de haut. L'Europe a donc décidé de créer son propre système de localication, dans un branle-bas généralisé d'une envergure telle qu'elle aurait pu le nommer Opération Puma des Neiges ou Objectif Gros Oeil de Lynx, mais qui est plus modestement appelé Galileo. Le contribuable sera donc bien rassuré de savoir qu'il finance avec bonheur le lancement prochain d'une nouvelle salve d'une trentaine de satellites, afin de faire la même chose qu'avant, mais nous-même tout seuls. Nous confessons aux Souris Vertes une profonde ignorance dans le domaine des déchets spatiaux, vu que nous n'avons pas la joie d'en croiser tous les jours au fond du jardin, mais il y aurait sans doute un excellent sujet à creuser pour les gens qui s'intéressent à la pollution spatiale. Surtout que ces appareils sont judicieusement placés de manière à hanter notre ciel direct pendant quelques milliards d'années si personne ne s'avise de trop les déranger, ou s'ils ne nous tombent pas sur la tête avant.


Rappelons également que la puce GPS de votre copain électronique, qui émet constamment dans votre dos, est une consommatrice de batterie bien sérieuse, et qu'il est également intéressant pour la durée de vie de votre appareil et son autonomie de lui couper le sifflet aussi souvent que possible.


Bref, le système GPS est "bien pratique", pour reprendre une expression que nous bannissons aux Souris Vertes car elle se traduit généralement par "situation qui m'économise un geste que j'aurais pu réaliser sans effort, mais dont je suis bien aise de me dispenser en contrepartie d'un gaspillage de ressources que je ne suis pas obligé de voir", mais on peut sans doute imaginer de réaliser nos déplacements quotidiens de manière aussi efficace sans faire appel à de la Technologie de l'Espace De la Mort.



La solution


Avant d'aborder une série de conseils fracassants concoctés par l'équipe de choc du professeur Souriso, reposons-nous un moment et accordons-nous un petit instant de contemplation haïkale (un adjectif que nous inventons pour la circonstance, il faut ce qu'il faut).

"Sans dévier

Il se dirige vers la mer

Le bébé tortue"


Midoriro no Mausu (la Souris Verte)

Bien, nous voilà prêts désormais à affronter la possibilité vertigineuse d'un déplacement sans aide électronique. Ceci peut paraître fou, voire dangereux tant le risque est grand de se perdre dans la forêt et de finir dévoré par les loups. Cela dit, les logiciels de navigation GPS ne sont pas exempts d'erreurs et constituent apparemment une cause de mortalité importante parmi les personnes qui s'aventurent dans le désert nord-américain. Autrement dit, vouloir quitter la chaleur de notre couette au petit matin, GPS sous le bras ou pas, constitue toujours un danger qu'il nous faut assumer vaillamment. Fort de notre volonté sans faille, comment allons donc pouvoir nous rendre à la boulangerie du coin, au travail, à la jardinerie la plus proche ?


C'est ici qu'après des années d'étude sur le sujet, le professeur Souriso est en mesure de formuler trois propositions incroyables qui résolvent ces questions délicates :

- l'utilisation d'un plan de ville (si l'on est en ville), d'une carte de randonée (si l'on est à pied mais pas en ville, c'est précis et ça marche même si l'on n'est pas en tenue de Super Marcheur Dynamique), ou d'une carte routière (pour tout autre moyen de transport visant une plus grande distance). A ce point, faisant fi de tout principe de neutralité commerciale, les Souris Vertes n'hésitent pas à recommander chaudement l'atlas Michelin des routes françaises qui, même pour quelqu'un qui ne possède pas de véhicule à moteur, est sans doute ce qui se fait de mieux pour trouver son chemin par tous les temps et sur toutes les routes. Et en plus il fonctionne sans pile, et même dans les coins les plus reculés du territoire où les réseaux finissent par s'évaporer dans l'air enfin pur.

- l'utilisation judicieuse des panneaux de signalisation. Il faut se rendre compte du nombre de panneaux routiers, même en ville, disposés et maintenus avec amour par une administration toujours soucieuse de ne voir personne s'égarer, qui sont maintenant snobés avec application depuis que chacun s'oriente avec l'aide du GPS mondial. Et pourtant ce système a fait ses preuves pendant plusieurs dizaines d'années, voire plus, et est diablement efficace, aussi bien pour diriger des piétons autant que des automobilistes. Ne laissons pas tous ces beaux efforts de signalisation se perdre dans le néant de l'oubli !

- le recours à la sagesse ancestrale des autochtones. Demander son chemin à quelqu'un d'autre qu'à Goût-Gueule peut sembler cocasse, mais à vrai dire il arrive très souvent que les gens aussi sachent s'orienter et donner des directions intelligentes pour aller quelque part. C'est également un moyen simple de goûter, sans excès et en toute sécurité, à l'exotisme du contact avec La Personne Du Cru, une expérience hors du commun que beaucoup doivent aller chercher à l'autre bout de la planète, quand ils pouvaient la réaliser sans attendre en éteignant leur smartphone quelques minutes. Renversante révélation !



Marche tout droit (ouwap)


On voit que notre professeur préféré n'a pas ménagé sa peine pour nous proposer ces belles alternatives à la navigation par GPS, raison pour laquelle nous n'hésitons pas une seconde à lui rendre ce vibrant hommage sous la forme de titre d'un paragraphe tiré d'une des meilleures chansons du regretté Claude François. On trouverait sans doute bien d'autres idées pour se déplacer simplement sans se perdre, et sans assistance numérique intégrée.


Alors, pour aujourd'hui et le restant de nos jours, débranchons le GPS, faisons taire la dame qui parle dans l'auto, et orientons-nous avec notre bon sens et quelques moyens low tech bien sentis. Et surtout, redécouvrons la joie d'errer sans autre but précis que celui de contempler toute la surprenante vie qui fourmille dans notre environnement familier, et que nous ne voyons plus à garder les yeux rivés sur des petits écrans. Cessons de réduire le vaste monde à une carte pixellisée et à quelques centimètres de largeur !


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Les souris vertes ont lu pour vous : l'économie symbiotique, d'Isabelle Delannoy
Date 21/01/2018
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"Soir de printemps

De bougie en bougie

La flamme se transmet"


Yosa Buson (1716-1783)


Tiens, tiens, ça faisait longtemps que les Souris Vertes ne nous avaient pas proposé une de ces lectures stimulantes dont elles ont le secret. Alors, quel beau livre a retenu leur attention cette fois-ci ? Hum. Autant le dire tout de suite, toutes les souris n'étaient pas emballées à l'idée de parler de notre ouvrage du jour, qui s'intitule "L'économie symbiotique", d'Isabelle Delannoy, vu qu'il peut sembler bien rébarbatif de prime abord, et pour être honnête les choses ne s'arrangent pas toujours, même après un contact prolongé.


Il s'agit en fait, ni plus ni moins, ni autant, que d'un essai d'économie. Déjà ce genre littéraire parfaitement respectable ne fait généralement pas l'unanimité sur les plages en été, ou pour une lecture décontractée au coin du feu, mais on peut bien se demander quelle mouche a piqué les souris vertes de vouloir nous en entretenir, vu le rapport apparemment absolument nul avec notre excellente ligne éditoriale habituelle.


Eh bien qu'on se détrompe, et qu'on batte sa coulpe en place publique sans attendre, car non seulement notre petit livre aborde en détail les sujets favoris qui nous font courir d'article en article, mais en plus dans une prose nettement moins ennuyeuse et empesée que ce que l'on serait en droit d'attendre d'un Traité d'Economie Très Sérieux.


Allez, sans plus attendre on se lance dans le vif de la discussion, et dans un élan de générosité vis-à-vis de nos lecteurs, on structure un peu le machin à grand coup de paragraphes, et avec un plan remarquable, s'il vous plaît : on donne d'abord l'intrigue générale, et ensuite on en viendra aux aspects d'écologie numérique que tout le monde attend avec impatience.



Le fond du fond


Alors, l'économie symbiotique, quésaco ? S'agit-il des principes économiques appliqués par des micro-organismes marins, tu me donnes un peu de plancton et je te rends un peu d'algue plus les intérêts ? Pas du tout, non non très cher (chère ?), nous parlons bien de l'économie humaine, celle qui dévaste les forêts et dépeuple les océans. Enfin jusqu'à présent. Car l'auteur (auteure ?) ne partage pas ce constat défaitiste que tout système économique un tant soit peu structuré mène naturellement et sans coup férir à la destruction la plus joyeuse de tout ce qui nous environne. Certes, l'économie actuelle est extractive, polluante, génératrice d'inégalités sans précédent, mais ça n'est pas une fatalité, enfin du moins c'est ce qu'on espère.


Le livre s'attache donc à bâtir une théorie économique complète, qui n'ait pas tous ces défauts grossiers, et qui permette de faire fonctionner une ou des sociétés humaines avec un niveau de technologie élevé sans le nécessaire dommage collatéral pour le reste des espèces vivantes qui aimeraient bien aussi un peu de place, tout de même.


Et, pour bâtir son Nouveau Super Système Economique, notre courageuse économiste se fonde sur un certain nombre d'expériences qui, en apparence, n'ont rien en commun, mais partagent toutes à l'insu de leur plein gré les mêmes principes fondateurs : permaculture, gestion des eaux usées, modes d'urbanisation alternatifs, nouveaux modes d'organisation des entreprises, sont autant d'éléments disparates de la fameuse transition écologique déjà en marche (mais à petits pas, NDLR).


Ici, à vrai dire, le lecteur qui a déjà croisé au détour de son chemin l'un ou l'autre de ces sujets n'apprendra pas énormément de nouveautés les concernant. En revanche, pour éparses qu'elles puissent paraître, ces expériences illustrent toutes à leur manière les grands principes de l'économie symbiotique, celle qui pourrait nous permettre de sauver le monde et les bébés phoques. Et quels sont ces principes, donc ? Justement, nous y venons.



Les grands principes de l'économie symbiotique


Ah ah ! J'inclus un nouveau paragraphe mystère de dernière minute, car je me rends compte que mon plan initial ne tient pas la route, comme toute bonne planification militaire qui, comme le dit le fameux adage, ne survit pas à la première rencontre avec l'ennemi. Bon, qu'on se rassure, nous ne sommes pas en train de nous tirer dessus à la rédaction des Souris Vertes, tout au plus terminons nous notre bataille de polochons un peu plus échevelés et essouflés.


Reprenons donc, car il est temps de recopier, sans reversement de droits d'auteur (auteuse ?) et sans vergogne les six grands principes de l'économie symbiotique qui doivent désormais guider notre pensée et notre action politique quotidienne. Il s'agit donc de construire des systèmes qui :

  • offrent une coopération libre et directe entre les entités
  • constituent des territoires de flux communs également accessibles à tous
  • font intervenir une diversité d'acteurs et de ressources respectant l'intégrité de chacun
  • utilisent en priorité les services rendus par les écosystèmes
  • recherchent l'efficience maximale de l'utilisation des ressources
  • favorisent la compatibilité des activités humaines avec les grands équilibres de la biosphère
 
Bon, bien que la prose du livre soit généralement très lisible et fluide, l'énoncé des ces principes a un petit côté austère et générique qui fait quelque peu grincer des dents. On voit tout de même que l'opposition traditionnelle entre l'action publique de l'état et l'action privée des entreprises montre bien vite son inanité : les deux contredisent grossièrement la plupart, voire l'intégralité des principes énoncés. On pourrait d'ailleurs faire une liste exactement inverse en caractérisant la manière dont est gérée l'action collective dans notre belle société :
  • des liens forcés entre entités sous des pressions économiques ou règlementaires
  • des territoires de flux et de ressources confisqués à la majorité des citoyens
  • un nombre restreint de décideurs et d'acteurs qui cultivent l'entre-soi de la décision en lieu et place des autres
  • une utilisation prioritaire de ressources fossiles et de processus artificiels nécessitant des ressources primaires énormes et un haut niveau de technologie
  • un gaspillage de ressources à tous les étages, et presque symboliquement ostentatoire, la recherche d'économie de ressources faisant vraiment figure de pauvre type
  • une perturbation abyssale d'à peu-près tous les grands équilibres de la biosphère : cycle de l'eau, océans, climat, cycles d'évolution des espèces, etc


Autant dire qu'on est loin du compte, et qu'il va sans doute falloir un peu plus que la publication de "l'économie symbiotique"pour nous faire changer de trajectoire. Cela dit, bien plus que ces grands principes qui restent somme toute un peu trop généraux à notre goût, nous avons été bien plus intéressé par un petit diagramme qui explique, dans une société fondée symbiotiquement, les interactions entre le monde vivant, un système industriel toujours en place et la société humaine elle-même. Pour ne pas abuser, nous n'allons pas reproduire le schéma en question, mais nous en dévoilons la substance ; il faut pour cela distinguer trois types d'écosystèmes :

  • les écosystèmes vivants. Bon, ce sont les écosystèmes que l'on connaît habituellement sous ce vocable, qui allient gaiement la fleur et son papillon compagnon, etc.
  • les écosystèmes sociaux. Ce sont les écosystèmes qui intègrent les échanges d'information et de savoir au sein des sociétés humaines. Enfin c'est que j'ai compris.
  • les écosystèmes technosphériques, qui correspondent peu ou prou à un système industriel banal, mais en plus propre quand même.

Le constat qui nous a le plus intéressé, aux Souris Vertes, est le fait que les écosystèmes technosphériques ne peuvent qu'être extractifs ; d'une manière ou d'une autre, ils ont besoin de ressources primaires pour fonctionner, et quelle que soit la manière dont on tourne la chose ils consomment toujours plus qu'ils ne produisent, les voyous.

La seule manière d'arriver à fonder une économie durable en les intégrant est alors d'utiliser les écosystèmes vivants et sociaux qui, eux, produisent plus de matière et de ressource qu'ils n'en consomment si tout va bien, pour équilibrer l'ensemble. Et, bien évidemment, les produits secondaires de chaque type d'écosystème doivent servir d'entrée aux autres, comme la chaleur dégagée par une usine qui pourra chauffer une piscine d'aquaculture, par exemple. Evidemment, tout ceci repose sur un postulat d'efficacité des écosystèmes vivants et sociaux, ce qui nous paraît un tantinet optimiste, comme nous en débattrons un peu plus loin.

Mais il est temps, enfin, d'en venir au coeur de la quintessence du centre de l'essentiel de notre propos du jour :


Numérique, loup y es-tu ?


Bien, on parle on parle, mais où le numérique dans tout ça ? Eh bien, à vrai dire, pour aussi intéressants que soient tous les propos que nous avons rapportés jusqu'à présent, nous n'aurions probablement pas consacré de petite recension à notre lecture du jour, si elle ne donnait pas une place de choix, et avec force détails, aux nouvelles technologies dans cette belle économie symbiotique à venir. Enthousiasmée par les possibilités de partage de savoir au niveau planétaire permis par les réseaux de communication modernes, de création et d'invention rendus possibles au plus grand nombre par les fablabs ou les imprimantes 3D, notre auteure(auteur?) en fait le pilier même des fameux écosystèmes sociaux, qui sont en fait davantage des flux d'échange d'information sous forme de petits octets que de vrais écosystèmes matériels.


Il faut reconnaître ici un réel effort, bien rafraîchissant pour les souris vertes qui n'arrêtent pas de mettre ce sujet sur la table dans un silence débatoire assourdissant, pour penser sérieusement et jusqu'au bout les conséquences d'une économie fondée sur des technologies numériques dont il faudrait pérenniser la production et l'utilisation sur le long terme. Extraction de métaux, de terres rares, obsolescence programmée, Isabelle Delannoy ne s'abrite pas derrière son petit doigt et essaie de répondre à tous ces problèmes qui menacent l'industrie numérique actuelle de périr sous le poids de ses propres déchets électroniques et de sa dévastation environnementale silencieuse.


Cependant, vu l'ampleur desdits problèmes, sans compter leur nécessaire extension à de nombreuses régions du monde non encore colonisées par ces outils numériques indispensables, puisqu'il est nécessaire que tout le monde soit relié par ces réseaux d'échange mondiaux et équipés de sa petite panoplie numérique pour que l'économie symbiotique puisse symbioser comme il se doit, nous sommes très dubitatifs aux souris vertes sur les propositions qui sont avancées. Par exemple, le recyclage des métaux, comme nous l'a bien montré "l'âge des Low Tech", un autre excellent ouvrage commenté ici-même précédemment, ne peut se faire à l'infini, mais au mieux sur quelques cycles vu les pertes inévitables, même sur les appareils les mieux conçus en vue d'être recyclés. On a donc du mal à voir comment une super filière de recyclage des métaux rares pourrait nous sauver d'une pénurie fatale de petits processeurs dans quelques dizaines de générations.



Bon, mais est-ce qu'on est d'accord, alors, vraiment ?


Argh et triple ugh, notre plan initial vient encore d'en prendre un coup dans l'aile, mais bon nous étions de toute manière résigné à son inconsistance congénitale. Ca nous apprendra à annoncer notre plan, tiens, on aurait mieux fait de se taire que d'appliquer ces bons principes d'écolier scrupuleux, voire franchement fayot.


Alors, nous avons essayé de présenter succintement les propos de notre bel ouvrage, mais nos fidèles lecteurs se doutent bien qu'il y a fennec sous cactus, voire souris sous buisson, car on aura plus vite fait d'attendre le jour du jugement dernier plutôt que le jour où les souris vertes n'auront aucune remarque critique à faire sur des idées offrant pourtant toutes les garanties de sérieux et de bon sens du cru. Eh oui, que voulez-vous, nous aimons la discussion, voire parfois la polémique la plus vile, on ne se refait pas. Polémiquons donc, prestement mais sans excès.


Nous avons en vérité deux points fondamentaux de désaccord, avec les parti-pris de l'écrivain (écrivaine ?). Tout d'abord et premièrement, nous considérons qu'il est dangereux de remplacer un optimisme et une confiance béats dans l'efficacité technique des réalisations artificielles, autrement dit le discours scientifico-totalitaire de notre belle modernité actuelle, par un optimisme en miroir sur l'efficacité des processus naturels. Certes, la nature fait fort bien les choses, ça n'est pas les souris qui vont me contredire, mais elle bien loin d'atteindre les critères d'efficacité et d'optimisation que l'espèce humaine s'est mise en devoir d'exiger dans tous les domaines.


Non, vraiment, les processus naturels ne sont pas des outils super optimaux qu'il suffirait d'exploiter, substituant àr nos rayons laser ultra-fins ou nos navettes spatiales du compostage super efficient ou de la photosynthèse dernière génération. La nature, enfin la vie en générale, ne cherche pas l'efficacité à tout crin, et les processus naturels ne sont pas exempts de perte, de déchet, d'érosion des ressources, enfin du moins aux échelles de temps et de matière qui nous concernent. Aussi, il nous paraît essentiel de nous préparer psychologiquement à ce que, même dans une société symbiotique idéale et parfaitement transitionnée écologiquement, aucun cycle de matière ne soit parfaitement refermable, et aucune ressource intégralement renouvelable sur la longue durée.


L'action de l'humanité, et du reste des vivants, ne pourra jamais être parfaitement neutre de ce point de vue, aussi nous pensons aux souris vertes qu'il serait temps d'en prendre notre parti une fois pour toutes, ce qui aurait pour conséquence qu'en plus de la recherche nécessaire de systèmes cycliques de consommation et production, il faudrait également s'attacher à réduire l'échelle de ces systèmes, pour que les pertes inévitables restent négligeables et nous promettent encore quelques ères géologiques de survie sans avoir à nous entretuer sérieusement pour les maigres ressources encore disponibles.


Notre deuxième point d'achoppement concerne, sans surprise, l'utilisation extensive de la panoplie numérique actuelle dans notre future économie symbiotique. Honnêtement, bien qu'elle nous permette de gagner notre croûte à la sueur de nos extrémités digitales, nous avons tendance à considérer l'informatisation galopante de la société comme un phénomène transitoire qui finira par se dégonfler, d'une part à cause de sa profonde inutilité intrinsèque (avons-nous réellement besoin que des machines effectuent des actions ou nous communiquent des données que nous sommes parfaitement capables de produire de manière autonome ?), et surtout de par son coût en ressources exhorbitant par rapport au service rendu.


Evidemment, les services rendus par les outils numériques ne sont pas tous superflus, même s'ils sont tous dispensables, comme en attestent les générations qui nous ont précédé sur la planète et qui ont, on se demande comment, réussi à faire leur chemin sans tout ce fourbi. Maintenant que nous les possédons, il n'est sans doute pas question de les mettre totalement de côté, mais comme la plupart des enthousiastes du numérique au service de l'écologie, notre auteur (autrice ?) ne questionne aucune des applications qui sont faites de ces nouvelles technologies, comme si elles étaient toutes légitimes et donc naturellement destinées à être pérennisées des siècles durant à travers toute l'humanité, dans un système économique qui intègrerait pleinement le droit pour tous de jouer à Lance Ton Pingouin en réseau mondial. En ce qui nous concerne, aux Souris Vertes, nous militons activement pour dégonfler la baudruche avant de poser la question de comment il faudrait faire pour l'inclure dans notre belle construction de la société durable de demain.



Lire ou ne pas lire, telle est la question


Bon, il est vrai qu'aux Souris Vertes, il nous est arrivé de parler de livres dont nous ne recommandions pas franchement la lecture, un comble tout de même quand ceux-ci ne nous ont rien demandé. Mais cette fois-ci, nous allons clairement et sans ambage recommander à tous ceux qui le peuvent et le souhaitent de lire "L'économie symbiotique", si si. Nous avons beau émettre de sérieuses réserves sur l'enthousiasme insouciant avec lequel l'auteure nous convie à intégrer les technologies numériques au coeur même de sa société de demain, il n'en reste pas moins que l'effort pour tenter de penser, au-delà de notre science économique moribonde, qui égrenne en boucle les relevés de la bourse à longueur d'antenne, une pensée économique qui ne soit pas en contradiction directe avec tous les principes écologiques et de préservation du vivant, mérite d'être salué bien bas.


Si nous ne sommes pas certain que les grands principes de l'économie symbiotique qui sont exposés suffiront à nous construire une société durable et équilibrée, il paraît important que ces notions émergent puissamment et distinctement dans l'espace public pour qu'elles puissent être débattues comme elles le méritent. Le cadre conceptuel proposé a le double mérite de sortir l'action politique au service de l'écologie de la multiplication de micro-actions qui parfois n'entretiennent aucune cohérence entre elles, voire se contredisent l'une l'autre, et d'offrir une alternative, y compris en terme de vocabulaire, à la théorie économique standard en grave danger de fossilisation terminale sur ses propres positions de principe, fût-ce au prix de laisser mourir l'entièreté des espèces vivant sur la planète, humains compris.


Bref, amis lecteurs, lisez sans tarder "l'économie symbiotique" d'Isabelle Delannoy, puis repassez l'ouvrage à vos voisins, vos souris, vos amis, et même vos ennemis !


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Les 5 gestes totalement vraiment incontournables de l'écologie numérique
Date 05/01/2018
Ico Le Petit Geste du Jour
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Nous bouleversons aujourd'hui la mise en page de notre superbe blog pour proposer un article en forme de bouée de sauvetage à nos lecteurs désespérés. Que sont devenus, en effet, ces magnifique Résumés Pour les Fatigués de la Lecture (RPFL pour les intimes) qui ornaient si délicatement notre tout premier dossier ? Et comment nos lecteurs pourraient-ils ne pas se noyer devant cette avalanche de conseils qu'ils ne savent par quel bout attraper, sans une lumière leur montrant le bout du tunnel, à quelques pas à peine ?


Alors, aujourd'hui, pour bien commencer l'année et rien que pour vous, nous allons sélectionner les 5 mesures que, s'il fallait n'en garder que 5 (remarquez que ça tombe bien, quand même, si on voulait en garder 6 ça ne marchait déjà plus), eh bien il faudrait les garder, justement. Un concentré de nos Petits Gestes les plus essentiels, avec un maximum de pulpe au fond et plein de belles vitamines pour l'hiver.


Avant d'aligner notre hit-parade et de briser le suspense haletant qui place la foule au bord de l'apoplexie, il nous faut confesser un péché inavouable à nos chers lecteurs. En effet, un de mes amis, qui a le bonheur de travailler dans le milieu du journalisme, m'a révélé une fois la botte secrète de l'article qui percute et fait venir des millions de lecteurs instantanément : précisément celui qui décline les 10 raisons de, les 50 les plus, les 20 mesures qui, etc. Apparemment ce type d'article bien polissé où tout est ordonné et compté fait le bonheur du badaud qui se promène nonchalamment sur l'internet mondial.


Si aux Souris Vertes nous aimons l'ambiance confinée de nos soirées de lectures intimes partagées avec nos fidèles lecteurs, et si nous ne souhaitons pas franchement faire exploser l'audience de notre site pour ensuite nous retrouver à inonder tous les médias de la terre de notre discours il est vrai si pertinent, nous avons décidé de tenter l'expérience, pour voir si la Loi de l'Article Vendeur se vérifie. Sachant qu'en plus ceci nous permet de recaser des dessins et du contenu tout prêt, autrement dit de ne pas nous fouler plus que de raison, et qu'au demeurant ce rappel salutaire pourra peut-être contribuer à sauver un ou deux phoques au passage, pourquoi bouder notre plaisir ?


Allez, c'est parti pour le Top 5 des actions tellement vertes qu'on a du mal à les distinguer de l'herbe du champ voisin.



Geste n°1 : je baisse dare-dare les réglages d'images de mes appareils numériques



"Brume matinale

Est-ce une flaque que je vois

Ou mon ombre ?"


Midoriro no Mausu (la Souris Verte)

Eh oui, voici donc le grand vainqueur de notre superbe palmarès, l'action élue la plus utile de toutes celles énumérées par les Souris Vertes, excusez du peu. Non pas que l'on manque de choix en la matière, mais le réglage par défaut des appareils numériques joue dans la cour des grands, voire carrément dans la salle des profs, en terme de gaspillage éhonté de ressources numériques. C'est qu'en effet notre petit clic a la puissance de l'aile du papillon qui va déverser une tornade d'octets inutiles sur l'ensemble du monde numérique, qu'on en juge plutôt :

- mon petit, ou minuscule, ou gros, ou super énormément géant, appareil numérique fait travailler son processeur à grand coup de traitement d'image dispendieux pour nous fournir cette superbe photographie en 112 millions de milliards de pixels. Et en plus, au passage, il sature sa propre carte mémoire pour la stocker, sympa.

- nous engorgeons la bande passante des réseaux numériques pour transférer la grosse image vers le partage Cloud, le site web, voire les boîtes de messagerie (horreur ! vous cumulez deux anti-gestes écologiques en un seul, voir ci-dessous) de notre choix.

- nous saturons les espaces de stockage où nous avons envoyé notre photo ingénue, qui ne se doute pas un instant de tout le mal qu'elle fait subir à la planète.

- nous faisons travailler inutilement le processeur de toutes les machines qui cherchent à afficher notre image et doivent la recadrer car ils ne disposent pas d'un écran de sortie de douze mètres de largeur (la taille réelle d'un affichage confortable de votre image).


Et quand on sait que les photos constituent le type de contenu le plus échangé à travers les réseaux (chiffre de l'Institut Statistique des Souris Vertes), comme en atteste la paille des 200 millions de photos postées chaque jour sur FesseBouc, bonjour l'odeur, il est grand temps pour toi, ami lecteur, de te précipiter sur l'ensemble de tes appareils numériques pour baisser d'urgence la résolution de tes images et de tes vidéos. Et bravo pour ce geste salutaire, les éléphants d'Afrique applaudissent de la trompe !



Geste n°2 : je me soigne sur l'envoi de pièces jointes dans les mails


"Elle semble si lourde

Sur la petite tortue

Sa carapace"


Midoriro no Mausu (la Souris Verte)


Ah, les pièces jointes. Autant vous dire qu'aux Souris Vertes, la réception d'une pièce jointe bien volumineuse nous fait à peu près le même effet qu'à certains le crissement des ongles sur une surface lisse, et qu'il nous faut généralement un petit exercice de respiration profonde pour absorber le choc de cette Pollution Numérique Majeure. Nous avons déjà consacré un article magistral à la question, qui figurera prochainement dans les manuels scolaires d'éducation civique, aussi nous n'allons pas détailler tous les arguments imparables qui font de la pièce jointe l'invention la moins écologique du web, mais rappelons à toutes fins utiles que :

- la pièce jointe pèse une fois et demi plus lourd que votre fichier de départ, car elle doit être encodée sous forme de texte dans le message.

- que les pièces jointes multiplient la taille des mails par Beaucoup, disons 1000 en moyenne, par rapport à un message en pur texte.

- que le, ou les, destinataires, ne peuvent pas choisir de ne pas récupérer la pièce jointe sur leur compte de messagerie.

- que les pièces jointes constituent la majeure partie du stockage présent sur les serveurs de messagerie, qui sont des serveurs ultra sensibles qui répliquent leurs données plein de fois et tiennent les messages à disposition immédiate de l'utilisateur sans se préoccuper de la pause dominicale ou d'aller faire un petit somme de temps à autre.


Pour toutes ces belles raisons, il va nous falloir nous soigner et arrêter d'envoyer des pièces jointes dans les mails, ainsi que supprimer dès que possible toutes celles qui traînent dans nos propres boîtes de messagerie. Alors effectuons au plus vite ces Petits Gestes avec grâce et élégance, olé !



Geste n°3 : j'éteins ma box nom di diou


"Les yeux fermés

Je vois encore

La caresse du soleil"


Midoriro no Mausu (la Souris Verte)

Au hit-parade des gros vilains, la box internet trône en bonne place magré son apparence parfaitement inoffensive. En effet, ce petit objet qui passe le plus clair de son temps à regarder le plafond, le rebord de l'étagère ou l'arrière du bureau, et sans doute à deviser doctement et à élaborer des théories philosophiques profondes dans la langue des box internet, ne semble pas affublé de gros besoins ni nécessiter une attention quelconque de notre part. Mais ceci ne l'empêche pas de nous réclamer une alimentation électrique permanente, quand bien même nous serions au fond du jardin ou en train de dormir, par exemple, autrement dit à des moments où nos besoins en connexion réseau vers l'internet mondial sont inexistants.


Et, vu que l'ensemble des habitants du monde civilisé déploie sa propre mini box personnelle, avec souvent très obligeamment son petit réseau wifi qui rajoute un peu d'ondes au tableau, toute cette activité joyeuse de veille silencieuse de nos boîboîtes finit par représenter plus d'1% de notre consommation électrique totale. Dit comme cela, ça n'a peut-être pas l'air impressionnant, mais c'est que vous n'avez pas en tête l'ordre de grandeur de l'énormitude de notre consommation totale. Sans essayer de rapporter tout cela à la consommation de la proverbiale ménagère et du foyer moyen, estimons grossièrement qu'il faut plus d'une demi centrale nucléaire françoise pour ce petit service que nous utilisons au mieux quelques heures par jour.


Autrement dit, on met vite un interrupteur sur notre petite box, et on lui coupe la chique au minimum du soir au matin. Et pan dans les dents !



Geste n°4 : j'arrête le streaming tout de suite et pour de vrai


"Ce tronc d'arbre

Au milieu du courant

Je l'ai pris pour un homme"


Midoriro no Mausu (la Souris Verte)

Ah, le streaming, encore un cas d'école, enfin à l'école des cancres de l'écologie numérique, plus près du radiateur que du tableau. Pour les non anglophones, la traduction exacte du dictionnaire de l'Académie Française est "n.m., dérivé de l'anglais 'streaming' (se prononce strimminngueu). Consommation forcenée de bande passante réseau à travers une lecture en temps réel de contenu multimédia sur des serveurs distants". Comme toujours, revenir aux sources et à la définition exacte de notre phénomène nous permet de comprendre tout le danger qu'il fait courir aux dauphins.


C'est pourquoi on ne cherchera pas à sauver l'importune méthode de diffusion de contenu, et on s'abstiendra tout de suite et pour l'éternité de :

- poster des vidéos ou sons sur des plateforme de diffusion de contenu mondialement mondialisées, et même sur celles qui seraient plus confidentielles

- consommer des vidéos ou des sons en lignes, d'où qu'ils viennent, sauf en cas de force majeure, par exemple si votre maison va exploser et que vous avez sous la main une vidéo qui montre comment faire pour éteindre le robinet de gaz.



Geste n°5 : j'utilise le mode avion et je prends les transports en commun


"Cette fourmi

Qui monte sur ma chaussure

Pour dominer l'univers"


Midoriro no Mausu (la Souris Verte)

Dernier geste simplissime mais non moins bénéfique pour vous, vos proches et les petits oiseaux, prendre la bonne habitude d'utiliser le mal-nommé "mode avion" des téléphones portables, tablettes et autres objets connectés. Il faut savoir qu'il n'y a pas que le pilote d'avion qui pourrait trouver à redire à toutes les ondes que vous envoyez gentiment à travers votre petit récepteur, notre Agence Nationale de l'Etude des Gros Problèmes Sanitaires Liés aux Pratiques Sociales, dont le sigle est l'ANSES, allez comprendre, nous signale timidement que ceci pourrait bien être dommageable pour le développement du cerveau chez l'enfant, rien que ça. On imagine que les effets sur le reste du monde vivant, humains adultes compris, doivent être d'une innocuité telle qu'on ne les détecteraient pas même avec notre plus grand téléscope spatial si on décidait de s'intéresser un peu sérieusement à la question.


Mais passons, car ce n'est pas même le risque de perdre la moitié de nos neurones ou de développer un cancer de l'hypothalamus qui doit nous inciter à utiliser le fameux mode flouf flouf (=bruit d'hélice chez les souris vertes), mais bien son bilan écologique incroyable : il vous permet en un tour de main d'économiser des milliers de cycles de votre batterie, en plus d'avoir l'heureux effet de vous couper un peu du tumulte du monde moderne ultra-connecté qui ne cesse de vous solliciter. Ainsi vous retrouvez un peu de calme, votre petit appareil s'essoufle moins, et vous pourrez continuer à vivre en harmonie pour de nombreuses années supplémentaires. N'est-ce pas tout simplement formidable ? Allez, vite, on le fait ce petit geste !





Bon, eh bien c'est terminé pour notre super meilleur absolu du top plus fort de tous nos Petits Gestes, autant dire la crème de l'écume du petit lait de tout le blog. Mais espérons que ceci vous a donné l'envie, non seulement de réaliser ces petites actions simples mais si utiles pour notre belle planète, mais aussi d'aller vous jeter à corps perdu dans tous les autres gestes, articles, vils pamphlets polémiques et trésors divers qui parsèment notre magnifique collection au fier logo de petit muridé vert pomme.


Et pour les lecteurs occasionnels et de passage, on se retrouvera lors d'un prochain palmarès, au choix, des 3 plus beaux dessins, des 10 meilleurs haïkus, des 20 titres les plus cocasses, ou encore des 50 expressions les plus incongrues. Vivement la suite !




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