Ico Chamois d"or
Ico Polémiquons
Ico Le saviez-vous ?
Ico Dossier
Ico Club de lecture
Ico Le Petit Geste du Jour
Ico Réseau
Ico Messagerie
Ico Navigateur
Ico Système
Ico Multimedia
Ico Divers

Mes données dans le cloud : écologique ou pas ?

Date 05/10/2017
Ico Réseau
Ico Polémiquons
Comms 0 commentaire
Où les souris vertes nagent avec délectation dans le cumulostratonimbus virtuel

Les souris vertes et le Nuage


"Froid printanier

Dans l’eau des rizières dérive

Un nuage sans racine"


Tanaka Hiroaki

N'est-il pas incroyable de penser que, dans toute la masse d'articles magnifiques que nous ont livrés les souris vertes, pas un seul, non, même un seul, ne traite d'un thème qui est pourtant l'alpha et l'omega, le lambda et le zeta et tout le reste de l'alphabet grec de l'informatique d'aujourd'hui ? Est-ce à dire que nos souris vertes, recluses au fond de leur jardin, ont réussi à échapper au raz-de-marée du Cloud A Toutes Les Sauces ? Absolument non, et ce n'est pas qu'elles n'ont rien à dire sur le sujet, mais bien plutôt qu'elles attendaient leur heure pour régler une fois pour toute son compte à ce gros prétentieux.


Il faut dire que, côté promesses à gogo, le petit nuage se pose-là. A en croire certains, il permettrait de protéger le badaud de sa bêtise crasse et de sa gestion anarchique des données, en offrant un horizon parfaitement éthéré de l'octet qui flotte gentiment au-dessus des contingences humaines, en abondance, toujours prêt comme le plus serviable des scouts, et parfaitement inodore et incolore, plus écologique encore que votre voiture à pédale ou votre chemise en vrai chanvre biologique, équitable et cultivé à moins de trente mètres. Comme la fameuse potion du bonimenteur de Lucky Luke, le Cloud est capable de guérir le cancer, de faire reculer la faim dans le monde, d'arrêter les guerres, de construire des écoles pour les petits enfants et de punir les méchants quand ils sont trop méchants.


Bon, il y aurait beaucoup à dire sur le Cloud et son marketing tout-terrain, mais nous allons aujourd'hui nous concentrer sur une question cruciale : est-il, oui ou non, ou les deux, plus écologique d'avoir ses données dans le Cloud ? Certains universitaires bien en vue n'hésitent pas à brandir cet argument à tort et à travers, fort de leur autorité patentée, et on ne discute pas s'il vous plaît. Eh bien aux Souris Vertes, on aime la discussion et, pour gâcher tout de suite le suspense haletant qui commençait à poindre dans cet article, on pense très nettement et très franchement que c'est du pipeau. Pfuit pfuit. Nous allons donc nous efforcer de vous expliquer, avec toute la science du Professeur Souriso et des derniers travaux en date de son équipe de pointe, pourquoi le conte du Gentil Nuage est une vaste fumisterie, et probablement la plus belle machine à polluer produite ces dernières années.



Gentil cirrostratus ou cumulonimbus sauvage ?


Il convient, avant d'aborder le fond du problème, de présenter un peu ce qu'on appelle le Cloud. On remarquera que la plupart des gens qui n'ont que ce mot à la bouche se gardent bien de le définir, les petits malins. Il faut dire que la poésie du vocable s'en trouverait assez rapidement affectée. Qu'est-ce donc qu'on entend pas ce terme ? Des volontaires parmi les souris pour répondre, peut-être ? Ah, une réponse excessivement pertinente à ma droite,  on me dit que le Cloud, ça n'existe pas. Pas pour dire que c'est virtuel et donc que ça n'a aucune matérialité, non non, mais pour dire que ce concept est totalement creux.


En effet, me complète la souris, le Cloud, c'est tout simplement stocker des programmes et des données sur des serveurs informatiques. Grand dieu, ça serait une sacré révolution si ça ne faisait pas déjà 40 ans qu'on faisait comme ça. Mais en vérité, s'il faut maintenant mettre un nom guilleret sur cette pratique qui ne nous fera pas tomber de notre chaise, c'est qu'il faut entendre dans cette idée un projet totalitaire assez impressionnant : le Cloud, c'est stocker toutes vos données et tous vos programmes sur NOS serveurs, dans un souci unique et constant de votre bien-être bien entendu.


Concrètement, le Cloud c'est donc un appel massif à se déresponsabiliser totalement de la manière dont sont hébergées nos données ou applications en mettant le tout dans un gros nuage dont on ne cherchera surtout pas à savoir comment il fonctionne. Autant dire qu'on est assez loin de l'éthique des souris vertes en la matière, elles qui militent pour que les gens prennent en main leur consommation numérique et tâchent de la circonscrire à leurs besoins réels. Evidemment, seuls les plus naïfs ou les moins intéressés par les conséquences de leurs actions réussiront à se persuader que cette petite opération est totalement sans impact, car plutôt que dans l'air pur et vivifiant de l'octet virevoltant, c'est bien qu'ils finiront dans des batteries de serveurs énormes alimentés par des centrales au charbon d'une taille conséquente, ou par d'autres sources d'énergie tout aussi réjouissantes, et refroidis par des climatisations à côté desquelles le petit confort thermique sur lequel on s'efforce de rogner dans son salon pour sauvegarder le climat de la planète paraît bien futile.



Sauve qui peut


Ne jetons pas trop vite l'anathème sur notre pimpant phénomène météo-informatique, car il y a des justifications relativement pertinentes au fait de vouloir stocker nos petites affaires dans ce grand placard informe. En effet, les serveurs sont gérés par des professionnels voyez-vous, ce que vous n'êtes certes pas, qui vous garantissent donc que vous ne perdrez jamais le moindre octet, même en cas de guerre thermo-nucléaire. Et, pour couronner le tout, vos données sont disponibles tout le temps et de partout, avec n'importe quel appareil ! Alors, cher Professeur Souriso, on arrête la polémique et on court vite se créer un compte FesseGueule ?


Avant de nous jeter à corps perdu dans le ciel magnifique du petit nuage moutonnant, examinons un peu l'alternative à ces belles propositions. Nous parlerons plutôt, n'est-ce pas, d'y placer nos données personnelles, ce qui concerne tout de même nettement plus de monde que le fait d'héberger des applications ou des sites web. S'il s'agit donc de faire une sauvegarde, c'est vrai que la promesse de ne jamais perdre nos affaires est assez séduisante. En effet, les hébergeurs utilisent en général des techniques de duplication et de distribution des copies qui garantissent qu'aucune panne ou mort subite d'un disque ne saurait nous être fatale.


Les lecteurs attentifs de notre magnifique article sur la manière de ne pas perdre ses données se souviendront que nous avons donné une solution parfaitement équivalente et qui n'implique pas d'aller loger ses données à plus de quelques mètres, à savoir la sauvegarde sur un disque dur externe, ou même plusieurs si on est paranoïque et terrorisé par la moindre perte d'octets. Il existe même des manière de monter des disques dur en parallèle dans votre ordinateur pour qu'ils soient des miroirs parfaits, et donc qu'on puisse en perdre un sans même s'en rendre compte car tout continue à rouler doucement (c'est très exactement une des techniques supposément savante et experte utilisée par nos professionnels du Cloud).


Donc, si c'est réellement pour n'avoir aucun risque de perdre ses données, aucune raison spéciale de passer par le nuage si ce n'est la paresse de gérer soi-même ses petites sauvegardes. Notons qu'en contrepartie, vos photos, courriers, films de vacances et autres auront le bonheur de ne pas être analysés dans le but de proposer des profils de consommation toujours plus affinés à l'ensemble de l'humanité, même si tout le monde ne semble pas également sensible à ces arguments de privauté de la vie privée.



Pouvoir être partout nulle part


Le deuxième argument choc en faveur du nuage est son accessibilité radicalement totale de partout et par n'importe quel moyen. Hop, toutes mes données sont sur mon compte YouplaBox et je peux y accéder même depuis les toilettes avec le téléphone de ma copine (on ne vous demandera pas ce que vous faites aux toilettes avec le téléphone de votre copine, après tout ça ne regarde que vous). Alors là il faut s'incliner, car notre solution paraît minable à côté, puisqu'on ne va pas transporter son disque dur externe partout avec soi, et en plus ça ne fonctionne qu'avec un ordinateur. Et même s'il existe de nos jours des cartes mémoire minusculissimes ou des clés USB de capacité hippopotamesque, c'est décidément impensable d'en emporter une partout où l'on va, surtout que l'on risquerait bien de finir par abîmer le support et ainsi perdre l'intérêt de notre belle sauvegarde qui doit survivre à tout.


Donc là il nous faut nous incliner, échec et matelas, nous voilà bien marrons devant cet argument imparable de la disponibilité. Vraiment ? Mais si vous êtes convaincu, c'est que vous n'avez pas derrière vous la souris à lunettes qui vous souffle un contre-argument de poids. En effet, l'hypothèse de l'accessibilité permanente à vos données suppose implicitement :

1 - la possession d'un appareil capable de lire lesdites données et simultanément d'aller les chercher sur le réseau,

2 - la présence d'une connexion réseau dans votre environnement immédiat suffisamment sympathique et robuste pour supporter ce petit échange de bons procédés

3 - la présence d'un ou plusieurs serveurs prêts à répondre à vos besoins, malgré des sollicitations concurrentes venant du monde entier


Les partisans du Cloud nous garantissent que le point 3 est toujours satisfait, mais malgré leur bel optimisme les problèmes de réseau à grande échelle et de serveurs indisponibles sont des événements relativement courants. Ainsi, une mauvaise conjoncture mondiale des infrastructures réseau et pif, plus de photos de vacances. Mais c'est surtout sur les points 1 et 2 qu'on ne saurait rien vous promettre, car la pérennité de vos petits appareils électroniques et celle de votre connexion internet locale ne dépend que de votre compétence personnelle et de votre degré de malchance. Bien plus que la mort tragique de votre dernier appareil numérique disponible, c'est bien évidemment l'impossibilité d'accès au réseau qui est le problème le plus fréquent et le plus probable. Evidemment, la prolifération des antennes relais, réseaux OuiFils et autres accès publics vous permettront sans doute de vous en sortir en changeant de décor, mais à condition de s'assoir avec bonheur sur toute notion de sécurité et de confidentialité de vos données personnelles, car dans ces conditons n'importe quelle personne un minimum outillée peut venir écouter tout ce que vous faites. Eh oui, on ne dialogue pas impunément sur des réseaux ouverts à tous en pensant qu'on est seul au monde.


A côté de tout cela, notre petite solution de la donnée portative a le charme d'être accessible sans besoin d'accès au réseau, et toujours dans des conditions contrôlées sur qui peut voir quoi, où, quand, comment et à combien. Et puis, pour terminer sur cette question, qui a vraiment besoin d'avoir sous la main au moindre instant ses petites données numériques ? Franchement, vous regardez vos photos de mariage tous les jours, vous ? Vous pourriez peut-être vous passer quelques jours de ce film de vacances où l'on vous voit vous promener au milieu des souris vertes, ou bien de votre dernier relevé de gaz soigneusement archivé numériquement ? Surtout que, comme nous allons le voir, ce petit confort de la donnée toujours sous le coude n'est pas sans conséquence, ça serait trop beau.



Et ça coûte combien ?


Il faudrait tout de même finir par se poser cette question, car enfin les grosses multinationales mondialisées qui offrent leur service de Cloud ne le font pas par bonté d'âme et pour rendre service à l'humanité. Ni pour vos beaux yeux de souris vertes, même si c'est triste à entendre. D'une manière ou d'une autre, elles doivent donc en tirer un profit, et celui-ci arrive, comme toujours en informatique, sous 3 formes possibles :

- vous payez directement pour ce service magique. Au moins ça a le mérite d'être clair, et suit le principe de "c'est çui qui paie qui paie", autrement dit vous assumez la responsabilité pécuniaire de vos pratiques numériques, même si l'état injecte de son côté quelques deniers dans la maintenance des gros tuyaux de communication, pour le plus grand bonheur des gros consommateurs de nuage en gelée.

- c'est gratuit pour vous, mais grevé de pubs et autres offres commerciales quand vous accédez à vos données. Bon, pourquoi pas, vous payez aussi indirectement le service  par ces nuisances publicitaires bien pénibles.

- c'est gratuit et on ne vous demande rien, pas de pub à l'horizon, l'air est pur sous un ciel azuré et serein. En général c'est là que ça sent le roussi : vous pouvez être sûr que vos données sont utilisées à des fins commerciales, et pillées ou revendues sans merci pour rapporter un subside confortable à votre hébergeur si généreux.

Evidemment, ces 3 méthodes ne sont pas incompatibles entre elles, et il n'y a pas de raison pour qu'une entreprise peu scrupuleuse vous fasse payer, mais en profite également pour valoriser vos données dans votre dos, pour le dire bien poliment.


Bon, mais tout ça n'est que le coût plus ou moins direct lié à votre choix d'utiliser le cumulus informaticus, et la souris verte à lunettes tape du pied depuis un moment, car nous avons passé sous silence le vrai coût, celui qui devrait vous faire renoncer immédiatement à ces viles pratiques de la donnée à distance, à savoir bien sûr le coût environnemental associé.


Car, comme toujours lorsque l'on veut faire les choses de la manière la plus générale, la plus simple d'esprit, la moins réfléchie possible, et en se moquant éperdument du contexte, on aboutit à des absurdités écologiques. En effet, rappelez-vous, le Monsieur Cloud doit nous garantir pérennité et disponibilité des données à tout prix. Et est-il capable de savoir si votre fichier est un vieux film inutile que vous ne regarderez plus jamais ou bien LA copie de votre diplôme de fin d'études que vous ne pouvez surtout pas perdre ? Certes non. Du coup, il va appliquer la bonne vieille méthode du Je Mets Le Paquet pour le moindre fichier que vous déposez sur un serveur. Non seulement celui-ci sera recopié sur plein de disques, et plein de serveurs, pour être sûr de ne pas être perdu, mais en plus il sera soigneusement gardé en état d'alerte permanent pour être disponible à la moindre milliseconde. On oublie donc toute forme d'archivage ou de compression intelligente, ou de stockage sur des supports inertes, les gros serveurs de notre hébergeur tournent à plein régime 24h/24 pour pouvoir vous restituer une donnée dont vous avez peut-être vous-même oublié l'intérêt et l'existence.


Remarquons la différence de taille avec le fait d'avoir ses données sur sa propre petite machine : quand votre machine est éteinte et que vous dormez, elles ne génèrent aucune consommation. C'est encore plus vrai pour le disque dur externe, qui ne demande son petit 5V en usb que lorsque vous le branchez, soit juste quand vous avez besoin des données en question. Sans compter que la consommation d'un périphérique USB ou d'un disque dur interne est totalement négligeable devant celle des serveurs monstres des géants du Cloud et de toute l'infrastructure réseau nécessaire à cette Pratique Moderne Incontournable.


Vous l'avez compris, utiliser le Cloud c'est sortir la grosse Bertha pour écraser une mouche, et consommer de l'eléctricité au terawatt de manière totalement superflue, aussi vous entendrez notre circonspection devant les discours qui préconisent que l'univers entier doit s'y précipiter sans attendre.



Loin des yeux, loin du schtroumpf


Il nous faut aborder le sujet de la dernière thèse en date issue des travaux du Professeur Souriso, j'ai nommé "Analyse et conceptualisation de l'Effet Rebond à travers l'exemple du stockage des données personnelles dans le Cloud". Dans un grand élan de générosité, je vous épargne le jargon et les graphiques abscons, notre estimé professeur n'ayant pas toujours la plume sobre et percutante de votre serviteur, pour vous en livrer la substantifique moelle osseuse du squelette dans le placard : le Cloud participe, et pas qu'un peu, à ce que l'on appelle communément l'effet rebond (boum). Mais si si, vous connaissez, nous avons déjà rencontré ce concept à maintes reprises dans nos précédents articles, et sur bien des sujets différents. Il dit tout simplement que pour certains phénomènes, les gains d'efficacité ne viennent pas faire baisser la consommation totale, mais au contraire l'encouragent. Par exemple, le fait de produire des voitures qui consomment moins d'essence ne fait pas baisser la quantité totale d'essence consommée, bien au contraire : les gens en profitent pour rouler davantage.


Avec notre bonne vieille branche de nuage, le principe est le même, du moins c'est ce que nous prétendons aux souris vertes, libre à qui veut de venir nous démontrer que c'est faux. On encourage les gens à mettre leurs données dans le Cloud, sur des espaces dédiés dont la capacité est tout simplement gigantesque. Résultat, vu que c'est facile et gratuit, ou presque, on en profite pour y mettre tout et n'importe quoi sans se poser de question et sans jamais ranger sa chambre. Evidemment, s'il fallait gérer nous-même la sauvegarde de nos montagnes de données, on finirait peut-être par y regarder de plus près car tout cela prend du temps et nécessite du matériel pas forcément bon marché.


Bref, comme le Cloud est cette espèce de corne d'abondance qui n'a jamais de fond, et que nos données ne nous enquiquinent plus pour prendre toute la place disponible sur notre petit stockage local, on en profite pour en stocker des tonnes sans se faire mal au dos. Donc, en encourageant les gens à tout ranger dans le Cloud, on encourage aussi la surconsommation frénétique et sans limite. Et comment les gens pourraient-ils raisonnablement s'en fixer, quand justement l'argument principal en faveur du Cloud est de dire qu'il n'y aucune limite nulle part pour rien de rien ?



Conclusion : que faire du cloud ?


Il est temps de conclure cette petite diatribe anti nuage toxique. Que peut-on donc mettre dans le fameux nuage, et comment ? Malgré tout ce que nous avons pu écrire, il faut tout de même avouer qu'il offre certains avantages dont il serait dommage de se passer, et donc que plutôt que de ne pas s'en servir du tout, apprendre à s'en servir à bon escient serait de bon aloi.

A vrai dire, vous utilisez déjà le Cloud sans le savoir et depuis longtemps, pour tous les services de messagerie. En effet, il ne vous aura pas échappé que vos messages électroniques, quel que soit le terminal que vous utilisez, restent disponibles sur le serveur de messagerie et visibles autant de fois que vous le souhaitez. C'est que le protocole de réception de messages qui s'appelle l'IMAP est en fait une préfiguration de ce qu'on nous vend aujourd'hui à toutes les sauces avec le joli nom marketing qui ne veut rien dire. Pour ceux qui se souviendraient du protocole de messagerie qui le précédait, dont même Microsoft a réussi à se défaire récemment après des décennies à traîner du pied, dès qu'on lisait un mail bim, il était téléchargé sur votre appareil et plus jamais disponible ailleurs que sur ledit appareil.

Eh bien voilà pour nous une illustration parfaite de l'utilité du Cloud, car disons-le franchement le comportement précédent était une plaie s'agissant du courrier électronique. Donc, oui, les Souris Vertes plébiscitent l'IMAP et aiment quand la messagerie glisse sur un beau nuage ouaté. En contrepartie, elles inondent régulièrement le public d'articles sur les manières de gérer ses messages électroniques, car tout ceci, on ne le répètera jamais assez, a un coût environnemental non négligeable qu'il s'agit au moins de contrôler un minimum.


Une autre application est de mettre en partage des fichiers ou dossiers accessibles par une petite, ou grande, communauté. Là, évidemment, le fait que tout soit sur un serveur centralisé permet que tous puissent disposer des dernières données à jour, et évite aussi que chacun doive gérer sa petite copie personnelle de la même chose (même si, encore une fois, une telle copie ne fait que prendre une place sur du stockage inerte la plupart du temps, donc sans coût environnemental réel). C'est d'ailleurs le cas de tous les projets open source, dont le code est disponible en ligne pour être revu, amendé et corrigé par tous les collaborateurs qui le souhaitent, une bien belle idée. Mais tout ceci reste conditionné au fait que l'on n'en mette pas des tartines, n'est-ce pas, il y a un monde entre quelques mega octets de code et une collection intégrale de vidéos à la demande.

Pour tout autre type d'usage, très honnêtement nous peinons à voir l'intérêt du Cloud. Soit il s'agit de données hyper importantes voire vitales à notre survie en société, que nous ne souhaiterions pas vraiment voir gérées par une grande firme transnationale sur des serveurs distants de milliers de kilomètres, tant qu'à faire, soit il s'agit de données d'intérêt secondaire, et dans ce cas on survivra très bien d'attendre d'être chez soi pour les lire, ou de devoir emporter notre petit support externe copain qui les contient.

Mais c'est à chacun de trouver sa manière de gérer ses données personnelles, nous ne prétendons pas imposer notre hygiène informatique personnelle à la terre entière. Nous espérons tout de même que certains, voire l'ensemble de nos arguments vous auront convaincu que, d'une part, le cloud n'est pas nécessaire à la vie sur terre, et que, de l'autre, il est tout sauf écologique comme certains le laissent entendre. Maintenant, à vous de construire votre propre pratique quotidienne de la donnée informatique.

Et, sur ce, on vous souhaite bon vent, car il est temps pour nous de retourner regarder les nuages, les vrais, ceux qui ont des formes rigolotes et changeantes. Tiens, j'en vois justement un qui a une forme de souris verte !

"Il y a toujours

Du Soleil

Au-dessus des nuages"


Richard Clayderman (1990)



Vous avez aimé ce billet ?

 

Vous aimerez peut être...
> Les souris partent à l'aventure
> Grandeurs du monde numérique (2) : Octets et compagnie, les rois du stockage
> Au secours, mon ordi est lent ! (5) : J'apprends à ne pas perdre mes données
> Le Petit Geste Du Jour : je change les réglages de mon appareil photo
> Le saviez-vous : Google n'est pas le seul moteur de recherche ?
 

Mot-clefs de ce billet...
cloud données stockage

Commentaires


Aucun commentaire...


Ajouter un commentaire


La validation des commentaires se fait manuellement par l'administrateur du blog. La publication de votre commentaire se fera donc une fois que l'administrateur du blog l'aura accepté. Toutefois, si votre commentaire ne respecte pas les conditions d'utilisation ou s'il est considéré comme spam, il sera supprimé sans être publié.

Auteur
Email
 
(facultatif et caché)
Site web
 
(facultatif)
Message

Ico Valider


Infos blog

Des Souris Vertes

Derniers billets

Dossier   16/10/2017
La Programmation Responsable (1) : Ce dossier tu liras
Réseau   05/10/2017
Mes données dans le cloud : écologique ou pas ?
Dossier   26/09/2017
Au secours, mon ordi est lent ! (8) : J'apprends à reconnaître et changer le matériel
Le Petit Geste du Jour   10/09/2017
Le Petit Geste De La Rentrée : j'arrête le streaming
Divers   25/05/2017
Les souris vertes s'invitent à la radio
Le Petit Geste du Jour   20/05/2017
Le Petit Geste Du Jour : je change les réglages de mon appareil photo
Dossier   11/05/2017
Au secours, mon ordi est lent ! (7) : Je réinstalle mon système tout seul comme un grand
Le Petit Geste du Jour   06/05/2017
Le Petit Geste Du Jour : j'écris un haïku pour me détendre
Divers   14/04/2017
Cultiver l'attente...
Club de lecture   25/03/2017
Les souris vertes ont lu pour vous : la convivialité d'Ivan Illich
Le Petit Geste du Jour   09/03/2017
Le Petit Geste Du Jour : j'enlève la signature automatique des messages
Polémiquons   27/02/2017
L'inquiétant mariage de la science et du numérique
Dossier   17/02/2017
Au secours, mon ordi est lent ! (6) : J'adapte mon système à mes besoins
Club de lecture   12/02/2017
Les souris vertes ont lu pour vous : une question de taille, d'Olivier Rey
Le saviez-vous ?   21/01/2017
Le saviez vous ? La voiture est un ordinateur sur roues
Dossier   10/01/2017
Au secours, mon ordi est lent ! (5) : J'apprends à ne pas perdre mes données
Dossier   30/12/2016
Au secours, mon ordi est lent ! (4) : Je nettoie Windows à grands jets
Polémiquons   23/12/2016
Le Petit Geste de l'Année : je ne commande rien d'électronique au père noël
Le Petit Geste du Jour   11/12/2016
Le Petit Geste Du Jour : j'utilise un bloqueur de publicités
Dossier   27/11/2016
Au secours, mon ordi est lent ! (3) : J'apprends à ne pas polluer mon ordinateur
Dossier   14/11/2016
Au secours, mon ordi est lent ! (2) : Je dégage l'antivirus à coup de pied
Dossier   05/11/2016
Au secours, mon ordi est lent ! (1) : les souris vertes à la rescousse
Le Petit Geste du Jour   23/10/2016
Le Petit Geste Du Jour : j'utilise le mode avion même à pied
Système   16/10/2016
L'ordinateur portable est-il plus écologique ?
Le Petit Geste du Jour   02/10/2016
Le Petit Geste Du Jour : je gère la durée de vie de ma batterie
Club de lecture   17/09/2016
Les souris vertes ont lu pour vous : l'âge des low tech, de Philippe Bihouix
Système   21/08/2016
J'apprends à gérer mes mots de passe
Le Petit Geste du Jour   08/08/2016
Le Petit Geste Du Jour : j'arrête d'inclure les messages quand je réponds
Polémiquons   30/07/2016
Ecole et numérique font-ils bon ménage ?
Le Petit Geste du Jour   19/07/2016
Le Petit Geste du Jour : j'arrête d'écrire mes mails en HTML
Chamois d"or   10/07/2016
Le saviez vous ? Il est possible d'être informaticien sous Windows sans se pendre
Messagerie   04/07/2016
L'incarnation du mal : la pièce jointe dans les mails
Le Petit Geste du Jour   26/06/2016
Le Petit Geste Du Jour : Je réduis la luminosité de mon écran
Divers   18/06/2016
Stop à l'imprimante jetable
Dossier   12/06/2016
Grandeurs du monde numérique (6) : Réseaux en folie
Le Petit Geste du Jour   05/06/2016
Le Petit Geste du Jour : j'éteins ma box quand je ne m'en sers pas
Le saviez-vous ?   31/05/2016
Le saviez-vous : Google n'est pas le seul moteur de recherche ?
Dossier   25/05/2016
Grandeurs du monde numérique (5) : Dans la jungle des écrans
Le Petit Geste du Jour   20/05/2016
Le Petit Geste du Jour : je mets mes sites favoris... en favoris
Le Petit Geste du Jour   15/05/2016
Le Petit Geste du Jour : je change la page de démarrage de mon navigateur
Dossier   14/05/2016
Grandeurs du monde numérique (4) : Les spectaculaires performances des jeux vidéos
Le saviez-vous ?   12/05/2016
Le saviez-vous : à quoi sert l'économiseur d'écran ?
Dossier   08/05/2016
Grandeurs du monde numérique (3) : Monsieur Herz mesure la solitude du processeur
Dossier   06/05/2016
Grandeurs du monde numérique (2) : Octets et compagnie, les rois du stockage
Dossier   05/05/2016
Grandeurs du monde numérique (1) : c'est gros, c'est petit ?
Divers   04/05/2016
Les souris partent à l'aventure


MP  Mighty Productions
> Blogs
> Des Souris Vertes
> Réseau
> Mes données dans le cloud : écologique ou pas ?
 
RSS       Mentions légales       Comms  Haut de la page  
◄ ►