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Mes données dans le cloud : écologique ou pas ?
Date 05/10/2017
Ico Réseau
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Les souris vertes et le Nuage


"Froid printanier

Dans l’eau des rizières dérive

Un nuage sans racine"


Tanaka Hiroaki

N'est-il pas incroyable de penser que, dans toute la masse d'articles magnifiques que nous ont livrés les souris vertes, pas un seul, non, même un seul, ne traite d'un thème qui est pourtant l'alpha et l'omega, le lambda et le zeta et tout le reste de l'alphabet grec de l'informatique d'aujourd'hui ? Est-ce à dire que nos souris vertes, recluses au fond de leur jardin, ont réussi à échapper au raz-de-marée du Cloud A Toutes Les Sauces ? Absolument non, et ce n'est pas qu'elles n'ont rien à dire sur le sujet, mais bien plutôt qu'elles attendaient leur heure pour régler une fois pour toute son compte à ce gros prétentieux.


Il faut dire que, côté promesses à gogo, le petit nuage se pose-là. A en croire certains, il permettrait de protéger le badaud de sa bêtise crasse et de sa gestion anarchique des données, en offrant un horizon parfaitement éthéré de l'octet qui flotte gentiment au-dessus des contingences humaines, en abondance, toujours prêt comme le plus serviable des scouts, et parfaitement inodore et incolore, plus écologique encore que votre voiture à pédale ou votre chemise en vrai chanvre biologique, équitable et cultivé à moins de trente mètres. Comme la fameuse potion du bonimenteur de Lucky Luke, le Cloud est capable de guérir le cancer, de faire reculer la faim dans le monde, d'arrêter les guerres, de construire des écoles pour les petits enfants et de punir les méchants quand ils sont trop méchants.


Bon, il y aurait beaucoup à dire sur le Cloud et son marketing tout-terrain, mais nous allons aujourd'hui nous concentrer sur une question cruciale : est-il, oui ou non, ou les deux, plus écologique d'avoir ses données dans le Cloud ? Certains universitaires bien en vue n'hésitent pas à brandir cet argument à tort et à travers, fort de leur autorité patentée, et on ne discute pas s'il vous plaît. Eh bien aux Souris Vertes, on aime la discussion et, pour gâcher tout de suite le suspense haletant qui commençait à poindre dans cet article, on pense très nettement et très franchement que c'est du pipeau. Pfuit pfuit. Nous allons donc nous efforcer de vous expliquer, avec toute la science du Professeur Souriso et des derniers travaux en date de son équipe de pointe, pourquoi le conte du Gentil Nuage est une vaste fumisterie, et probablement la plus belle machine à polluer produite ces dernières années.



Gentil cirrostratus ou cumulonimbus sauvage ?


Il convient, avant d'aborder le fond du problème, de présenter un peu ce qu'on appelle le Cloud. On remarquera que la plupart des gens qui n'ont que ce mot à la bouche se gardent bien de le définir, les petits malins. Il faut dire que la poésie du vocable s'en trouverait assez rapidement affectée. Qu'est-ce donc qu'on entend pas ce terme ? Des volontaires parmi les souris pour répondre, peut-être ? Ah, une réponse excessivement pertinente à ma droite,  on me dit que le Cloud, ça n'existe pas. Pas pour dire que c'est virtuel et donc que ça n'a aucune matérialité, non non, mais pour dire que ce concept est totalement creux.


En effet, me complète la souris, le Cloud, c'est tout simplement stocker des programmes et des données sur des serveurs informatiques. Grand dieu, ça serait une sacré révolution si ça ne faisait pas déjà 40 ans qu'on faisait comme ça. Mais en vérité, s'il faut maintenant mettre un nom guilleret sur cette pratique qui ne nous fera pas tomber de notre chaise, c'est qu'il faut entendre dans cette idée un projet totalitaire assez impressionnant : le Cloud, c'est stocker toutes vos données et tous vos programmes sur NOS serveurs, dans un souci unique et constant de votre bien-être bien entendu.


Concrètement, le Cloud c'est donc un appel massif à se déresponsabiliser totalement de la manière dont sont hébergées nos données ou applications en mettant le tout dans un gros nuage dont on ne cherchera surtout pas à savoir comment il fonctionne. Autant dire qu'on est assez loin de l'éthique des souris vertes en la matière, elles qui militent pour que les gens prennent en main leur consommation numérique et tâchent de la circonscrire à leurs besoins réels. Evidemment, seuls les plus naïfs ou les moins intéressés par les conséquences de leurs actions réussiront à se persuader que cette petite opération est totalement sans impact, car plutôt que dans l'air pur et vivifiant de l'octet virevoltant, c'est bien qu'ils finiront dans des batteries de serveurs énormes alimentés par des centrales au charbon d'une taille conséquente, ou par d'autres sources d'énergie tout aussi réjouissantes, et refroidis par des climatisations à côté desquelles le petit confort thermique sur lequel on s'efforce de rogner dans son salon pour sauvegarder le climat de la planète paraît bien futile.



Sauve qui peut


Ne jetons pas trop vite l'anathème sur notre pimpant phénomène météo-informatique, car il y a des justifications relativement pertinentes au fait de vouloir stocker nos petites affaires dans ce grand placard informe. En effet, les serveurs sont gérés par des professionnels voyez-vous, ce que vous n'êtes certes pas, qui vous garantissent donc que vous ne perdrez jamais le moindre octet, même en cas de guerre thermo-nucléaire. Et, pour couronner le tout, vos données sont disponibles tout le temps et de partout, avec n'importe quel appareil ! Alors, cher Professeur Souriso, on arrête la polémique et on court vite se créer un compte FesseGueule ?


Avant de nous jeter à corps perdu dans le ciel magnifique du petit nuage moutonnant, examinons un peu l'alternative à ces belles propositions. Nous parlerons plutôt, n'est-ce pas, d'y placer nos données personnelles, ce qui concerne tout de même nettement plus de monde que le fait d'héberger des applications ou des sites web. S'il s'agit donc de faire une sauvegarde, c'est vrai que la promesse de ne jamais perdre nos affaires est assez séduisante. En effet, les hébergeurs utilisent en général des techniques de duplication et de distribution des copies qui garantissent qu'aucune panne ou mort subite d'un disque ne saurait nous être fatale.


Les lecteurs attentifs de notre magnifique article sur la manière de ne pas perdre ses données se souviendront que nous avons donné une solution parfaitement équivalente et qui n'implique pas d'aller loger ses données à plus de quelques mètres, à savoir la sauvegarde sur un disque dur externe, ou même plusieurs si on est paranoïque et terrorisé par la moindre perte d'octets. Il existe même des manière de monter des disques dur en parallèle dans votre ordinateur pour qu'ils soient des miroirs parfaits, et donc qu'on puisse en perdre un sans même s'en rendre compte car tout continue à rouler doucement (c'est très exactement une des techniques supposément savante et experte utilisée par nos professionnels du Cloud).


Donc, si c'est réellement pour n'avoir aucun risque de perdre ses données, aucune raison spéciale de passer par le nuage si ce n'est la paresse de gérer soi-même ses petites sauvegardes. Notons qu'en contrepartie, vos photos, courriers, films de vacances et autres auront le bonheur de ne pas être analysés dans le but de proposer des profils de consommation toujours plus affinés à l'ensemble de l'humanité, même si tout le monde ne semble pas également sensible à ces arguments de privauté de la vie privée.



Pouvoir être partout nulle part


Le deuxième argument choc en faveur du nuage est son accessibilité radicalement totale de partout et par n'importe quel moyen. Hop, toutes mes données sont sur mon compte YouplaBox et je peux y accéder même depuis les toilettes avec le téléphone de ma copine (on ne vous demandera pas ce que vous faites aux toilettes avec le téléphone de votre copine, après tout ça ne regarde que vous). Alors là il faut s'incliner, car notre solution paraît minable à côté, puisqu'on ne va pas transporter son disque dur externe partout avec soi, et en plus ça ne fonctionne qu'avec un ordinateur. Et même s'il existe de nos jours des cartes mémoire minusculissimes ou des clés USB de capacité hippopotamesque, c'est décidément impensable d'en emporter une partout où l'on va, surtout que l'on risquerait bien de finir par abîmer le support et ainsi perdre l'intérêt de notre belle sauvegarde qui doit survivre à tout.


Donc là il nous faut nous incliner, échec et matelas, nous voilà bien marrons devant cet argument imparable de la disponibilité. Vraiment ? Mais si vous êtes convaincu, c'est que vous n'avez pas derrière vous la souris à lunettes qui vous souffle un contre-argument de poids. En effet, l'hypothèse de l'accessibilité permanente à vos données suppose implicitement :

1 - la possession d'un appareil capable de lire lesdites données et simultanément d'aller les chercher sur le réseau,

2 - la présence d'une connexion réseau dans votre environnement immédiat suffisamment sympathique et robuste pour supporter ce petit échange de bons procédés

3 - la présence d'un ou plusieurs serveurs prêts à répondre à vos besoins, malgré des sollicitations concurrentes venant du monde entier


Les partisans du Cloud nous garantissent que le point 3 est toujours satisfait, mais malgré leur bel optimisme les problèmes de réseau à grande échelle et de serveurs indisponibles sont des événements relativement courants. Ainsi, une mauvaise conjoncture mondiale des infrastructures réseau et pif, plus de photos de vacances. Mais c'est surtout sur les points 1 et 2 qu'on ne saurait rien vous promettre, car la pérennité de vos petits appareils électroniques et celle de votre connexion internet locale ne dépend que de votre compétence personnelle et de votre degré de malchance. Bien plus que la mort tragique de votre dernier appareil numérique disponible, c'est bien évidemment l'impossibilité d'accès au réseau qui est le problème le plus fréquent et le plus probable. Evidemment, la prolifération des antennes relais, réseaux OuiFils et autres accès publics vous permettront sans doute de vous en sortir en changeant de décor, mais à condition de s'assoir avec bonheur sur toute notion de sécurité et de confidentialité de vos données personnelles, car dans ces conditons n'importe quelle personne un minimum outillée peut venir écouter tout ce que vous faites. Eh oui, on ne dialogue pas impunément sur des réseaux ouverts à tous en pensant qu'on est seul au monde.


A côté de tout cela, notre petite solution de la donnée portative a le charme d'être accessible sans besoin d'accès au réseau, et toujours dans des conditions contrôlées sur qui peut voir quoi, où, quand, comment et à combien. Et puis, pour terminer sur cette question, qui a vraiment besoin d'avoir sous la main au moindre instant ses petites données numériques ? Franchement, vous regardez vos photos de mariage tous les jours, vous ? Vous pourriez peut-être vous passer quelques jours de ce film de vacances où l'on vous voit vous promener au milieu des souris vertes, ou bien de votre dernier relevé de gaz soigneusement archivé numériquement ? Surtout que, comme nous allons le voir, ce petit confort de la donnée toujours sous le coude n'est pas sans conséquence, ça serait trop beau.



Et ça coûte combien ?


Il faudrait tout de même finir par se poser cette question, car enfin les grosses multinationales mondialisées qui offrent leur service de Cloud ne le font pas par bonté d'âme et pour rendre service à l'humanité. Ni pour vos beaux yeux de souris vertes, même si c'est triste à entendre. D'une manière ou d'une autre, elles doivent donc en tirer un profit, et celui-ci arrive, comme toujours en informatique, sous 3 formes possibles :

- vous payez directement pour ce service magique. Au moins ça a le mérite d'être clair, et suit le principe de "c'est çui qui paie qui paie", autrement dit vous assumez la responsabilité pécuniaire de vos pratiques numériques, même si l'état injecte de son côté quelques deniers dans la maintenance des gros tuyaux de communication, pour le plus grand bonheur des gros consommateurs de nuage en gelée.

- c'est gratuit pour vous, mais grevé de pubs et autres offres commerciales quand vous accédez à vos données. Bon, pourquoi pas, vous payez aussi indirectement le service  par ces nuisances publicitaires bien pénibles.

- c'est gratuit et on ne vous demande rien, pas de pub à l'horizon, l'air est pur sous un ciel azuré et serein. En général c'est là que ça sent le roussi : vous pouvez être sûr que vos données sont utilisées à des fins commerciales, et pillées ou revendues sans merci pour rapporter un subside confortable à votre hébergeur si généreux.

Evidemment, ces 3 méthodes ne sont pas incompatibles entre elles, et il n'y a pas de raison pour qu'une entreprise peu scrupuleuse vous fasse payer, mais en profite également pour valoriser vos données dans votre dos, pour le dire bien poliment.


Bon, mais tout ça n'est que le coût plus ou moins direct lié à votre choix d'utiliser le cumulus informaticus, et la souris verte à lunettes tape du pied depuis un moment, car nous avons passé sous silence le vrai coût, celui qui devrait vous faire renoncer immédiatement à ces viles pratiques de la donnée à distance, à savoir bien sûr le coût environnemental associé.


Car, comme toujours lorsque l'on veut faire les choses de la manière la plus générale, la plus simple d'esprit, la moins réfléchie possible, et en se moquant éperdument du contexte, on aboutit à des absurdités écologiques. En effet, rappelez-vous, le Monsieur Cloud doit nous garantir pérennité et disponibilité des données à tout prix. Et est-il capable de savoir si votre fichier est un vieux film inutile que vous ne regarderez plus jamais ou bien LA copie de votre diplôme de fin d'études que vous ne pouvez surtout pas perdre ? Certes non. Du coup, il va appliquer la bonne vieille méthode du Je Mets Le Paquet pour le moindre fichier que vous déposez sur un serveur. Non seulement celui-ci sera recopié sur plein de disques, et plein de serveurs, pour être sûr de ne pas être perdu, mais en plus il sera soigneusement gardé en état d'alerte permanent pour être disponible à la moindre milliseconde. On oublie donc toute forme d'archivage ou de compression intelligente, ou de stockage sur des supports inertes, les gros serveurs de notre hébergeur tournent à plein régime 24h/24 pour pouvoir vous restituer une donnée dont vous avez peut-être vous-même oublié l'intérêt et l'existence.


Remarquons la différence de taille avec le fait d'avoir ses données sur sa propre petite machine : quand votre machine est éteinte et que vous dormez, elles ne génèrent aucune consommation. C'est encore plus vrai pour le disque dur externe, qui ne demande son petit 5V en usb que lorsque vous le branchez, soit juste quand vous avez besoin des données en question. Sans compter que la consommation d'un périphérique USB ou d'un disque dur interne est totalement négligeable devant celle des serveurs monstres des géants du Cloud et de toute l'infrastructure réseau nécessaire à cette Pratique Moderne Incontournable.


Vous l'avez compris, utiliser le Cloud c'est sortir la grosse Bertha pour écraser une mouche, et consommer de l'eléctricité au terawatt de manière totalement superflue, aussi vous entendrez notre circonspection devant les discours qui préconisent que l'univers entier doit s'y précipiter sans attendre.



Loin des yeux, loin du schtroumpf


Il nous faut aborder le sujet de la dernière thèse en date issue des travaux du Professeur Souriso, j'ai nommé "Analyse et conceptualisation de l'Effet Rebond à travers l'exemple du stockage des données personnelles dans le Cloud". Dans un grand élan de générosité, je vous épargne le jargon et les graphiques abscons, notre estimé professeur n'ayant pas toujours la plume sobre et percutante de votre serviteur, pour vous en livrer la substantifique moelle osseuse du squelette dans le placard : le Cloud participe, et pas qu'un peu, à ce que l'on appelle communément l'effet rebond (boum). Mais si si, vous connaissez, nous avons déjà rencontré ce concept à maintes reprises dans nos précédents articles, et sur bien des sujets différents. Il dit tout simplement que pour certains phénomènes, les gains d'efficacité ne viennent pas faire baisser la consommation totale, mais au contraire l'encouragent. Par exemple, le fait de produire des voitures qui consomment moins d'essence ne fait pas baisser la quantité totale d'essence consommée, bien au contraire : les gens en profitent pour rouler davantage.


Avec notre bonne vieille branche de nuage, le principe est le même, du moins c'est ce que nous prétendons aux souris vertes, libre à qui veut de venir nous démontrer que c'est faux. On encourage les gens à mettre leurs données dans le Cloud, sur des espaces dédiés dont la capacité est tout simplement gigantesque. Résultat, vu que c'est facile et gratuit, ou presque, on en profite pour y mettre tout et n'importe quoi sans se poser de question et sans jamais ranger sa chambre. Evidemment, s'il fallait gérer nous-même la sauvegarde de nos montagnes de données, on finirait peut-être par y regarder de plus près car tout cela prend du temps et nécessite du matériel pas forcément bon marché.


Bref, comme le Cloud est cette espèce de corne d'abondance qui n'a jamais de fond, et que nos données ne nous enquiquinent plus pour prendre toute la place disponible sur notre petit stockage local, on en profite pour en stocker des tonnes sans se faire mal au dos. Donc, en encourageant les gens à tout ranger dans le Cloud, on encourage aussi la surconsommation frénétique et sans limite. Et comment les gens pourraient-ils raisonnablement s'en fixer, quand justement l'argument principal en faveur du Cloud est de dire qu'il n'y aucune limite nulle part pour rien de rien ?



Conclusion : que faire du cloud ?


Il est temps de conclure cette petite diatribe anti nuage toxique. Que peut-on donc mettre dans le fameux nuage, et comment ? Malgré tout ce que nous avons pu écrire, il faut tout de même avouer qu'il offre certains avantages dont il serait dommage de se passer, et donc que plutôt que de ne pas s'en servir du tout, apprendre à s'en servir à bon escient serait de bon aloi.

A vrai dire, vous utilisez déjà le Cloud sans le savoir et depuis longtemps, pour tous les services de messagerie. En effet, il ne vous aura pas échappé que vos messages électroniques, quel que soit le terminal que vous utilisez, restent disponibles sur le serveur de messagerie et visibles autant de fois que vous le souhaitez. C'est que le protocole de réception de messages qui s'appelle l'IMAP est en fait une préfiguration de ce qu'on nous vend aujourd'hui à toutes les sauces avec le joli nom marketing qui ne veut rien dire. Pour ceux qui se souviendraient du protocole de messagerie qui le précédait, dont même Microsoft a réussi à se défaire récemment après des décennies à traîner du pied, dès qu'on lisait un mail bim, il était téléchargé sur votre appareil et plus jamais disponible ailleurs que sur ledit appareil.

Eh bien voilà pour nous une illustration parfaite de l'utilité du Cloud, car disons-le franchement le comportement précédent était une plaie s'agissant du courrier électronique. Donc, oui, les Souris Vertes plébiscitent l'IMAP et aiment quand la messagerie glisse sur un beau nuage ouaté. En contrepartie, elles inondent régulièrement le public d'articles sur les manières de gérer ses messages électroniques, car tout ceci, on ne le répètera jamais assez, a un coût environnemental non négligeable qu'il s'agit au moins de contrôler un minimum.


Une autre application est de mettre en partage des fichiers ou dossiers accessibles par une petite, ou grande, communauté. Là, évidemment, le fait que tout soit sur un serveur centralisé permet que tous puissent disposer des dernières données à jour, et évite aussi que chacun doive gérer sa petite copie personnelle de la même chose (même si, encore une fois, une telle copie ne fait que prendre une place sur du stockage inerte la plupart du temps, donc sans coût environnemental réel). C'est d'ailleurs le cas de tous les projets open source, dont le code est disponible en ligne pour être revu, amendé et corrigé par tous les collaborateurs qui le souhaitent, une bien belle idée. Mais tout ceci reste conditionné au fait que l'on n'en mette pas des tartines, n'est-ce pas, il y a un monde entre quelques mega octets de code et une collection intégrale de vidéos à la demande.

Pour tout autre type d'usage, très honnêtement nous peinons à voir l'intérêt du Cloud. Soit il s'agit de données hyper importantes voire vitales à notre survie en société, que nous ne souhaiterions pas vraiment voir gérées par une grande firme transnationale sur des serveurs distants de milliers de kilomètres, tant qu'à faire, soit il s'agit de données d'intérêt secondaire, et dans ce cas on survivra très bien d'attendre d'être chez soi pour les lire, ou de devoir emporter notre petit support externe copain qui les contient.

Mais c'est à chacun de trouver sa manière de gérer ses données personnelles, nous ne prétendons pas imposer notre hygiène informatique personnelle à la terre entière. Nous espérons tout de même que certains, voire l'ensemble de nos arguments vous auront convaincu que, d'une part, le cloud n'est pas nécessaire à la vie sur terre, et que, de l'autre, il est tout sauf écologique comme certains le laissent entendre. Maintenant, à vous de construire votre propre pratique quotidienne de la donnée informatique.

Et, sur ce, on vous souhaite bon vent, car il est temps pour nous de retourner regarder les nuages, les vrais, ceux qui ont des formes rigolotes et changeantes. Tiens, j'en vois justement un qui a une forme de souris verte !

"Il y a toujours

Du Soleil

Au-dessus des nuages"


Richard Clayderman (1990)

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Le Petit Geste Du Jour : j'enlève la signature automatique des messages
Date 09/03/2017
Ico Le Petit Geste du Jour
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Un petit geste pour la planète


"Sur les signes et le sens des mots

Promenade indifférente

D’une mouche d’hiver"


Mukai Kyorai (1651-1704)


Bon. Il était temps de proposer à nos lecteurs assoiffés d'idées novatrices un Petit Geste supplémentaire, maintenant qu'ils maîtrisent les yeux fermés la chorégraphie joyeuse des gestes précédents. Aujourd'hui, c'est un geste minuscule, de la taille d'une fourmi, voire encore plus petit, que nous allons réaliser, tout en minutie et avec doigté. Et, puisque c'est un sujet qui passionne les foules au moins autant que notre grand dossier du moment sur le secours aux ordinateurs qui ont le réveil matinal difficile, nous revenons avec plaisir sur le thème de la messagerie, qui reste décidément hanté par de bien mauvaises habitudes.


Celle vers laquelle nous portons notre regard aiguisé est la pratique désormais courante de signer ses mails de manière automatique, ce qui ne vous fera pas tomber de votre chaise si vous avez commencé par lire le titre de cet article. Mais attention ! Quand on dit signer, il ne s'agit pas du petit zigouigoui que vous ajoutez gentiment à votre post-it pour saluer dignement votre interlocuteur, mais bien de la grosse artillerie qui indique vos activités depuis la dernière glaciation, avec photos, logo et guirlande de noël à l'appui. Pourquoi se priver en effet, quand c'est la machine qui travaille à notre place à disperser tous ces octets inutiles dans le réseau ?


Il n'aura pas échappé à votre attention que vous êtes automatiquement identifiés par les serveurs de messagerie, aussi votre interlocuteur voit votre adresse ou même votre nom et tout le tralala si vous étiez déjà un contact connu. Autrement dit, la signature contenue dans votre message est redondante, vous n'avez même pas idée à quel point d'ailleurs car un courrier électronique contient deux millions d'entrées cachées dont un grand nombre justement pour vous identifier. Il nous faudra certainement ouvrir une discussion à ce sujet un jour ou l'autre, mais pour l'heure j'entends une souris qui tape à la fenêtre pour me rappeler la possibilité permanente d'ursupation d'identité qui, selon elle, justifie ces signatures à la bombe de peinture antirouille bien épaisse.


Ne paniquez pas et respirez un grand coup, mais il est tout à fait exact qu'il est relativement simple à toute personne un peu avertie ou ayant une motivation suffisante de se faire passer pour le concierge, votre grand-mère ou votre poisson rouge. Tous les trésors d'ingéniosité déployés par les architectes des serveurs de messagerie n'y changent pas grand chose, le protocole d'échange de mails a été fondé sur la confiance mutuelle entre les interlocuteurs et sans penser que quelqu'un pourrait avoir envie de mentir. C'est une belle leçon d'humanité, en même temps cela semble mettre du plomb dans l'aile à notre geste du jour. Raison de plus pour en remettre une couche côté signature, donnez votre date de naissance, votre arbre généalogique sur 5 générations et une photo de votre chat, et là aucune ambiguité n'est possible !


Malheureusement, il sera tout aussi facile de reproduire votre signature, si alambiquée soit-elle, étant donné que vos messages transitent en clair dans le réseau, il suffit d'avoir une oreille bien placée pour vous la piquer aussitôt. Je reconnais que ça n'est pas si facile que ça, mais c'est une possibilité bien réelle, donc on oublie bien vite l'argument de sécurité. Si vraiment vous souhaitez garantir l'identité de votre destinataire, la seule solution valable est d'échanger au préalable avec lui des clés de chiffrement, puis de signer respectivement vos messages de manière cryptographique, quelque chose que personne ne peut contrefaire, du pur béton armé renforcé au titane et enrobé d'acier galvanisé. Vous pouvez en profiter pour crypter aussi le contenu, et le dissimuler ainsi aux yeux des vilains pirates et de la CIA. Evidemment, cela ne fonctionne que si vous contactez d'abord tous vos amis pour ce petit échange de signe de reconnaissance numérique, ce qui n'est pas forcément pratique si vous en avez quelques dizaines de milliers rencontrés sur FesseBouc. Si la plupart des serveurs de la planète fonctionnent avec ce type de sécurité pour dialoguer entre eux, pour les particuliers il faudra sans doute attendre quelques scandales et cataclysmes médiatiques bien sentis avant qu'une frange non négligeable de la population ne se décide à adopter ces outils bien commodes. En attendant ce jour, les plus curieux peuvent aller regarder du côté de GnuPG, une petite trousse à outils de sécurité qui permet un tas de choses utiles, notamment la sécurisation des mails mais pas que.


Aaaaargh. Une fois de plus, je m'égare dans la campagne et nous voilà rendu bien loin de notre petit geste initial, autant dire qu'on n'est pas près de se bouger pour la planète à ce rythme, j'entends la forêt amazonienne qui pleure et les ours polaires qui mugissent au loin. La faute à cette satanée souris contradicteuse aussi, elle devrait bien savoir pourtant que je ne vais pas me laisser faire aussi facilement, depuis le temps. Cependant, maintenant que nous avons dissipé tout malentendu sur la possibilité improbable d'une utilité quelconque de la signature à rallonge dans les messages, nous pouvons y aller gaiement et dégager toutes ces options inutiles qui vous l'y remettent à chaque fois.


Et, par pitié, profitez en pour retirer les avertissements hypocrites sur le fait de ne pas imprimer ce message si on aime les oiseaux et les papillons, ou totalement risibles sur le fait que ce message est strictement confidentiel alors qu'il peut être lu par la terre entière aussi simplement que si vous l'aviez mis en annonce dans le journal local. Rien de plus navrant que de voir ces messages écrits en HTML, manifestement par des gens qui ont soigneusement évité de lire les articles époustouflants des Souris Vertes sur la messagerie, truffés d'images et de pièces jointes et une signature à rallonge plus longue que le propos lui même, s'essayer à vous culpabiliser par des grandes leçons d'écologie numérique. Très honnêtement, vu la consommation actuelle des datacenters pour héberger notamment les messageries inondées par ce type de pollution numérique, je ne suis pas certain que l'utilisation du bon vieux papier soit réellement plus dommageable pour l'environnement que ces pratiques de messagerie incontrôlées. Et quelle prétention de croire que le récipidiendaire n'a qu'une envie à la lecture de leur prose, celle d'aller l'imprimer immédiatement pour immortaliser ces propos renversants ! Non mais, franchement.


Alors n'allons pas trop loin, tout de même, nous n'avons jamais dit qu'il fallait supprimer toute signature à vos messages. Il est toujours de bon ton de signer ce que l'on écrit, c'est une manière de créer un lien avec votre correspondant. Nous en avons simplement après la signature automatique, celle qui vient sans s'en occuper alors que précisément l'attention à l'autre nous imposerait de signer de manière différenciée en fonction de la situation : décontractée ou simple avec les amis, plus guindée avec le service des impôts ou le chauffagiste, et avec toute la puissance du son et lumière qui en met plein la vue quand il s'agit d'affirmer votre position de prestige de personne importante avec qui on ne rigole pas, nous savons que c'est bien malheureusement nécessaire dans la plupart des contextes professionnels où, hélas, on passe son temps à rivaliser avec ses collègues pour montrer que l'on est vraiment le plus fort, bien plus encore que Musclor et Skeletor réunis.


Eh bien voilà, vous avez votre petite contribution volontaire à la préservation de la faune marine et à la lutte contre l'effet de serre toute tracée, non non, ne nous remerciez pas car vraiment tout le plaisir est pour nous. Sur ce, toute l'équipe des souris vertes saute joyeusement sur place pour vous saluer avec entrain et vous laisser aller vous reposer après ces geticulations harassantes. Et, pour achever de finir en dissonance cognitive majeure et contradiction flagrante avec nos propres propos, nous terminons en signant non pas d'une, deux, ni même trois lignes supplémentaires, mais bien d'un haïku complet :


"Soleil couchant -

Trace à peine visible

De mes pas sur le sable"


Midoriro no Mausu (la Souris Verte)




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Au secours, mon ordi est lent ! (6) : J'adapte mon système à mes besoins
Date 17/02/2017
Ico Dossier
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Des souris ont chacune un système adapté
"Qui se soucie de regarder

La fleur de la carotte sauvage

Au temps des cerisiers ?"


Takano Suju (1893-1976)


On se lance avec entêtement et sans arrière-pensée dans la poursuite de notre Grand Dossier, en ajoutant une petite pierre taillée avec amour à notre édifice déjà conséquent. Certes, nos fidèles lecteurs en savent désormais un rayon sur les choses à faire et à ne pas faire pour entretenir ou secourir leur bel ordinateur chéri, mais nous n'avons pas encore eu l'occasion de parler de cette fameuse première rencontre entre l'homme et la machine, et de ces petits riens qui ont amené inconsciemment le consentement à une relation riche et épanouie. Pour le dire plus simplement, car je vois un certain nombre de souris vertes autour de moi qui me jettent des regards de panique et ne comprennent manifestement rien à ce que j'écris (je suis moi-même saisi de perplexité en relisant la phrase précédente, je dois dire), nous allons nous intéresser aujourd'hui aux critères qui guident vos choix d'équipement.


Quelles sont donc les raisons profondes qui me font choisir un appareil plutôt qu'un autre ? On peut dire que la plupart des achats que nous qualifierons d'impulsifs en la matière suivent les grandes lignes suivantes :

- parce que l'appareil est trop beau (i.e. plus beau que le précédent). Malheureusement, le design est bien vite périmé ces temps-ci, chaque nouvelle génération d'appareil ultra-fin

donnant immédiatement un air de ringardise balourde à la précédente, pour ne rien dire des plus anciennes qu'on hésitera à exhiber en public. Si vous êtes une victime consentante de ce type de mode numérique, malheureusement vous vous exposez à vivre dans une insatisfaction permanente et des déceptions à répétition de ne pas posséder le vraiment ultime dernier modèle Xzor en titanium ultra-léger et de 0,5 microns d'épaisseur.

- parce que l'appareil est Super Puissant. Il a 2000 Go de RAM et 75 péta-octets de disque dur, sans compter un processeur avec un nom à coucher dehors, bref il est certain qu'il s'agit d'une pure révolution technologique qui n'a rien à voir avec ce que vous avez connu. Reconnaissez en même temps qu'après quelques minutes de manipulation, vous ne constaterez pas de différence notable avec un modèle plus modeste. Il affiche la même chose et permet de faire les mêmes actions, avec le même système dessus. Mais bon il est super puissant ! Il suffit qu'on se le dise pour que ça nous réchauffe le coeur et nous conforte dans notre choix.

- parce que l'appareil n'est pas envahi de saletés logicielles qui le rendent proprement inutilisable, et que le moyen le plus simple de revenir à une situation tolérable avec celui que vous possédez est de vous en procurer un tout neuf. Qu'à cela ne tienne, vous êtes manifestement un bon client pour les autres articles de ce dossier, allez donner un petit coup de patine à votre machine et vous verrez qu'elle brillera comme au premier jour.

- parce qu'il est tout nouveau ! C'est le tout dernier modèle de la gamme eBidule même pas encore disponible dans l'hexagone, et il vous le faut tout simplement. Ce cas, très honnêtement, nous dépasse un peu, et les souris vertes vous orienteront plutôt vers un soutien psychologique et une thérapie à base de jardinage hebdomadaire pour vous libérer de ces pulsions de possession frénétique.


A l'évidence, chacun est libre de choisir ses appareils selon les critères qui lui conviennent, et il n'entre pas dans notre propos de concurrencer SuperNumérique.fr pour vous désigner du doigt votre prochain achat informatique. Mais, pour ceux qui souhaitent avant tout avoir à disposition une machine qui réponde à leurs attentes quotidiennes, et qui ne se transforme pas en un clin d'oeil en un déchet numérique inutile et non désiré, nous allons voir si on ne pourrait pas choisir notre matériel et nos logiciels de manière moins douloureuse pour notre portefeuille comme pour les populations d'éléphants.



Bien choisir son matériel

"Agir

Ou observer

Dilemme du jardinier"


Midoriro no Mausu (la Souris Verte)


Je vois quelques sourcils se froncer à l'approche de cette discussion nécessaire. Comment cela, on oserait sous-entendre que ce très bel appareil que nous possédons n'a pas été étudié avec soin, que l'on n'a pas énuméré avec passion toutes ses caractéristiques techniques avant de se ruer dessus lors de notre dernier achat en date ? Point du tout, très cher, nous savons fort bien que, si généralement les gens dédaignent le choix du système d'exploitation ou des logiciels installés pour se contenter du tout venant, ce sont bien les magnifiques promesses d'un matériel toujours plus à la pointe qui guident les choix d'équipement. Pour autant, la déception sera presque toujours au rendez-vous si l'on ne sait pas ce qu'il faut regarder réellement sur l'étiquette.


Premier écueil à éviter, sans doute, le fait de vouloir le mieux de tout et pour tout, parce que c'est possible, et que nous le valons bien. Ce n'est pas parce que certains modèles promettent plein de mémoire ET un super gros disque dur ET une résolution d'écran inimaginable qu'il faut les choisir. Pourquoi payer et gaspiller des ressources dont vous n'avez pas l'utilité réelle ? Il est donc important d'interroger son usage et de bien choisir son appareil, pour mettre l'effort là où il fera vraiment une différence.


Vous faites de la compression vidéo, du calcul intensif ? Alors oui, investissez dans un processeur maousse costaud. Vous voulez jouer à des jeux vidéos 3D de dernière génération ? Achetez vous une bonne carte graphique. Vous êtes un mélomane averti ? Procurez vous de belles enceintes et une carte audio digne de ce nom. Vous êtes graphiste ? Sans doute un bel écran chatoyant vous ravira. Mais, par pitié, ne croyez pas que vous trouverez la perle rare qui fait tout cela à la fois, si vous n'y investissez pas un temps considérable et une bonne partie de vos économies. Mais bon, gageons que vous n'êtes pas un graphiste mélomane qui joue aux jeux 3D pendant qu'il compresse ses vidéos et calcule des structures de protéines complexes, et que donc vous saurez identifier le ou les quelques éléments sur lesquels il ne faudra pas compter vos efforts.


Si nous avons déjà donné quelques petits critères simples au fil de nos précédentes discussions, comme par exemple celui de pouvoir avoir deux disques différents, un pour le système et un pour les données, il semble qu'il faille rappeler, marteler, et crier même, le critero noumero ouno qui devrait être à la tête du hit-parade des choix de matériel, j'ai nommé la robustesse. Tous ces beaux design extra-plats faits pour durer le temps d'un été et qui se brisent rien qu'à les regarder ont vraiment tout pour vous faire gaspiller menue monnaie (voire gros billets), temps, effort et ressources planétaires non renouvelables. Alors, même s'il est bien difficile de les quantifier, il vaut mieux y regarder à deux fois sur la fiabilité et la durabilité de votre modèle avant de sauter sans bouée dans le grand bassin des achats éclairs.



La performance enfin, tapie là où l'on ne l'attend pas

La lecture de ce blog doit normalement avoir immunisé nos fidèles lecteurs contre les fausses promesses du marketing du plus : plus de processeur, plus de capacité disque, plus de résolution, etc. Cela dit, il ne fait pas de mal de le redire, toutes ces belles valeurs numériques et ces comparatifs avantageux ne vous disent rien des performances constatées à l'arrivée, l'essentiel restant de savoir comment est installé et configuré votre système, et comment il est utilisé au quotidien. C'est vous qui faites que votre machine est performante, pas l'étiquette sur le processeur.

Il y a cependant un élément matériel qui est déterminant pour la réactivité de votre ordinateur, et qui est trop souvent oublié du grand public. En effet, la vitesse générale d'un ensemble est donnée par son élément le plus lent, et quel est l'élément le plus lent dans un ordinateur ? Lequel ? Hmm ? Arf, je vois que la souris à lunettes avait levé le doigt avant même que j'ai terminé ma question, bon allez on lui laisse la parole. Et, sans surprise, elle connaît la bonne réponse : le disque dur.

Ben oui, rappelez-vous notre fascinant dossier sur les grandeurs numériques, et notamment les comparaisons de débit entre le processeur, la mémoire et le disque dur. Même gonflé à l'hélium et aux stéroïdes, ce dernier est un minot par rapport à ses copains, et c'est bien lui que votre système va passer son temps à attendre. Conclusion, si vous voulez un ordinateur vif et alerte, c'est le disque dur qu'il faut changer. Déjà, dans les technologies traditionnelles de disque à plateau, vous avez généralement plusieurs vitesses de rotation : 5400 tours/minute, 7200 tours/minute, voire 15000 tours/minute pour des modèles exotiques et survoltés. Plus ça tourne vite, plus ça débite, donc si votre portable est équipé d'un vieux modèle du premier type, prendre un modèle avec une rotation plus élevée peut déjà soulager un peu la barque.

Mais la vraie différence se fera sentir si on passe sur une autre technologie, les disques SSD. Alors ils sont moins durables, moins fiables et vraiment vraiment chers, mais honnêtement il n'y a pas de comparaison en terme de réactivité. Aux souris vertes, on fait le choix de mettre un petit SSD pour notre système (rappelez vous, le système on peut le perdre, au pire si le disque défaille on le changera en un clin d'oeil), du gros stockage pas du tout rapide pour les données, et pour tout le reste un gros tas de composants bien vieillots pas changés depuis des années qui feraient pouffer narquoisement les compareurs numériques qui sillonnent l'internet mondial en quête de nouveaux appareils à déballer en direct. Ce qui n'empêche pas notre bel ordi de ressembler à une fusée par rapport à la plupart des machines censément survitaminées que l'on exhibe dans un bien triste état réel de fonctionnement. Donc, vous l'avez compris, si vous avez de l'argent à investir, mettez-le dans le disque dur et dans le timbre que vous utiliserez pour nous adresser un courrier de remerciement !



Bien choisir son système

"Le marcheur allonge le pas

Un seul chemin

Mille destinations"


Midoriro no Mausu (la Souris Verte)

Voilà bien un élément que peu de personnes penseraient à questionner. Le système vient souvent collé à votre ordinateur comme une feuille morte mouillée à la semelle de votre chaussure, sans que le marcheur inconscient n'ait l'idée de regarder ses pieds un seul instant. Les yeux rivés sur les belles promesses d'un matériel dernier cri, ou d'un logiciel qui va chercher la lune et vous la ramène dans votre salon, on se contente de subir sans même s'en rendre compte un système préinstallé par de parfaits inconnus qui ne brillent pas par leur sens de l'empathie envers l'utilisateur néophyte.


Car oui, oui, oui, il est possible, et même souhaitable, de choisir le système que l'on veut, et ensuite de le faire filer doux, car ça n'est tout de même pas lui qui va faire sa loi crénom di diou. Nous avons déjà invectivé le très méchant Windows à de nombreuses reprises, et avons même donné quelques savants conseils pour lui botter l'arrière-train quand c'est nécessaire, mais, pour une fois, embrassons du regard toute la grande famille des systèmes d'exploitation (Operating System, ou OS pour les polyglottes). A l'évidence, nous n'avons pas prétention de parcourir toute la galaxie de possibilités qui s'offrent à vous, mais de parler de quelques grandes familles qu'il est bon de connaître :

- les systèmes Microsoft, j'ai nommé Windows x ou y. Bon, vous les connaissez probablement, vu qu'ils ont bénéficié de décennies de vente forcée, où le chaland paie une licence dans le prix de sa machine, qu'il le veuille ou non. Il faut avoir conscience que ce ne sont pas des qualités exceptionnelles, mais bien cette stratégie commerciale agressive et parfaitement illégale, ajoutée à la méconnaissance des alternatives de la part du grand public, qui explique le taux d'utilisation bananier de ces systèmes dans le monde entier. Cela dit, malgré leurs nombreux défauts, ils sont tout de même capables de rendre un service non négligeable à qui sait s'en servir.

- les systèmes spécifiques aux produits à la pomme, j'ai nommé Mac OS avec des noms d'animaux exotiques qu'ils contribuent à éteindre. Ces systèmes, il faut le reconnaître, bien que produits par un Big Brother qui n'a rien à envier à celui précédemment cité, jouissent d'une ergonomie remarquable et d'une grande fiabilité. Malheureusement, ceci se fera à prix d'or, puisqu'ils ne tournent que sur des appareils de la marque éponyme, pas vraiment connus pour leur philosophie discount et leur souci des gens financièrement dans le besoin. D'autre part, ils sont totalement fermés et ne laisseront qu'une marge de manoeuvre relative à l'utilisateur sur sa machine ; même si c'est théoriquement possible, il faudra déployer des efforts titanesques pour sortir des clous prévus par Tonton Pommo. Précisons également que le coeur de ces OS est un système Unix relativement proche de la famille BSD dont nous allons parler dans un moment.

- nous arrivons maintenant à la grande famille des systèmes Linux. Il s'agit de systèmes présents depuis un bon moment dans le paysage, gratuits, open-source et développés par des communautés actives de joyeux programmeurs du dimanche, et des autres jours aussi. Ils sont hautement configurables et se déclinent en distributions, des systèmes complets avec leur lot de logiciels et leur identité graphique propre. Bien que très longtemps cantonnés à la catégorie restreinte de personnes chevelues, myopes et habitant un univers parallèle, ce monde s'est ouvert ces dernières années au Grand Public avec l'arrivée de distributions pensées pour des utilisateurs non spécialistes, comme Ubuntu ou Linux Mint pour ne citer que les plus utilisées.

- une famille proche de la précédente, mais pas tout à fait : les systèmes BSD. Franchement la différence avec Linux n'est pas évidente au premier coup d'oeil, ces systèmes partagent la même approche et 99% des logiciels qu'elles proposent. Sans rentrer dans des polémiques qui font s'assoupir aussi vite les souris vertes, on dira rapidement que les systèmes BSD sont sans doute plus robustes, mais plus confidentiels et techniquement plus délicats à utiliser, que leurs cousins Linux. On peut citer deux membres éminents de la famille, à savoir FreeBSD, le plus utilisé et le plus connu, et openBSD qui jouit du titre de système d'exploitation le plus sûr du monde, à condition d'être en mesure de l'installer sans se jeter par la fenêtre.


Il existe bien entendu quantité d'autres systèmes d'exploitation plus ou moins obscurs, notamment dans le domaine sérieux et compassé de l'Entreprise, mais on va s'en tenir là pour notre petite présentation.


Quel système donc choisira-t-on donc, parmi tous ceux énumérés plus haut ? Eh bien, à vrai dire, rien n'oblige à n'en choisir qu'un seul. Nous l'avons déjà évoqué, vous pouvez avoir autant de systèmes que vous le souhaitez si vous savez partitionner votre disque dur, donc pourquoi se priver ? Sans tomber dans l'excès constaté chez certains individus maniaques d'installer absolument toutes les distributions Linux de l'univers, rien n'empêche d'avoir deux ou trois systèmes concurrents pour choisir celui qui correspond le mieux à vos besoins du moment. Aux souris vertes, nous savons combien il est difficile de se passer du gros vilain Windows, qui a la mainmise sur un certain nombre d'applications et la quasi totalité des jeux vidéos, donc on ne s'interdit pas d'en avoir un sous le coude pour les jours de grand vent.


Mais, honnêtement, si vous voulez un système qui soit à la fois simple, puissant, et surtout très performant, économe en ressources, nous ne pouvons que vous inciter à vous tourner vers un digne représentant de la famille des systèmes Unix : Linux, BSD, voir Mac OS si votre portefeuille est bien garni. Nous recommandons tout particulièrement Linux Mint, une distribution Linux vraiment simple et élégante. Vous pouvez en plus l'essayer puis l'adopter sans rien installer, alors hop, sautez dessus sans plus tarder et vous nous en direz des nouvelles. C'est également une méthode bien plus efficace pour redonner un coup de fouet à votre vieille machine poussive que de rajouter des kilos de barettes mémoire ou de suivre d'autres conseils d'experts patentés de la réparation par ajout de matériel.


En passant, une manière alternative de disposer de plusieurs systèmes en même temps consiste à utiliser un système de virtualisation : ceci permet de lancer un système d'exploitation directement dans un autre, comme n'importe quel programme. Par exemple, de lancer un système Linux tout seul dans sa fenêtre depuis votre ordinateur sous Windows. Ou inversement. Pas mal quand même. Après, il faut savoir que le copain virtuel prend pas mal de plomb dans l'aile à être utilisé de cette manière, et qu'il ne pourra pas vous rendre tous les services d'un vrai système, notamment en matière graphique à base de grosse 3D ou autre accélération vertigineuse. Les lecteurs aventureux pourront aller voir du côté de Virtualbox, une solution de virtualisation open-source qui fonctionne plutôt bien, pour goûter ces charmantes gâteries.



Aversion pour la version


Une souris me fait remarquer que les titres de cet article sont particulièrement indigents, mais que voulez-vous, on ne peut pas toujours être au sommet sans quoi la routine s'installe. Et encore, elle n'a pas vu le sort que je réserve au paragraphe suivant. Bref, ce titre énigmatique et controversé a le mérite d'introduire une notion importante dans l'exercice de notre liberté informatique : non content de choisir notre système d'exploitation comme de grands, nous pouvons également en choisir la version, eh oui.


Il existe deux tendances en la matière, la prudence de celui qui cherche avant tout un système fonctionnel qui ne l'embête pas tous les jours, et l'audace de celui qui recherche l'aventure et la nouveauté d'horizons numériques toujours plus vastes. En fonction de votre inclination, vous serez donc bien inspiré de choisir une version de système suffisamment ancienne, mais pas trop quand même, pour que la plupart des applications y tournent sans mauvaise surprise, ou bien la toute dernière sortie si vous voulez bénéficier de toutes les innovations du moment, au prix de devoir essuyer quelques plâtres.


Il est difficile de trancher la question à votre place, mais en tout les cas ne vous sentez jamais obligé de mettre à jour votre système parce qu'on vous dit que c'est mieux. Dans l'univers Windows, en particulier, où les versions successives passent leur temps à casser ce qui fonctionnait et prennent un malin plaisir à changer tous les repères, la grande majorité des particuliers et des entreprises n'ont aucune honte à prendre 5 à 10 de retard sur les sorties de version sans s'en trouver particulièrement lésée. Ne parlons même pas du monde Linux ou BSD, où certaines distributions solides comme du roc peuvent contribuer à faire tourner des serveurs sans mise à jour ni redémarrage pendant des décennies.


Une dernière chose qu'il faut mentionner est la différence entre les versions 32 bits et 64 bits des systèmes d'exploitation. De quoi ? Ah oui, incroyablement personne n'a trouvé de nom marketeux plus suave pour cette caractéristique parfaitement imbitable, sans mauvais jeu de mot. En fait ceci désigne le nombre de bits sur lequel peut être stocké un entier, l'unité de calcul de base de notre système. Et alors, qui donc s'en soucie, me direz-vous.

Eh bien ceci n'est pas tout à fait sans conséquence, à vrai dire.


Une première conséquence est la promesse annoncée, qui consiste en l'augmentation infinitésimale des performances, et le fait d'être à la page si vous avez un système 64 bits. Sans compter que vous avez deux fois plus de bits, et plus est forcément mieux que moins, n'est-ce pas. Autre conséquence bien concrète, vous avez quasiment divisé votre capacité mémoire par deux. Eh bien oui, un entier a besoin maintenant de deux fois plus d'espace mémoire pour lui tout seul, donc on peut en mettre deux fois moins. Mazette et palsambleu. Alors, selon la loi universelle qui veut que l'on roule toujours vers le plus de dépense, les systèmes 32bits ont tendance à se faire de plus en plus rare, et ce même si, d'après l'équipe scientifique des souris vertes, il n'existe à ce jour aucune application qui tournerait uniquement sur un système 64 bits (le contraire est fréquent, mais les systèmes 64 bits embarquent naturellement la possibilité de faire tourner des applications 32 bits pour garder la compatibilité avec les anciens programmes). Donc vous ne prenez aucun risque à choisir un système 32 bits si vous le pouvez, et c'est même le choix de la rédaction si vous n'avez pas envie d'investir dans de la mémoire vive à la tonne.


Ave Caesar, mobituri te salutant


(Traduction libre de l'édition savante MurideVerde TM : Salut César, ton téléphone sonne on dirait)

Vous aurez sans doute remarqué que, bien qu'ils constituent un sujet préoccupant au premier chef de colonisation numérique de la planète, nous n'évoquons qu'assez rarement et sans beaucoup de détails tous ces supports mobiles que les gens tripotent à longueur de journée : téléphone malin, tablette, et autres appareils indispensables aux hommes d'affaires pressés ou aux enfants hyperactifs. Eh bien oui, nous l'avouons sans détour, ce sujet ne nous passionne pas franchement, car d'une part nous ne faisons pas partie des enthousiastes des services rendus par ce type de support, qui n'est finalement qu'un ordinateur en plus fragile, plus omniprésent, moins puissant, sans périphérique de saisie digne de ce nom (je vous invite à essayer d'écrire un article de ce blog sur un appareil dit nomade et d'en tirer les conclusions qui s'imposent), et qui pour achever de nous agacer est conçu pour vous donner le moins de latitude et d'autonomie possible dans l'administration réelle de ce qui est somme toute un bête système d'exploitation masqué par des icônes géantes.


Bref, c'est sans doute regrettable, mais les souris vertes ne sont pas de très bon conseil quand il s'agit de discuter de ces étranges petites bêtes, elles qui savent tout juste, et après de nombreux essais, trouver le bouton pour allumer ou éteindre un appareil de cette catégorie qui croiserait pas hasard leur chemin. Mais, une fois n'est pas coutume, nous allons nous permettre un petit aparté qui les concerne, puisque ces appareils sont équipés, cela va sans le dire, d'un système d'exploitation propre.


Soyons clair, nous n'allons pas folâtrer gaiement dans les prés à la recherche du meilleur système possible pour vous, car d'une part le panorama des systèmes mobiles ressemble à l'uniformité d'une élection présidentielle française (toute ressemblance avec une situation concrète ou ayant existé est une pure fiction), et que quand bien même vous vous mettriez en tête de préférer blanc bonnet à bonnet blanc, vous seriez bien en peine de changer de crèmerie car votre appareil n'a été conçu grosso modo que pour fonctionner avec le système avec lequel il a été livré, et pour la courte durée où les concepteurs dudit système le prendront gracieusement en charge.


Il est cependant possible de réaliser deux opérations de rébellion face à ce système inique. La première consiste à faire sauter les verrous logiciels qui vous empêchent d'être le chef à bord du navire, ce qu'on appelle rooter (pour devenir root, c'est-à-dire super utilisateur) votre appareil. La procédure est à chaque fois particulière, et parfois relativement acrobatique, mais nous semble un prérequis indispensable à l'accession à une autonomie minimale sur la petite machine. En même temps, cela aura pour effet de jeter aussi sec la garantie aux orties chez les fabricants les moins arrangeants.


La deuxième procédure, pour ceux qui disposent d'un appareil Android, qui bien qu'appartenant à l'affreux Google et largement aussi invasif que ses concurrents sur votre vie privée, est un système open-source qui a donc le mérite d'avoir des implémentations alternatives que l'on appelle des Roms custom. On ne change pas vraiment d'univers, l'analogie serait plutôt celle de la distribution, comme pour les systèmes Unix, mais la présentation et les outils proposés par le système sont différents et développés par des communautés plutôt que par des grosses entreprises multinationales. On ne citera pas de noms de Roms ici, la polémique faisant rage dans les milieux autorisés pour savoir si untel est vraiment aussi libre qu'il le dit, mais sachez que pour qui sait chercher, il y a moyen de trouver là des alternatives nettement moins gourmandes, plus configurables et moins envahissantes que le système propriétaire qui équipe votre appareil par défaut.


Tous ces conseils sont à manier avec des pincettes, car le risque est grand de porter dommage voire coup fatal à votre petit joujou, mais les plus militants, bricoleurs ou motivés de nos lecteurs pourront aller regarder avec intérêt sur l'internet mondial de quoi il retourne.



Bien choisir ses programmes

"Toutes ces fleurs

Offertes au papillon -

Comment peut-il choisir ?"


Midoriro no Mausu (la Souris Verte)

Une souris attentive me fait remarquer que nous avons déjà abordé le sujet de ce paragraphe dans les articles précédents. C'est vrai. En même temps, allons-nous pour autant nous interdire de radoter nos conseils sous prétexte d'épargner nos lecteurs fatigués ? Certainement pas. Permettons nous donc d'en remettre une fine couche sur le sujet, afin qu'à force de répétition opiniâtre notre message porte dans les chaumières les plus reculées et jusqu'au fin fond des forêts boréales.


Vous l'avez sans doute compris depuis qu'on le rabache, pour la santé de votre machine comme pour la vôtre, mais mentale, il est important de bien choisir les programmes installés. Mais, bien évidemment, l'attention que l'on portera à ce choix dépendra fortement de notre utilisation dudit programme ; il n'est peut-être pas nécessaire d'essayer une centaine d'applications différentes de gravure de CD-ROM si vous ne souhaitez graver qu'un seul CD dans les dix prochaines années. A l'inverse, il paraîtrait absurde de se contenter sans se poser de questions du navigateur par défaut de votre système alors que vous l'utilisez quotidiennement et pour un tas d'activités essentielles, comme consulter ce blog. Etonnamment, c'est pourtant ce que font la majorité des gens.


Pour s'éviter les complications futures, on se contentera du nombre minimal de programmes nécessaires à notre bonheur, et surtout on les choisira dans la catégorie des poids plumes plutôt que des Usines à Gaz, celles qui font le ménage tout en vous servant le café au premier clic dans une fenêtre. Après, tout cela est sans doute plus facile à énoncer qu'à mettre en pratique si vous ne passez pas vos journées sur votre ordinateur en quête de l'application-parfaite-qui-fait-juste-ce-que-je-veux.


Il faut reconnaître que les logiciels libres ne sont pas d'une grande aide en la matière, car ils représentent la quintessence ce qu'aux souris vertes on résume sobrement par : "trop de choix tue le choix". En effet, le moindre programmeur insatisfait de l'application X s'empresse de faire la sienne qui fait presque la même chose mais pas tout à fait, ce qui fait que, pour le quidam qui observe le champ de bataille depuis une position en retrait, il est bien difficile de s'y retrouver dans le capharnaüm des applications disponibles. Sans compter qu'entre les fanatiques de la ligne de commande monochrome et les partisans de l'interface avec un seul bouton de 2 mètres de large, on ne sait jamais trop où l'on va mettre les pieds. Et la situation est presqure pire sous Windows ou MacOS, où l'on risque à tout moment de tomber sur un logiciel faussement gratuit, un représentant émérite de l'école de Programmation Avec Les Pieds, voire sur un infâme Virus de La Mort.


C'est pourquoi, pour la plus grande joie des petits et des grands, les souris vertes vous livrent ici leur trousse à outils personnelle, leurs petites applications favorites qu'elles aiment et qu'elles cajolent. Un bon nombre d'entre elles ont déjà été citées dans nos articles précédents, mais compilation n'est pas raison, comme dit le sage, ce qui, vous en conviendrez, ne veut strictement rien dire mais rime magnifiquement.


Remarquons que, dans notre grande magnanimité, nous ne parlerons ici que d'applications légères, gratuites, open-source et multi-plateformes. Ce qui signifie en particulier que vous pouvez les installer partout où vous irez (enfin, demandez quand même si vous n'êtes pas chez vous). Certaines ont même des versions portables, que l'on peut embarquer sur une clé USB et exécuter directement sans installation requise. Diablement pratique.


Allez, on énumère nos petits compagnons informatiques :

- on commence tout de suite par le navigateur internet, qui est sans doute l'application la plus utilisée de votre machine. On ne se cache pas de préférer Mozilla Firefox aux souris vertes, bien que le choix soit pléthorique dans le domaine. On déconseillera tout de même pour leur indigence absolue tous les navigateurs Microsoft, Internet Explorer en tête, et en tant que grand amoureux de la liberté de penser on ne pourra que tiquer à l'idée d'utiliser Chrome, le navigateur de Google qui raconte tous vos faits et gestes à son papa sans se cacher.

- tant qu'à rester chez Mozilla, proposons tout de suite notre choix de client de messagerie, Mozilla Thunderbird. Alors oui, il est vieillot et n'évolue plus franchement, mais en même temps il sait tout faire, avec le sourire et sans effort. Les équipes du Professeur Souriso ont eu beau lancer un ambitieux programme de recherche sur le sujet, elles n'ont jamais trouvé mieux.

- application indispensable s'il en est, un bon lecteur de documents pdf s'impose, comme Evince, qui par dessus le marché lit tout un tas d'autres formats que vous ne rencontrez jamais.

- pour savoir lire tout le contenu multimédia de la galaxie sans additif ni arrachage de cheveux, audio, vidéo, support amovible comme fichier s'il vous plaît, on installera promptement VLC et on supprimera aussi vite tout le reste.

- ceux qui souhaitent retoucher des images pourront le faire avec bonheur avec GIMP. Attention, il fait clairement partie de la catégorie des gros costauds, autrement dit c'est un logiciel horriblement complexe mais qui permet de faire à peu près tout ce qui existe en terme de manipulation d'images. Aux souris vertes, on l'utilise avec deux doigts et en fermant les yeux pour retailler nos magnifiques dessins, afin de ne pas consommer inutilement de l'octet avec une image dix fois trop grosse.

- pour ceux qui utilisent parfois la calculatrice, oui, vous ne rêvez pas, on pourra la remplacer avantageusement par SpeedCrunch, toute simple mais vraiment puissante pour les passionnés du cosinus inverse.

- ceux qui souhaitent faire du traitement texte, tableur et autres applications bureautiques pénibles pourront se tourner vers la suite LibreOffice. S'il faut reconnaître qu'elle est loin d'égaler en qualité son équivalent propriétaire bien connu de chez Microsoft, elle a tout de même quelques atouts indéniables, comme le fait de ne pas avoir son interface mise sens dessus-dessous à chaque version, le fait de ne pas coûter un bras, voire deux, et surtout sa compatibilité universelle qui fait qu'elle ouvrira absolument tous les documents sans faillir, contrairement à son concurrent qui ne sait même plus reconnaître les fichiers écrits il y a quelques mois pourtant avec son aide.

- finissons par une petite exception spécifique aux pauvres hères qui doivent oeuvrer sous Windows. C'est en effet le seul système qui ne reconnaît absolument aucun format d'archives par défaut, mis à part le sien propre (le rigolotement nommé mais honteusement inefficace fichier zip). On ne nommera pas les alternatives propriétaires parfaitement ineptes auxquelles les personnes désespérées par cette situation ont tendance à se confier, pour désigner simplement un logiciel d'archivage sobre et redoutable qui saura combler toutes vos attentes en matière de compression et de décompression, oui, oui, même pour les fichiers zip, à savoir 7-zip.


Et bien voilà déjà un bel ensemble prêt à décorer avantageusement votre salon. Il s'agit même sans doute du lot de bienvenue minimal qui devrait se trouver sur toute machine digne de ce nom, à la place des innombrables merdouilles qu'y placent les fabricants peu scrupuleux. Il est cependant bien clair que cela ne suffira sans doute pas à votre bonheur, mais espérons que cette petite liste saura vous encourager à chercher dans la même veine toutes les applications plus spécialisées dont vous auriez besoin.


Etant donné qu'on ne va pas étaler notre vie, bien qu'elle soit passionnante et que le monde entier n'attende que cela, nous nous garderons d'énumérer l'ensemble des programmes un brin particuliers que nous utilisons. Mais, pour illustrer l'esprit qui nous guide, citons-en un exemple : nous aimons par exemple, aux souris vertes, jouer avec des enregistrements sonores pour mixer notre petit choeur de souris en fête. Nous nous servons donc naturellement et avec entrain d'Audacity, un allié sympathique en la matière, qui rend bien des services même s'il ne s'agit pas d'un logiciel professionnel. Alors vous souhaitez faire du montage vidéo ? Des albums photo ? Du dessin assisté par ordinateur ? Un plan de votre salon ? Eh bien à vous de jouer, bon courage pour trouver l'application simple et pratique qui vous aidera.


Mais, entendons-nous bien, on installe bien une application pour l'utiliser, autrement on se retient ou on désinstalle rapidement ; si vous ne faites que papillonner d'activité numérique en activité numérique sans jamais vous poser vous ne ferez que plomber votre machine.



Bien choisir sa conclusion


Ah, tout ce choix désormais ! Une myriade de mondes qui s'offrent à nous, quand auparavant notre seule latitude était d'opter pour le nouveau modèle Zorglub10 ou bien le dernier Schtroumpfor254, tous deux super bien notés par GrosComparateur.net. Guillerets et libérés de ces diktats faciles, nous pouvons observer avec acuité notre belle machine pour lui donner ce petit coup de pouce qui la rendra encore plus à même de nous faire plaisir. Une sorte d'écoute et de compréhension mutuelle, n'est-ce pas ce à quoi chacun aspire dans une relation ? Petit matériel, système, logiciels, choisissons, sélectionnons, bichonnons, pour davantage profiter et moins gaspiller.

On se quitte sur ces paroles excessivement profondes, en attendant de poursuivre ce dossier qui, c'est proprement incroyable, n'est toujours pas à son terme. Comment donc sera-t-il possible d'y ajouter ne serait-ce que deux phrases devant la somme de connaissances déjà accumulée ? On a hâte d'en savoir plus !








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