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Ecole et numérique font-ils bon ménage ?

Date 30/07/2016
Ico Polémiquons
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Où l'on se demandera s'il faut envoyer les souris vertes à l'école

Petite souris verte à l'école du numérique

"Les lunes et les fleurs :

Voici les véritables

Maîtres"


Matsuo Bashõ (1644-1695)


"Les tablettes et les tableaux numériques :

Voici les véritables

Maîtres"


Programme de l'Education Nationale (2019-2020)



Normalement je me permettrais jamais de dénaturer ainsi un magnifique haïku du vénérable Matsuo Bashõ, mais il faut y aller les deux pieds dans le plat et à pieds joints pour inaugurer notre rubrique Polémiquons. Contrairement à la délicatesse de la rosée du matin frémissant sur le pétale de la frêle pâquerette qui nous caractérise habituellement, on sort aujourd'hui les gants de boxe et la sono de gros bourrin pour envoyer du bon article d'humeur qui tache, de plein parti pris, sans débat contradictoire et de politiquement correct dégoulinant sur la cravate d'un journaliste médiatique professionnel. Il faut bien se défouler quelquefois, les souris vertes sont bien gentilles mais elles ont aussi de l'énergie, voire de l'agacement ou de la saine colère parfois, à dépenser elles aussi.


On dégaine donc notre bazooka géant pour le pointer en direction d'un sujet qui mérite bien qu'on s'y attarde, quitte à distribuer quelques coups de pieds au derrière qui se perdent. Mais rassurez-vous, les pieds de souris sont petits et tout molletonnés, on ne risque pas de faire bien mal, tout au plus réveillera-t-on de leur hébétude, espérons le, quelques prophètes et fanatiques qui scandent comme des robots le même mot : "numérique, numérique, numérique". Qui sont-elles, ces âmes perdues, errant dans les affres d'un monde qui leur échappe et se réfugient derrière une idole plaqué or de fabrication douteuse, une pâle imitation bon marché destinée aux touristes naïfs qu'ils sont ? Ministres, hauts fonctionnaires, pédagogues, inspecteurs, recteurs, chefs d'établissement, peut-être même quelques enseignants ou parents d'élèves emportés par la vague de fond qui semble s'élever de manière irréristible, le monde entier de l'éducation semble adhérer à cette secte d'un nouveau type, l'Ordre du Numérique Partout. Hors de l'écran, point de salut. Si ça ne bouge pas, ne clignote pas, ne bruite pas, ne vibre pas, ne multimédiate pas, c'est qu'on n'est pas dans un Contexte d'Apprentissage, et qu'on n'abreuve donc pas nos chères têtes blondes de tout le savoir qu'ils peuvent légitimement nous réclamer, comme par exemple celui d'apprendre à maîtriser un outil indispensable à la survie en société qui leur permettra de jouer à Lance Ton Pingouin de manière professionnelle.


Vous l'aurez compris, la question posée dans le titre est de pure forme et on ne fera pas semblant de singer le plan de la bonne dissertation scolaire, "thèse, antithèse, foutaise"  comme le désignait poétiquement un de mes enseignants de lettres ; on saute directement et allègrement à l'antithèse, sans essayer de scruter l'infinitésimal pour deviner un quelconque bénéfice caché à la politique éducative actuelle en matière de numérique. Non non non. Allez on entame notre procès à charge.


Grandir avec le numérique par ceux qui ne l'ont pas vécu


Commençons tout de suite par un étonnement légitime : comment se fait-il que toutes les personnes sus-citées, généralement d'un âge d'autant plus respectable que leur poids dans la hiérarchie (et corporel me souffle une souris, ah vraiment on ne vole pas haut aujourd'hui) est grand, en viennent à penser que le numérique est indispensable à toute forme d'éducation quand eux-mêmes ont grandi dans un système où il était totalement absent ? Ils sont pourtant censés être les exemples de réussite scolaire les plus aboutis de cet ancien système qu'ils s'emploient à fouler aux pieds. Serait-ce donc que l'éducation qu'ils ont reçue était en fait un tissu d'insanités duquel ils ont dû lutter toute leur vie pour se défaire ?


Je ne pense pas qu'on trouvera beaucoup de ces éminentes personnes pour nous soutenir une telle position, aussi il faut chercher ailleurs l'explication du grand chamboulement nécessaire et inéluctable du Progrès Pédagogique par les Nouveaux Outils de l'Information (désolé si je n'ai pas les termes exacts, mais ça change tous les 2 mois, aussi il est difficile de se tenir à la page du jargon éducativo-progressiste). Selon moi, si l'école doit impérativement adapter ses pratiques pour marcher sur les mains et regarder avec les pieds, ce n'est pas l'ancien système qui en est la cause mais les Elèves, cette espèce étrange qui est manifestement inadaptée à toute forme de vie terrestre sans une bonne dose d'appareillage numérique.


Il n'est pas nouveau que les générations vieillissantes aient du mal à comprendre celles qui les suivent et doivent donc construire des schémas d'explication pas toujours très subtils pour appréhender cette altérité inquiétante. Les discours sur la jeunesse qui n'a plus de (-remplacer ici par ce qui vous plaît, sauf souris verte je vous prie, les jeunes aiment les souris vertes comme tout le monde-) ne datent pas d'hier. Ces discours, d'ailleurs, ont en retour un effet essentialisant qui enferment lesdits jeunes dans la cage qu'on leur dessine, et fait se réaliser le fantasme : après avoir bien digéré l'image qu'on leur renvoie, les jeunes seront des adolescents impossibles et rivés à leurs téléphones portables, les enfants seront des drogués des écrans tyranniques, les bébés même seront fragiles et capricieux. Beauté de la prophétie auto-réalisatrice, comme un voeu qu'on soufflerait à notre lampe magique et qui se trouverait exhaucé à simplement le formuler, sauf que c'est précisément à chaque fois ce qu'on l'on prétend combattre que l'on fait advenir. Et cette mécanique fonctionne à plein à l'école : sans surprise, les élèves seront désinvestis, incapables de lire 3 mots de suite sans bailler, et totalement atones devant tout ce qui n'a pas des couleurs éclatantes et virevolte à la vitesse du son.


Le jeune, sous le scalpel et au microscope


Quelle est donc l'anthropologie du jeune que nous livre en filigrane l'institution scolaire dans ses discours et ses fameuses innovations pédagogiques ? On peut la résumer par quelques traits saillants, et les dispositions correctives qu'il conviendra d'appliquer pour y répondre :


  • l'élève est incapable de lire : on lui proposera des images, des vidéos, des sons. Et en plus c'est plus vivant, on lutte donc contre l'ennui.
  • l'élève est incapable d'utiliser un support papier quelconque : on lui en proposera immédiatement une version numérique.
  • l'élève ne supporte pas l'échec : on évitera soigneusement toute situation qui pourrait donc le mettre en difficulté. Soit en particulier toute situation normale d'apprentissage, où il pourrait se voir confronté à de l'inconnu ou du non maîtrisé, sinon quelle angoisse et quelle frustration.
  • l'élève ne s'intéresse qu'à la technologie et au multimédia : on va donc lui en donner au kilo.
  • l'élève évolue dans un environnement familial et social absolument pas propice au travail personnel : on ne lui demandera aucun travail en dehors du temps scolaire, et puis il ne faut pas exagérer non plus, il a une vie personnelle riche à jouer en bande à Lance Ton Pingouin, il faut la respecter.
  • l'élève est déprimé, ennuyé et non épanoui par nature : il s'agit de lui remonter le moral par des enseignements ludiques et enthousiasmants, car il est bien connu que l'école est la mieux placée pour proposer du divertissement aux jeunes
  • l'élève évolue dans un monde difficile dans lequel il va devoir lutter pour survivre : il faut le préparer autant que possible à cette société hostile et si difficile à comprendre, notamment en lui inculquant des savoirs techniques indispensables à sa future vie professionnelle (oups, dommage qu'ils soient périmés avant même sa sortie d'école).
  • l'élève n'a aucune culture et ne connaît rien au monde qui l'entoure : il faut lui donner de grands cours magistraux qui feront de lui un Citoyen Responsable qui comprend comment trier sa poubelle.
  • l'élève a sa culture propre qu'il s'agit de respecter : il faut que cette culture rentre dans les enseignements, ce qui permet de gagner son attention et de respecter la règle du "jamais d'échec", enfin en théorie car on trouve toujours des gens pour avoir zéro sur une interrogation où il s'agit d'orthographier correctement leur nom propre.


On peut remarquer que cette liste n'est pas exempte de contradictions. Ainsi, l'élève est tout à la fois quelqu'un de totalement hors du monde auquel il s'agirait d'inculquer les bonnes valeurs et connaissances qui lui manquent pour vivre en société, et en même temps il a sa culture propre incompréhensible pour le commun des mortels, mais qu'il s'agit de respecter au même titre que n'importe quelle autre au nom du droit à la différence (ou plutôt à l'indifférence, puisque tout devient égal et qu'il ne s'agirait certainement pas de dire que certaines formes de culture sont préférables à d'autres).


Cette contradiction s'imprime également très fortement dans le discours sur le numérique que tient l'école : il semblerait que les élèves soient mystérieusement tous tombés dans la marmite à potion magique étant petits, et donc soient nés pour avoir un appareil mobile branché directement au poignet, et dans le même temps on en ferait des illettrés complets en la matière qu'il est urgent d'initier aux systèmes d'information dès l'école primaire. Alors, il faudrait tout de même se décider : béotiens complets qui ne comprennent rien à ces outils, ou super génies qui nous laissent sur le carreau dès qu'ils atteignent les deux ans et demi ?


Suivre le monde en plein changement révolutionnaire du bouleversement cataclysmique d'une évolution nouvelle


On peut penser que le tableau que l'on vient de dresser en dit plus long sur les gens qui, consciemment ou inconsciemment, le peignent aux grandes couleurs de la république. En tous les cas, croyons-en ces apôtres de la bonne parole éducative, il est certain que les bonnes vieilles recettes ne peuvent plus fonctionner dans ce monde nouveau qui n'a plus rien à voir avec l'ancien, et donc qu'il est urgent de détruire à coup de pelle tout ce qui a pu un jour où l'autre servir de socle à leur propre éducation. Se rappeler qu'il y a tout simplement une vingtaine d'années, la possession d'un ordinateur personnel était tout à fait exceptionnelle, que seuls les champions du monde de poids et haltères pouvaient posséder des téléphones portables, que personne ne connaissait internet, peut tout de même amener à s'interroger sur le fait que la sélection naturelle réussisse à fonctionner à cette échelle de temps pour nous produire autant d'individus qui auraient tout simplement été incapables de survivre dans cette période antédiluvienne fort heureusement révolue. Et encore, il semblerait que cette sélection s'accèlère tellement que chaque cohorte d'élèves n'ait plus rien à voir avec celle qui précédait, et qu'il faille donc continuellement tout changer pour que rien ne change (c'est-à-dire pour qu'à la fin tout le monde soit un citoyen modèle bien éduqué, employable et propre sur lui).


Osons tout de même cette petite supposition audacieuse : en vérité, ce ne sont pas fondamentalement les enfants qui changent, même si évidemment la modification chaque fois réinventée de l'image qu'on leur renvoie a une influence sur eux, ce n'est même pas le monde qui change à un rythme effréné comme on voudrait nous le faire croire tous les jours. Les informaticiens savent bien qu'aucune révolution conceptuelle n'est intervenue entre l'informatique des années 1970 et celle d'aujourd'hui, certains programmes de cette époque équipant toujours d'ailleurs une bonne partie de nos systèmes d'exploitation, la seule chose qui a changé, et c'est vrai de manière spectaculaire, c'est le matériel qui a offert des capacités de stockage et de calcul nettement accrues. D'accord, et plus de pixels, on pourra relire notre magnifique article sur les écrans pour se rappeler à quel point cette innovation est bouleversifiante.. Mais PLUS de stockage et PLUS de calculs ne changent pas fondamentalement la donne, pas plus que PLUS de crème chantilly ne transforme miraculeusement votre gâteau en salade grecque.


Donc, finalement, ce qui change, c'est le sentiment d'insécurité de ces gens qui nous tiennent des discours interminables sur l'univers numérique, un univers auxquels ils ne comprenaient décidément pas grand chose dans les années 1980 quand les machines pouvaient traiter quelques instructions bravement, et dans lequel ils sont totalement perdus maintenant qu'elles en enchaînent des dizaines de milliards en un clin d'oeil. Et oui, évidemment, ce qui a changé aussi, c'est la puissance de frappe de l'industrie électronique qui diffuse maintenant ses produits avec une telle efficacité qu'arrivé à la majorité, tout être humain qui n'a pas été élevé par une famille de gorilles au milieu de la forêt vierge aura consommé et jeté des dizaines d'appareils numériques, et s'apprêtera à franchir le cap de la vie adulte à grand coup d'écrans plasma et autres smartphones derniers cris qu'il va enfin pouvoir se payer en l'échange d'un labeur passionnant. Et il pourra remercier l'école de l'avoir conforté dans cette voie, car ce n'est certainement pas là qu'il aura pu construire une autre vision de la vie en société.


Apprendre ce que l'on sait déjà, triomphe de l'éducation


On l'a compris, une des priorités affichée de notre système scolaire est la maîtrise des outils numériques, informatiques, bureautiques et tout ce qui finit par tiques. On peut s'interroger sur la pertinence de cet apprentissage, qui va nécessairement prendre la place d'autres savoirs académiques précédemment enseignés, surtout dans un contexte où l'on ne cesse de baisser le nombre d'heures hebdomadaires des différentes disciplines. Au-delà des querelles idéologiques sur les contenus qui sont considérés ou non comme suffisamment nobles pour être dignes d'être dispensés à l'école (on notera d'ailleurs la place de choix des enseignements artistiques ou manuels dans cette hiérarchie), on peut questionner d'emblée l'utilité de cette démarche.


Depuis les quelques années que les appareils numériques ont envahi la planète, on n'a encore jamais vu qu'une personne quelconque ait eu besoin d'une formation scolaire poussée pour utiliser son smartphone, sa tablette ou son ordinateur portable. Au contraire même, les élèves d'aujourd'hui ayant proverbialement grandi avec ces technologies, la probabilité pour qu'ils n'y aient pas été exposés à haute dose avant même d'arriver sur les bancs d'école où ils sont censés apprendre à s'en servir est ridiculement faible. En conséquence, la frange miscoscopique des élèves qui se révèleraient malgré tout incapables d'en remontrer au prof en lancer de pingouin correspondrait tout simplement à ceux qui n'en ont jamais eu besoin, dont on peut supposer qu'ils rejoindront les autres si un jour il leur faut s'y mettre. Non seulement les élèves maîtrisent ces nouvelles technologies sans effort, mais en plus l'école est probablement la dernière à pouvoir en dispenser une formation quelconque, vu qu'elle a toujours quelques centaines de trains de retard dès qu'il s'agit de suivre les évolutions technologiques.


On peut surtout critiquer fermement l'idéologie sous-jacente qui veut que les savoirs transmis à l'école soient directement utiles à la vie en société ou dans le monde du travail. L'école n'a pas le monopole de la transmission de connaissances, et, elle n'est même pas la mieux placée pour faire apprendre la plus grande partie des choses qui sont pourtant très utiles au quotidien. Sinon que faudra-t-il bientôt ajouter à nos programmes scolaires ? Des cours pour apprendre à marcher ? Pour uriner proprement ? Pour lacer ses chaussures ? Pour faire du vélo ? Pour ouvrir une porte avec la clé ? Bref, quand bien même on jugerait que le numérique est devenu l'incontournable et absolue condition de la survie dans notre Monde d'Aujourd'hui, il est temps de reconnaître que tout ce qui est nécessaire à la vie en société n'a pas vocation à être enseigné à l'école.


Il y a peut-être une raison plus profonde de vouloir faire entrer les enseignements numérisés et en couleur à l'école : celle déjà mentionnée de l'évitement à tout prix de l'échec. L'important pour l'institution scolaire, comme pour pas mal de parents d'ailleurs, est avant tout de ne jamais placer l'enfant dans une situation d'échec ou d'impuissance. Il est donc essentiel de ne le confronter qu'à des choses qu'il sait déjà plus ou moins faire, ce qui permettra de le féliciter d'avoir appris ce qu'il savait déjà.


On pourrait tout de même souhaiter que l'école s'empare du sujet du numérique, non pas pour y foncer tête baissée comme le reste de la société, mais pour le remettre en contexte et l'aborder avec une distance et une perspective nouvelles. Par exemple avec des séances quotidiennes de débat avec des souris vertes, ou diffusion sur papier glacé des articles de ce blog (l'auteur est prêt à en céder gracieusement tous les droits, pour ne pas grever davantage le budget déjà bien entamé de l'éducation nationale). Cependant, cette idée ne peut que nous faire pouffer de rire tant elle est éloignée de la niaiserie des discours que l'on entend actuellement autour des usages numériques, qui ont à peu près autant de profondeur que l'opinion d'une tortue sur les techniques de vol plané.


Ringardise du tableau à craie


Il est temps que je confesse mes péchés, eh bien oui, dans une vie antérieure j'ai été enseignant, et j'ai aimé le tableau à craie. Je ne sais pas si je serais ne serait-ce qu'admis à passer le concours aujourd'hui en proférant de telles inepties. En effet, qui pourrait vouloir d'un tel matériel totalement indestructible, effaçable à l'infini, dont la matière première est certes pas renouvelable, mais d'une simplicité enfantine à trouver et dans des quantités tellement importantes que l'humanité aura probablement disparu avec son école bien avant d'en voir la moindre diminution notable ?


Heureusement, on a bien vite remplacé ces reliques d'un autre âge par d'horribles tableaux  en  plastique blanc dont la durée de vie moyenne doit avoisiner les deux ans, au bout desquels même les produits les plus corrosifs ne viennent pas à bout des traces de feutre qui y restent imprimées. Il faut dire que lesdits feutres, eux mêmes pratiquement jetables aussitôt ouverts, dégagent des vapeurs qui sentent bon la chimie industrielle, et qu'il vaudrait sans doute mieux laisser hors de portée des enfants, tiens ça tombe bien qu'on les mette partout dans les écoles. J'ai du mal à comprendre les collègues qui ont pu se plaindre de la poussière de craie, c'est vrai un peu pénible, mais qui ne voyaient pas de problème à s'intoxiquer de la sorte. Mais de toute manière, le saut technologique suivant a été bien vite franchi pour bombarder les salles de classes de tableaux numériques interactifs achetés à grand renfort d'argent du contribuable, pour le plus grand bonheur de toute la communauté éducative qui ne savait même pas que ça existait. Autant dire qu'à part les fabricants de ces outils merveilleux et quelques élus régionaux qui doivent compter parmi leurs partenaires de bridge, il ne s'est pas trouvé grand monde pour réclamer toutes ces belles évolutions.


Mais bon elles sont là, et on peut dire que de la craie au tableau qui clignote (et plante horriblement, il doit y avoir une armée de Programmeurs Avec Les Pieds tapie dans l'ombre quelque part), on a fait un saut conceptuel parfaitement inepte. Certains trouveront en effet bien pratique de pouvoir dispenser de l'image et de la vidéo au kilomètre pour assoupir les élèves devant un contenu tout prêt à être consommé, mais il y a tout de même un problème majeur avec le numérique en terme de lecture et de vitesse de la pensée. Car, vous l'avez peut-être remarqué, on ne lit en fait presque jamais un texte projeté intégralement sur un écran. On le parcourt en diagonale, en tout sens, pour en extraire des bouts, mais ce n'est que rarement et par un effort de volonté intense qu'on concentre suffisamment son regard pour une lecture cursive, comme celle que vous avez peut-être adoptée présentement avec cet article trépidant. Et ceci encore plus lorsque d'autres sens sont sollicités, par de la parole ou d'autres interactions qui viennent interférer avec notre lecture, comme par exemple ce professeur qui vient donner des explications sur le texte qu'il vient de projeter.


Donc, quand on projette du texte sur un écran, oui, on hypnotise les regards qui y restent rivés comme des papillons sur un réverbère, mais sans réellement s'y fixer pour en lire le contenu. Et pendant ce temps-là, personne ne vous regarde non plus, sachant que dans des contextes de communication, les signes non verbaux sont au moins aussi importants que le reste. Ainsi l'écran fait écran, tout à la fois au contenu et à la manière de le présenter. Une belle débauche d'énergie dans tous les sens, du son et lumière, pour un bilan totalement miteux côté apprentissage ;  osons le dire, des dizaines d'heures de papillonnage numérique n'équivalent pas à un quart d'heure de lecture concentrée.


Alors que le tableau à craie, excusez-moi d'en remettre une couche avec mes idées vieillotes, quand on ne fait pas crisser la craie dessus pour réveiller la souris verte endormie au dernier rang, a la propriété sympathique d'offrir une vitesse d'écriture qui est assez naturellement la vitesse de la lecture et de la pensée en pleine cogitation. C'est vrai aussi du tableau plastique, tout à fait, ou de la bombe de peinture si vous aimez taguer vos cours. Mais bon la craie a plus d'allure, quand même, et les verts y sont beaucoup plus proches de la couleur de nos souris préférées.


Apprendre en s'amusant (hi hi)


On ne peut que s'incliner devant ce constat : le numérique est plus divertissant que l'enseignement austère à grand coup d'absence de support visuel. Et étant donné que les élèves s'ennuient profondément à l'école, et qu'il s'agit de leur redonner de la joie de vivre, comment ne pas en venir à leur donner paillettes et confettis numériques tous les jours au menu de la cantine ? L'enseignant se transforme donc en un sympathique agent d'ambiance, qui comme les "barristas" des trains fait régulièrement des annonces qui indique qu'il espère que les conditions de confort et d'amusement satisferont au mieux les usagers.


Personne ne souhaite évidemment déprimer à longueur de journées nos chers enfants, qui représentent, ne l'oublions pas, l'avenir de la nation. Qui voudrait d'une nation de gens pas épanouis et qui soupirent leur mal-être à longueur de journée ? Après, il y a tout de même un petit problème avec la proposition "plus de numérique=plus de youpi". Tout d'abord, nonobstant les discours hédonistes qui nous présentent la vie comme une publicité aux couleurs vives où tout semble couler de manière fluide pour les gens souriants qui la peuplent et qui probablement ne connaissent même pas le sens du verbe transpirer, l'apprentissage n'est malheureusement jamais ni immédiat ni spontané. Quel que soit le domaine concerné, qu'il s'agisse de maîtriser un mouvement dans un sport, un geste pour un artisan, un peintre ou un musicien, un raisonnement ou une notion pour une tâche plus intellectuelle, seule l'exercice et la répétition un nombre incalculable de fois de certaines actions pas forcément passionnantes vous permettra d'atteindre un niveau réellement significatif. Ceci vaut même, eh oui, pour la maîtrise de ces petits appareils numériques, même si personne n'aurait l'idée saugrenue de comptabiliser les centaines d'heures passées à agiter les pouces sur un écran qui vous permettent d'atteindre la vitesse de la lumière au moment d'écrire à vos amis que vous arrivez dans 10 minutes, ou à battre des records au lancer de pingouins avec les yeux bandés et les mains dans le dos.


Il sera donc difficile d'espérer inculquer quelque chose de plus ou moins nouveau si l'on s'est donné comme objectif principal de divertir les élèves, étant donné que l'effort est au centre de toute possibilité d'apprentissage. Il est parfois possible de faire oublier l'effort en rendant les conditions d'apprentissage plus clémentes, de même que la contemplation d'un paysage sublime peut vous faire oublier momentanément que vous êtes en train de cracher vos poumons à gravir une pente extrêmement raide, mais généralement cette petite diversion n'a qu'un temps, et bien rapidement vous reprendrez conscience que vous n'êtes pas allongé langoureusement sur la plage à siroter un cocktail à la paille, qui est pourtant ce que l'on vous a promis implicitement pour l'ensemble de vos journées sur cette terre. On comprendra notre frustration et notre indignation devant cette réalité particulièrement insupportable.


Mais le problème principal, en admettant qu'il existe une pédagogie ultime qui vous permet de dispenser des savoirs complexes dans la franche gaieté et la joie insouciante de l'amusement partagé, est que l'école risque d'avoir quelques déconvenues brutales si elle se place sur le terrain du divertissement, où elle va faire face à une concurrence redoutable. Quel que soit le talent d'animateurs de nos enseignants, il va leur être difficile de rivaliser avec l'avalanche de divertissement que propose aujourd'hui la société de consommation. Dans le match Ecole vs TF1, par exemple, je ne donne pas cher de la peau de notre belle institution scolaire. Il est donc plus que probable que, malgré ses plus beaux efforts et des costumes à paillettes toujours plus extravagants, l'école se retrouvera bien vite reléguée par les élèves dans les oubliettes de la ringardise qui se veut à la mode et rigolote, mais qui est franchement pitoyable par rapport à tout ce que l'on peut faire de mieux sur son temps libre. Il ne restera alors qu'à tirer les conclusions qui s'imposent : s'il s'agit de divertir nos chers enfants, il vaut mieux leur rendre leur liberté et fermer boutique, car ils le feront toujours mieux ailleurs qu'à l'école.


Equiper, à défaut d'éduquer


On a beau dire que c'est la crise et serrer la ceinture à coups de crans cloutés au gros mammouth de l'Education Nationale, s'il y a bien un domaine dans lequel on ne compte pas ses sous, c'est lorsqu'il s'agit de balancer de l'équipement à la pelle dans les établissements scolaires. Quand bien même vous auriez courageusement tenté d'endiguer l'inflation numérique précoce qui exige qu'un enfant de 6 ans ait à la maison une console, un smartphone, une tablette et un ordinateur personnel, il va bien vite se retrouver avec tout ce beau matériel dès son arrivée à l'école primaire, au collège ou au plus tard au lycée en fonction du résultat de la dure concurrence à l'inondation numérique que se livrent les différentes collectivités territoriales et l'état.


Alors qu'il paraissait totalement farfelu d'équiper il y a une dizaine d'années les classes de calculatrices à quelques euros, il est maintenant possible pour un élève de recevoir un ordinateur portable ou une tablette pour l'ensemble de sa scolarité dans un établissement, avec quels bénéfices attendus, on se le demande. On ne se demande pas en revanche l'état probable de ces appareils au bout de quelques années d'usage sans supervision, qui seront sans doute bons à jeter. L'éducation nationale semble donc décidée à devenir la championne de la pollution numérique, sans doute par inconscience ou désintérêt des conditions dans lesquels ces appareils sont produits et commercialisés.


On peut s'interroger aussi sur l'usage que l'élève est censé faire avec ces outils flambants neufs. Verra-t-on bientôt les élèves comme ces étudiants de fac avec leur ordinateur sur les genoux, qui sous la fausse excuse de prendre des notes de manière numérique peuvent se consacrer à leur courrier, leur jeu vidéo, le chat avec les copains, en toute impunité et avec la sanction de l'institution ? Ou bien s'agit-il de faire leur devoir numérique à la maison ? Dans ce cas, il faudrait peut-être ne pas s'arrêter en si bon chemin, et mettre à disposition également accès internet, imprimante et scanner pour tous. Mais chut ! Ne gâchons pas

la surprise de nos élus zélés qui nous ont probablement préparé ce cadeau pour notre prochain noël.


Parallèlement à cette pluie d'appareils mobiles deversée sur les élèves, et paradoxalement à vrai dire, le nombre d'appareils au sein des établissements n'a cessé d'augmenter, entre les postes informatiques proprement dits, les fameux tableaux interactifs numériques, et les millions d'autres gadgets numériques qui facilitent tant la vie des enseignants. Le ratio se trouve sans doute désormais à plus d'un ordinateur par élève, pour un maximum de postes inutilisés. Sans compter tous ceux qui équipent obligatoirement les salles de sciences physiques et de sciences naturelles (point de science sans Ecran Magique, voyons), qui servent à prolonger la pratique honteuse de la dissection en gros plan de pauvres petites souris vertes innocentes.


Du côté production logicielle, d'ailleurs, on n'est pas en reste avec le développement de magnifiques Environnements Numériques de Travail, carnets de notes en ligne, sites d'établissements, qui se succèdent les uns après les autres à un rythme effréné sans qu'on voit vraiment l'intérêt de tous ces espaces faussement collaboratifs qui semblent en plus avoir tous été conçus sans aucune concertation et en évitant soigneusement de s'interroger sur l'usage pratique que pourraient en avoir les enseignants, les élèves ou les parents. A part un surcroît de travail pour entrer toutes les informations de la terre dans ces systèmes, et la franche rigolade aux moments d'activité comme les périodes d'examens ou de conseils de classe, de voir systématiquement les serveurs à genoux et le service indisponible, le bilan de toute cette débauche logicielle semble bien maigre. Mais, comme on ne manquera pas de nous le faire remarquer, ceci permet de créer de l'emploi dans toutes ces sociétés prestataires de Programmation Avec Les Pieds qui ont bien besoin d'être aidées.


Plus de machines, moins d'humains


Cette loi universelle de la société du progrès, qui remplace partout les gens par des guichets automatiques, caisses automatiques, barrières automatiques, machines automatiques de confection des machines automatiques, ne saurait s'arrêter au seuil de l'école. Pour le moment, on n'en est pas encore à remplacer les enseignants par des machines, encore que, certaines expérimentations sur des logiciels d'apprentissage et des cours via vidéo interactive nous fait cheminer tranquillement vers cet horizon brillant. Cela dit, le fait de réduire sans cesse le nombre d'enseignants et d'augmenter les effectifs des classes est déjà un pas dans la bonne direction dans la disparition des enseignants derrière une montagne de machines.


En attendant cette terre promise du cours sans enseignant, voire sans élève tiens, pourquoi pas, c'est du côté des moyens informatiques que l'on trouve la plus notable absence d'humains. Il est bel et bon de bombarder les établissements de milliers d'appareils de tous poils, mais il ne faudrait certainement pas engager des moyens humains pour gérer tout ce bazar, car il est bien connu que ces équipements s'administrent tout seuls par l'opération du Saint Esprit, ou s'il est en congés de Saint GlinGlin, le saint patron des systèmes qui se mettent à jour tout seuls. Alors que toute entreprise de plus d'une vingtaine de salariés envisagera sérieusement de se doter d'un personnel dédié à temps plein pour la maintenance et l'administration des postes informatiques, il semble que l'éducation nationale ait trouvé la formule pour faire faire cette tâche à un enseignant qui généralement n'a pas été formé et sur son temps de travail, contre une poignée d'heures de décharge et en ayant en charge plusieurs centaines de postes sur des supports différents, y compris les postes administratifs sans le fonctionnement desquels rien ne peut se faire dans l'établissement. Seule la rotation rapide du matériel, aussi vite remplacé qu'installé, permet de cacher la misère qui résulte de cette politique déplorable, postes inutilisables, vérolés, logiciels obsolètes, etc. Gageons que l'arrivée des appareils mobiles va certainement ensoleiller encore davantage les journées de ces personnels surchargés, qui vont bien s'amuser à désinstaller Lance Ton Pingouin et réparer toutes les bêtises que les élèves auront su inventer sur les machines qui leur ont été généreusement mises à disposition.


Programmer sans savoir lire


Dernière pierre à l'édifice numérique éducatif, l'apprentissage dès le plus jeune âge de la programmation. Il est difficile de comprendre pourquoi dans le monde moderne, tout le monde devrait savoir programmer, alors qu'il s'agit d'un savoir spécialisé que même nombre d'informaticiens de métier ne maîtrisent pas sans qu'ils en souffrent excessivement. Y aurait-il urgence à renforcer la cohorte de Programmeur Avec Les Pieds, dont les souris vertes pensent qu'ils sont déjà bien assez nombreux comme cela ? Il est probable que les pontes qui ont poussé à l'introduction de l'algorithmique et de la programmation dès l'entrée en seconde il y a quelques années, et tentent maintenant de l'imposer dès l'école primaire, ne connaissent rien à la programmation qu'ils s'empressent de promouvoir.


En effet, s'ils évaluaient un peu les résultats de leur politique, que l'on peut qualifier sans peine de Bide Total, ils s'apercevraient que les deux piliers de leur idéologie informatique s'effondrent comme autant de châteaux de sable balayés par les vagues : non, l'informatique n'est pas particulièrement ludique, surtout pas l'algorithmique qui est de loin la matière la plus detestée des étudiants en informatique, et non, la programmation n'est pas utile dans la vie en société. En fait, toute l'informatique moderne est construite de manière à soulager les programmeurs pour leur permettre d'écrire de moins en moins de code. La plupart des gens qui se disent développeurs ne font en fait que rassembler du code existant qu'ils n'ont pas écrit. Dans ce contexte, décréter l'apprentissage universel de la programmation paraît légèrement incongru. Il serait même presque contre-productif, car une fois de plus l'école n'est pas le lieu de la récréation paradisiaque au pays des nouvelles technologies, et la réalité sordide des conditions d'apprentissage saura dégoûter durablement une bonne majorité des élèves de tout contact prolongé avec la science informatique.


Précisons tout de même, même si cela va sans dire, que la programmation est bien évidemment pour les souris vertes un outil formidable d'émancipation numérique, un chemin vers une meilleure maîtrise et une plus grande sobriété numérique en même temps qu'un apprentissage logique passionnant et un passe-temps bien agréable. Il doit donc exister un monde possible dans lequel l'enseignement d'une telle matière à l'école serait bien utile à la société dans son ensemble, mais certainement pas dans n'importe quelles conditions, notamment en termes d'effectifs ou d'apprentissages prérequis, ni comme priorité absolue.


Le monde d'aujourd'hui fonctionne très bien avec 99% de la population adulte ne sachant pas programmer, et qui ne s'en trouve pas outrageusement lésée. A ce compte là, il paraîtrait autrement plus important que les élèves sachent déjà distinguer les arbres qui sont dans leur cour ou les nuages qui flottent au-dessus d'eux. Il faut tout de même s'extasier un instant sur cette logique suprême de l'institution qui, au moment où elle croule sous les rapports qui indiquent que les élèves maîtrisent de moins en moins la lecture et bientôt l'écriture, pour ne pas parler des autres savoirs dits fondamentaux, se donne comme urgence de faire apprendre la programmation informatique. Remarquons que le code informatique nécessite un minimum de maîtrise de langage et de lecture, et sera donc difficilement enseignable à des élèves analphabètes. Ou peut-être en remplaçant les symboles par des images ?


A l'école des souris vertes


Bien, il est plus que temps de terminer cette diatribe, car on n'en finirait pas d'énumérer les travers dans lesquels tombe sans sourciller l'institution scolaire ces dernières années dans sa politique de développement à tout crin des usages numériques. A un moment où il serait plus que temps de s'arrêter pour reconsidérer ces usages dans notre vie quotidienne, l'école appuie sur l'accélérateur pour amplifier encore des tendances destructrices pour l'environnement comme pour certaines pratiques sociales, ce qui ne peut qu'inquiéter quand on connaît la force de frappe de l'éducation nationale, qui va pouvoir finir de zombifier l'intégralité des futurs habitants de notre beau pays, au cas où certains individus auraient réussi à passer miraculeusement entre les mailles du filet.


Comme toujours quand on dénonce une proposition miteuse, on va sans doute nous demander de formuler notre proposition alternative. Quel est donc le programme éducatif des souris vertes ? Eh bien, à vrai dire c'est celui que l'on trouvera dans les articles trépidants de ce blog : moins de numérique inutile, plus d'interactions humaines, une meilleure compréhension de tous les outils numériques pour apprendre à s'en passer, à s'en servir à bon escient et sans déforester l'amazonie au passage. Et plusieurs heures hebdomadaires de course dans les prés obligatoires ! Sans oublier des cours de dessin dignes de ce nom, les illustrations de ce blog montrant bien l'ampleur du sinistre en matière d'enseignements artistiques chez un sujet qui a pourtant suivi une scolarité complète. Bref ce ne sont pas les idées qui manquent, mais bien l'ambition et les moyens.

Alors diffusez d'urgence les articles de ce blog à vos enseignants, vos parents, vos enfants, vos voisins, vos chats (qu'ils arrêtent de chasser les souris), pour alimenter le débat et faire échouer les politiques éducatives numérico-indigentes !



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