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Le Petit Geste Du Jour : je change les réglages de mon appareil photo
Date 20/05/2017
Ico Le Petit Geste du Jour
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Une souris verte prend une photo

"Sur l'image sainte

Elle lâche une fiente

L'hirondelle"


Yosa Buson (1716-1783)

Aujourd'hui, et parce que c'est vous, nous transformons un Tout Petit Geste en un Effet de Manche tout à fait spectaculaire, un tour de prestidigitation à côté duquel faire disparaître la tour Eiffel devant cinquante mille personnes fait délicatement pouffer. Car nous nous promettons rien de moins qu'une transmutation alchimique profonde de tout appareil photographométronique, et je dis bien tout, et même plus encore puisque l'on peut ajouter sans vergogne téléphones, caméscopes, tablettes, webcam, souriscopes, et autres capteurs de contenu multimédia. En quelques instants, et sous les yeux ébahis de la foule en délire, nous allons changer le plomb de la grosse photo balourde en une fine couche  d'or fin sous la forme d'un fichier aussi léger qu'une plume.


Avant d'expliquer le mais pourquoi du comment donc de cette opération renversante, il me faut présenter platement mes excuses à toute la compagnie de souris vertes qui s'agite gaiement autour du bureau en cette belle matinée. Cela fait en effet plusieurs semaines, mois même, années peut-être ? des siècles ? Euh, ne nous emportons pas, ce blog a encore la fraîcheur du jeune souriceau, donc on ne saurait remonter si loin. Mais bref, cela fait bien longtemps que les souris unanimes militent pour la publication de cet article, qui est dans la filiation directe de nos formidables billets sur les grandeurs du monde numérique, dont nos plus anciens lecteurs se souviendront peut-être avec émotion.


Tu veux ma photo ?


Il était donc plus que temps de céder au lobbying incessant des petites souris bien remontées contre le phénomène absolument destructeur du Réglage Par Défaut Ridicule. D'autant que l'inondation à travers tous les systèmes de communication de contenu multimédia produit sans aucune précaution menace sérieusement de ravager la planète. Etant donné que le texte n'intéresse plus personne, et que la vidéo est encore difficile à diffuser à la pelleteuse vu la bande passante qu'elle consomme, ce sont bien les photos et images en tout genre qui constituent l'essentiel des échanges à travers les réseaux informatiques, et qui viennent ensuite gentiment s'inscruster dans des espaces de stockage dont le guichet reste ouvert 24h/24. Rien que sur FesseBouc, un service à l'odeur pour le moins douteuse, ce sont pas moins de 200 millions de photos qui sont ajoutées chaque jour, pour un total pour le moment de 90 milliards, rien que ça.


Bien entendu, il serait opportun de s'interroger sur l'utilité finale, et plus avant sur le sens profond de cette tendance à l'accumulation compulsive de données qui veut tout montrer et rien oublier ou simplement taire. Sans compter la possibilité parfaitement immature de consommer toujours plus d'objets numériques sans s'interroger sur leur devenir ni assumer aucune responsabilité dans leur cycle de vie ; voilà bien une possibilité de pollution par prolifération nettement démultipliée par rapport au monde réel finalement bien risible avec ses quelques centaines d'objets inutiles qui traînent à la cave ou au grenier.


Mais, même si ça n'est pas le désir de polémiquer joyeusement qui nous manque, nous laisserons là la discussion philosophique, anthropologique, sociologique, philogénétique et tout ce que vous voulez ajouter en -ique (une souris à droite me suggère le très mignon "souristémique", je m'en vais de ce pas pétitionner l'académie française pour son entrée dans le dictonnaire) pour nous concentrer sur notre geste salvateur du moment. Commençons déjà par nous assurer de ne pas consommer de l'octet à la tonne, ensuite chacun pointera son petit objectif vers ce qui lui plaira et en son âme et conscience.


Scandale inouï du réglage inique (et réciproquement)


Aux souris vertes, nous n'avons pas peur de prendre des risques, et nous allons de ce pas briser le silence complice, l'omerta tacite, la complaisance facile qui autorisent aujourd'hui la commercialisation de dizaines de milliers d'appareils numériques avec des réglages embarqués qui relèvent tout bonnement d'un scandale environnemental, social et de santé publique tout à la fois. Imaginez un instant que l'on ne propose plus à la vente que des biberons de 2 litres pour inciter nos nourrissons à consommer davantage, les fainéants, ou des rouleaux de papier toilette à cinquante épaisseurs que vous aurez même du mal à plier, pour soutenir la croissance mondiale qui en a bien besoin, et vous aurez une bonne idée de la finesse de conception et de l'intelligence stratégique qui anime l'industrie numérique au moment de vous produire un appareil photo.


Il est acquis que l'on peut désormais produire des capteurs ultra-sensibles à des coûts si risibles que l'on peut en habiller gentiment le moindre gadget électronique, tout cela dans une grande débauche débonnaire de métaux rares et d'énergie fossile. Mais, non content de nous équiper d'un matériel optique nettement plus performant que la plupart des missions spatiales du siècle dernier, ce dont nous commençons à nous blaser légérement du fait que même les jouets pour enfants en sont truffés, on va surtout nous ajouter des réglages toujours plus énormes pour nous produire du Super Méga Pixel inutile, mais qui offre un argument de vente bien commode. Nous n'allons pas refaire ici la démonstration percutante de la stupidité de ces ordres de grandeur publicitaires quand il s'agit de nous vanter du Méga Pixel sans retenue, nous vous laisserons pour cela relire l'étonnant article traitant de la taille des écrans, mais nous rappelons simplement la conclusion sans appel qu'il est permis d'en tirer : aujourd'hui, le moindre appareil photo embarqué sur le plus minuscule téléphone va vous générer des images dans un format qu'aucun écran au monde n'est capable d'afficher, ni aucune imprimante capable d'imprimer. Donc, non seulement vous transportez et stockez beaucoup trop d'information dans votre petite photo, mais en plus vous allez faire travailler les machines qui vont se charger de l'afficher en lui redonnant auparavant une taille un peu plus raisonnable que la longueur d'un porte-avion.


Alors, pour ajouter une subtile nuance de vert à notre tableau bien sombre, sans aller jusqu'à dire que les résolutions gigantesques que proposent les appareils photo sont réellement utiles car on saurait très bien s'en passer, on concèdera qu'il est possible d'en tirer parti si vous faites un certain type de photo ou de vidéo. La photographie naturaliste par exemple, celle qui consiste à essayer d'immortaliser des souris vertes tapies au milieu d'un buisson, peut bénéficier du raz-de-marée de pixels pour permettre ensuite de recadrer les images obtenues sur des détails qu'il serait bien difficile de capter directement à la bonne échelle. Mais bon, on est tout de même sur un usage très spécialisé, et dans ce cas il n'est pas question de diffuser la photo obtenue sans un traitement qui va ramener sa taille à des dimensions bien plus modestes. Et quoi qu'il en soit, on aura du mal à se persuader que ce sont des armées de botanistes et d'ornithologues amateurs qui alimentent aujourd'hui les réseaux dits sociaux et les millions d'images échangées à travers l'internet mondial à chaque milliseconde. Alors, pour tous les autres, on le fait ce petit geste ?


Travailler autant pour gagner moins (de pixels)


Ah vraiment quel beau programme, les souris. Ce n'est pas avec ce genre de titre honteusement décroissant qu'on va séduire le quidam, franchement non mais. C'est pourtant bien de cela qu'il s'agit, nous allons baisser la résolution en pixels de notre appareil photo. Ceci aura plusieurs conséquences notables :

- la photo aura moins de pixels. Eh oui ! Bon, plus concrètement, la définition de l'image sera moins bonne, on perd des détails, mais comme nous l'avons déjà fait remarquer, au-delà d'une certaine résolution le gain en qualité est minime voire imperceptible, et la consommation d'espace proprement monstrueuse.

- le fichier en question sera moins gros. Eh oui ! Ce qui aura deux conséquences formidables : moins d'octets à envoyer par le réseau si vous diffusez votre oeuvre, donc un transfert plus rapide et plus économe en bande passante, et moins de stockage nécessaire chez vous comme chez Papi Gaston à qui vous avez envoyé le tout.

- vous économisez des ressources numériques partout où vous baladez vos petites images, autrement dit vous sauvez sans le savoir les phoques, les ours polaires et les bébés tigres, sans oublier toutes ces petites bestioles incroyables qui vivent dans les forêts équatoriales.


Concernant le deuxième point, quand on connaît le manque d'espace disque chronique dont souffrent les possesseurs d'appareils numériques prisonniers de modèles qui ne permettent pas de rajouter du disque dur à l'envie, on se demande bien pourquoi ils n'ont pas sauté sur ce petit geste plus tôt.


Allez, on donne enfin la procédure pour le geste que tout le monde attend :

- j'attrape mon appareil téléphotoscope d'une main, je l'allume de l'autre

- je localise dans les préférences les réglages d'image. Là ça dépend de l'appareil, à vous de trouver.

- je commence par changer le format de l'image, en choisissant un format directement compressé (surtout pas d'image brute ou 'raw', malheureux !) : jpeg ou png par exemple pour deux formats d'excellente tenue. Il y a parfois des réglages supplémentaires sur le niveau de compression, là il vaut mieux expérimenter avant d'arrêter son choix, pour ne pas dégrader notablement le rendu.

- je change ensuite la résolution de l'image, pour prendre quelque chose de raisonnable. 1920x1080 (pour un format 16:9, sinon 1920x quelque chose) correspond déjà au fameux SuperUltraFullHD des écrans qui se la racontent, donc aller au-delà paraît bien déraisonnable. L'appareil photo des souris vertes ne nous laisse pas une grande latitude de choix, donc on opte pour du 1600x1200, ce qui fait des images tout à fait sympathiques à voir sur un écran et nous garantit des fichiers d'une taille de 500ko à 1Mo. C'est toujours plus lourd que du texte, même que l'intégrale des articles des Souris Vertes (si si),  mais pour une photo grand angle ça reste tout de même modeste.


Juste pour illustrer le gain de place que l'on en retire immédiatement, avec ma vieille carte mémoire pas bien grosse je peux prendre 1200 photos en 4000x3000, la résolution par défaut n'importequoitesque de l'appareil, et en ajustant mes réglages, même sans tirer jusqu'au timbre poste en 4 couleurs, je peux en prendre 6500. Personnellement je préfère avoir une résolution pas trop grande mais choisir le format de compression le moins agressif.


Bon, après c'est à vous de faire vos essais aussi, jusqu'à trouver le bon compromis entre le poids du fichier, la dimension de la photo et la qualité finale. Tant que vous ne restez pas sur les réglages par défaut ça sera déjà un bel effort. Bravo !

Arrête ton cinéma

Ne partez pas ! Je vois des lecteurs qui s'apprêtent à lever l'ancre après cette petite séance de gesticulation salutaire. On a déjà bien oeuvré pour la planète, c'est sûr, mais on peut aller encore plus loin sans trop se fouler, maintenant qu'on y est. Car, généralement, les appareils qui savent prendre des photos savent aussi filmer, voyez-vous. Alors là, on ne le répétera jamais assez, aussi allons-y pour notre petite rengaine préférée, mais la vidéo est l'antithèse absolue de la sobriété numérique, elle vous dévore de l'octet encore pire que Grosbouf (qui A FAIM comme le reconnaîtront les fans des schtroumpfs, que forcément les souris vertes révèrent, elles qui aiment tous les animaux délicieusement colorés). Bref, si on peut s'abstenir, c'est aussi bien, mais si parfois on a du mal à s'en passer,  la moindre des choses sera d'aller chercher les réglages au même endroit que précédemment, et d'aller illico baisser la résolution des images prises. Bon, la qualité de l'image va bien vite se dégrader, mais celle du son n'en souffrira pas, et surtout vous aurez le droit de prendre des vidéos de plus d'un quart de seconde sans saturer votre carte mémoire d'un trait.

Comme précédemment, il vaut mieux expérimenter la résolution qui vous convient en fonction des possibilités de votre appareil. Pour ma part j'utilise plutôt le 640x400, pas forcément très joli à afficher sur un grand écran mais qui va bien pour les quelques rares fois où j'ai quelque chose à enregistrer. A vous de voir. Mais se poser la question, et savoir changer les réglages en fonction du contexte, c'est déjà un grand pas sur la Voie de l'Usage Numérique Maîtrisé.


Allez, c'est fini pour notre épisode du jour, vous pouvez allez vous reposer, sous les acclamations des souris en liesse.

On se quitte sur un petit haïku en écho à notre discussion :

"Reflet sur l'eau
Du reflet de mon oeil
Regardant la mer"

Midoriro no Mausu (la Souris Verte)









>Voir le billet et ses commentaires...
 

Au secours, mon ordi est lent ! (6) : J'adapte mon système à mes besoins
Date 17/02/2017
Ico Dossier
Comms Aucun commentaire
Des souris ont chacune un système adapté
"Qui se soucie de regarder

La fleur de la carotte sauvage

Au temps des cerisiers ?"


Takano Suju (1893-1976)


On se lance avec entêtement et sans arrière-pensée dans la poursuite de notre Grand Dossier, en ajoutant une petite pierre taillée avec amour à notre édifice déjà conséquent. Certes, nos fidèles lecteurs en savent désormais un rayon sur les choses à faire et à ne pas faire pour entretenir ou secourir leur bel ordinateur chéri, mais nous n'avons pas encore eu l'occasion de parler de cette fameuse première rencontre entre l'homme et la machine, et de ces petits riens qui ont amené inconsciemment le consentement à une relation riche et épanouie. Pour le dire plus simplement, car je vois un certain nombre de souris vertes autour de moi qui me jettent des regards de panique et ne comprennent manifestement rien à ce que j'écris (je suis moi-même saisi de perplexité en relisant la phrase précédente, je dois dire), nous allons nous intéresser aujourd'hui aux critères qui guident vos choix d'équipement.


Quelles sont donc les raisons profondes qui me font choisir un appareil plutôt qu'un autre ? On peut dire que la plupart des achats que nous qualifierons d'impulsifs en la matière suivent les grandes lignes suivantes :

- parce que l'appareil est trop beau (i.e. plus beau que le précédent). Malheureusement, le design est bien vite périmé ces temps-ci, chaque nouvelle génération d'appareil ultra-fin

donnant immédiatement un air de ringardise balourde à la précédente, pour ne rien dire des plus anciennes qu'on hésitera à exhiber en public. Si vous êtes une victime consentante de ce type de mode numérique, malheureusement vous vous exposez à vivre dans une insatisfaction permanente et des déceptions à répétition de ne pas posséder le vraiment ultime dernier modèle Xzor en titanium ultra-léger et de 0,5 microns d'épaisseur.

- parce que l'appareil est Super Puissant. Il a 2000 Go de RAM et 75 péta-octets de disque dur, sans compter un processeur avec un nom à coucher dehors, bref il est certain qu'il s'agit d'une pure révolution technologique qui n'a rien à voir avec ce que vous avez connu. Reconnaissez en même temps qu'après quelques minutes de manipulation, vous ne constaterez pas de différence notable avec un modèle plus modeste. Il affiche la même chose et permet de faire les mêmes actions, avec le même système dessus. Mais bon il est super puissant ! Il suffit qu'on se le dise pour que ça nous réchauffe le coeur et nous conforte dans notre choix.

- parce que l'appareil n'est pas envahi de saletés logicielles qui le rendent proprement inutilisable, et que le moyen le plus simple de revenir à une situation tolérable avec celui que vous possédez est de vous en procurer un tout neuf. Qu'à cela ne tienne, vous êtes manifestement un bon client pour les autres articles de ce dossier, allez donner un petit coup de patine à votre machine et vous verrez qu'elle brillera comme au premier jour.

- parce qu'il est tout nouveau ! C'est le tout dernier modèle de la gamme eBidule même pas encore disponible dans l'hexagone, et il vous le faut tout simplement. Ce cas, très honnêtement, nous dépasse un peu, et les souris vertes vous orienteront plutôt vers un soutien psychologique et une thérapie à base de jardinage hebdomadaire pour vous libérer de ces pulsions de possession frénétique.


A l'évidence, chacun est libre de choisir ses appareils selon les critères qui lui conviennent, et il n'entre pas dans notre propos de concurrencer SuperNumérique.fr pour vous désigner du doigt votre prochain achat informatique. Mais, pour ceux qui souhaitent avant tout avoir à disposition une machine qui réponde à leurs attentes quotidiennes, et qui ne se transforme pas en un clin d'oeil en un déchet numérique inutile et non désiré, nous allons voir si on ne pourrait pas choisir notre matériel et nos logiciels de manière moins douloureuse pour notre portefeuille comme pour les populations d'éléphants.



Bien choisir son matériel

"Agir

Ou observer

Dilemme du jardinier"


Midoriro no Mausu (la Souris Verte)


Je vois quelques sourcils se froncer à l'approche de cette discussion nécessaire. Comment cela, on oserait sous-entendre que ce très bel appareil que nous possédons n'a pas été étudié avec soin, que l'on n'a pas énuméré avec passion toutes ses caractéristiques techniques avant de se ruer dessus lors de notre dernier achat en date ? Point du tout, très cher, nous savons fort bien que, si généralement les gens dédaignent le choix du système d'exploitation ou des logiciels installés pour se contenter du tout venant, ce sont bien les magnifiques promesses d'un matériel toujours plus à la pointe qui guident les choix d'équipement. Pour autant, la déception sera presque toujours au rendez-vous si l'on ne sait pas ce qu'il faut regarder réellement sur l'étiquette.


Premier écueil à éviter, sans doute, le fait de vouloir le mieux de tout et pour tout, parce que c'est possible, et que nous le valons bien. Ce n'est pas parce que certains modèles promettent plein de mémoire ET un super gros disque dur ET une résolution d'écran inimaginable qu'il faut les choisir. Pourquoi payer et gaspiller des ressources dont vous n'avez pas l'utilité réelle ? Il est donc important d'interroger son usage et de bien choisir son appareil, pour mettre l'effort là où il fera vraiment une différence.


Vous faites de la compression vidéo, du calcul intensif ? Alors oui, investissez dans un processeur maousse costaud. Vous voulez jouer à des jeux vidéos 3D de dernière génération ? Achetez vous une bonne carte graphique. Vous êtes un mélomane averti ? Procurez vous de belles enceintes et une carte audio digne de ce nom. Vous êtes graphiste ? Sans doute un bel écran chatoyant vous ravira. Mais, par pitié, ne croyez pas que vous trouverez la perle rare qui fait tout cela à la fois, si vous n'y investissez pas un temps considérable et une bonne partie de vos économies. Mais bon, gageons que vous n'êtes pas un graphiste mélomane qui joue aux jeux 3D pendant qu'il compresse ses vidéos et calcule des structures de protéines complexes, et que donc vous saurez identifier le ou les quelques éléments sur lesquels il ne faudra pas compter vos efforts.


Si nous avons déjà donné quelques petits critères simples au fil de nos précédentes discussions, comme par exemple celui de pouvoir avoir deux disques différents, un pour le système et un pour les données, il semble qu'il faille rappeler, marteler, et crier même, le critero noumero ouno qui devrait être à la tête du hit-parade des choix de matériel, j'ai nommé la robustesse. Tous ces beaux design extra-plats faits pour durer le temps d'un été et qui se brisent rien qu'à les regarder ont vraiment tout pour vous faire gaspiller menue monnaie (voire gros billets), temps, effort et ressources planétaires non renouvelables. Alors, même s'il est bien difficile de les quantifier, il vaut mieux y regarder à deux fois sur la fiabilité et la durabilité de votre modèle avant de sauter sans bouée dans le grand bassin des achats éclairs.



La performance enfin, tapie là où l'on ne l'attend pas

La lecture de ce blog doit normalement avoir immunisé nos fidèles lecteurs contre les fausses promesses du marketing du plus : plus de processeur, plus de capacité disque, plus de résolution, etc. Cela dit, il ne fait pas de mal de le redire, toutes ces belles valeurs numériques et ces comparatifs avantageux ne vous disent rien des performances constatées à l'arrivée, l'essentiel restant de savoir comment est installé et configuré votre système, et comment il est utilisé au quotidien. C'est vous qui faites que votre machine est performante, pas l'étiquette sur le processeur.

Il y a cependant un élément matériel qui est déterminant pour la réactivité de votre ordinateur, et qui est trop souvent oublié du grand public. En effet, la vitesse générale d'un ensemble est donnée par son élément le plus lent, et quel est l'élément le plus lent dans un ordinateur ? Lequel ? Hmm ? Arf, je vois que la souris à lunettes avait levé le doigt avant même que j'ai terminé ma question, bon allez on lui laisse la parole. Et, sans surprise, elle connaît la bonne réponse : le disque dur.

Ben oui, rappelez-vous notre fascinant dossier sur les grandeurs numériques, et notamment les comparaisons de débit entre le processeur, la mémoire et le disque dur. Même gonflé à l'hélium et aux stéroïdes, ce dernier est un minot par rapport à ses copains, et c'est bien lui que votre système va passer son temps à attendre. Conclusion, si vous voulez un ordinateur vif et alerte, c'est le disque dur qu'il faut changer. Déjà, dans les technologies traditionnelles de disque à plateau, vous avez généralement plusieurs vitesses de rotation : 5400 tours/minute, 7200 tours/minute, voire 15000 tours/minute pour des modèles exotiques et survoltés. Plus ça tourne vite, plus ça débite, donc si votre portable est équipé d'un vieux modèle du premier type, prendre un modèle avec une rotation plus élevée peut déjà soulager un peu la barque.

Mais la vraie différence se fera sentir si on passe sur une autre technologie, les disques SSD. Alors ils sont moins durables, moins fiables et vraiment vraiment chers, mais honnêtement il n'y a pas de comparaison en terme de réactivité. Aux souris vertes, on fait le choix de mettre un petit SSD pour notre système (rappelez vous, le système on peut le perdre, au pire si le disque défaille on le changera en un clin d'oeil), du gros stockage pas du tout rapide pour les données, et pour tout le reste un gros tas de composants bien vieillots pas changés depuis des années qui feraient pouffer narquoisement les compareurs numériques qui sillonnent l'internet mondial en quête de nouveaux appareils à déballer en direct. Ce qui n'empêche pas notre bel ordi de ressembler à une fusée par rapport à la plupart des machines censément survitaminées que l'on exhibe dans un bien triste état réel de fonctionnement. Donc, vous l'avez compris, si vous avez de l'argent à investir, mettez-le dans le disque dur et dans le timbre que vous utiliserez pour nous adresser un courrier de remerciement !



Bien choisir son système

"Le marcheur allonge le pas

Un seul chemin

Mille destinations"


Midoriro no Mausu (la Souris Verte)

Voilà bien un élément que peu de personnes penseraient à questionner. Le système vient souvent collé à votre ordinateur comme une feuille morte mouillée à la semelle de votre chaussure, sans que le marcheur inconscient n'ait l'idée de regarder ses pieds un seul instant. Les yeux rivés sur les belles promesses d'un matériel dernier cri, ou d'un logiciel qui va chercher la lune et vous la ramène dans votre salon, on se contente de subir sans même s'en rendre compte un système préinstallé par de parfaits inconnus qui ne brillent pas par leur sens de l'empathie envers l'utilisateur néophyte.


Car oui, oui, oui, il est possible, et même souhaitable, de choisir le système que l'on veut, et ensuite de le faire filer doux, car ça n'est tout de même pas lui qui va faire sa loi crénom di diou. Nous avons déjà invectivé le très méchant Windows à de nombreuses reprises, et avons même donné quelques savants conseils pour lui botter l'arrière-train quand c'est nécessaire, mais, pour une fois, embrassons du regard toute la grande famille des systèmes d'exploitation (Operating System, ou OS pour les polyglottes). A l'évidence, nous n'avons pas prétention de parcourir toute la galaxie de possibilités qui s'offrent à vous, mais de parler de quelques grandes familles qu'il est bon de connaître :

- les systèmes Microsoft, j'ai nommé Windows x ou y. Bon, vous les connaissez probablement, vu qu'ils ont bénéficié de décennies de vente forcée, où le chaland paie une licence dans le prix de sa machine, qu'il le veuille ou non. Il faut avoir conscience que ce ne sont pas des qualités exceptionnelles, mais bien cette stratégie commerciale agressive et parfaitement illégale, ajoutée à la méconnaissance des alternatives de la part du grand public, qui explique le taux d'utilisation bananier de ces systèmes dans le monde entier. Cela dit, malgré leurs nombreux défauts, ils sont tout de même capables de rendre un service non négligeable à qui sait s'en servir.

- les systèmes spécifiques aux produits à la pomme, j'ai nommé Mac OS avec des noms d'animaux exotiques qu'ils contribuent à éteindre. Ces systèmes, il faut le reconnaître, bien que produits par un Big Brother qui n'a rien à envier à celui précédemment cité, jouissent d'une ergonomie remarquable et d'une grande fiabilité. Malheureusement, ceci se fera à prix d'or, puisqu'ils ne tournent que sur des appareils de la marque éponyme, pas vraiment connus pour leur philosophie discount et leur souci des gens financièrement dans le besoin. D'autre part, ils sont totalement fermés et ne laisseront qu'une marge de manoeuvre relative à l'utilisateur sur sa machine ; même si c'est théoriquement possible, il faudra déployer des efforts titanesques pour sortir des clous prévus par Tonton Pommo. Précisons également que le coeur de ces OS est un système Unix relativement proche de la famille BSD dont nous allons parler dans un moment.

- nous arrivons maintenant à la grande famille des systèmes Linux. Il s'agit de systèmes présents depuis un bon moment dans le paysage, gratuits, open-source et développés par des communautés actives de joyeux programmeurs du dimanche, et des autres jours aussi. Ils sont hautement configurables et se déclinent en distributions, des systèmes complets avec leur lot de logiciels et leur identité graphique propre. Bien que très longtemps cantonnés à la catégorie restreinte de personnes chevelues, myopes et habitant un univers parallèle, ce monde s'est ouvert ces dernières années au Grand Public avec l'arrivée de distributions pensées pour des utilisateurs non spécialistes, comme Ubuntu ou Linux Mint pour ne citer que les plus utilisées.

- une famille proche de la précédente, mais pas tout à fait : les systèmes BSD. Franchement la différence avec Linux n'est pas évidente au premier coup d'oeil, ces systèmes partagent la même approche et 99% des logiciels qu'elles proposent. Sans rentrer dans des polémiques qui font s'assoupir aussi vite les souris vertes, on dira rapidement que les systèmes BSD sont sans doute plus robustes, mais plus confidentiels et techniquement plus délicats à utiliser, que leurs cousins Linux. On peut citer deux membres éminents de la famille, à savoir FreeBSD, le plus utilisé et le plus connu, et openBSD qui jouit du titre de système d'exploitation le plus sûr du monde, à condition d'être en mesure de l'installer sans se jeter par la fenêtre.


Il existe bien entendu quantité d'autres systèmes d'exploitation plus ou moins obscurs, notamment dans le domaine sérieux et compassé de l'Entreprise, mais on va s'en tenir là pour notre petite présentation.


Quel système donc choisira-t-on donc, parmi tous ceux énumérés plus haut ? Eh bien, à vrai dire, rien n'oblige à n'en choisir qu'un seul. Nous l'avons déjà évoqué, vous pouvez avoir autant de systèmes que vous le souhaitez si vous savez partitionner votre disque dur, donc pourquoi se priver ? Sans tomber dans l'excès constaté chez certains individus maniaques d'installer absolument toutes les distributions Linux de l'univers, rien n'empêche d'avoir deux ou trois systèmes concurrents pour choisir celui qui correspond le mieux à vos besoins du moment. Aux souris vertes, nous savons combien il est difficile de se passer du gros vilain Windows, qui a la mainmise sur un certain nombre d'applications et la quasi totalité des jeux vidéos, donc on ne s'interdit pas d'en avoir un sous le coude pour les jours de grand vent.


Mais, honnêtement, si vous voulez un système qui soit à la fois simple, puissant, et surtout très performant, économe en ressources, nous ne pouvons que vous inciter à vous tourner vers un digne représentant de la famille des systèmes Unix : Linux, BSD, voir Mac OS si votre portefeuille est bien garni. Nous recommandons tout particulièrement Linux Mint, une distribution Linux vraiment simple et élégante. Vous pouvez en plus l'essayer puis l'adopter sans rien installer, alors hop, sautez dessus sans plus tarder et vous nous en direz des nouvelles. C'est également une méthode bien plus efficace pour redonner un coup de fouet à votre vieille machine poussive que de rajouter des kilos de barettes mémoire ou de suivre d'autres conseils d'experts patentés de la réparation par ajout de matériel.


En passant, une manière alternative de disposer de plusieurs systèmes en même temps consiste à utiliser un système de virtualisation : ceci permet de lancer un système d'exploitation directement dans un autre, comme n'importe quel programme. Par exemple, de lancer un système Linux tout seul dans sa fenêtre depuis votre ordinateur sous Windows. Ou inversement. Pas mal quand même. Après, il faut savoir que le copain virtuel prend pas mal de plomb dans l'aile à être utilisé de cette manière, et qu'il ne pourra pas vous rendre tous les services d'un vrai système, notamment en matière graphique à base de grosse 3D ou autre accélération vertigineuse. Les lecteurs aventureux pourront aller voir du côté de Virtualbox, une solution de virtualisation open-source qui fonctionne plutôt bien, pour goûter ces charmantes gâteries.



Aversion pour la version


Une souris me fait remarquer que les titres de cet article sont particulièrement indigents, mais que voulez-vous, on ne peut pas toujours être au sommet sans quoi la routine s'installe. Et encore, elle n'a pas vu le sort que je réserve au paragraphe suivant. Bref, ce titre énigmatique et controversé a le mérite d'introduire une notion importante dans l'exercice de notre liberté informatique : non content de choisir notre système d'exploitation comme de grands, nous pouvons également en choisir la version, eh oui.


Il existe deux tendances en la matière, la prudence de celui qui cherche avant tout un système fonctionnel qui ne l'embête pas tous les jours, et l'audace de celui qui recherche l'aventure et la nouveauté d'horizons numériques toujours plus vastes. En fonction de votre inclination, vous serez donc bien inspiré de choisir une version de système suffisamment ancienne, mais pas trop quand même, pour que la plupart des applications y tournent sans mauvaise surprise, ou bien la toute dernière sortie si vous voulez bénéficier de toutes les innovations du moment, au prix de devoir essuyer quelques plâtres.


Il est difficile de trancher la question à votre place, mais en tout les cas ne vous sentez jamais obligé de mettre à jour votre système parce qu'on vous dit que c'est mieux. Dans l'univers Windows, en particulier, où les versions successives passent leur temps à casser ce qui fonctionnait et prennent un malin plaisir à changer tous les repères, la grande majorité des particuliers et des entreprises n'ont aucune honte à prendre 5 à 10 de retard sur les sorties de version sans s'en trouver particulièrement lésée. Ne parlons même pas du monde Linux ou BSD, où certaines distributions solides comme du roc peuvent contribuer à faire tourner des serveurs sans mise à jour ni redémarrage pendant des décennies.


Une dernière chose qu'il faut mentionner est la différence entre les versions 32 bits et 64 bits des systèmes d'exploitation. De quoi ? Ah oui, incroyablement personne n'a trouvé de nom marketeux plus suave pour cette caractéristique parfaitement imbitable, sans mauvais jeu de mot. En fait ceci désigne le nombre de bits sur lequel peut être stocké un entier, l'unité de calcul de base de notre système. Et alors, qui donc s'en soucie, me direz-vous.

Eh bien ceci n'est pas tout à fait sans conséquence, à vrai dire.


Une première conséquence est la promesse annoncée, qui consiste en l'augmentation infinitésimale des performances, et le fait d'être à la page si vous avez un système 64 bits. Sans compter que vous avez deux fois plus de bits, et plus est forcément mieux que moins, n'est-ce pas. Autre conséquence bien concrète, vous avez quasiment divisé votre capacité mémoire par deux. Eh bien oui, un entier a besoin maintenant de deux fois plus d'espace mémoire pour lui tout seul, donc on peut en mettre deux fois moins. Mazette et palsambleu. Alors, selon la loi universelle qui veut que l'on roule toujours vers le plus de dépense, les systèmes 32bits ont tendance à se faire de plus en plus rare, et ce même si, d'après l'équipe scientifique des souris vertes, il n'existe à ce jour aucune application qui tournerait uniquement sur un système 64 bits (le contraire est fréquent, mais les systèmes 64 bits embarquent naturellement la possibilité de faire tourner des applications 32 bits pour garder la compatibilité avec les anciens programmes). Donc vous ne prenez aucun risque à choisir un système 32 bits si vous le pouvez, et c'est même le choix de la rédaction si vous n'avez pas envie d'investir dans de la mémoire vive à la tonne.


Ave Caesar, mobituri te salutant


(Traduction libre de l'édition savante MurideVerde TM : Salut César, ton téléphone sonne on dirait)

Vous aurez sans doute remarqué que, bien qu'ils constituent un sujet préoccupant au premier chef de colonisation numérique de la planète, nous n'évoquons qu'assez rarement et sans beaucoup de détails tous ces supports mobiles que les gens tripotent à longueur de journée : téléphone malin, tablette, et autres appareils indispensables aux hommes d'affaires pressés ou aux enfants hyperactifs. Eh bien oui, nous l'avouons sans détour, ce sujet ne nous passionne pas franchement, car d'une part nous ne faisons pas partie des enthousiastes des services rendus par ce type de support, qui n'est finalement qu'un ordinateur en plus fragile, plus omniprésent, moins puissant, sans périphérique de saisie digne de ce nom (je vous invite à essayer d'écrire un article de ce blog sur un appareil dit nomade et d'en tirer les conclusions qui s'imposent), et qui pour achever de nous agacer est conçu pour vous donner le moins de latitude et d'autonomie possible dans l'administration réelle de ce qui est somme toute un bête système d'exploitation masqué par des icônes géantes.


Bref, c'est sans doute regrettable, mais les souris vertes ne sont pas de très bon conseil quand il s'agit de discuter de ces étranges petites bêtes, elles qui savent tout juste, et après de nombreux essais, trouver le bouton pour allumer ou éteindre un appareil de cette catégorie qui croiserait pas hasard leur chemin. Mais, une fois n'est pas coutume, nous allons nous permettre un petit aparté qui les concerne, puisque ces appareils sont équipés, cela va sans le dire, d'un système d'exploitation propre.


Soyons clair, nous n'allons pas folâtrer gaiement dans les prés à la recherche du meilleur système possible pour vous, car d'une part le panorama des systèmes mobiles ressemble à l'uniformité d'une élection présidentielle française (toute ressemblance avec une situation concrète ou ayant existé est une pure fiction), et que quand bien même vous vous mettriez en tête de préférer blanc bonnet à bonnet blanc, vous seriez bien en peine de changer de crèmerie car votre appareil n'a été conçu grosso modo que pour fonctionner avec le système avec lequel il a été livré, et pour la courte durée où les concepteurs dudit système le prendront gracieusement en charge.


Il est cependant possible de réaliser deux opérations de rébellion face à ce système inique. La première consiste à faire sauter les verrous logiciels qui vous empêchent d'être le chef à bord du navire, ce qu'on appelle rooter (pour devenir root, c'est-à-dire super utilisateur) votre appareil. La procédure est à chaque fois particulière, et parfois relativement acrobatique, mais nous semble un prérequis indispensable à l'accession à une autonomie minimale sur la petite machine. En même temps, cela aura pour effet de jeter aussi sec la garantie aux orties chez les fabricants les moins arrangeants.


La deuxième procédure, pour ceux qui disposent d'un appareil Android, qui bien qu'appartenant à l'affreux Google et largement aussi invasif que ses concurrents sur votre vie privée, est un système open-source qui a donc le mérite d'avoir des implémentations alternatives que l'on appelle des Roms custom. On ne change pas vraiment d'univers, l'analogie serait plutôt celle de la distribution, comme pour les systèmes Unix, mais la présentation et les outils proposés par le système sont différents et développés par des communautés plutôt que par des grosses entreprises multinationales. On ne citera pas de noms de Roms ici, la polémique faisant rage dans les milieux autorisés pour savoir si untel est vraiment aussi libre qu'il le dit, mais sachez que pour qui sait chercher, il y a moyen de trouver là des alternatives nettement moins gourmandes, plus configurables et moins envahissantes que le système propriétaire qui équipe votre appareil par défaut.


Tous ces conseils sont à manier avec des pincettes, car le risque est grand de porter dommage voire coup fatal à votre petit joujou, mais les plus militants, bricoleurs ou motivés de nos lecteurs pourront aller regarder avec intérêt sur l'internet mondial de quoi il retourne.



Bien choisir ses programmes

"Toutes ces fleurs

Offertes au papillon -

Comment peut-il choisir ?"


Midoriro no Mausu (la Souris Verte)

Une souris attentive me fait remarquer que nous avons déjà abordé le sujet de ce paragraphe dans les articles précédents. C'est vrai. En même temps, allons-nous pour autant nous interdire de radoter nos conseils sous prétexte d'épargner nos lecteurs fatigués ? Certainement pas. Permettons nous donc d'en remettre une fine couche sur le sujet, afin qu'à force de répétition opiniâtre notre message porte dans les chaumières les plus reculées et jusqu'au fin fond des forêts boréales.


Vous l'avez sans doute compris depuis qu'on le rabache, pour la santé de votre machine comme pour la vôtre, mais mentale, il est important de bien choisir les programmes installés. Mais, bien évidemment, l'attention que l'on portera à ce choix dépendra fortement de notre utilisation dudit programme ; il n'est peut-être pas nécessaire d'essayer une centaine d'applications différentes de gravure de CD-ROM si vous ne souhaitez graver qu'un seul CD dans les dix prochaines années. A l'inverse, il paraîtrait absurde de se contenter sans se poser de questions du navigateur par défaut de votre système alors que vous l'utilisez quotidiennement et pour un tas d'activités essentielles, comme consulter ce blog. Etonnamment, c'est pourtant ce que font la majorité des gens.


Pour s'éviter les complications futures, on se contentera du nombre minimal de programmes nécessaires à notre bonheur, et surtout on les choisira dans la catégorie des poids plumes plutôt que des Usines à Gaz, celles qui font le ménage tout en vous servant le café au premier clic dans une fenêtre. Après, tout cela est sans doute plus facile à énoncer qu'à mettre en pratique si vous ne passez pas vos journées sur votre ordinateur en quête de l'application-parfaite-qui-fait-juste-ce-que-je-veux.


Il faut reconnaître que les logiciels libres ne sont pas d'une grande aide en la matière, car ils représentent la quintessence ce qu'aux souris vertes on résume sobrement par : "trop de choix tue le choix". En effet, le moindre programmeur insatisfait de l'application X s'empresse de faire la sienne qui fait presque la même chose mais pas tout à fait, ce qui fait que, pour le quidam qui observe le champ de bataille depuis une position en retrait, il est bien difficile de s'y retrouver dans le capharnaüm des applications disponibles. Sans compter qu'entre les fanatiques de la ligne de commande monochrome et les partisans de l'interface avec un seul bouton de 2 mètres de large, on ne sait jamais trop où l'on va mettre les pieds. Et la situation est presqure pire sous Windows ou MacOS, où l'on risque à tout moment de tomber sur un logiciel faussement gratuit, un représentant émérite de l'école de Programmation Avec Les Pieds, voire sur un infâme Virus de La Mort.


C'est pourquoi, pour la plus grande joie des petits et des grands, les souris vertes vous livrent ici leur trousse à outils personnelle, leurs petites applications favorites qu'elles aiment et qu'elles cajolent. Un bon nombre d'entre elles ont déjà été citées dans nos articles précédents, mais compilation n'est pas raison, comme dit le sage, ce qui, vous en conviendrez, ne veut strictement rien dire mais rime magnifiquement.


Remarquons que, dans notre grande magnanimité, nous ne parlerons ici que d'applications légères, gratuites, open-source et multi-plateformes. Ce qui signifie en particulier que vous pouvez les installer partout où vous irez (enfin, demandez quand même si vous n'êtes pas chez vous). Certaines ont même des versions portables, que l'on peut embarquer sur une clé USB et exécuter directement sans installation requise. Diablement pratique.


Allez, on énumère nos petits compagnons informatiques :

- on commence tout de suite par le navigateur internet, qui est sans doute l'application la plus utilisée de votre machine. On ne se cache pas de préférer Mozilla Firefox aux souris vertes, bien que le choix soit pléthorique dans le domaine. On déconseillera tout de même pour leur indigence absolue tous les navigateurs Microsoft, Internet Explorer en tête, et en tant que grand amoureux de la liberté de penser on ne pourra que tiquer à l'idée d'utiliser Chrome, le navigateur de Google qui raconte tous vos faits et gestes à son papa sans se cacher.

- tant qu'à rester chez Mozilla, proposons tout de suite notre choix de client de messagerie, Mozilla Thunderbird. Alors oui, il est vieillot et n'évolue plus franchement, mais en même temps il sait tout faire, avec le sourire et sans effort. Les équipes du Professeur Souriso ont eu beau lancer un ambitieux programme de recherche sur le sujet, elles n'ont jamais trouvé mieux.

- application indispensable s'il en est, un bon lecteur de documents pdf s'impose, comme Evince, qui par dessus le marché lit tout un tas d'autres formats que vous ne rencontrez jamais.

- pour savoir lire tout le contenu multimédia de la galaxie sans additif ni arrachage de cheveux, audio, vidéo, support amovible comme fichier s'il vous plaît, on installera promptement VLC et on supprimera aussi vite tout le reste.

- ceux qui souhaitent retoucher des images pourront le faire avec bonheur avec GIMP. Attention, il fait clairement partie de la catégorie des gros costauds, autrement dit c'est un logiciel horriblement complexe mais qui permet de faire à peu près tout ce qui existe en terme de manipulation d'images. Aux souris vertes, on l'utilise avec deux doigts et en fermant les yeux pour retailler nos magnifiques dessins, afin de ne pas consommer inutilement de l'octet avec une image dix fois trop grosse.

- pour ceux qui utilisent parfois la calculatrice, oui, vous ne rêvez pas, on pourra la remplacer avantageusement par SpeedCrunch, toute simple mais vraiment puissante pour les passionnés du cosinus inverse.

- ceux qui souhaitent faire du traitement texte, tableur et autres applications bureautiques pénibles pourront se tourner vers la suite LibreOffice. S'il faut reconnaître qu'elle est loin d'égaler en qualité son équivalent propriétaire bien connu de chez Microsoft, elle a tout de même quelques atouts indéniables, comme le fait de ne pas avoir son interface mise sens dessus-dessous à chaque version, le fait de ne pas coûter un bras, voire deux, et surtout sa compatibilité universelle qui fait qu'elle ouvrira absolument tous les documents sans faillir, contrairement à son concurrent qui ne sait même plus reconnaître les fichiers écrits il y a quelques mois pourtant avec son aide.

- finissons par une petite exception spécifique aux pauvres hères qui doivent oeuvrer sous Windows. C'est en effet le seul système qui ne reconnaît absolument aucun format d'archives par défaut, mis à part le sien propre (le rigolotement nommé mais honteusement inefficace fichier zip). On ne nommera pas les alternatives propriétaires parfaitement ineptes auxquelles les personnes désespérées par cette situation ont tendance à se confier, pour désigner simplement un logiciel d'archivage sobre et redoutable qui saura combler toutes vos attentes en matière de compression et de décompression, oui, oui, même pour les fichiers zip, à savoir 7-zip.


Et bien voilà déjà un bel ensemble prêt à décorer avantageusement votre salon. Il s'agit même sans doute du lot de bienvenue minimal qui devrait se trouver sur toute machine digne de ce nom, à la place des innombrables merdouilles qu'y placent les fabricants peu scrupuleux. Il est cependant bien clair que cela ne suffira sans doute pas à votre bonheur, mais espérons que cette petite liste saura vous encourager à chercher dans la même veine toutes les applications plus spécialisées dont vous auriez besoin.


Etant donné qu'on ne va pas étaler notre vie, bien qu'elle soit passionnante et que le monde entier n'attende que cela, nous nous garderons d'énumérer l'ensemble des programmes un brin particuliers que nous utilisons. Mais, pour illustrer l'esprit qui nous guide, citons-en un exemple : nous aimons par exemple, aux souris vertes, jouer avec des enregistrements sonores pour mixer notre petit choeur de souris en fête. Nous nous servons donc naturellement et avec entrain d'Audacity, un allié sympathique en la matière, qui rend bien des services même s'il ne s'agit pas d'un logiciel professionnel. Alors vous souhaitez faire du montage vidéo ? Des albums photo ? Du dessin assisté par ordinateur ? Un plan de votre salon ? Eh bien à vous de jouer, bon courage pour trouver l'application simple et pratique qui vous aidera.


Mais, entendons-nous bien, on installe bien une application pour l'utiliser, autrement on se retient ou on désinstalle rapidement ; si vous ne faites que papillonner d'activité numérique en activité numérique sans jamais vous poser vous ne ferez que plomber votre machine.



Bien choisir sa conclusion


Ah, tout ce choix désormais ! Une myriade de mondes qui s'offrent à nous, quand auparavant notre seule latitude était d'opter pour le nouveau modèle Zorglub10 ou bien le dernier Schtroumpfor254, tous deux super bien notés par GrosComparateur.net. Guillerets et libérés de ces diktats faciles, nous pouvons observer avec acuité notre belle machine pour lui donner ce petit coup de pouce qui la rendra encore plus à même de nous faire plaisir. Une sorte d'écoute et de compréhension mutuelle, n'est-ce pas ce à quoi chacun aspire dans une relation ? Petit matériel, système, logiciels, choisissons, sélectionnons, bichonnons, pour davantage profiter et moins gaspiller.

On se quitte sur ces paroles excessivement profondes, en attendant de poursuivre ce dossier qui, c'est proprement incroyable, n'est toujours pas à son terme. Comment donc sera-t-il possible d'y ajouter ne serait-ce que deux phrases devant la somme de connaissances déjà accumulée ? On a hâte d'en savoir plus !








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Le saviez vous ? La voiture est un ordinateur sur roues
Date 21/01/2017
Ico Le saviez-vous ?
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Le saviez-vous ?


"La selle ôtée

Nue et froide m’apparaît

La croupe du cheval"


Tanaka Hiroaki (1873)


Aujourd'hui nous cultivons une petite pointe d'étonnement légitime et de surprise (on hésitera à ajouter horrifiée), d'autant plus pour nos petites souris vertes qui ne se déplacent qu'à quatre pattes, et généralement à la vitesse de la souris verte, soit relativement loin des engins à moteur qui parsèment nos routes, nos parkings, nos villes et nos campagnes.


Ne doutons pas que peu de personnes feront preuve de la naïveté touchante qui consisterait à penser que l'automobile n'est qu'un simple moyen de transport, car il est bien connu désormais qu'il s'agit bien là d'un doudou géant, voire d'une maison miniature, sans compter un symbole roulant de votre identité triomphante. Mais, au-delà de ces considérations qui n'ont rien de particulièrement nouveau, il est des transformations silencieuses de nos petites zotos qu'il nous faut regarder attentivement, pour ce qu'elles révèlent de notre société aussi bien que pour leurs impacts écologiques et technologiques bien réels.


Comme l'indique assez remarquablement le titre de cet article, nous jetons le projecteur aujourd'hui sur la tendance à l'informatisation galopante dans les véhicules à moteur. Il paraît difficile d'ignorer ce phénomène, vu que plus personne n'est capable de démarrer une voiture ou d'activer les essuies-glaces sans un mode d'emploi ressemblant au manuel de votre système d'exploitation. Mais sait-on bien quelle quantité d'électronique équipe notre voiture aujourd'hui, et surtout à quoi elle sert ? Loin d'être des spécialistes du sujet, nous nous contentons de jeter un pavé dans la mare qui, espérons-le, permettra de se questionner à bon droit et de ne pas accepter comme nécessaire et inéluctable un cours des choses que bien peu de gens ont réellement appelé de leurs voeux.



Folles dépenses électroniques

Bon, commençons par un petit constat élémentaire. En 1990 déjà, si si, 16% du coût total d'un véhicule provenait de l'électronique qui l'équipait. Comment, comment ? On ne se souvient pas pourtant que l'on roulait à grand coup de GPS, d'autoradio bluetooth et d'ordinateur de bord qui vous murmure à l'oreille droite. C'est que cela fait un moment que l'électronique a fait son apparition dans les systèmes d'allumage et de freinage.

Mais on peut dire qu'il s'agissait davantage d'un prolongement par des composants électroniques du système mécanique, ce qui est très différent de la tendance lourde des dernières années. En effet, après avoir stagné un bon moment côté équipement à puce dans nos voitures (la proportion atteignait encore, modestement dira-t-on, 25% du coût total en 2005), en 10 ans nous avons fait un saut qualitatif et quantitatif prodigieux, à tel point que l'électronique représente désormais près de 40% du prix de votre voiture.

Eh oui, vous croyez acheter des vitres teintées, des jantes en aluminium, une carrosserie aérodynamique, quand en réalité vous payez du processeur à la tonne. Et, si l'industrie automobile n'a jamais été reconnue pour son rôle environnemental majeur dans la préservation de la forêt amazonienne ou le sauvetage des bébés phoques, on peut maintenant dire qu'elle est en passe de réaliser une prouesse impressionnante à un moment où il devient difficile d'ignorer les impacts environnementaux des objets que l'on produit : allier la sympathique pollution à l'ancienne de nos bonnes vieilles chaînes de montage et autres peintures au solvant qui pique les yeux, à la toute dernière innovation en matière de dégradation des ressources, à base de terres rares, d'exploitation de minerais, de consommation d'énergie débordante pour une miniaturisation toujours plus grande de composants embarqués. Un mariage rêvé ! Sachant que personne n'anticipe à court ou moyen terme un changement sérieux de mode de transport, les analystes les plus éminents de lèchent déjà les babines de ce marché de l'électronique naissant qui va bientôt dépasser de très loin par ses besoins celui des ordinateurs, téléphones et autres appareils numériques qui pèsent pourtant déjà assez respectablement dans la production annuelle de déchets toxiques.

Rappelons également que, contrairement à la plupart des éléments mécaniques équivalents, les éléments électroniques ajoutés requièrent une alimentation électrique constante, ce qui doit être un vrai casse-tête à câbler d'ailleurs, et donc nécessitent une batterie bien lourde pour alimenter l'ensemble, sans compter l'électricité à produire pour les recharger. Si on n'en est pas encore aux quelques 200 kg de batteries qu'embarque une voiture électrique, gageons que même les voitures traditionnelles réussiront à atteindre un seuil plus que respectable en la matière en imaginant toujours plus d'utilisation électronique gadget au sein de votre habitacle.


De nouvelles pannes neuves et réjouissantes


Un des premiers effets formidables de cette nouvelle tendance à saupoudrer du composant électronique partout est la possibilité de multiplier les pannes cocasses et totalement impossibles à diagnostiquer ou réparer sans un matériel hautement spécialisé. On pourra trouver une bonne illustration ici par exemple du nombre de petites pannes sympathiques qui peuvent émaner de tous ces composants dont la robustesse n'est pas toujours au rendez-vous. Sans surprise, la défaillance électronique est de loin la cause la plus fréquente de panne automobile sur les véhicules récents.

Mais il y a mieux : le système informatique étant de plus en plus centralisé, la micro-panne d'un élément totalement superflu, qui ne vous aurait jamais empêché de rouler auparavant, va maintenant occasionner un blocage total du système qui fera que vous ne pourrez plus démarrer jusqu'à ce que vous ayez enfin compris que le capteur de la jauge du liquide d'essuie-glaces arrière est à remplacer. Paradoxalement, puisque toute cette débauche de transistors est censée être avant tout au service de la sécurité accrue de l'usager, ceci est hautement dangereux car l'ordinateur se braquera hors de toute considération de survie de ses occupants s'il commence à avoir des vapeurs. On peut citer le cas d'un collègue dont la voiture s'arrêtait tout simplement totalement en pleine course et à des moments aléatoires à cause d'un composant électronique défaillant. Sensations garanties si cela se produit à plus de 100km/h, sans possibilité de freinage (électronique lui aussi).

Tout ceci permet également, sans émoi ni protestations excessives dans les journaux télévisés, de mettre tranquillement sur la paille les mécaniciens automobiles qui deviennent bien inutiles lorsqu'il s'agit de réparer la première broutille venue, et ne peuvent qu'appeler à la rescousse un ingénieur informaticien de la marque de votre voiture, puis le regarder, les bras croisés à vos côtés, accomplir son rituel de sorcellerie vaudoue à grand coup d'écrans de diagnostic qui clignotent.

Même si la voie suivie paraît de moins en moins praticable et qu'il faudra bientôt, au lieu d'une machette, dégainer un lance-flammes pour continuer d'avancer sans encombre, le saint-graal en terme de défaillance électronique semble avoir été trouvé en l'espèce de l'auto-diagnostic intelligent : le système surveille lui-même ses propres pannes et les corrige, ou alerte, avant qu'elles ne surviennent. Quelle idée géniale ! On imagine ce qui se passe quand c'est le système de détection de panne qui va se mettre à dysfonctionner : faudra-t-il alors changer des composants qui sont pourtant parfaitement opérationnels ? Ou bien ajoutera-t-on un système de détection de panne du système de détection de panne ?


De la délégation du geste à l'obsession du contrôle


Bien bien, il est temps de s'interroger sur la finalité de cette avalanche de composants électroniques que l'on insère joyeusement dans nos voitures. A quoi servent-ils réellement ? Un jeu de Lance Ton Pingouin intégré directement dans les commandes au volant ? Un système de guidage par ultra-son pour localiser les souris vertes cachées sous les roues ? Une alerte automatique au conducteur lorsque son regard se détourne plus de quinze millisecondes de la route ?


On n'est pas très loin de tout cela, en vérité. Au delà des évidentes sucreries multimédia (DVD intégré pour calmer les enfants à l'arrière, GPS dernier cri pour les passagers avant) qui paraissent bien indispensables à tout voyage automobile, c'est surtout du côté des capteurs à tout crin que l'on va en mettre une bonne couche. On pourra voir cet exemple de schéma fascinant de tout ce qu'un constructeur de micro-composant peut vous offrir de mieux pour votre confort et votre sécurité : contrôle de consommation du moteur, radar de recul, contrôle de l'airbag, détection automatique d'effraction, et même, joie et félicité, un module de démarrage à distance de la voiture.


Et encore, il manque dans cette belle description un tas d'options indispensables qu'il m'a déjà été donné de rencontrer dans ma longue carrière de passager, comme la gestion de l'ouverture du coffre par l'appui sur un petit bouton (ne pas confondre avec une poignée, ici tout cela est bien pris en charge par un petit moteur relié à notre système intelligent), l'ordinateur de bord qui détecte la présence des ceintures de sécurité et la position correcte des fesses de chacun des passagers, les sièges réglables électroniquement, etc.


Or nous sommes forcés de constater que toutes ces incroyables améliorations à la vie quotidienne ne sont en réalité que des économies de gestes somme toute relativement peu épuisants. Il était déjà apparemment trop demander à un passager de tourner une poignée pour baisser ou relever sa vitre, on peut maintenant avoir le même niveau de paresse en ce qui concerne le réglage des rétroviseurs, l'ouverture de sa portière, le fait de tourner la clé dans le contact, et ainsi de suite. Déjà que l'automobile est un des modes de transport qui sollicite le moins l'activité physique, on peut ainsi achever de se transformer en un légume complet qui ne lèvera pas le petit doigt pour réaliser la moindre action. Franchement, pour ces merveilles, on peut sans hésiter supporter les petits inconvénients décrits par ces rabats-joie de souris vertes, comme une pollution accrue et des pannes multiples. Une fois de plus, cependant, on ne peut que constater la portée universelle de cette maxime que nous devons au Professeur Souriso : "petit confort entraîne grosses dépenses".


Remarquons tout de même qu'il est un autre effet indésirable de la prolifération de l'électronique véhiculaire, à savoir la perte d'autonomie du conducteur dans sa petite auto. On a déjà dit ce qu'il en était de notre pauvre garagiste voué à l'extinction, mais il faut dire que le conducteur n'est pas franchement mieux loti : les systèmes mis en place ont comme parti pris que l'humain est faillible, et la machine non, autrement dit c'est toujours l'ordinateur qui a raison quoi que vous en disiez, et non, vous ne pourrez pas démarrer sans avoir mis votre ceinture, même si pour une raison quelconque cela ne vous est pas possible immédiatement, non vous ne pourrez pas avancer la portière mal fermée, etc. Vous serez ainsi aux ordres d'un petit tyran numérique qui vous dictera sa loi et n'entendra jamais qu'il peut y avoir des exceptions lorsque l'on roule sous deux mètres de neige ou que l'on doit manoeuvrer à flanc de colline. Mais ne nous arrêtons pas en si bon chemin, tant qu'à faire autant carrément dégager cet humain inutile de l'habitacle pour laisser nos voitures se conduire toutes seules. C'est la promesse d'un futur proche et vraiment radieux.



Vers la robotisation du conducteur


Depuis quelques années qu'on nous rebat les oreilles avec la voiture dite intelligente qui se promène toute seule, il semblerait qu'elle soit en passe d'arriver enfin chez nos concessionnaires pour faire la joie du Grand Public prêt à se ruer sur ce nouveau jouet. On ne s'étendra pas trop sur le sujet, bien que nombre de prophètes nous dépeignent l'avenir à grand coup de conduite robotisée, à vrai dire aux souris vertes on prédit un Bide Total pour cette vision qui emprunte toutes les mauvaises pentes de l'objet industriel non durable : miniaturisation forcenée, boulimie de processeurs et autres composants très complexes à produire (100 processeurs différents au minimum sont nécessaires au fonctionnement de ces joujous, d'après ce qu'on peut lire), multiplication de capteurs ultra-sensibles et fragiles, impossibilité de réparation ou de remplacement de la moindre pièce, dangerosité extrême d'une défaillance du système (on attend avec impatience de voir la qualité des composants équipants les voitures destinées au bon peuple, qui, n'en doutons pas, n'auront que des liens de parenté relativement éloignés avec les prototypes survitaminés de Google ou autre entreprise enthousiaste).


La seule bonne nouvelle qui nous vient de ce gaspillage d'énergie et d'intelligence collective vient du fait que la puissance des processeurs embarqués commençant à entamer sérieusement la capacité des batteries qu'il est possible d'emmener, on est forcé et contraint de commencer à s'interroger sur le gabarit des véhicules et la vitesse à laquelle on peut les faire rouler de manière crédible. Une fois que votre voiture intelligente saura, à prix d'or et à grand frais environnemental, vous faire parcourir une vingtaine de kilomètre à la vitesse moyenne de 30 km/h, en vous permettant de porter avec vous un sac de 5 kilos, on pourra enfin s'interroger sérieusement sur la pertinence du vélo qui vous propose ce service sans vous prendre pour un assisté fini et sans vous voler toutes vos économies au passage.



Bientôt la marche à pied assistée ?

Histoire de ne vraiment pas terminer la journée sur une note joyeuse, il faut avoir conscience du fait que l'automobile n'est qu'un des domaines d'application de l'informatique embarquée, qui, à notre insu, prend une place de plus en plus grande en appliquant la même logique implacable : remplacement des humains par des machines autoritaires et tyranniques, perte d'autonomie des consommateurs, et économies absolument risibles de petits gestes qui ne coûtaient rien. De la caisse ou du guichet automatique, en passant par l'escalier roulant qui se met en marche quand vous approchez, à la porte automatique, à la commande vocale de votre porte de garage ou de votre jet de douche, on n'en finit pas de vous inonder de bonheur assisté par ordinateur.

Aux souris vertes, on attend toujours impatiemment les chaussures qui vous propulsent automatiquement lors des promenades en forêt, plus le capteur intelligent qui localise  immédiatement la fleur, l'identifie et la cueille grâce à son bras artificiel. Ah, et puis aussi une caméra ultra perfectionnée qui détecte les chats et leur administre automatiquement une décharge s'ils s'approchent trop près. Vivement le futur !








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