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Au secours, mon ordi est lent ! (7) : Je réinstalle mon système tout seul comme un grand
Date 11/05/2017
Ico Dossier
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Une sçuris verte qui réinstalle le système. Boum !

"Si seulement venait le printemps -

Dans mon coeur déjà

Fleurit le cerisier"


Takarai Kikaku (1661-1707)


Nous reprenons aujourd'hui le fil de notre Grand Dossier du Moment pour aborder un thème qui manquait à notre collection de services à se rendre soi-même en matière informatique. Mainte fois abordée, jamais vraiment traitée, la réinstallation d'un système est un nerf vital de notre savoir-faire numérique, celui par lequel nous pouvons nous affranchir de la grosse industrie du matériel qui brille, autant que des rituels d'exorcisme complexes des professionnels du dépannage informatique.


Vous l'aurez deviné à la présentation générale de cette modeste entreprise de partage de connaissance que constitue notre espace de discussion (à sens unique, il faut le dire, mais nous discutons avec nous-même et polémiquons à toute force entre souris vertes aussi), il n'entre pas dans notre projet de conquérir l'univers dans le domaine prolifique du tutoriel informatique. Aussi, bien que le sujet mériterait amplement force explications pédagogiques et détaillées, captures d'écran et astuces pour les néophytes, nous allons assumer le caractère excessivement lacunaire de cet article en vous référant pour les opérations de clic-clic à la vaste littérature disponible dans l'internet mondial et traitant du sujet, avec plus ou moins de bonheur il faut le dire.


De quoi diable allons nous bien pouvoir parler si l'on est résolument décidé à ne pas mettre les mains dans le cambouis pour soulever le capot et commencer à triturer les soupapes à grand coup de clé de douze ? C'est que, figurez-vous, réinstaller un système est une opération que tout le monde peut faire chez soi et sans risque pour la santé, mais à condition tout de même de ne pas s'y prendre n'importe comment et sans un minimum de préparation. Nous allons donc dispenser au bon peuple quelques menus conseils qui lui éviteront d'y passer une semaine ou de commettre quelques bévues irréparables dans l'opération.



Etape 1 : je me procure un support contenant le système à installer


Ne riez pas, car cette étape est de loin celle qui consomme le plus de temps lorsque l'on ne l'a pas anticipée. Quel que soit le système que vous choisissez, et l'on se rappellera à cet égard la longue liste des possibilités déjà énoncées dans nos articles précédents, il va bien falloir vous procurer le média d'où on l'extraira pour le mettre dans votre belle machine.


Le temps de la disquette et des films magnétiques étant révolu, ce fameux support sera soit un CD-ROM, ou DVD-ROM (quelqu'un fait encore la différence à part la souris à lunette qui me tape sur l'épaule ?), soit une clé USB, soit une partition dédiée de votre disque dur.


Commençons par l'option la plus simple : vous possédez un CDVD-ROM qui vous a été fourni, avec la petite licence qui l'accompagne gentiment, et pour couronner le tout votre ordinateur possède un lecteur de CDVD. Heureux élu, vous voilà paré pour passer au paragraphe suivant et vous éviter ainsi maints tracas. Malheureusement, cette situation est à peu près aussi probable de nos jours que le fait de remporter la grosse cagnotte du loto en ayant omis d'acheter son billet, étant donné que la plupart des ordinateurs portables sont trop minces pour être équipés d'un lecteur CD, et de toute manière ce type de support est désormais tellement en désuétude que plus aucun fabricant ne s'embarrasse de vous en fournir un exemplaire avec votre machine.


Toutefois, si vous avez acquis votre ordinateur tout fait-tout prêt avec le système préinstallé, et les tonnes de merdouilles imposées au passage, il y a fort à parier que le fabricant ait installé une partition de votre disque dur permettant de réinstaller le système à neuf. Cette partition peut être cachée, donc pour y accéder il faudra soit être attentif aux messages qui sont affichés au démarrage de la machine, soit vous tourner vers la documentation de votre appareil qui doit vous indiquer la marche à suivre pour l'activer. Bien évidemment, ceci suppose que vous n'avez pas supprimé purement et simplement cette partition en jouant à partitionner votre disque sur les conseils avisés des souris vertes. Personnellement, nous préférons généralement dégager ce genre de béquille qui vous mange une portion non négligeable d'espace disque, mais c'est aussi parce que savons nous en passer, nous ne conseillons pas ces attitudes radicales à tout un chacun qui ne souhaite pas s'instruire plus que de raison dans l'art délicat de réinstaller 76 fois son système d'affilée.


Si vous êtes toujours à lire ce paragraphe, c'est que vous voilà forcé d'aller courir la pampa à la recherche d'une copie de votre système. S'il s'agit d'un système open-source comme Linux ou BSD, aucun problème, on pourra sans problème télécharger une image et la graver nous-même. Vous avons-nous déjà vanté les mérites de Linux Mint par exemple ? Oui, trois fois oui, eh bien voici toujours un exemple de ce que ces systèmes sympathiques font pour vous simplifier la vie. Pour ceux qui utilisent un système propriétaire comme Mac Os ou Windows, eh bien là il faudra passer par des alternatives douteuses sur lesquelles nous ne nous étendrons pas. Quand bien même vous auriez une licence en bonne et due forme, il vous faudra travailler un peu pour trouver une image de la version qui correspond à ce que vous aviez initialement, car bien que tout se ressemble furieusement entre la SuperPro et la YoupiFamily Edition, votre clé refusera obstinément de fonctionner si vous n'avez pas exactement le bon label.


Bon, mais même à supposer que nous finissions par trouver une image disque de notre système (en général au format ISO, un format de disque virtuel que l'on peut graver sur DVD), comment allons-nous utiliser ce gros fichier si nous ne disposons pas d'un lecteur-graveur pour finir l'opération ? Pas de panique, il est possible, et réjouissez-vous sans frein car cela n'a pas toujours été le cas, de graver ledit système sur une clé USB, chose que vous aurez probablement sous la main ou que vous pourrez vous procurer à moindre frais. Un disque dur externe fait aussi l'affaire, mais ça serait dommage de l'utiliser à cette fin car on n'a en général pas besoin d'un aussi gros outil pour un petit CD d'installation de rien du tout.


Cela dit, vous n'êtes pas encore tout à fait au bout de vos peines car graver une image disque sur une clé USB n'est pas aussi simple qu'il y paraît : copier le fichier ne fonctionnera pas, tout simplement. Il faut en fait que la clé soit reconnue comme un système démarrable, ce qui nécessite d'utiliser un logiciel qui sait écrire ce qu'il faut où il faut, et comme il le faut. Et, il faut le dire, cette catégorie de logiciels étant rien moins que fiable, vous aurez parfois des déconvenues. Si le système installé sur la clé refuse avec entêtement de démarrer, recommencez avec un autre logiciel jusqu'à ce que cela fonctionne. Le choix ne manque pas, citons Unetbootin sous toute plateforme, LinuxLive USB Creator si vous êtes sous Linux, ou encore Win32 Disk Image sous Windows. Les plus aventuriers pourront aller saluer MultiBootUSB, qui permet de mettre plusieurs installeurs sur la même clé. C'est très pratique pour faire une clé USB couteau suisse qui contient différents installeurs, live CDs et autres fichiers de dépannage, mais soyez prévenu que tous les systèmes d'exploitation ne fonctionneront pas nécessairement par cette méthode.


Vous avez dû remarquer que, pour pouvoir résintaller votre système, il vous faut un accès à une autre machine ? Pour télécharger l'image, la graver, etc. De manière générale, il est nécessaire de toujours vous munir d'un ordinateur de secours, quitte à vous en faire prêter un le temps de l'opération, ne serait-ce que pour consulter internet en cas de grosse hésitation sur la marche à suivre.


Bon, maintenant que vous avez le support approprié prêt à l'emploi (je vous avais prévenu que c'était du boulot), on va pouvoir se lancer dans la réinstallation en deux temps trois mouvements. Mais pas si vite ! Déjà il vous faudra vous assurer que la machine démarre bien sur ledit support, ce que vous devrez sans doute faire en allant dans le BIOS, le programme tout moche qui s'affiche en premier au démarrage de la machine et vous invite à appuyer sur une combinaison de touches quelconque, F2, F8, Suppr ou je ne sais quoi. Une fois là-dedans, surtout on ne touche à rien, on cherche simplement les options de boot et on met en premier le lecteur DVD ou la clé USB chérie, on redémarre et hop c'est parti. Mais, de toute manière, avant d'en arriver là, il va nous falloir nous assoir un moment au calme avec un papier et un crayon, si si, non pas pour dessiner des souris vertes mais bien pour réfléchir un peu calmement avant d'envoyer le bulldozer au milieu du jardin.



Etape 2 : je liste les programmes installés


Arrivé à cette étape cruciale, on peut remercier chaleureusement les souris vertes de ne pas nous laisser foncer dans la mêlée la tête baissée et sans préparation. En effet, il est important de bien penser que vous n'allez pas simplement devoir réinstaller le système, mais aussi les applications que vous utilisez régulièrement. Et il est généralement bien difficile de se rappeler après coup de tous les mirifiques petits programmes dont on se sert sans en avoir conscience, mais qui vous manqueront cruellement sur un système vierge.


On prendra donc un peu de temps pour dresser la liste des programmes installés sur votre machine, et je suis sûr que vous saurez le faire sans notre aide. On pourra même en profiter pour faire un peu de ménage et ne pas réinstaller des choses manifestement inutiles ou périmées. Et c'est tout. Si si. Quand je pense qu'on me dit qu'on ne sait pas faire court aux souris vertes. Paragraphe suivant !



Etape 3 : je sauvegarde mes données


Cette étape est tout spécialement réservée aux personnes qui n'ont pas encore mis en oeuvre les avalanches de bon conseils sur le sujet dont est parsemé notre dossier. Si vous n'aviez pas encore sauvegardé vos précieuses données, il est plus que temps de le faire. Et pas sur le disque ou la partition du disque que vous allez effacer, cela va sans dire. Si vous pouvez vous en procurer un même temporairement, un disque dur externe serait votre compagnon idéal pour prévenir tout risque de Grosse Bêtise Irréparable. A vous de voir en fonction de votre confiance et de votre niveau d'expertise.


On rappelle tout de même à bon entendeur que les données en question concernent aussi les préférences des applications que l'on utilise de manière un peu intensive, souvent stockées dans un répertore à identifier et mettre dans un petit coin. On ne traîne pas davantage sur cette étape, vu les tartines que nous lui avons déjà consacrées, mais n'oubliez pas d'aller relire l'excellent article qui en traite !



Etape 3 bis : je récupère programmes d'installation et pilotes


Cette étape est faculative pour la plupart des systèmes qui reconnaissent facilement votre matériel et proposent des procédures d'installation standardisées, mais vous sauvera la vie si vous utilisez un système récalcitrant comme Windows, encore lui. En effet, une fois réinstallé, il est plus que probable qu'il aura du mal à faire fonctionner autre chose que la souris, et qu'il vous faudra vous assoir temporairement sur l'accès au réseau ou l'affichage de votre écran en caractères de moins de 10cm de large. Plutôt que de vous arracher copieusement les cheveux à ce stade et devoir appeler à l'aide, il vaut mieux avoir anticipé cette petite rigolade et avoir récupéré au préalable tous les pilotes de votre ordinateur, ainsi que les programmes d'installation de quelques logiciels bien utiles, comme le navigateur ou le décompresseur d'archives, voire de toutes vos applications si vous ne voulez pas vous embêter à les chercher plus tard.


Il en va pour les pilotes comme pour le système lui-même : soit vous avez la chance de les avoir sur un support déjà prêt, soit il va vous falloir courir l'internet pour essayer d'en récupérer une version à jour et correspondant à votre matériel. Bonne chance ! Les souris vertes recommandent fortement de les garder bien au chaud et pour longtemps une fois que vous avez le tout sous la main, car plus votre matériel prend de l'âge et moins vous aurez de chance de trouver facilement, voire tout court, les pilotes nécessaires à son fonctionnement.



Etape 4 : je lance l'installeur et zou


Eh bien, nous voilà enfin parés pour entrer dans le vif du sujet. En vérité, cette étape qui effraie tant de monde est simple et sans ambage, c'est tout le reste qui est compliqué. Clic, je choisis ma langue, clic j'annonce que je m'appelle Tintin et ma machine Milou, et que oui, je veux bien réinstaller le système, oui vraiment oui. Clic.


La seule étape où il faut être parfaitement réveillé est celle du choix du disque ou de la partition d'installation. Si vous avez un seul disque et juste le système dessus, vous pouvez y aller sans crainte, mais si vous avez adopté les pratiques des souris vertes, et que vous avez des disques ou des partitions supplémentaires avec vos belles données bien proprement rangées, il faudra prendre bien garde à ne surtout rien installer dessus. Pas de panique, mais ne vous endormez pas en cliquant machinalement écran après écran pendant l'installation, c'est tout.


Bon, le système est en train de s'installer, ça peut être long mais on peut en profiter pour se faire une petite séance de haïkus par exemple. Tiens, en voilà un rien que pour vous :


"Feu de forêt

Tout un monde qui meurt

Appelé à renaître"


Midoriro no Mausu (la Souris Verte)


Etape 5 : je remets bon ordre dans le bazar


Bon, le système est réinstallé, c'est là que les choses sérieuses commencent. Afin de retrouver rapidement notre environnement de travail habituel, et de ne pas pester pendant des semaines qu'il manque gnagna à tructruc, on va finir le travail proprement et une bonne fois pour toutes.


Pour ce faire, on procède par étapes et sans aller trop vite :


- on commence par réinstaller les pilotes de notre matériel si c'est nécessaire. C'est le minimum vital, sans eux, l'écran est tout flou, on n'a pas d'accès internet, les clés usb ne sont pas correctement reconnues, et tout un tas d'autres petites surprises joyeuses qui vous donneront envie de lancer le tout par la fenêtre. On n'oublie pas de redémarrer, n'est-ce pas.

- si l'on est une petite souris de niveau ceinture verte, et qu'on l'a bien assimilié les précédents articles de notre dossier, on profite du fait que le système est encore tout frais pour le reconfigurer aux petits oignons en désactivant tout un tas d'options par défaut consommatoires et inutiles. On peut encore redémarrer, allez zou.

- on lance les mises à jour du système, s'il y en a. Il faudra sans doute un peu de patience, des fois cette étape est bien plus longue que l'installation proprement dite. Bon, en même temps on n'est pas obligé de rester devant son écran non plus, rien n'interdit d'aller regarder quelques fleurs en attendant. Et devinez quoi ? Oui, on redémarre...

- on réinstalle les programmes. C'est là que notre petite liste précédente nous est bien utile, ainsi que les installeurs tout prêts si vous les avez téléchargés à l'avance. On en profite pour remettre également les préférences pour les applications quand on a prévu le coup (souvent juste un dossier à recopier au bon endroit). On peut se passer de redémarrer, mais si vous y avez pris goût ne vous privez surtout pas, nous n'allons pas vous frustrer pour si peu.

- on réinstalle les données s'il y a lieu. Si elles sont sur un autre disque ou un autre partition, normalement elles sont déjà là à vous accueillir les bras ouverts.


Et voilà, notre machine est maintenant propre comme un sou neuf, guillerette comme au premier jour, et en plus tout est là pour nous permettre de mener nos activités quotidiennes comme avant. Youpi !



Etape 6 : je recommence l'étape 4

Bienvenue dans l'univers magique de la réinstallation des systèmes ! Vous venez de tomber dans une phase spatio-temporelle qui vous fait recommencer encore et toujours les mêmes gestes, comme Sisyphe faisant rouler inlassablement son rocher. Non, sérieusement, si vous n'êtes pas un expert patenté de la réinstallation de système, il ne faut surtout pas s'interdire de reprendre tout calmement depuis le début. Il est très courant qu'on laisse passer des choses pas nettes à la première installation, qu'on ait oublié une option ou que le système nous jette des regards mauvais dès le premier démarrage.

Puisqu'on a fait tous ces beaux efforts pour en arriver là, il faut vraiment n'avoir aucune hésitation à recommencer l'étape 4 et les suivantes autant de fois que nécessaire pour que le système installé nous donne toutes les garanties de fiabilité, de stabilité et de gentille obéissance que l'on attend de lui. Vous perdrez quelques dizaines de minutes supplémentaires, pas bien épuisantes, à faire travailler la machine en faisant un sudoku ou en allant prendre une tasse de thé, mais vous vous éviterez de futurs maux de tête et force gesticulations agacées si vous avez laissé une réinstallation bancale par pure flemme. Allez, on y retourne !


Etape 7 : j'éteins mon ordinateur et je vais faire un tour


Si vous êtes arrivés à cette étape, c'est que vous êtes sorti de la boucle infinie de la mauvaise réinstallation qu'il faut sans cesse recommencer, et que vous êtes content de votre travail. Félicitations ! Vous voilà au terme de notre petit périple de réinstallation.


Simple, sans difficulté excessive ni risque de tour de rein, cette petite gymnastique est à la portée de tous et devrait faire partie du programme d'hygiène régulier de tout matériel informatique, au minimum une fois tous les deux ou trois ans, voire avec une période bien plus courte si l'on n'est pas encore passé expert dans l'art d'éviter les gestes imprudents qui plombent le système à coup sûr.


Nous voilà ainsi prêts à aborder la suite du programme, à savoir aller faire un tour pour se détendre, puis revenir bien vite consulter la suite de notre passionnant dossier. Hum, les souris autour de moi arborent un air exaspéré : ce n'était donc pas le dernier article du lot ? Eh bien non, pas du tout, mais nous l'annonçons solennellement et à la cantonnade, le prochain article signera la fin de l'Enorme Dossier de super secours aux ordis en peine. Et, pour maintenir le suspense, nous n'en dévoilons pas le contenu. On a hâte d'y être !

>Voir le billet et ses commentaires...
 

Au secours, mon ordi est lent ! (6) : J'adapte mon système à mes besoins
Date 17/02/2017
Ico Dossier
Comms Aucun commentaire
Des souris ont chacune un système adapté
"Qui se soucie de regarder

La fleur de la carotte sauvage

Au temps des cerisiers ?"


Takano Suju (1893-1976)


On se lance avec entêtement et sans arrière-pensée dans la poursuite de notre Grand Dossier, en ajoutant une petite pierre taillée avec amour à notre édifice déjà conséquent. Certes, nos fidèles lecteurs en savent désormais un rayon sur les choses à faire et à ne pas faire pour entretenir ou secourir leur bel ordinateur chéri, mais nous n'avons pas encore eu l'occasion de parler de cette fameuse première rencontre entre l'homme et la machine, et de ces petits riens qui ont amené inconsciemment le consentement à une relation riche et épanouie. Pour le dire plus simplement, car je vois un certain nombre de souris vertes autour de moi qui me jettent des regards de panique et ne comprennent manifestement rien à ce que j'écris (je suis moi-même saisi de perplexité en relisant la phrase précédente, je dois dire), nous allons nous intéresser aujourd'hui aux critères qui guident vos choix d'équipement.


Quelles sont donc les raisons profondes qui me font choisir un appareil plutôt qu'un autre ? On peut dire que la plupart des achats que nous qualifierons d'impulsifs en la matière suivent les grandes lignes suivantes :

- parce que l'appareil est trop beau (i.e. plus beau que le précédent). Malheureusement, le design est bien vite périmé ces temps-ci, chaque nouvelle génération d'appareil ultra-fin

donnant immédiatement un air de ringardise balourde à la précédente, pour ne rien dire des plus anciennes qu'on hésitera à exhiber en public. Si vous êtes une victime consentante de ce type de mode numérique, malheureusement vous vous exposez à vivre dans une insatisfaction permanente et des déceptions à répétition de ne pas posséder le vraiment ultime dernier modèle Xzor en titanium ultra-léger et de 0,5 microns d'épaisseur.

- parce que l'appareil est Super Puissant. Il a 2000 Go de RAM et 75 péta-octets de disque dur, sans compter un processeur avec un nom à coucher dehors, bref il est certain qu'il s'agit d'une pure révolution technologique qui n'a rien à voir avec ce que vous avez connu. Reconnaissez en même temps qu'après quelques minutes de manipulation, vous ne constaterez pas de différence notable avec un modèle plus modeste. Il affiche la même chose et permet de faire les mêmes actions, avec le même système dessus. Mais bon il est super puissant ! Il suffit qu'on se le dise pour que ça nous réchauffe le coeur et nous conforte dans notre choix.

- parce que l'appareil n'est pas envahi de saletés logicielles qui le rendent proprement inutilisable, et que le moyen le plus simple de revenir à une situation tolérable avec celui que vous possédez est de vous en procurer un tout neuf. Qu'à cela ne tienne, vous êtes manifestement un bon client pour les autres articles de ce dossier, allez donner un petit coup de patine à votre machine et vous verrez qu'elle brillera comme au premier jour.

- parce qu'il est tout nouveau ! C'est le tout dernier modèle de la gamme eBidule même pas encore disponible dans l'hexagone, et il vous le faut tout simplement. Ce cas, très honnêtement, nous dépasse un peu, et les souris vertes vous orienteront plutôt vers un soutien psychologique et une thérapie à base de jardinage hebdomadaire pour vous libérer de ces pulsions de possession frénétique.


A l'évidence, chacun est libre de choisir ses appareils selon les critères qui lui conviennent, et il n'entre pas dans notre propos de concurrencer SuperNumérique.fr pour vous désigner du doigt votre prochain achat informatique. Mais, pour ceux qui souhaitent avant tout avoir à disposition une machine qui réponde à leurs attentes quotidiennes, et qui ne se transforme pas en un clin d'oeil en un déchet numérique inutile et non désiré, nous allons voir si on ne pourrait pas choisir notre matériel et nos logiciels de manière moins douloureuse pour notre portefeuille comme pour les populations d'éléphants.



Bien choisir son matériel

"Agir

Ou observer

Dilemme du jardinier"


Midoriro no Mausu (la Souris Verte)


Je vois quelques sourcils se froncer à l'approche de cette discussion nécessaire. Comment cela, on oserait sous-entendre que ce très bel appareil que nous possédons n'a pas été étudié avec soin, que l'on n'a pas énuméré avec passion toutes ses caractéristiques techniques avant de se ruer dessus lors de notre dernier achat en date ? Point du tout, très cher, nous savons fort bien que, si généralement les gens dédaignent le choix du système d'exploitation ou des logiciels installés pour se contenter du tout venant, ce sont bien les magnifiques promesses d'un matériel toujours plus à la pointe qui guident les choix d'équipement. Pour autant, la déception sera presque toujours au rendez-vous si l'on ne sait pas ce qu'il faut regarder réellement sur l'étiquette.


Premier écueil à éviter, sans doute, le fait de vouloir le mieux de tout et pour tout, parce que c'est possible, et que nous le valons bien. Ce n'est pas parce que certains modèles promettent plein de mémoire ET un super gros disque dur ET une résolution d'écran inimaginable qu'il faut les choisir. Pourquoi payer et gaspiller des ressources dont vous n'avez pas l'utilité réelle ? Il est donc important d'interroger son usage et de bien choisir son appareil, pour mettre l'effort là où il fera vraiment une différence.


Vous faites de la compression vidéo, du calcul intensif ? Alors oui, investissez dans un processeur maousse costaud. Vous voulez jouer à des jeux vidéos 3D de dernière génération ? Achetez vous une bonne carte graphique. Vous êtes un mélomane averti ? Procurez vous de belles enceintes et une carte audio digne de ce nom. Vous êtes graphiste ? Sans doute un bel écran chatoyant vous ravira. Mais, par pitié, ne croyez pas que vous trouverez la perle rare qui fait tout cela à la fois, si vous n'y investissez pas un temps considérable et une bonne partie de vos économies. Mais bon, gageons que vous n'êtes pas un graphiste mélomane qui joue aux jeux 3D pendant qu'il compresse ses vidéos et calcule des structures de protéines complexes, et que donc vous saurez identifier le ou les quelques éléments sur lesquels il ne faudra pas compter vos efforts.


Si nous avons déjà donné quelques petits critères simples au fil de nos précédentes discussions, comme par exemple celui de pouvoir avoir deux disques différents, un pour le système et un pour les données, il semble qu'il faille rappeler, marteler, et crier même, le critero noumero ouno qui devrait être à la tête du hit-parade des choix de matériel, j'ai nommé la robustesse. Tous ces beaux design extra-plats faits pour durer le temps d'un été et qui se brisent rien qu'à les regarder ont vraiment tout pour vous faire gaspiller menue monnaie (voire gros billets), temps, effort et ressources planétaires non renouvelables. Alors, même s'il est bien difficile de les quantifier, il vaut mieux y regarder à deux fois sur la fiabilité et la durabilité de votre modèle avant de sauter sans bouée dans le grand bassin des achats éclairs.



La performance enfin, tapie là où l'on ne l'attend pas

La lecture de ce blog doit normalement avoir immunisé nos fidèles lecteurs contre les fausses promesses du marketing du plus : plus de processeur, plus de capacité disque, plus de résolution, etc. Cela dit, il ne fait pas de mal de le redire, toutes ces belles valeurs numériques et ces comparatifs avantageux ne vous disent rien des performances constatées à l'arrivée, l'essentiel restant de savoir comment est installé et configuré votre système, et comment il est utilisé au quotidien. C'est vous qui faites que votre machine est performante, pas l'étiquette sur le processeur.

Il y a cependant un élément matériel qui est déterminant pour la réactivité de votre ordinateur, et qui est trop souvent oublié du grand public. En effet, la vitesse générale d'un ensemble est donnée par son élément le plus lent, et quel est l'élément le plus lent dans un ordinateur ? Lequel ? Hmm ? Arf, je vois que la souris à lunettes avait levé le doigt avant même que j'ai terminé ma question, bon allez on lui laisse la parole. Et, sans surprise, elle connaît la bonne réponse : le disque dur.

Ben oui, rappelez-vous notre fascinant dossier sur les grandeurs numériques, et notamment les comparaisons de débit entre le processeur, la mémoire et le disque dur. Même gonflé à l'hélium et aux stéroïdes, ce dernier est un minot par rapport à ses copains, et c'est bien lui que votre système va passer son temps à attendre. Conclusion, si vous voulez un ordinateur vif et alerte, c'est le disque dur qu'il faut changer. Déjà, dans les technologies traditionnelles de disque à plateau, vous avez généralement plusieurs vitesses de rotation : 5400 tours/minute, 7200 tours/minute, voire 15000 tours/minute pour des modèles exotiques et survoltés. Plus ça tourne vite, plus ça débite, donc si votre portable est équipé d'un vieux modèle du premier type, prendre un modèle avec une rotation plus élevée peut déjà soulager un peu la barque.

Mais la vraie différence se fera sentir si on passe sur une autre technologie, les disques SSD. Alors ils sont moins durables, moins fiables et vraiment vraiment chers, mais honnêtement il n'y a pas de comparaison en terme de réactivité. Aux souris vertes, on fait le choix de mettre un petit SSD pour notre système (rappelez vous, le système on peut le perdre, au pire si le disque défaille on le changera en un clin d'oeil), du gros stockage pas du tout rapide pour les données, et pour tout le reste un gros tas de composants bien vieillots pas changés depuis des années qui feraient pouffer narquoisement les compareurs numériques qui sillonnent l'internet mondial en quête de nouveaux appareils à déballer en direct. Ce qui n'empêche pas notre bel ordi de ressembler à une fusée par rapport à la plupart des machines censément survitaminées que l'on exhibe dans un bien triste état réel de fonctionnement. Donc, vous l'avez compris, si vous avez de l'argent à investir, mettez-le dans le disque dur et dans le timbre que vous utiliserez pour nous adresser un courrier de remerciement !



Bien choisir son système

"Le marcheur allonge le pas

Un seul chemin

Mille destinations"


Midoriro no Mausu (la Souris Verte)

Voilà bien un élément que peu de personnes penseraient à questionner. Le système vient souvent collé à votre ordinateur comme une feuille morte mouillée à la semelle de votre chaussure, sans que le marcheur inconscient n'ait l'idée de regarder ses pieds un seul instant. Les yeux rivés sur les belles promesses d'un matériel dernier cri, ou d'un logiciel qui va chercher la lune et vous la ramène dans votre salon, on se contente de subir sans même s'en rendre compte un système préinstallé par de parfaits inconnus qui ne brillent pas par leur sens de l'empathie envers l'utilisateur néophyte.


Car oui, oui, oui, il est possible, et même souhaitable, de choisir le système que l'on veut, et ensuite de le faire filer doux, car ça n'est tout de même pas lui qui va faire sa loi crénom di diou. Nous avons déjà invectivé le très méchant Windows à de nombreuses reprises, et avons même donné quelques savants conseils pour lui botter l'arrière-train quand c'est nécessaire, mais, pour une fois, embrassons du regard toute la grande famille des systèmes d'exploitation (Operating System, ou OS pour les polyglottes). A l'évidence, nous n'avons pas prétention de parcourir toute la galaxie de possibilités qui s'offrent à vous, mais de parler de quelques grandes familles qu'il est bon de connaître :

- les systèmes Microsoft, j'ai nommé Windows x ou y. Bon, vous les connaissez probablement, vu qu'ils ont bénéficié de décennies de vente forcée, où le chaland paie une licence dans le prix de sa machine, qu'il le veuille ou non. Il faut avoir conscience que ce ne sont pas des qualités exceptionnelles, mais bien cette stratégie commerciale agressive et parfaitement illégale, ajoutée à la méconnaissance des alternatives de la part du grand public, qui explique le taux d'utilisation bananier de ces systèmes dans le monde entier. Cela dit, malgré leurs nombreux défauts, ils sont tout de même capables de rendre un service non négligeable à qui sait s'en servir.

- les systèmes spécifiques aux produits à la pomme, j'ai nommé Mac OS avec des noms d'animaux exotiques qu'ils contribuent à éteindre. Ces systèmes, il faut le reconnaître, bien que produits par un Big Brother qui n'a rien à envier à celui précédemment cité, jouissent d'une ergonomie remarquable et d'une grande fiabilité. Malheureusement, ceci se fera à prix d'or, puisqu'ils ne tournent que sur des appareils de la marque éponyme, pas vraiment connus pour leur philosophie discount et leur souci des gens financièrement dans le besoin. D'autre part, ils sont totalement fermés et ne laisseront qu'une marge de manoeuvre relative à l'utilisateur sur sa machine ; même si c'est théoriquement possible, il faudra déployer des efforts titanesques pour sortir des clous prévus par Tonton Pommo. Précisons également que le coeur de ces OS est un système Unix relativement proche de la famille BSD dont nous allons parler dans un moment.

- nous arrivons maintenant à la grande famille des systèmes Linux. Il s'agit de systèmes présents depuis un bon moment dans le paysage, gratuits, open-source et développés par des communautés actives de joyeux programmeurs du dimanche, et des autres jours aussi. Ils sont hautement configurables et se déclinent en distributions, des systèmes complets avec leur lot de logiciels et leur identité graphique propre. Bien que très longtemps cantonnés à la catégorie restreinte de personnes chevelues, myopes et habitant un univers parallèle, ce monde s'est ouvert ces dernières années au Grand Public avec l'arrivée de distributions pensées pour des utilisateurs non spécialistes, comme Ubuntu ou Linux Mint pour ne citer que les plus utilisées.

- une famille proche de la précédente, mais pas tout à fait : les systèmes BSD. Franchement la différence avec Linux n'est pas évidente au premier coup d'oeil, ces systèmes partagent la même approche et 99% des logiciels qu'elles proposent. Sans rentrer dans des polémiques qui font s'assoupir aussi vite les souris vertes, on dira rapidement que les systèmes BSD sont sans doute plus robustes, mais plus confidentiels et techniquement plus délicats à utiliser, que leurs cousins Linux. On peut citer deux membres éminents de la famille, à savoir FreeBSD, le plus utilisé et le plus connu, et openBSD qui jouit du titre de système d'exploitation le plus sûr du monde, à condition d'être en mesure de l'installer sans se jeter par la fenêtre.


Il existe bien entendu quantité d'autres systèmes d'exploitation plus ou moins obscurs, notamment dans le domaine sérieux et compassé de l'Entreprise, mais on va s'en tenir là pour notre petite présentation.


Quel système donc choisira-t-on donc, parmi tous ceux énumérés plus haut ? Eh bien, à vrai dire, rien n'oblige à n'en choisir qu'un seul. Nous l'avons déjà évoqué, vous pouvez avoir autant de systèmes que vous le souhaitez si vous savez partitionner votre disque dur, donc pourquoi se priver ? Sans tomber dans l'excès constaté chez certains individus maniaques d'installer absolument toutes les distributions Linux de l'univers, rien n'empêche d'avoir deux ou trois systèmes concurrents pour choisir celui qui correspond le mieux à vos besoins du moment. Aux souris vertes, nous savons combien il est difficile de se passer du gros vilain Windows, qui a la mainmise sur un certain nombre d'applications et la quasi totalité des jeux vidéos, donc on ne s'interdit pas d'en avoir un sous le coude pour les jours de grand vent.


Mais, honnêtement, si vous voulez un système qui soit à la fois simple, puissant, et surtout très performant, économe en ressources, nous ne pouvons que vous inciter à vous tourner vers un digne représentant de la famille des systèmes Unix : Linux, BSD, voir Mac OS si votre portefeuille est bien garni. Nous recommandons tout particulièrement Linux Mint, une distribution Linux vraiment simple et élégante. Vous pouvez en plus l'essayer puis l'adopter sans rien installer, alors hop, sautez dessus sans plus tarder et vous nous en direz des nouvelles. C'est également une méthode bien plus efficace pour redonner un coup de fouet à votre vieille machine poussive que de rajouter des kilos de barettes mémoire ou de suivre d'autres conseils d'experts patentés de la réparation par ajout de matériel.


En passant, une manière alternative de disposer de plusieurs systèmes en même temps consiste à utiliser un système de virtualisation : ceci permet de lancer un système d'exploitation directement dans un autre, comme n'importe quel programme. Par exemple, de lancer un système Linux tout seul dans sa fenêtre depuis votre ordinateur sous Windows. Ou inversement. Pas mal quand même. Après, il faut savoir que le copain virtuel prend pas mal de plomb dans l'aile à être utilisé de cette manière, et qu'il ne pourra pas vous rendre tous les services d'un vrai système, notamment en matière graphique à base de grosse 3D ou autre accélération vertigineuse. Les lecteurs aventureux pourront aller voir du côté de Virtualbox, une solution de virtualisation open-source qui fonctionne plutôt bien, pour goûter ces charmantes gâteries.



Aversion pour la version


Une souris me fait remarquer que les titres de cet article sont particulièrement indigents, mais que voulez-vous, on ne peut pas toujours être au sommet sans quoi la routine s'installe. Et encore, elle n'a pas vu le sort que je réserve au paragraphe suivant. Bref, ce titre énigmatique et controversé a le mérite d'introduire une notion importante dans l'exercice de notre liberté informatique : non content de choisir notre système d'exploitation comme de grands, nous pouvons également en choisir la version, eh oui.


Il existe deux tendances en la matière, la prudence de celui qui cherche avant tout un système fonctionnel qui ne l'embête pas tous les jours, et l'audace de celui qui recherche l'aventure et la nouveauté d'horizons numériques toujours plus vastes. En fonction de votre inclination, vous serez donc bien inspiré de choisir une version de système suffisamment ancienne, mais pas trop quand même, pour que la plupart des applications y tournent sans mauvaise surprise, ou bien la toute dernière sortie si vous voulez bénéficier de toutes les innovations du moment, au prix de devoir essuyer quelques plâtres.


Il est difficile de trancher la question à votre place, mais en tout les cas ne vous sentez jamais obligé de mettre à jour votre système parce qu'on vous dit que c'est mieux. Dans l'univers Windows, en particulier, où les versions successives passent leur temps à casser ce qui fonctionnait et prennent un malin plaisir à changer tous les repères, la grande majorité des particuliers et des entreprises n'ont aucune honte à prendre 5 à 10 de retard sur les sorties de version sans s'en trouver particulièrement lésée. Ne parlons même pas du monde Linux ou BSD, où certaines distributions solides comme du roc peuvent contribuer à faire tourner des serveurs sans mise à jour ni redémarrage pendant des décennies.


Une dernière chose qu'il faut mentionner est la différence entre les versions 32 bits et 64 bits des systèmes d'exploitation. De quoi ? Ah oui, incroyablement personne n'a trouvé de nom marketeux plus suave pour cette caractéristique parfaitement imbitable, sans mauvais jeu de mot. En fait ceci désigne le nombre de bits sur lequel peut être stocké un entier, l'unité de calcul de base de notre système. Et alors, qui donc s'en soucie, me direz-vous.

Eh bien ceci n'est pas tout à fait sans conséquence, à vrai dire.


Une première conséquence est la promesse annoncée, qui consiste en l'augmentation infinitésimale des performances, et le fait d'être à la page si vous avez un système 64 bits. Sans compter que vous avez deux fois plus de bits, et plus est forcément mieux que moins, n'est-ce pas. Autre conséquence bien concrète, vous avez quasiment divisé votre capacité mémoire par deux. Eh bien oui, un entier a besoin maintenant de deux fois plus d'espace mémoire pour lui tout seul, donc on peut en mettre deux fois moins. Mazette et palsambleu. Alors, selon la loi universelle qui veut que l'on roule toujours vers le plus de dépense, les systèmes 32bits ont tendance à se faire de plus en plus rare, et ce même si, d'après l'équipe scientifique des souris vertes, il n'existe à ce jour aucune application qui tournerait uniquement sur un système 64 bits (le contraire est fréquent, mais les systèmes 64 bits embarquent naturellement la possibilité de faire tourner des applications 32 bits pour garder la compatibilité avec les anciens programmes). Donc vous ne prenez aucun risque à choisir un système 32 bits si vous le pouvez, et c'est même le choix de la rédaction si vous n'avez pas envie d'investir dans de la mémoire vive à la tonne.


Ave Caesar, mobituri te salutant


(Traduction libre de l'édition savante MurideVerde TM : Salut César, ton téléphone sonne on dirait)

Vous aurez sans doute remarqué que, bien qu'ils constituent un sujet préoccupant au premier chef de colonisation numérique de la planète, nous n'évoquons qu'assez rarement et sans beaucoup de détails tous ces supports mobiles que les gens tripotent à longueur de journée : téléphone malin, tablette, et autres appareils indispensables aux hommes d'affaires pressés ou aux enfants hyperactifs. Eh bien oui, nous l'avouons sans détour, ce sujet ne nous passionne pas franchement, car d'une part nous ne faisons pas partie des enthousiastes des services rendus par ce type de support, qui n'est finalement qu'un ordinateur en plus fragile, plus omniprésent, moins puissant, sans périphérique de saisie digne de ce nom (je vous invite à essayer d'écrire un article de ce blog sur un appareil dit nomade et d'en tirer les conclusions qui s'imposent), et qui pour achever de nous agacer est conçu pour vous donner le moins de latitude et d'autonomie possible dans l'administration réelle de ce qui est somme toute un bête système d'exploitation masqué par des icônes géantes.


Bref, c'est sans doute regrettable, mais les souris vertes ne sont pas de très bon conseil quand il s'agit de discuter de ces étranges petites bêtes, elles qui savent tout juste, et après de nombreux essais, trouver le bouton pour allumer ou éteindre un appareil de cette catégorie qui croiserait pas hasard leur chemin. Mais, une fois n'est pas coutume, nous allons nous permettre un petit aparté qui les concerne, puisque ces appareils sont équipés, cela va sans le dire, d'un système d'exploitation propre.


Soyons clair, nous n'allons pas folâtrer gaiement dans les prés à la recherche du meilleur système possible pour vous, car d'une part le panorama des systèmes mobiles ressemble à l'uniformité d'une élection présidentielle française (toute ressemblance avec une situation concrète ou ayant existé est une pure fiction), et que quand bien même vous vous mettriez en tête de préférer blanc bonnet à bonnet blanc, vous seriez bien en peine de changer de crèmerie car votre appareil n'a été conçu grosso modo que pour fonctionner avec le système avec lequel il a été livré, et pour la courte durée où les concepteurs dudit système le prendront gracieusement en charge.


Il est cependant possible de réaliser deux opérations de rébellion face à ce système inique. La première consiste à faire sauter les verrous logiciels qui vous empêchent d'être le chef à bord du navire, ce qu'on appelle rooter (pour devenir root, c'est-à-dire super utilisateur) votre appareil. La procédure est à chaque fois particulière, et parfois relativement acrobatique, mais nous semble un prérequis indispensable à l'accession à une autonomie minimale sur la petite machine. En même temps, cela aura pour effet de jeter aussi sec la garantie aux orties chez les fabricants les moins arrangeants.


La deuxième procédure, pour ceux qui disposent d'un appareil Android, qui bien qu'appartenant à l'affreux Google et largement aussi invasif que ses concurrents sur votre vie privée, est un système open-source qui a donc le mérite d'avoir des implémentations alternatives que l'on appelle des Roms custom. On ne change pas vraiment d'univers, l'analogie serait plutôt celle de la distribution, comme pour les systèmes Unix, mais la présentation et les outils proposés par le système sont différents et développés par des communautés plutôt que par des grosses entreprises multinationales. On ne citera pas de noms de Roms ici, la polémique faisant rage dans les milieux autorisés pour savoir si untel est vraiment aussi libre qu'il le dit, mais sachez que pour qui sait chercher, il y a moyen de trouver là des alternatives nettement moins gourmandes, plus configurables et moins envahissantes que le système propriétaire qui équipe votre appareil par défaut.


Tous ces conseils sont à manier avec des pincettes, car le risque est grand de porter dommage voire coup fatal à votre petit joujou, mais les plus militants, bricoleurs ou motivés de nos lecteurs pourront aller regarder avec intérêt sur l'internet mondial de quoi il retourne.



Bien choisir ses programmes

"Toutes ces fleurs

Offertes au papillon -

Comment peut-il choisir ?"


Midoriro no Mausu (la Souris Verte)

Une souris attentive me fait remarquer que nous avons déjà abordé le sujet de ce paragraphe dans les articles précédents. C'est vrai. En même temps, allons-nous pour autant nous interdire de radoter nos conseils sous prétexte d'épargner nos lecteurs fatigués ? Certainement pas. Permettons nous donc d'en remettre une fine couche sur le sujet, afin qu'à force de répétition opiniâtre notre message porte dans les chaumières les plus reculées et jusqu'au fin fond des forêts boréales.


Vous l'avez sans doute compris depuis qu'on le rabache, pour la santé de votre machine comme pour la vôtre, mais mentale, il est important de bien choisir les programmes installés. Mais, bien évidemment, l'attention que l'on portera à ce choix dépendra fortement de notre utilisation dudit programme ; il n'est peut-être pas nécessaire d'essayer une centaine d'applications différentes de gravure de CD-ROM si vous ne souhaitez graver qu'un seul CD dans les dix prochaines années. A l'inverse, il paraîtrait absurde de se contenter sans se poser de questions du navigateur par défaut de votre système alors que vous l'utilisez quotidiennement et pour un tas d'activités essentielles, comme consulter ce blog. Etonnamment, c'est pourtant ce que font la majorité des gens.


Pour s'éviter les complications futures, on se contentera du nombre minimal de programmes nécessaires à notre bonheur, et surtout on les choisira dans la catégorie des poids plumes plutôt que des Usines à Gaz, celles qui font le ménage tout en vous servant le café au premier clic dans une fenêtre. Après, tout cela est sans doute plus facile à énoncer qu'à mettre en pratique si vous ne passez pas vos journées sur votre ordinateur en quête de l'application-parfaite-qui-fait-juste-ce-que-je-veux.


Il faut reconnaître que les logiciels libres ne sont pas d'une grande aide en la matière, car ils représentent la quintessence ce qu'aux souris vertes on résume sobrement par : "trop de choix tue le choix". En effet, le moindre programmeur insatisfait de l'application X s'empresse de faire la sienne qui fait presque la même chose mais pas tout à fait, ce qui fait que, pour le quidam qui observe le champ de bataille depuis une position en retrait, il est bien difficile de s'y retrouver dans le capharnaüm des applications disponibles. Sans compter qu'entre les fanatiques de la ligne de commande monochrome et les partisans de l'interface avec un seul bouton de 2 mètres de large, on ne sait jamais trop où l'on va mettre les pieds. Et la situation est presqure pire sous Windows ou MacOS, où l'on risque à tout moment de tomber sur un logiciel faussement gratuit, un représentant émérite de l'école de Programmation Avec Les Pieds, voire sur un infâme Virus de La Mort.


C'est pourquoi, pour la plus grande joie des petits et des grands, les souris vertes vous livrent ici leur trousse à outils personnelle, leurs petites applications favorites qu'elles aiment et qu'elles cajolent. Un bon nombre d'entre elles ont déjà été citées dans nos articles précédents, mais compilation n'est pas raison, comme dit le sage, ce qui, vous en conviendrez, ne veut strictement rien dire mais rime magnifiquement.


Remarquons que, dans notre grande magnanimité, nous ne parlerons ici que d'applications légères, gratuites, open-source et multi-plateformes. Ce qui signifie en particulier que vous pouvez les installer partout où vous irez (enfin, demandez quand même si vous n'êtes pas chez vous). Certaines ont même des versions portables, que l'on peut embarquer sur une clé USB et exécuter directement sans installation requise. Diablement pratique.


Allez, on énumère nos petits compagnons informatiques :

- on commence tout de suite par le navigateur internet, qui est sans doute l'application la plus utilisée de votre machine. On ne se cache pas de préférer Mozilla Firefox aux souris vertes, bien que le choix soit pléthorique dans le domaine. On déconseillera tout de même pour leur indigence absolue tous les navigateurs Microsoft, Internet Explorer en tête, et en tant que grand amoureux de la liberté de penser on ne pourra que tiquer à l'idée d'utiliser Chrome, le navigateur de Google qui raconte tous vos faits et gestes à son papa sans se cacher.

- tant qu'à rester chez Mozilla, proposons tout de suite notre choix de client de messagerie, Mozilla Thunderbird. Alors oui, il est vieillot et n'évolue plus franchement, mais en même temps il sait tout faire, avec le sourire et sans effort. Les équipes du Professeur Souriso ont eu beau lancer un ambitieux programme de recherche sur le sujet, elles n'ont jamais trouvé mieux.

- application indispensable s'il en est, un bon lecteur de documents pdf s'impose, comme Evince, qui par dessus le marché lit tout un tas d'autres formats que vous ne rencontrez jamais.

- pour savoir lire tout le contenu multimédia de la galaxie sans additif ni arrachage de cheveux, audio, vidéo, support amovible comme fichier s'il vous plaît, on installera promptement VLC et on supprimera aussi vite tout le reste.

- ceux qui souhaitent retoucher des images pourront le faire avec bonheur avec GIMP. Attention, il fait clairement partie de la catégorie des gros costauds, autrement dit c'est un logiciel horriblement complexe mais qui permet de faire à peu près tout ce qui existe en terme de manipulation d'images. Aux souris vertes, on l'utilise avec deux doigts et en fermant les yeux pour retailler nos magnifiques dessins, afin de ne pas consommer inutilement de l'octet avec une image dix fois trop grosse.

- pour ceux qui utilisent parfois la calculatrice, oui, vous ne rêvez pas, on pourra la remplacer avantageusement par SpeedCrunch, toute simple mais vraiment puissante pour les passionnés du cosinus inverse.

- ceux qui souhaitent faire du traitement texte, tableur et autres applications bureautiques pénibles pourront se tourner vers la suite LibreOffice. S'il faut reconnaître qu'elle est loin d'égaler en qualité son équivalent propriétaire bien connu de chez Microsoft, elle a tout de même quelques atouts indéniables, comme le fait de ne pas avoir son interface mise sens dessus-dessous à chaque version, le fait de ne pas coûter un bras, voire deux, et surtout sa compatibilité universelle qui fait qu'elle ouvrira absolument tous les documents sans faillir, contrairement à son concurrent qui ne sait même plus reconnaître les fichiers écrits il y a quelques mois pourtant avec son aide.

- finissons par une petite exception spécifique aux pauvres hères qui doivent oeuvrer sous Windows. C'est en effet le seul système qui ne reconnaît absolument aucun format d'archives par défaut, mis à part le sien propre (le rigolotement nommé mais honteusement inefficace fichier zip). On ne nommera pas les alternatives propriétaires parfaitement ineptes auxquelles les personnes désespérées par cette situation ont tendance à se confier, pour désigner simplement un logiciel d'archivage sobre et redoutable qui saura combler toutes vos attentes en matière de compression et de décompression, oui, oui, même pour les fichiers zip, à savoir 7-zip.


Et bien voilà déjà un bel ensemble prêt à décorer avantageusement votre salon. Il s'agit même sans doute du lot de bienvenue minimal qui devrait se trouver sur toute machine digne de ce nom, à la place des innombrables merdouilles qu'y placent les fabricants peu scrupuleux. Il est cependant bien clair que cela ne suffira sans doute pas à votre bonheur, mais espérons que cette petite liste saura vous encourager à chercher dans la même veine toutes les applications plus spécialisées dont vous auriez besoin.


Etant donné qu'on ne va pas étaler notre vie, bien qu'elle soit passionnante et que le monde entier n'attende que cela, nous nous garderons d'énumérer l'ensemble des programmes un brin particuliers que nous utilisons. Mais, pour illustrer l'esprit qui nous guide, citons-en un exemple : nous aimons par exemple, aux souris vertes, jouer avec des enregistrements sonores pour mixer notre petit choeur de souris en fête. Nous nous servons donc naturellement et avec entrain d'Audacity, un allié sympathique en la matière, qui rend bien des services même s'il ne s'agit pas d'un logiciel professionnel. Alors vous souhaitez faire du montage vidéo ? Des albums photo ? Du dessin assisté par ordinateur ? Un plan de votre salon ? Eh bien à vous de jouer, bon courage pour trouver l'application simple et pratique qui vous aidera.


Mais, entendons-nous bien, on installe bien une application pour l'utiliser, autrement on se retient ou on désinstalle rapidement ; si vous ne faites que papillonner d'activité numérique en activité numérique sans jamais vous poser vous ne ferez que plomber votre machine.



Bien choisir sa conclusion


Ah, tout ce choix désormais ! Une myriade de mondes qui s'offrent à nous, quand auparavant notre seule latitude était d'opter pour le nouveau modèle Zorglub10 ou bien le dernier Schtroumpfor254, tous deux super bien notés par GrosComparateur.net. Guillerets et libérés de ces diktats faciles, nous pouvons observer avec acuité notre belle machine pour lui donner ce petit coup de pouce qui la rendra encore plus à même de nous faire plaisir. Une sorte d'écoute et de compréhension mutuelle, n'est-ce pas ce à quoi chacun aspire dans une relation ? Petit matériel, système, logiciels, choisissons, sélectionnons, bichonnons, pour davantage profiter et moins gaspiller.

On se quitte sur ces paroles excessivement profondes, en attendant de poursuivre ce dossier qui, c'est proprement incroyable, n'est toujours pas à son terme. Comment donc sera-t-il possible d'y ajouter ne serait-ce que deux phrases devant la somme de connaissances déjà accumulée ? On a hâte d'en savoir plus !








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Au secours, mon ordi est lent ! (5) : J'apprends à ne pas perdre mes données
Date 10/01/2017
Ico Dossier
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"Il a perdu son chapeau

L’épouvantail

Il a perdu la face"


Yosa Buson (1716-1783)


On poursuit aujourd'hui notre fantastique dossier avec un article qui va nous permettre de réfléchir sur le sens de la vie, notre place dans l'univers, et plus particulièrement sur cette peur incontrôlable de la perte du soi qui nous glace le sang. Comment, en effet, expliquer autrement notre hystérie instinctive à l'idée de perdre notre - insérer ici l'appareil de votre choix - qui contient bien plus que notre carnet d'adresses, nos photos, nos messages, mais bien la substance même de notre moi profond, notre identité secrète enfin numérisée ?


En conséquence, il sera parfaitement intolérable, voire vu comme une violation élémentaire à la liberté d'exister, de demander à une majorité de la population de délaisser ne serait-ce qu'une minute son - ici le même que précédemment, ou bien un autre si vous êtes multi-récidiviste de l'attachement électronique -, et bien plus encore d'envisager sereinement sa perte irrémédiable. C'est pourquoi nous nous attelons à la tâche salutaire d'essayer d'accéder à l'immortalité numérique, rien que ça, et de ne jamais perdre ces octets si précieux qui nous définissent autant que nos paires de chromosomes.


Nous avons vu, voyons et verront encore bien des astuces pour maintenir en vie le plus longtemps possible nos petits appareils préférés, mais il faut s'avouer que même la plus habile souris verte ne pourra pas déjouer les lois de la nature et empêcher la mort ultime du matériel que vous utilisez. Pour vaincre le destin, il nous faut donc utiliser la parade bien connue des livres de science-fiction : transmutation ! réplication !  On jette ce vieux corps rabougri pour réinjecter notre esprit dans un nouveau corps d'adolescent prêt à nous faire connaître à nouveau les joies de la vie jeune et en bonne santé. Plus simplement, dans le domaine numérique, on se contentera de reprendre un nouvel - encore votre appareil préféré, mais vous avez le droit de choisir une version improbable ou pas encore existante pour rêver un moment - qu'on mettra sous perfusion pour lui réinjecter le contenu de l'ancien. Mais quel contenu donc ? C'est tout l'enjeu de cet article.


La plupart des gens se désespèrent de voir leur système lent, plein de sales virus malodorants, parfois même rebelle à ce qu'ils essaient de lui faire faire, et en concluent immédiatement qu'il faut vite remiser l'ensemble à corbeille. Pourtant qui se soucie du système réellement ? Est-ce vraiment ces fichiers qui gèrent les menus, la barre des tâches, les programmes même que nous souhaitons conserver comme la prunelle de nos yeux ? Certainement pas, et il y a fort à parier que vous avez déjà usé un certain nombre de systèmes d'exploitation dans votre longue carrière d'utilisateur patenté, voire que vous en utilisiez un nombre important sans même vous en rendre compte (téléphone, tablette, GPS, drone souris, etc). Le système donc, on s'en contrefiche, on peut et on doit même pouvoir le réinstaller ou le changer en un tournemain ; mais si l'on s'accroche désespérement à lui et que l'on ne veut pas qu'il s'en aille, non, surtout pas, c'est parce qu'il contient nos précieuses données.


Et ce sont bien nos données personnelles que nous devons conserver, recopier, entourer d'affection et de sollicitude, celles que nous ne voulons surtout pas perdre même si un raz-de-marée s'abat sur notre jardin. Evidemment, pour que ceci soit rendu possible, il va tout de même être nécessaire de bien distinguer de quoi elles sont faites ; si tout est incrusté dans le système, avec aucune notion de ce qui est vraiment unique et important, autant dire qu'on ne pourra rien faire pour vous sauver si le système se met à tanguer fébrilement. Nous allons discuter tout cela en détail, mais commençons d'entrée de jeu par quelques Bons Conseils bien sentis qui s'appliqueront au nord, au sud, à la montagne et au bord de mer, bref quelles que soient les données que vous souhaitez garder.



Bien suivre la partition


Un premier pas tout simple, mais qui va nous rendre pas mal de services ensuite, va être d'isoler nos données du reste du système. Je réponds tout de suite à la souris verte à lunettes que non, je ne définis pas encore ce que j'entends pas données, pour le moment on reste vague et consensuel pour ne pas se perdre dans des considérations existentielles profondes, et ça n'est pas la peine d'insister, ah mais vraiment. Pourquoi donc s'embêter à mettre un peu d'ordre dans le fourbi, et mettre nos petits objets à nous à part du système ? C'est bien simple, même si vous connaissez sur le bout des doigts le système d'exploitation que vous utilisez, après un certain temps et plusieurs dizaines d'applications installées, vous serez bien incapable de dire si le fichier x ou le répertoire y vous appartient en propre, et encore plus à la question corollaire : est-il indispensable pour faire fonctionner le système si vous devez le réinstaller ?


Bref, une seule solution si on souhaite anticiper le gros mal de crâne que nous vaudra le fait de devoir ranger notre chambre une fois que ce sera le Bazar Généralisé, on met tout ça dans un coin bien propre et bien secret, là où personne d'autre que nous n'aura l'idée d'aller fourrer ses gros doigts. Très généralement, les systèmes d'exploitation modernes essaient de vous faire adopter ces pratiques en vous fournissant des emplacements codifiés comme 'Mes documents', 'Mes images', 'Mes Super Photos de Vacances', mais comme justement ces emplacements sont connus de tous, il se trouvera généralement des applications peu scrupuleuses qui viendront y ranger leurs petites affaires, voire pour les plus indélicates y regarder un peu ce qui vous y avez placé.


Tout ceci ne nous convient donc pas, il nous faut nous faire une nouvelle place au soleil. D'autant que cela ne lève pas un inconvénient majeur : si vous mettez vos données sur le même disque que le système, elles vont disparaître irrémédiablement si vous devez réinstaller ledit système. Et vous aurez également bien du mal à y accéder s'il est corrompu. Le mieux, et la seule vraie solution même, est donc d'y aller franchement et de prévoir tout de suite deux emplacements bien distincts : un disque pour le système (celui-là, on peut le jeter quand on veut), un disque pour les données que l'on garde et sauvegarde. Cela permet également de mieux contrôler ce qu'on stocke, de mieux ranger les choses, bref cette approche magnifique n'a que des qualités.


Mais comment donc faire donc, me demanderez-vous (vous pourriez faire un effort pour mieux construire vos questions, cela dit, l'angoisse n'excuse pas tout), si l'on ne possède qu'un seul disque dur, ce qui est malheureusement le lot commun de la plupart des appareils portables ? Tsk tsk, ceci est tout de même une violation assez grave du savoir-vivre numérique, il faut que vous en ayez conscience. En vérité, vous devriez toujours acheter un appareil qui vous permet d'avoir deux disques, qu'il s'agisse d'une carte mémoire supplémentaire pour les téléphones par exemple, ou d'un deuxième disque dur sur un ordinateur portable. Alors oui, il y a assez peu de modèles qui proposent ce type de choix, eh bien maintenant vous avez enfin un critère pour choisir en dehors du design ultramoderne et de la note d'ergonomie de YoupiNumérique.fr. Pour les ordinateurs portables, vous vous en sortirez toujours en ayant avec vous une clé usb ou un disque dur externe, mais franchement c'est pénible d'avoir toujours à les transporter, sans compter un peu dispendieux en énergie d'alimenter en permanence ces périphériques externes, donc l'idéal sera toujours d'avoir deux disques, si si. En plus cela permettra d'avoir un disque plus petit, mais plus performant, pour le système d'exploitation qui travaille souvent, et un bon gros disque de stockage rustique pour mettre nos données.


Donc si vous avez deux disques, tout va bien, disque Z pour le système et disque W' pour les données, hop là, paragraphe suivant. Mais que se passe-t-il pour les deux cent milliards d'invididus qui ont acheté sans se soucier un appareil qui ne permet pas cette magnifique combinaison ? Dans ce cas, on va tout simplement éclater notre disque unique en petits bouts. Paf pif. Enfin sans y aller trop fort quand même. Nous allons faire ce que l'on appelle un partitionnement, c'est-à-dire une opération qui permet de dire au système de considérer votre disque comme une collection de disques plus petits. Ceci ne vous sauve pas de la panne de disque, qui si elle se produit vous fait tout perdre d'un coup, mais par contre c'est radical pour le système d'exploitation qui, lui, n'y verra que du feu et ne se permettra jamais d'écrire sur une partition qui n'est pas la sienne propre sans autorisation expresse. On peut même utiliser ce petit mécanisme pour faire cohabiter plusieurs systèmes sur un même disque dur, oui, hop je partitionne en quatre et me voilà avec un système Windows, un système Linux, un système Android pourquoi pas, et ma partition de données. Et tous les systèmes peuvent accéder aux données, au passage. Sympathique, non ? Bon ça reste un peu compliqué à configurer, donc on ne s'étendra pas sur ces merveilleuses possibilités.


Pour les téléphones, tablettes et autres appareils formidables où on ne vous laisse rien faire tout seul de vraiment utile, vous passerez votre chemin, et vous subirez le fait de n'avoir qu'une partition unique et tout en vrac, mais comme de toute manière vous n'avez aucun droit d'administration sur votre appareil, oui je sais c'est un comble, vous devrez faire avec si vous n'avez pas d'accès à une carte mémoire supplémentaire pour ranger vos données proprement dans un coin.


Pour les ordinateurs, en revanche, on peut partitionner gaiement si ça n'est pas déjà prévu par défaut, certains fabricants vous installant votre disque déjà prêt à accueillir séparément système et données, même si la plupart des gens l'ignorant, ils auront soigneusement délaissé la partition supplémentaire pour tout mettre dans le gros tas commun. Si vous avez le malheur d'être sous Windows, vous devrez impérativement utiliser l'utilitaire de partition de disque fourni par le système, sous peine de vous retrouver avec un tas de misères si vous modifiez la taille de la partition qui contient le système sans lui demander son avis. Pour tous les autres cas, et même pour Windows tant que vous ne touchez pas à sa partition système (vous pouvez à loisir éclater ou agréger les autres partitions sans toucher à celle qui contient Windows), vous pourrez utiliser Gparted, un utilitaire open-source et multi-plateforme drôlement gentil qui fait tout ce qu'il faut et bien plus encore.


Autant vous prévenir tout de suite, le partitionnement est une opération risquée si vous avez déjà des données sur votre disque, donc prenez vos précautions avant, ne formatez surtout pas les partitions qui ont déjà des données, et abstenez-vous ou demandez de l'aide si vous sentez que vous allez faire une Grosse Ânerie. Les deux effets secondaires malencontreux sont un, la perte définitive des données présentes avant l'opération, et deux, l'impossibilité de redémarrer le système une fois le partitionnement terminé. Ce dernier cas est en général facilement rattrapable, même si ça demande un peu de doigté et parfois pas mal de patience. Donc, si vous ne voulez prendre aucun risque, soit vous faites appel à un ami compétent pour vous aider, soit vous revenez au paragraphe précédent et vous trouvez une solution pour avoir deux disques durs différents, vin diou de vin diou.



Sauve qui peut


Bien, nous avons isolé nos données sur leur petit espace réservé, ou sur leur disque dur titanesque si vous avez des gros besoins en la matière, et nous voilà paré pour accomplir la deuxième étape de notre petit périple, à savoir les sauvegarder. En effet, il est bien utile d'avoir assuré que le système, quel que soit sa faillibilité, ne viendra jamais pourrir notre disque ou notre partition de données, mais cela ne nous prévient pas du coup de bambou du disque qui lâche. Et si ça se produit, grand malheur, désespérance et fin du monde s'ensuivent car il ne nous reste aucune solution à part débourser des millions de dollars auprès de spécialistes de la NASA qui vont autopsier notre disque et tenter d'y extraire les octets à la pince à épiler, tentative qui se soldera de toute manière par un échec retentissant dans la quasi totalité des cas. Bref, mettons-nous à l'abri tout de suite de ces perspectives peu réjouissantes en assurant nous-même notre tranquillité mentale par des dispositions simples.


On sauvegarde, donc, c'est-à-dire en langage plus simple on recopie tout le bazar sur un autre disque, ou même plusieurs autres si on pense qu'on le vaut bien. Normalement les probabilités de panne de deux disques en même temps sont infimes, donc une seule sauvegarde devrait nous suffire. Mais où donc la placer ? Eh bien, si vous avez opté pour la solution à deux disques, et que le disque système a une taille qui le permet, pourquoi ne pas la mettre là-dessus ? Mais dans un emplacement bien distinct du système, par exemple un dossier Sauvegarde que l'on créé et où l'on recopie nos dossiers. En même temps, en général on aura tendance à choisir un disque système plus performant, il serait donc dommage de gâcher l'espace disque pour une sauvegarde qui ne sera quasiment jamais utilisée si on a vraiment une place importante à immobiliser.


Donc un support amovible, DVD, clé usb, disque dur externe, fera également très bien l'affaire. J'entends certaines souris qui me parlent de sauvegarde dans le Nuage, cloud pour les intimes, nous n'allons pas entrer dans les détails pour ne pas perdre le fil de notre dossier, mais il est bien prévu qu'on aborde cette polémique un jour ou l'autre. Pour le moment, une petite sauvegarde que l'on garde au chaud au fond de son tiroir suffira amplement. D'ailleurs, dans la logique des choses, le support de sauvegarde, qui n'est presque jamais utilisé, est le moins onéreux possible. Evidemment, vous ne serez pas protégé en cas de sinistre de votre bureau ; qu'à cela ne tienne, mettez le tout chez votre tante Germaine. Mais si sa maison brûle aussi ? Quand on commence à rentrer dans ces considérations, la spirale paranoïaque nous fait vite perdre la mesure et on commence à s'inventer des avions à réaction pour faire voler une plume. Sachons garder la tête froide, et considérer qu'on va se prémunir d'un risque courant et somme toute facilement évitable (la défaillance d'un composant électronique), pas d'une guerre mondiale thermonucléaire consécutive à l'éruption d'un volcan issue de la tombée d'une météorite sur votre quartier. Dans ce cas-là, on s'assoira sur la perte de nos données en considérant qu'il y a des problèmes plus graves dans la vie.


Il y a tout de même un aspect qu'il faut bien avoir en tête quand on parle de sauvegarde, c'est qu'il faut tout de même réappliquer l'opération régulièrement. C'est très bien d'avoir recopié vos dossiers illico après avoir lu cet article avec émotion, mais si vous ne recommencez pas l'opération dans les cinq prochaines années, il y a fort à parier que vous ne serez pas très content d'avoir perdu tout ce que vous avez produit dans l'intervalle si la catastrophe survient. Il est donc préférable, c'est même plus qu'une bonne idée, d'accomplir régulièrement cette opération de sauvegarde, soit de manière manuelle en se disciplinant un peu, soit de manière automatique en utilisant un outil approprié. Il est également de bon ton, pour ne pas y passer à chaque fois des nuits entières, d'utiliser un outil qui travaille de manière incrémentale, c'est-à-dire qui ne s'occupe que de ce qui a changé depuis la dernière sauvegarde. Le couteau suisse de la sauvegarde, tous systèmes confondus, est sans conteste Rsync, mais il est très brut de fonderie et vous aurez sans doute du mal à le manipuler si vous n'êtes pas un expert de la ligne de commande. Mais il existe des dizaines d'outils qui l'utilisent tout en vous proposant une interface plus simple, et des paramétrages plus avancés comme le fait de faire des sauvegardes hebdomadaires par exemple. Vous pourrez vous rendre sur la page wikipédia de notre ami pour en avoir une petite liste indicative. Comme aux souris vertes on se débrouille comme des grands avec la version nominale, on vous laissera faire votre marché et essayer. Gardez tout de même en tête qu'un utilitaire de sauvegarde est une des applications les plus utiles que vous puissiez installer sur votre système, donc ne comptez pas votre temps et vos efforts au moment d'arrêter votre choix.



Garder ou ne pas garder, telle est la question


Bien bien, après cette belle progression dans le sujet du jour, et avant d'aborder les questions qui fâchent, offrons-nous un court instant de contemplation :


"Protégé du vent

Caché aux regards

Un nid d'oiseau"


Midoriro no Mausu (la Souris Verte)


Il est plus que temps maintenant de s'intéresser au contenu même de ce que nous venons de mettre dans un joli paquet bien propre, entouré de rubans chamarrés et sauvegardé avec amour dix ou vingt fois par an/mois/semaine/jour/minute (rayer les mentions inutiles). Que faut-il garder vraiment dans nos données personnelles ? Car, on s'en doute, la quantité de données à conserver va être directement en relation avec les ressources à mobiliser pour les stocker et les gérer au quotidien, les sauvegarder, les restaurer le cas échéant, et Técé Terra.


Si l'on se réfère avec intérêt à notre excellent article sur le stockage, on voit immédiatement qu'il sera bien plus facile de conserver notre petit carnet d'adresses ou notre cahier de recettes de cuisine que l'intégralité de nos photos grand format depuis la formation de la terre, voire pire, l'horreur absolue, notre collection complète de trois cent mille films en haute définition dont pas un ne saurait nous manquer sur une île déserte. Il n'est pas question de trancher à votre place ce qui est essentiel de ce qui est accessoire dans votre vie numérique, mais ayez tout de même conscience du poids et des ressources bien matérielles que vous consommez pour la conservation de ces données. De manière générale, moins vous en gardez, plus vous serez à l'aise pour transférer vos données sur un nouveau système et les sauvegarder les doigts dans le nez, avec de multiples possibilités qui vous seront fermées si vous manipulez les octets à la pelleteuse par tera entiers. Rappelons également que la production permanente de nouvelles données pas franchement vitales, et leur échange désordonné à travers le réseau est ce qui engorge aujourd'hui les serveurs mondiaux de messagerie, de réseaux sociaux, de partage de fichiers et autre. Inutile ensuite de s'étonner, ni de s'indigner, que des millions de serveurs fonctionnent à plein régime en consommant autant que des villes de taille respectable pour tenir à disposition ces données dont personne ne veut questionner l'utilité réelle.


Donc on trie, s'il vous plaît, on écrème, on rabote, et les éléphants d'Afrique nous en remercient platement. Cependant, et pour donner raison à la souris verte à lunettes qui revient à la charge, il ne faut pas considérer que seules les données que nous avons produites de nos petites mains sont importantes à garder. Il y a en effet tout un tas de fichiers qu'il est de bon ton de conserver aussi car il serait bien pratique de pouvoir les remettre en cas de réinstallation du système. Par exemple :

- notre carnet d'adresse de messagerie

- nos favoris de navigateur

- les préférences de nos programmes principaux

- les mails, si on souhaite en conserver une archive locale, à condition qu'ils ne soient pas truffés de pièces jointes (le texte lui-même n'est pas volumineux, vous pouvez tranquillement conserver 30 ans de messages dans un dé à coudre)

- plus fort encore, mais pas donné à tout le monde, la configuration du système, comme les options, la disposition des menus, les applications installées, etc.


La complexité de sauvegarder, puis restaurer, ce type de données est inhérente aux applications et au système que vous utilisez, et il ne sera pas toujours facile de tout remettre d'aplomb. Sachez que sous Linux, c'est une bonne raison d'essayer ce système, c'est d'une simplicité enfantine car absolument toutes les préférences des programmes sont stockées au même endroit, et de manière relativement économe en espace disque. Il vous suffit donc de conserver ce répertoire dans un coin, pour qu'après réinstallation vous ayez retrouvé la quasi intégralité de votre système à l'identique d'un seul coup de baguette magique, ce qui inclut absolument tout de la messagerie au navigateur, en passant par le bureau ou le logiciel de retouche d'images.
 
Sous Windows, les choses sont comme toujours bien moins simples, mais il faut savoir que c'est tout de même possible, car la plupart des programmes stockent leurs données dans un répertoire caché de votre utilisateur nommé AppData (souvent ensuite dans le sous-répertoire Roaming, mais pas toujours, ça serait trop facile). Si vous sauvegardez le dossier qui correspond à votre application favorite, par exemple Mozilla Firefox, vous devez pouvoir retrouver l'ensemble de votre configuration personnelle simplement en le recopiant. Ceci vaut aussi pour les mails si vous utilisez Thunderbird, pour votre éditeur de texte préféré, etc. Il n'est pas forcément indispensable de conserver les préférences d'absolument toutes les applications, mais au moins celles qui vous avez le plus personnalisées. Si vous passez par exemple vos journées à utiliser le traitement de texte LibreOffice, et que vous avez vos petites barres de raccourcis personnelles, vos styles tout prêts, etc, ça serait une bonne idée de voir comment garder tout cela pour ne pas perdre tout ce travail. En plus, cela vous permet également de porter ces préférences sur un autre ordinateur, par exemple celui de votre travail ou le portable d'oncle Nestor que vous utilisez en vacances.



A la recherche des données perdues


Notre petit article ne serait pas complet sans un petit peu de dépannage express pour les âmes en peine. Les conseils qui précèdent vous ont donné quelques clés pour ne pas vous retrouver dans la grosse mouise de la perte irréparable de données sans lesquelles l'existence n'a plus aucun sens. Mais comme il n'est pas toujours possible d'éviter le pire, il serait sympathique qu'une souris verte volontaire nous explique comment récupérer nos données si notre ordinateur devient tout à coup très vilain et ne veut par exemple plus démarrer. Qui se lance ? Ah, une candidate à ma droite, parfait. Oh oh ! Et une proposition tout à fait pertinente, l'utilisation d'un Live CD, c'est une très bonne idée.


Un Live quoi ? Ah ma bonne dame, vous ne connaissez pas encore cette botte secrète qui vous rendra aussi efficace, voire davantage, que la plupart des dépanneurs informatiques : il s'agit d'un système d'exploitation autonome qui fonctionne entièrement sur un support amovible, c'est-à-dire un CD-ROM, ou plus souvent une clé usb, ce qui est bien plus pratique. Comment donc, comment donc ? Eh oui, c'est incroyable mais ça existe bel et bien, et à vrai dire c'est d'une utilité redoutable. Nous consacrerons sans doute un article complet à ces outils et à leurs nombreuses qualités, mais pour le sujet qui nous occupe c'est le couteau suisse de la récupération de données : puisqu'on ne sait pas ce qui fait flancher le système, on insère notre petite clé, on démarre sur le système qu'elle contient, et de lui on peut accéder normalement à tous les disques, y compris celui du système, et y récupérer nos précieuses données. Bien sûr, ceci suppose tout de même une coopération minimale de la part de notre ordinateur, autrement dit que le matériel en défaut ne soit pas la carte mère ou l'écran, sans lesquels on ne pourra rien faire du tout.


Comment donc se procurer un Live CD ? Rien de plus simple, un grand nombre de distributions Linux viennent maintenant sous cette forme, pour vous permettre de les essayer avant de les installer. Une de nos préférées aux souris vertes est Linux Mint, un système simple, élégant, qui convient aux petits comme aux grands, et qui en plus a de superbes reflets vert menthe. Simple d'utilisation, reconnaissant tout votre matériel sans sourciller et sans nécessité d'installer des pilotes à tour de bras comme pour l'affreux Windows, sachant lire des données sur à peu près n'importe quel type de système de fichiers, bref un compagnon bien utile à fréquenter. Peut-être même aurez-vous ainsi le goût d'essayer ce système différent et nettement plus puissant que la plupart de ceux qu'on destine au grand public qui, c'est bien connu, doit être protégé de sa propre ineptie en l'empêchant de faire ce qu'il souhaite si ça n'est pas immédiatement en rapport avec la stratégie commerciale de quelques multinationales qui nous veulent du bien.


Nous divergeons, divaguons et partons dans des chemins de traverse, aussi revenons au cap et résumons la procédure de dépannage en cas de non allumage de notre ordinateur :
- on insère une petite clé USB sur laquelle on a préalablement installé un Live CD Linux de notre choix. On s'assure que notre ordinateur est en mesure de démarrer sur la clé en question. Pour cela, si ça ne fonctionne pas tout seul et qu'on n'a aucune idée de comment procéder, on consultera l'internet mondial pour connaître les options du BIOS qui équipe notre modèle d'ordinateur. En général il y a une touche à l'allumage, F2 ou Suppr ou autre, qui permet de choisir sur quel périphérique démarrer.
- on attend bien gentiment que le système Linux démarre. Ensuite on va consulter les disques durs qui sont visibles dans l'explorateur de fichier, on recopie ce qu'il faut où il faut, et tout va bien, nos données sont à nouveau là. La suite du programme est à votre charge, réparation d'ordinateur, danse de la pluie et offrandes au boudha pour lui redonner la santé, mise au rebut et investissement dans un nouveau modèle neuf, etc.

Malheureusement il se peut que ce scénario idyllique ne se déroule pas comme dans le film, et que vous ne voyiez pas le disque dur qui contient vos précieuses données quand vous arrivez dans votre système de dépannage. Si en plus vous ne le voyez pas dans le BIOS, encore lui, au moment du démarrage, ne cherchez plus : le disque est mort de sa belle mort, il a rejoint le paradis des disques durs et vos données avec. Vous pouvez vous acharner à transmettre l'ordinateur à un professionnel qui possède du matériel spécialisé de spécialiste, mais très honnêtement ça va vous coûter un bras et les chances de succès sont bien minces.

Autre cas de Grosse Scoumoune, c'est si l'ordinateur refuse obstinément de vous donner le moindre signe de vie, et qu'il ne s'allume tout simplement plus du tout. Dans ce cas, il ne nous restera que l'opération à coeur ouvert, autrement dit l'extraction à grand coup de tournevis de notre disque dur, pour le remettre dans un boîtier externe et y récupérer les fameuses données depuis un autre ordinateur. Pas des plus faciles, il vous faudra patienter jusqu'à la suite de ce dossier pour être en mesure de reconnaître le disque dur du foie ou de la rate et savoir le démonter sans tout arracher sauvagement.

Ceci dit, avant d'en arriver à toutes ces procédures d'urgence, il est toujours mieux d'être attentif aux signes de fatigue chronique de votre matériel qui vous indique qu'il est temps de faire une sauvegarde : écrans bleus à répétition, disque qui a du mal à être reconnu au démarrage de la machine, fichiers corrompus qui s'accumulent, bref tout ce que le système vous indique en clignotant d'une petite loupiote rouge et qui pourrait vous faire envisager que peut-être il y aurait anguille sous roche, ou fennec sous cactus, voire souris sous platane.




Nous voici désormais plus sages et prêts à affronter l'existence d'un oeil neuf et serein, fort de la certitude de ne plus jamais perdre nos données. Enfin débarrassés de ces tourments,  nous pouvons enfin nous offrir un moment de calme loin des écrans et de l'agitation numérique. Un grand merci à toutes les souris vertes qui nous aidé à la préparation de cet article, et on leur dit à bientôt pour la suite de notre dossier qui n'en finit pas de continuer !





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