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Le Petit Geste Du Jour : je me dirige sans GPS
Date 04/02/2018
Ico Le Petit Geste du Jour
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"Verse l'averse d'automne -

Le chemin

Encore et toujours"


Taneda Santôka (1882-1940)


Attenzione, attenzione, aujourd'hui, on se prépare à un Petit Geste qui décoiffe, une idée tellement incroyable que personne n'aurait raisonnablement pu l'émettre à part une souris verte totalement passée à côté de son éqoque (les souris grises ou violettes sont déjà, paraît-il, outrageusement équipées de petits appareils numériques), à savoir la Direction Non Assistée, la Navigation Sans Assistance, le Déplacement Hors Ligne, la Marche Déconnectée, bref toutes formes de transport excessivement exotiques qui se réaliseront sans l'aide du moindre appareil numérique, même pas le plus petit non non.


Je vois poindre ici la circonspection naturelle de nos chers lecteurs, qui savent bien que ceci est impossible et que toute navigation à pied, à cheval ou en vélo, voire en bateau, en train, ou en voiture à pédale, se fait nécessairement grâce à un formidable système mondialement mondial appelé GPS. Eh bien, nous nous promettons ci-devant et avec panache de vous livrer des astuces incroyables qui vont vous permettre de vous déplacer autrement et sans l'aide de vos petits compagnons numériques quotidiens. Si si ! Mais avant ces formidables conseils qui vont certainement changer la face du monde, n'en doutons pas, expliquons un peu la motivation du pourquoi on pourrait vouloir se passer de notre copain GPS. C'est parti !


Le problème


C'est étonnant, mais nous n'avons jusqu'ici jamais eu l'occasion de parler vraiment de ce petit système GPS qui nous aide tant. Pourtant, il est difficile à éviter, le bougre, étant donné qu'on le capte absolument partout. Car oui, le GPS, avant d'être un système de localisation, est avant tout un réseau : il s'agit d'un ensemble d'émetteurs qui, sur une plage de fréquence et selon un protocole spécifiques, vous envoie très gentiment votre position où que vous soyez sur terre. Mais comme il ne s'agit ni d'un de vos amis qui vous suit partout, ni d'un medium particulièrement performant, il faut bien qu'il y ait un petit trucage à cette prouesse digne des plus grands magiciens de ce siècle, et celui-ci n'est pas particulièrement subtil : le système GPS est en réalité  composé d'un ensemble de satellites disposés en orbite un peu partout au-dessus de la planète. Grâce à une méthode géométrique bien connue de triangulation, si vous pouvez connaître votre distance à 3 points fixes, donc à 3 satellites, vous pouvez en déduire votre position absolue partout dans l'espace. Formidable !


Remarquez au passage que votre petit récepteur GPS communique donc avec pas moins de 3 satellites à chaque fois qu'il souhaite connaître sa position. Autrement dit, pour me localiser, il me faut donc : une trentaine de satellites dans l'espace, plus une puce GPS ultra minuscule dans mon appareil capable de leur parler doucement. Mais, à vrai dire, comme vous ne ferez pas grand chose de vos coordonnées sphériques à la surface du globe, il faut tout de même rajouter une petite couche logicielle supplémentaire, et un peu de réseau traditionnel pour nous afficher une carte au dessous de notre point qui clignote. Ce système est diablement efficace, mais c'est à peu près le plus coûteux qu'on aurait pu imaginer si on se donne comme proposition le fait de s'orienter simplement (même en restant sur le même modèle, par exemple, on pourrait sans doute trianguler à partir d'objets légèrement plus près que 30 km dans l'espace).


D'ailleurs, si l'on trouve désormais pas mal de monde pour s'indigner des géants américains du web qui colonisent notre univers mental, personne ne semble s'inquiéter outre mesure du fait que l'ensemble du système GPS, satellites et protocoles inclus, appartient à l'armée américaine qui l'avait certainement mis en place pour des raisons altruistes et bienveillantes, et dans un souci constant d'amour du prochain. Il est bien pratique qu'elle n'ait plus besoin de se démener pour espionner les gens, puisque la moitié de la population lui signale bien obligeamment sa position plusieurs centaines de fois par jour.


Mais, au-delà de l'aspect inquiétant de Big Brother Is Watching You From Space, c'est surtout côté débauche environnementale que tout cela commence à piquer le nez. Si l'on considère qu'en moins de 40 années d'existence, le programme GPS a déjà lancé 70 satellites (on pourra voir le détail ici de tous ceux qui ont déjà été décommissionnés de cette belle opération), on voit que l'addition va commencer à être salée s'il faut continuer à construire des fusées et des satellites à un rythme effréné pour continuer à trouver notre chemin jusqu'à la pizzeria.


D'autant que tout le monde n'est pas resté insensible au fait qu'une fois de plus, et à notre grand dam, les Etats-Unis dominent le monde et nous regardent de haut. L'Europe a donc décidé de créer son propre système de localication, dans un branle-bas généralisé d'une envergure telle qu'elle aurait pu le nommer Opération Puma des Neiges ou Objectif Gros Oeil de Lynx, mais qui est plus modestement appelé Galileo. Le contribuable sera donc bien rassuré de savoir qu'il finance avec bonheur le lancement prochain d'une nouvelle salve d'une trentaine de satellites, afin de faire la même chose qu'avant, mais nous-même tout seuls. Nous confessons aux Souris Vertes une profonde ignorance dans le domaine des déchets spatiaux, vu que nous n'avons pas la joie d'en croiser tous les jours au fond du jardin, mais il y aurait sans doute un excellent sujet à creuser pour les gens qui s'intéressent à la pollution spatiale. Surtout que ces appareils sont judicieusement placés de manière à hanter notre ciel direct pendant quelques milliards d'années si personne ne s'avise de trop les déranger, ou s'ils ne nous tombent pas sur la tête avant.


Rappelons également que la puce GPS de votre copain électronique, qui émet constamment dans votre dos, est une consommatrice de batterie bien sérieuse, et qu'il est également intéressant pour la durée de vie de votre appareil et son autonomie de lui couper le sifflet aussi souvent que possible.


Bref, le système GPS est "bien pratique", pour reprendre une expression que nous bannissons aux Souris Vertes car elle se traduit généralement par "situation qui m'économise un geste que j'aurais pu réaliser sans effort, mais dont je suis bien aise de me dispenser en contrepartie d'un gaspillage de ressources que je ne suis pas obligé de voir", mais on peut sans doute imaginer de réaliser nos déplacements quotidiens de manière aussi efficace sans faire appel à de la Technologie de l'Espace De la Mort.



La solution


Avant d'aborder une série de conseils fracassants concoctés par l'équipe de choc du professeur Souriso, reposons-nous un moment et accordons-nous un petit instant de contemplation haïkale (un adjectif que nous inventons pour la circonstance, il faut ce qu'il faut).

"Sans dévier

Il se dirige vers la mer

Le bébé tortue"


Midoriro no Mausu (la Souris Verte)

Bien, nous voilà prêts désormais à affronter la possibilité vertigineuse d'un déplacement sans aide électronique. Ceci peut paraître fou, voire dangereux tant le risque est grand de se perdre dans la forêt et de finir dévoré par les loups. Cela dit, les logiciels de navigation GPS ne sont pas exempts d'erreurs et constituent apparemment une cause de mortalité importante parmi les personnes qui s'aventurent dans le désert nord-américain. Autrement dit, vouloir quitter la chaleur de notre couette au petit matin, GPS sous le bras ou pas, constitue toujours un danger qu'il nous faut assumer vaillamment. Fort de notre volonté sans faille, comment allons donc pouvoir nous rendre à la boulangerie du coin, au travail, à la jardinerie la plus proche ?


C'est ici qu'après des années d'étude sur le sujet, le professeur Souriso est en mesure de formuler trois propositions incroyables qui résolvent ces questions délicates :

- l'utilisation d'un plan de ville (si l'on est en ville), d'une carte de randonée (si l'on est à pied mais pas en ville, c'est précis et ça marche même si l'on n'est pas en tenue de Super Marcheur Dynamique), ou d'une carte routière (pour tout autre moyen de transport visant une plus grande distance). A ce point, faisant fi de tout principe de neutralité commerciale, les Souris Vertes n'hésitent pas à recommander chaudement l'atlas Michelin des routes françaises qui, même pour quelqu'un qui ne possède pas de véhicule à moteur, est sans doute ce qui se fait de mieux pour trouver son chemin par tous les temps et sur toutes les routes. Et en plus il fonctionne sans pile, et même dans les coins les plus reculés du territoire où les réseaux finissent par s'évaporer dans l'air enfin pur.

- l'utilisation judicieuse des panneaux de signalisation. Il faut se rendre compte du nombre de panneaux routiers, même en ville, disposés et maintenus avec amour par une administration toujours soucieuse de ne voir personne s'égarer, qui sont maintenant snobés avec application depuis que chacun s'oriente avec l'aide du GPS mondial. Et pourtant ce système a fait ses preuves pendant plusieurs dizaines d'années, voire plus, et est diablement efficace, aussi bien pour diriger des piétons autant que des automobilistes. Ne laissons pas tous ces beaux efforts de signalisation se perdre dans le néant de l'oubli !

- le recours à la sagesse ancestrale des autochtones. Demander son chemin à quelqu'un d'autre qu'à Goût-Gueule peut sembler cocasse, mais à vrai dire il arrive très souvent que les gens aussi sachent s'orienter et donner des directions intelligentes pour aller quelque part. C'est également un moyen simple de goûter, sans excès et en toute sécurité, à l'exotisme du contact avec La Personne Du Cru, une expérience hors du commun que beaucoup doivent aller chercher à l'autre bout de la planète, quand ils pouvaient la réaliser sans attendre en éteignant leur smartphone quelques minutes. Renversante révélation !



Marche tout droit (ouwap)


On voit que notre professeur préféré n'a pas ménagé sa peine pour nous proposer ces belles alternatives à la navigation par GPS, raison pour laquelle nous n'hésitons pas une seconde à lui rendre ce vibrant hommage sous la forme de titre d'un paragraphe tiré d'une des meilleures chansons du regretté Claude François. On trouverait sans doute bien d'autres idées pour se déplacer simplement sans se perdre, et sans assistance numérique intégrée.


Alors, pour aujourd'hui et le restant de nos jours, débranchons le GPS, faisons taire la dame qui parle dans l'auto, et orientons-nous avec notre bon sens et quelques moyens low tech bien sentis. Et surtout, redécouvrons la joie d'errer sans autre but précis que celui de contempler toute la surprenante vie qui fourmille dans notre environnement familier, et que nous ne voyons plus à garder les yeux rivés sur des petits écrans. Cessons de réduire le vaste monde à une carte pixellisée et à quelques centimètres de largeur !


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Les 5 gestes totalement vraiment incontournables de l'écologie numérique
Date 05/01/2018
Ico Le Petit Geste du Jour
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Nous bouleversons aujourd'hui la mise en page de notre superbe blog pour proposer un article en forme de bouée de sauvetage à nos lecteurs désespérés. Que sont devenus, en effet, ces magnifique Résumés Pour les Fatigués de la Lecture (RPFL pour les intimes) qui ornaient si délicatement notre tout premier dossier ? Et comment nos lecteurs pourraient-ils ne pas se noyer devant cette avalanche de conseils qu'ils ne savent par quel bout attraper, sans une lumière leur montrant le bout du tunnel, à quelques pas à peine ?


Alors, aujourd'hui, pour bien commencer l'année et rien que pour vous, nous allons sélectionner les 5 mesures que, s'il fallait n'en garder que 5 (remarquez que ça tombe bien, quand même, si on voulait en garder 6 ça ne marchait déjà plus), eh bien il faudrait les garder, justement. Un concentré de nos Petits Gestes les plus essentiels, avec un maximum de pulpe au fond et plein de belles vitamines pour l'hiver.


Avant d'aligner notre hit-parade et de briser le suspense haletant qui place la foule au bord de l'apoplexie, il nous faut confesser un péché inavouable à nos chers lecteurs. En effet, un de mes amis, qui a le bonheur de travailler dans le milieu du journalisme, m'a révélé une fois la botte secrète de l'article qui percute et fait venir des millions de lecteurs instantanément : précisément celui qui décline les 10 raisons de, les 50 les plus, les 20 mesures qui, etc. Apparemment ce type d'article bien polissé où tout est ordonné et compté fait le bonheur du badaud qui se promène nonchalamment sur l'internet mondial.


Si aux Souris Vertes nous aimons l'ambiance confinée de nos soirées de lectures intimes partagées avec nos fidèles lecteurs, et si nous ne souhaitons pas franchement faire exploser l'audience de notre site pour ensuite nous retrouver à inonder tous les médias de la terre de notre discours il est vrai si pertinent, nous avons décidé de tenter l'expérience, pour voir si la Loi de l'Article Vendeur se vérifie. Sachant qu'en plus ceci nous permet de recaser des dessins et du contenu tout prêt, autrement dit de ne pas nous fouler plus que de raison, et qu'au demeurant ce rappel salutaire pourra peut-être contribuer à sauver un ou deux phoques au passage, pourquoi bouder notre plaisir ?


Allez, c'est parti pour le Top 5 des actions tellement vertes qu'on a du mal à les distinguer de l'herbe du champ voisin.



Geste n°1 : je baisse dare-dare les réglages d'images de mes appareils numériques



"Brume matinale

Est-ce une flaque que je vois

Ou mon ombre ?"


Midoriro no Mausu (la Souris Verte)

Eh oui, voici donc le grand vainqueur de notre superbe palmarès, l'action élue la plus utile de toutes celles énumérées par les Souris Vertes, excusez du peu. Non pas que l'on manque de choix en la matière, mais le réglage par défaut des appareils numériques joue dans la cour des grands, voire carrément dans la salle des profs, en terme de gaspillage éhonté de ressources numériques. C'est qu'en effet notre petit clic a la puissance de l'aile du papillon qui va déverser une tornade d'octets inutiles sur l'ensemble du monde numérique, qu'on en juge plutôt :

- mon petit, ou minuscule, ou gros, ou super énormément géant, appareil numérique fait travailler son processeur à grand coup de traitement d'image dispendieux pour nous fournir cette superbe photographie en 112 millions de milliards de pixels. Et en plus, au passage, il sature sa propre carte mémoire pour la stocker, sympa.

- nous engorgeons la bande passante des réseaux numériques pour transférer la grosse image vers le partage Cloud, le site web, voire les boîtes de messagerie (horreur ! vous cumulez deux anti-gestes écologiques en un seul, voir ci-dessous) de notre choix.

- nous saturons les espaces de stockage où nous avons envoyé notre photo ingénue, qui ne se doute pas un instant de tout le mal qu'elle fait subir à la planète.

- nous faisons travailler inutilement le processeur de toutes les machines qui cherchent à afficher notre image et doivent la recadrer car ils ne disposent pas d'un écran de sortie de douze mètres de largeur (la taille réelle d'un affichage confortable de votre image).


Et quand on sait que les photos constituent le type de contenu le plus échangé à travers les réseaux (chiffre de l'Institut Statistique des Souris Vertes), comme en atteste la paille des 200 millions de photos postées chaque jour sur FesseBouc, bonjour l'odeur, il est grand temps pour toi, ami lecteur, de te précipiter sur l'ensemble de tes appareils numériques pour baisser d'urgence la résolution de tes images et de tes vidéos. Et bravo pour ce geste salutaire, les éléphants d'Afrique applaudissent de la trompe !



Geste n°2 : je me soigne sur l'envoi de pièces jointes dans les mails


"Elle semble si lourde

Sur la petite tortue

Sa carapace"


Midoriro no Mausu (la Souris Verte)


Ah, les pièces jointes. Autant vous dire qu'aux Souris Vertes, la réception d'une pièce jointe bien volumineuse nous fait à peu près le même effet qu'à certains le crissement des ongles sur une surface lisse, et qu'il nous faut généralement un petit exercice de respiration profonde pour absorber le choc de cette Pollution Numérique Majeure. Nous avons déjà consacré un article magistral à la question, qui figurera prochainement dans les manuels scolaires d'éducation civique, aussi nous n'allons pas détailler tous les arguments imparables qui font de la pièce jointe l'invention la moins écologique du web, mais rappelons à toutes fins utiles que :

- la pièce jointe pèse une fois et demi plus lourd que votre fichier de départ, car elle doit être encodée sous forme de texte dans le message.

- que les pièces jointes multiplient la taille des mails par Beaucoup, disons 1000 en moyenne, par rapport à un message en pur texte.

- que le, ou les, destinataires, ne peuvent pas choisir de ne pas récupérer la pièce jointe sur leur compte de messagerie.

- que les pièces jointes constituent la majeure partie du stockage présent sur les serveurs de messagerie, qui sont des serveurs ultra sensibles qui répliquent leurs données plein de fois et tiennent les messages à disposition immédiate de l'utilisateur sans se préoccuper de la pause dominicale ou d'aller faire un petit somme de temps à autre.


Pour toutes ces belles raisons, il va nous falloir nous soigner et arrêter d'envoyer des pièces jointes dans les mails, ainsi que supprimer dès que possible toutes celles qui traînent dans nos propres boîtes de messagerie. Alors effectuons au plus vite ces Petits Gestes avec grâce et élégance, olé !



Geste n°3 : j'éteins ma box nom di diou


"Les yeux fermés

Je vois encore

La caresse du soleil"


Midoriro no Mausu (la Souris Verte)

Au hit-parade des gros vilains, la box internet trône en bonne place magré son apparence parfaitement inoffensive. En effet, ce petit objet qui passe le plus clair de son temps à regarder le plafond, le rebord de l'étagère ou l'arrière du bureau, et sans doute à deviser doctement et à élaborer des théories philosophiques profondes dans la langue des box internet, ne semble pas affublé de gros besoins ni nécessiter une attention quelconque de notre part. Mais ceci ne l'empêche pas de nous réclamer une alimentation électrique permanente, quand bien même nous serions au fond du jardin ou en train de dormir, par exemple, autrement dit à des moments où nos besoins en connexion réseau vers l'internet mondial sont inexistants.


Et, vu que l'ensemble des habitants du monde civilisé déploie sa propre mini box personnelle, avec souvent très obligeamment son petit réseau wifi qui rajoute un peu d'ondes au tableau, toute cette activité joyeuse de veille silencieuse de nos boîboîtes finit par représenter plus d'1% de notre consommation électrique totale. Dit comme cela, ça n'a peut-être pas l'air impressionnant, mais c'est que vous n'avez pas en tête l'ordre de grandeur de l'énormitude de notre consommation totale. Sans essayer de rapporter tout cela à la consommation de la proverbiale ménagère et du foyer moyen, estimons grossièrement qu'il faut plus d'une demi centrale nucléaire françoise pour ce petit service que nous utilisons au mieux quelques heures par jour.


Autrement dit, on met vite un interrupteur sur notre petite box, et on lui coupe la chique au minimum du soir au matin. Et pan dans les dents !



Geste n°4 : j'arrête le streaming tout de suite et pour de vrai


"Ce tronc d'arbre

Au milieu du courant

Je l'ai pris pour un homme"


Midoriro no Mausu (la Souris Verte)

Ah, le streaming, encore un cas d'école, enfin à l'école des cancres de l'écologie numérique, plus près du radiateur que du tableau. Pour les non anglophones, la traduction exacte du dictionnaire de l'Académie Française est "n.m., dérivé de l'anglais 'streaming' (se prononce strimminngueu). Consommation forcenée de bande passante réseau à travers une lecture en temps réel de contenu multimédia sur des serveurs distants". Comme toujours, revenir aux sources et à la définition exacte de notre phénomène nous permet de comprendre tout le danger qu'il fait courir aux dauphins.


C'est pourquoi on ne cherchera pas à sauver l'importune méthode de diffusion de contenu, et on s'abstiendra tout de suite et pour l'éternité de :

- poster des vidéos ou sons sur des plateforme de diffusion de contenu mondialement mondialisées, et même sur celles qui seraient plus confidentielles

- consommer des vidéos ou des sons en lignes, d'où qu'ils viennent, sauf en cas de force majeure, par exemple si votre maison va exploser et que vous avez sous la main une vidéo qui montre comment faire pour éteindre le robinet de gaz.



Geste n°5 : j'utilise le mode avion et je prends les transports en commun


"Cette fourmi

Qui monte sur ma chaussure

Pour dominer l'univers"


Midoriro no Mausu (la Souris Verte)

Dernier geste simplissime mais non moins bénéfique pour vous, vos proches et les petits oiseaux, prendre la bonne habitude d'utiliser le mal-nommé "mode avion" des téléphones portables, tablettes et autres objets connectés. Il faut savoir qu'il n'y a pas que le pilote d'avion qui pourrait trouver à redire à toutes les ondes que vous envoyez gentiment à travers votre petit récepteur, notre Agence Nationale de l'Etude des Gros Problèmes Sanitaires Liés aux Pratiques Sociales, dont le sigle est l'ANSES, allez comprendre, nous signale timidement que ceci pourrait bien être dommageable pour le développement du cerveau chez l'enfant, rien que ça. On imagine que les effets sur le reste du monde vivant, humains adultes compris, doivent être d'une innocuité telle qu'on ne les détecteraient pas même avec notre plus grand téléscope spatial si on décidait de s'intéresser un peu sérieusement à la question.


Mais passons, car ce n'est pas même le risque de perdre la moitié de nos neurones ou de développer un cancer de l'hypothalamus qui doit nous inciter à utiliser le fameux mode flouf flouf (=bruit d'hélice chez les souris vertes), mais bien son bilan écologique incroyable : il vous permet en un tour de main d'économiser des milliers de cycles de votre batterie, en plus d'avoir l'heureux effet de vous couper un peu du tumulte du monde moderne ultra-connecté qui ne cesse de vous solliciter. Ainsi vous retrouvez un peu de calme, votre petit appareil s'essoufle moins, et vous pourrez continuer à vivre en harmonie pour de nombreuses années supplémentaires. N'est-ce pas tout simplement formidable ? Allez, vite, on le fait ce petit geste !





Bon, eh bien c'est terminé pour notre super meilleur absolu du top plus fort de tous nos Petits Gestes, autant dire la crème de l'écume du petit lait de tout le blog. Mais espérons que ceci vous a donné l'envie, non seulement de réaliser ces petites actions simples mais si utiles pour notre belle planète, mais aussi d'aller vous jeter à corps perdu dans tous les autres gestes, articles, vils pamphlets polémiques et trésors divers qui parsèment notre magnifique collection au fier logo de petit muridé vert pomme.


Et pour les lecteurs occasionnels et de passage, on se retrouvera lors d'un prochain palmarès, au choix, des 3 plus beaux dessins, des 10 meilleurs haïkus, des 20 titres les plus cocasses, ou encore des 50 expressions les plus incongrues. Vivement la suite !




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Au secours, mon ordi est lent ! (8) : J'apprends à reconnaître et changer le matériel
Date 26/09/2017
Ico Dossier
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"Neige légère

Si je souriais

Je me changerais aussitôt en lapin de garenne"


Uejima Onitsura (1660-1738)


Enfin ! Nous voilà rendu au terme de l'aventure épique de notre Dossier Sans Fin qui, paradoxalement, a une fin. Et, après des articles tous plus ébouriffants les uns que les autres traitant essentiellement du système d'exploitation et des applications installées, nous abordons aujourd'hui le cas du dernier sujet qui fâche, qui fâche tout rouge même quand ça dysfonctionne gravement dans les chaumières, à savoir celui du matériel.


Alors, commençons tout net par une mise en garde ferme et sans ambiguité, sachez que le matériel n'est que très rarement la cause des crises de nerf à caractère informatique, sauf pour ceux qui se font un devoir de laisser régulièrement tomber leur appareil portable par terre. Dans l'écrasante majorité des cas, c'est bien votre utilisation de l'appareil qui créé les problèmes, pas la mort atroce d'un composant électronique. De ce point de vue, lesdits composants sont d'une étonnante robustesse au regard de la durée de vie qu'on accorde généralement aux ordinateurs avant de les considérer sans égard comme de vils déchets qu'il faut vite ôter de notre regard.


Mais bon, la panne matérielle survient malgré tout de temps à autre, et puis on peut avoir envie aussi de changer un petit quelque chose pour donner un coup de neuf à notre machine, qu'il s'agisse d'un disque plus rapide ou plus gros, de davantage de mémoire vive, d'une carte réseau intégrant les derniers protocoles, etc. Donc "savoir changer son matériel à la marge parfois il faut", comme l'énoncerait le-grand-maître-sur-la-montagne-qui-parle-toujours-à-l'envers.


Et c'est précisément ce que l'on se propose de faire, enfin modestement et comme d'habitude dans un article où toute ressemblance avec un tutoriel informatique détaillé serait purement fortuite. Nous allons ensemble tâcher d'apprendre à identifier les organes vitaux de nos petits ordinateurs. Sans surprise, cet article ne s'étendra pas aux petits appareils mobiles qui, pourtant, sont équipés rigoureusement des mêmes composants, simplement dans une version miniaturisée et chaque fois différente en fonction de la marque et du produit, de manière à ne surtout pas pouvoir être remplacée par un amateur éclairé. Pour ces petites bêtes, on oubliera donc bien vite le fait de réparer ou augmenter soi-même son matériel défaillant, et on enverra le tout directement au constructeur qu'il s'en débrouille, c'est bien triste mais c'est la vie.


En ce qui concerne les ordinateurs, la situation est nettement plus sympathique, mais à vrai dire seuls les possesseurs d'une horrible unité centrale disgracieuse pourront bénéficier de l'ensemble des possibilités de manipulation du matériel. Pour les ordinateurs portables, les ultra mini-pc ou les marques au design minimaliste si élégant, on aura déjà de la chance si on peut accéder à la barette mémoire sans sortir notre attirail complet de soudure à l'arc.


Pour achever de mettre l'eau à la bouche de nos lecteurs alléchés par de belles promesses qui n'engagent qu'eux, décrivons tout de suite le niveau de bricolage et le matériel requis par les délicates opérations à coeur ouvert du matériel informatique : néant. Rien. Zéro. Nul. Changer un composant informatique est aussi simple que de changer une ampoule, généralement nettement moins dangeureux, et nécessite essentiellement deux doigts et un petit tournevis cruciforme pour tout matériel. Autant dire que vous auriez pu vous y mettre bien avant ! Allez, on rattrape le temps perdu et on s'y met de ce pas.



Les premiers pas sans trébucher


Sur les conseils de quelques souris vertes inquiètes de notre manque de précaution verbale, lançons quelques remarques liminaires indispensables à l'évitement d'un sabotage généralisé de votre bel ordinateur.


Tout d'abord, quel que soit le type d'appareil sur lequel vous souhaitez intervenir, il va vous falloir examiner avec prudence la manière de lui exposer les entrailles, plus précisément la manière de l'ouvrir pour accéder aux composants internes. Sur les unités centrales, en général quelques vis à l'arrière, parfois prévues même pour être retirées sans tournevis, permettent de retirer un panneau latéral qui donne accès à l'ensemble. Sur les ordinateurs portables, la situation est nettement moins simple car chaque constructeur a ses petites (ou grosses) lubies, et il vous faudra sans doute, pour réussir à l'ouvrir, étudier la documentation fournie, ou l'un des milliards de tutoriels dédiés sur des sites de diffusion de vidéos en ligne que nous ne nommerons pas.


Dans tous les cas, il faut impérativement éteindre et débrancher l'appareil, retirer la batterie aussi pour un portable, avant toute intervention.


Autre conseil qui s'applique universellement à toute vélléité de changement de matériel, bien s'assurer, toujours à l'aide d'une consultation attentive des notices techniques, de connaître les composants compatibles avec le matériel. Vous ne pourrez pas mettre n'importe quel processeur sur une carte mère donnée, de même que vous ne pourrez pas mettre n'importe quel type ou taille de barette mémoire dans un ordinateur portable, et ainsi de suite. Il faut donc bien s'assurer que le matériel que l'on souhaite installer est :

- de la bonne taille (il y a différentes tailles de disque dur, de barettes mémoire, de carte graphiques, etc)

- de la bonne catégorie ou génération pour être reconnu par les autres composants (essentiellement par la carte mère).


Il peut être de bon ton d'aller consulter les caractéristiques techniques précises des composants sur des sites marchands assez complets, même si vous ne comptez par passer par eux pour vous les procurer. On pourra par exemple aller voir celui-ci ou encore celui-là.


Comme pour la plupart des opérations informatiques, quelques minutes de préparation et l'usage d'un papier et d'un crayon peut vous éviter bien des tracas, par rapport à la méthode du fonce-dans-le-tas-sans-lever-les-yeux.



L'ordinateur portable, au scalpel et sous un microscope


Bon, comme on l'a dit, l'ordinateur portable constitue un univers particulier dans le domaine du matériel, en ce qu'il n'est pas assemblé du tout de la même manière que son grand papa l'unité centrale de base. On pourra trouver ici un schéma montrant tous les petits composants qui équipent la bestiole. 


Voilà qui peut faire peur au premier abord, mais à vrai dire nous allons nous contenter de regarder deux composants qui sont généralement facilement accessibles et remplaçables par nos propres moyens : la mémoire et le disque dur.


Perte de mémoire momentanée


En ce qui concerne la mémoire, il est presque impensable que le composant décède, la quasi totalité des barettes mémoires d'il y a des décennies continuant à ma connaissance à fonctionner sans sourciller quelle qu'ait été leur degré d'utilisation dans leur longue carrière de mémoire vive. La seule bonne raison valable de triturer la mémoire est pour en mettre davantage, soit sous la forme d'une seule barette plus grosse, soit en en ajoutant une deuxième si votre ordinateur le permet. On rappelle à toutes fins utiles que, hors utilisation spécifique comme un calcul intense de la position des étoiles ou le montage vidéo à grande échelle, bénéficier de plus de 3 ou 4 Go de RAM sur un appareil n'a pratiquement aucun sens et ne rendra JAMAIS votre ordinateur plus rapide. Aucun intérêt non plus à essayer un modèle plus récent, parce que les différences constatées au niveau d'une utilisation pépère seront infinitésimales, à moins de sauter 4 ou 5 générations de composants d'un grand pas alerte, et dans ce cas votre ordinateur sera tout bonnement incapable de faire fonctionner ce matériel qui lui semblera venu d'une autre galaxie.


Une fois cette mise en garde bien en tête, avisons-nous donc d'apprendre à reconnaître la fameuse barette mémoire dans la jungle des composants. Attention, c'est à ne pas confondre avec les minuscules cartes mémoires Flash qui équipent vos appareils photos et autre tablettes, dans des formats aussi évocateurs que SD ou Micro SD. Ici nous parlons de la vraie mémoire vive des ordinateurs, dite RAM par les anglophones pour Random Access Memory. Vous en trouvez une belle illustration ici par exemple, avec en prime l'étiquette qui permet de voir qu'elle n'est pas fabriquée en Poitou ou en Normandie. Cette version courte mais un peu grosse correspond à ce qui est utilisé dans les portables, à ne pas confondre avec la version plus longue et plus fine qui équipe généralement les ordinateurs fixes.


Bon, ben voilà le composant qu'il nous faut repérer dans votre belle machine, ouverte par vos soins sans trop tirer sur le capot. Même chez les constructeurs d'ordinateurs portables les plus récalcitrants, il est prévu qu'il soit très simple d'y accéder, et généralement la barette elle-même se clipse et se déclipse sans même besoin d'un outil.


Dernier petit conseil, si vous souhaitez ajouter une barette (pour les chanceux qui ont deux emplacements, donc souvent un portable aussi encombrant qu'un lave-linge), ou remplacer l'existante pour du Plus Gros, vérifiez bien dans votre notice le maximum de Go que vous pouvez embarquer sur votre modèle, car souvent la limite est sévère. Et vérifiez au passage par une petite recherche internet que votre système d'exploitation est bien capable d'utiliser toute cette formidable manne de mémoire vive, car lui aussi a ses limites figurez-vous. Par exemple, Windows XP, bon d'accord c'est vieux mais quand même, ne supporte pas plus de 2Go de mémoire, au-delà il ne voit même pas que ça existe.


Change de disque papy


Le deuxième composant que l'on peut triturer joyeusement dans un ordinateur portable, sauf sur certains modèles récalcitrants, est le disque dur. Et cela tombe très bien, souvenez-vous que nous avons déjà expliqué que c'est LE composant qu'il faut changer en priorité si vous voulez de la performance.


Que vous vouliez mettre un disque SSD, ou un disque dur à plateau traditonnel (format 2,5 pouces pour les portables, attention à ne pas prendre le gros machin de 3,5 pouces qui équipe les ordinateurs fixes), l'emplacement est le même et la manière de le brancher identique. Il existe plusieurs types de connectique, mais à moins d'avoir un ordinateur datant d'avant la domestication du feu, vous pouvez à coup sûr vous diriger vers un disque dur de norme SATA. En général, quelques petites vis à retirer puis un petit bout de câble à déclipser sont tout ce qui vous sépare du bonheur du nouveau disque dur fringant et alerte.


On ne s'étend pas davantage sur le sujet, c'est super facile, aucun risque ni pour vous ni pour le matériel qui n'est pas spécialisement fragile. Evitez simplement les décharges sauvages d'électricité statique si vous avez un pull en laine de mouton tressé.  Lancez-vous et vous verrez, vous nous remercierez, on doit même pouvoir le faire en famille avec des enfants.




L'ordinateur fixe enfin à nu


Bien bien bien. Comme nous l'avons fait remarquer tant et plus, c'est véritablement avec ce type d'ordinateur, conspué par l'ensemble des médias pour de soi-disant atteintes au sens esthétique et écologique des foules, que nous allons pouvoir dérouler l'ensemble des petits travaux du Faire-le-soi-même qui permet autonomie, réparation, choix personnel des composants et tout ce qui s'ensuit.


Précisons au passage qu'il y a deux directions bien intéressantes à suivre si l'on souhaite remettre à neuf son équipement, c'est de s'efforcer de réduire :

- les nuisances sonores

- la consommation électrique

Ca tombe bien, généralement les deux vont de pair, vu que ce sont les composants énergivores qui sont généralement équipés de turbines d'avion pour les refroidir, quand les composants économes ne nécessitent en général qu'une lègère brise, voire rien du tout pour des éléments qu'on dit passifs (sans ventilation).


Allez, on y va pour un petit tour d'horizon de tout ce qu'on peut remplacer nous-même et sans aide dans notre petite boîboîte.


La mémoire courte


Sans surprise, on peut ajouter, remplacer, enlever, remettre, bref faire tout ce que l'on veut avec la mémoire vive de son ordinateur. On prendra juste garde à bien prendre la bonne taille, souvent la taille standard, et une fréquence (xxx Mhz) acceptée par votre carte mère.


D'ordinaire il y a bien plus d'emplacements pour la mémoire dans un ordinateur fixe, jusqu'à 4 barettes possibles, donc vous serez beaucoup moins contraints que sur les portables. On conseille généralement de ne prendre que des barettes identiques, et par paires, pour des performances optimales, mais je ne suis pas sûr que vous preniez de gros risques à faire un peu comme bon vous semble.


Comme sur les portables, il y a un système de clipsage excessivement simple à manipuler pour enlever et poser une barette mémoire, la seule difficulté éventuelle étant de passer à travers les méandres de câbles ou le bloc de refroidissement géant du processeur, mais a priori vous n'aurez pas besoin d'une formation poussée pour mener votre mission à bien.


Un disque toujours plus dur


Ici encore, vous bénéficiez d'une myriade de possibilités incroyables, quelle chance vraiment. En effet, les unités centrales des ordinateurs fixes vous permettent d'accueillir entre deux et une douzaine de disques durs en même temps en fonction du modèle. Evidemment, aux souris vertes on ne va pas pousser à la surconsommation de stockage, mais avoir deux disques différents est une idée fameuse pour tout un tas de bonnes raisons qui sont énoncées dans notre très bel article sur la perte de données. Et si vous avez l'occasion de récupérer des disques un peu anciens qui n'ont pas la capacité pléthorique des modèles actuels, en mettre plusieurs pour avoir une capacité globale raisonnable est une option parfaitement économique autant qu'écologique.


Concernant la taille des disques durs, ils sont le plus souvent mesurés à l'anglo-saxonne à 3,5 pouces, donc assez volumineux. Les 2,5 pouces à taille plus réduites sont historiquement plutôt dédiés aux ordinateurs portables. Cependant, votre matériel est tout à fait capable de gérer les deux formats si vous pouvez les faire entrer dans votre petite tour, c'est pourquoi nous vous conseillons sans hésiter d'opter pour le format 2,5 pouces même pour un ordinateur fixe : ces petites bêtes sont nettement plus petites, plus économes en énergie , nettement moins bruyantes aussi le plus souvent, tout en ayant de nos jours une capacité tout à fait comparable à celle de leurs copains plus larges. Il existe des petites plaques de métal qui permettent de visser ces disques dans une baie 3,5 pouces, mais sinon même un petit système maison à base d'élastiques tendus vous permettra de suspendre vos disques tout en réduisant les vibrations sur le boîtier, et donc les nuisances sonores parfois bien pénibles de gratte-gratte.


Dans tous les cas et quel que soit le disque à installer, un peu de patience et un petit tournevis cruciforme suffiront à vous sortir d'affaire.


Bien s'alimenter


Ah tiens, voilà un composant de la machine que nous avons très peu abordé jusqu'à présent aux Souris Vertes. Pourtant il est de première importance pour notre Thème Principal, vu que c'est lui qui alimente en énergie débonnaire tout le reste des composants : c'est l'alimentation, justement. Dans un ordinateur portable, le bloc d'alimentation est irrémédiablement lié à la batterie, absolument particulier à votre modèle et aux choix arbitraires du constructeur, et parfaitement hors périmètre de tout bricolage amateur.


Ce n'est pas du tout le cas des ordinateurs fixes, où l'alimentation peut être changée exactement comme le reste des composants, et avec la même facilité : on dévisse l'ancien, on revisse le nouveau, et hop. Bon, il faudra tout de même remettre tous les câbles qui courent sans vous tromper, donc autant dire faire un minimum attention et consulter abondamment la notice avant d'allumer le tout, mais honnêtement ça se fait très bien et sans panique excessive.


Pourquoi donc voudrait-on toucher à ce composant ? C'est que toutes les alimentations ne se valent pas, voyez-vous, et certaines pompent sans arrêt sur leur prise pour n'en restituer qu'une partie minuscule à leurs amis. On dit qu'elles ont un mauvais rendement. Certaines alimentations éhontées ont des pertes de près de 50% de l'eléctricité qu'elles prélèvent, alors que d'autres affichent un rendement de plus de 90%, autant dire que la différence de consommation finale est énorme. Sans compter qu'une mauvaise alimentation va chauffer, faire un maximum de bruit avec son gros ventilateur disgracieux, et en prime entamer sérieusement la durée de vie des autres composants en ne délivrant pas des tensions stables.


Autant dire que s'il est UN composant sur lequel il vaut la peine d'investir, c'est bien l'alimentation. Donc, si vous le pouvez, le mieux est encore de choisir une alimentation efficace, peu gourmande, passive, c'est-à-dire sans ventilateur, et très robuste. Même si nous nous refusons en général à tout forme de publicité déguisée, nous allons tout de même vous faire connaître  la marque que nous chérissons aux souris vertes, une petite championne des alimentations écologiques et qui durent. Après, ne vous méprenez pas, il y a plein d'alternatives viables, et non, nous ne touchons pas de subsides de la société en question pour ce petit encart publicitaire sournoisement tapi au beau milieu de l'article.


Le vroum vroum du ventilo


Ah, le doux bruit de la caresse du vent sur la mer, ou encore des feuilles d'arbres qui tremblent d'un léger souffle... Rien à voir malheureusement avec les nuisances sonores liées à nos belles machines, diantre non. Sachez-le, les composants électroniques n'émettent absolument aucun bruit, en tout cas aucun audible par une oreille humaine non dotée de super-pouvoirs (Superman serait peut-être d'un autre avis sur la question). Alors pourquoi diable nos ordinateurs sont-ils si bruyants ? Oui, pourquoi me demandent les souris vertes d'un air hagard ? Eh bien, à vrai dire lesdits composants engendrent leur propre petite nuisance locale sous la forme d'une dissipation de chaleur totalement incontrôlée, ce qui les rend inutilisable sans un bon système de refroidissement qui, lui, n'a pas l'heur d'être silencieux.


Et, pour le commun de mortels, le refroidissement viendra sous la forme de petits ventilateurs parsemant gentiment l'intérieur douillet de la machine. Il existe bien des solutions alternatives, comme le refroidissement à eau, ou watercooling, qui malgré son nom très cool se montre très coûteux, encombrant et totalement inadapté à des ordinateurs portables. Bref, il n'y a pas à y couper, il faut passer par le ventilateur. Evidemment, tout cela ne serait pas un problème en soi si ces petits appareils n'émettaient des sifflements, bourdonnements et autres crachotements qui empestent le quotidien.


La souris verte à lunettes me fait remarquer, à juste titre même si je grince des dents, qu'il existe un autre grand responsable des bruits des ordinateurs : le disque dur, ouh le méchant, qui gratte, qui gratte, et parfois aussi provoque des bruits aigus à cause de la rotation de ses plateaux. Mais, honnêtement, seuls les modèles vraiment moisis sont capables de nuisances dignes de ce nom, dans ce cas on changera bien vite l'importun pour une version discrète. Les disques SSD ou la mémoire flash, cartes SD, clés USB, et autres, sont eux totalement silencieux. Et en plus ils chauffent très peu ! Comme quoi il y a du bon dans ces petites bêtes.


Pour continuer dans cet accès d'optimisme qui nous saisit, il y a tout de même des raisons de se réjouir, car la course à la miniaturisation et à l'autonomie des petits appareils a obligé les constructeurs à embarquer toujours moins de ventilateurs, et donc à créer des composants de moins en moins énergivores, puisque la dissipation de chaleur est directement liée à l'énergie consommée. Autrement dit, on trouve aujourd'hui des composants tellement gentils qu'ils n'ont plus besoin d'être refroidis, ou si peu. C'est la raison pour laquelle les smartphones par exemple, qui embarquent pourtant processeur et compagnie, sont silencieux car absolument pas refroidis. Ce qui n'empêche pas certains modèles bien peu soignés de chauffer délicatement vos fesses ou la poche de votre sac. 


Avec les ordinateurs l'équation est un peu plus compliquée, car évidemment on ne saurait renoncer à la promesse du Toujours Plus, de puissance, de mémoire, de composants, etc, si bien qu'il est quasiment impossible de monter un système totalement passif. Le processeur en particulier ne pourra jamais de passer de ventilation, itou l'alimentation si elle est costaude, et la carte graphique si elle permet de tuer des zombies en rafale en plusieurs millions de pixels.


Bon, il est temps d'en venir au fait, pas trop tôt même, à savoir peut-on changer ces satanés ventilos qui nous pourrissent la vie ? La réponse est oui, comme pour tout le reste

quelques vis ou systèmes de clipsage élémentaires vous séparent de la tranquillité d'esprit retrouvée. Cela dit, il est important de prendre conscience que le bruit est inhérent à toute ventilation. Au minimum, le déplacement de l'air produira toujours un son audible. Au pire, un léger jeu au niveau de l'axe du ventilateur produira les bruits irréguliers et parfaitements insupportables de vrombissement, sifflements aigus et autres. Mais ces bruits apparaîtront forcément avec l'usure mécanique, aucun ventilateur ne pourra rester silencieux éternellement.


Par ailleurs, les sons aigus sont nettement plus insupportables que les sons graves. Et plus le ventilateur a un diamètre important, plus il peut tourner lentement (donc générer moins de bruit de souffle) et produit des sons graves. Or la miniaturisation rampante fait que souvent on équipe les machines de ventilateurs minuscules qui deviennent infernaux une fois leur prime jeunesse derrière eux. C'est encore plus le cas avec les ordinateurs portables, longue vie à eux. Fort heureusement, les possesseurs d'une unité centrale de bonne taille auront eux toute latitude pour choisir des modèles de ventilateur plus gros, et ainsi non seulement améliorer notablement la durée de vie de leur matériel par un refroidissement adéquat, et s'épargner les tourments sonores qui traumatisent le bon peuple.


Attention, bien qu'entièrement mécanique et d'allure nettement moins fragile que la plupart des petits composants délicats qui équipent une machine, tout ventilateur doit être manipulé avec précaution. En effet, la moindre maladresse pourrait endommager le beau roulement à bille et risquer de rendre le ventilateur bruyant, voire pire, totalement inefficace, ce qui signe la mort assurée de ce qu'il était censé refroidir. Un processeur puissant laissé sans aucun refroidissement et à plein régime a une durée de vie qui se compte en heures, peut-être moins encore.


Pour conclure, vous apprendrez donc à changer avec bonheur vos ventilateurs en respectant quelques règle d'usage :

- choisir autant que possible des ventilateurs de diamètre important, et des vitesses de rotation faibles. Il existe des systèmes permettant d'adapter des diamètres plus importants sur de petits composants.

- ne pas se priver d'un système de refroidissement maousse costaud pour le processeur ou la carte graphique. Un bon gros radiateur bien efficace vous dispensera d'une ventilation importante.

- prendre le soin de réfléchir à la ventilation complète du boîtier, pas seulement d'un composant particulier. Des flux d'air combinés permettront de refroidir mieux avec moins de bruit total. Si ce travail vous paraît totalement grotesque, sachez qu'un bon système de refroidissement est sans doute plus important que le choix de tel ou tel Supercomposant plus technologique : vous verrez peut-être fonctionner ledit composant à pleine capacité 1% du temps, par contre vous subirez en permanence les assauts d'une ventilation mal conçue. Sans compter les risques de voir la durée de vie de ces fameux Supercomposants fondre comme neige au soleil. Et dieu sait que la ventilation est un domaine où les fabricants investissent bien peu d'efforts, donc se contenter du tout venant est généralement une mauvaise idée.

- essayez de vous équiper au maximum en composants passifs et peu gourmands. Attention cependant à conserver une ventilation minimale pour ne pas transformer le tout en réacteur à fusion en un clin d'oeil, avec décès massif des composants à la clé.


Au fait, avant de passer à la suite, jetons un coup d'oeil pour voir à quoi ressemble un ventilateur d'ordinateur. Drôle de tête, hein, heureusement qu'il reste caché dans sa boîte celui-là.

Repeindre sa carte graphique en vert fluo


Tiens, voilà une transition idéale maintenant que nous savons tout des ventilateurs, nous pouvons enfin régler son compte à la carte graphique qui turbine comme un hélicoptère de combat. Cela dit, sachez qu'au-delà du ventilateur qu'elle embarque, qui est toujours démontable et remplaçable, on peut vouloir remplacer carrément le tout pour choisir son modèle soi-même. Libre à vous de chercher du Gros, voire du Très Gros, si avez des envies de jeux vidéos importantes, mais dans tous les cas on s'assurera que la carte en question a une consommation minime en faible charge, de manière à ne pas voir sa facture d'électricité grimper au plafond, sans parler du volume sonore qui fait qu'on ne s'entend plus dans le salon. Cela vous dispensera de consommer à tout crin même pour ouvrir un document texte ou visionner le prochain article des souris vertes.


Sachez également qu'il existe un grand nombre de cartes graphiques totalement passives, donc totalement silencieuses (on pourra en voir un exemple ici), voire de nombreux modèles intégrés à la carte mère, ce qui est l'idéal si vous avez de petits besoins : consommation ridicule, encombrement inexistant, le seul défaut étant que vous ne pourrez pas la remplacer plus tard, mais on a dit petits besoins n'est-ce pas ?


Si vous choisissez de vous équiper d'une carte graphique non intégrée et de la changer par vos soins, aucune difficulté, mais attention à bien regarder la place dans votre boîtier avant de vous lancer. Ces bestioles existent dans toutes les tailles (et tous les budgets aussi, on peut y laisser sa fortune sans y prendre garde) et vous seriez surpris de voir que certains modèles pour joueurs invétérés auront bien du mal à passer par la porte d'entrée.


Les autres composants mystères


Il existe encore toute une pléthore de composants qui peuvent être ajoutés et remplacés à l'envie. En l'espèce, l'informatique est un peu comme la réparation de vélo, aucune pièce ne saurait échapper à la sagacité de l'amateur éclairé : carte réseau, carte audio, adaptateur bluetooth, bloc usb, lecteur DVD-ROM, lecteur de disquette, antenne de souris portative, tout y passe. Nous n'allons pas nous attarder davantage sur toutes ces possibilités, d'autant que la mode des ordinateurs portables fait que l'on trouve de plus en plus de composants de ce type sous forme de petits adapateurs USB et de moins en moins de composants internes à trifouiller dans le ventre de la machine. Mais les curieux trouveront toujours leur bonheur, car nous le répétons, le martelons et le rabâchons, absolument aucune pièce équipant un ordinateur n'est hors de portée d'un petit coup de tournevis du dimanche.


La totale complète de l'expert absolu : le bloc processeur / carte mère


Nous avons gardé le meilleur pour la fin, enfin le meilleur si on a les nerfs solides, un moral d'acier et une impertubabilité de moine tibétain. En effet, si changer le processeur et/ou la carte mère de votre machine est tout à fait possible tout seul dans votre salon, votre garage, votre jardin, ou toute autre pièce qui vous fera plaisir, c'est loin d'être la vie de croisière que nous avons décrite précédemment. Si vous trouviez que remplacer le bloc d'alimentation relevait déjà du casse-tête avec tous ces câbles à débrancher et rebrancher à l'identique, vous pouvez déjà prévoir une bonne provision d'aspirine, car vous vous apprêtez sans le savoir à démonter tous les composants et à vider l'intégralité du boîtier, rien de moins. Et côté milliers de vis à retirer, on est servi, sans parler du fait que malgré tout ces plaques de plastiques embarquent des composants minuscules et qui supporteront mal un gros coup sur la tête. Autrement dit, rigueur, patience et minutie sont les bienvenues pour l'occasion.


En fonction de votre type de refroidissement, il se peut que remplacer le processeur seul soit d'une simplicité enfantine : soit tout est accessible par le dessus, on dévisse le système de refroidissement, on déclipse et youpi. En faisant attention au remontage quand même, le moindre millimètre de contact en moins sur la ventilation serait fatal. Mais si vous avez la malchance de vous retrouver avec un système de radiateur du processeur fixé des deux côtés de la carte mère pour une meilleure stabilité, patatras, il vous faudra démonter entièrement la carte en question même si vous n'avez pas prévu de la remplacer.


Bref, on ne se lancera dans ce type d'aventure qu'armé d'un solide enthousiasme, d'une bonne préparation et de préférence accompagné de quelques souris vertes si c'est la première fois que vous tentez l'expérience. En même temps, vu la durée de vie de plusieurs décennies de ces composants, si l'on ne s'invente pas de nouveaux besoins tous les matins, on devrait pouvoir se dispenser de ce type de bricolage expert plus d'une fois ou deux dans sa vie.


Avant de partir, cependant, jetons tous un coup d'oeil à ces composants si énigmatiques : avez-vous déjà vu de vos yeux vu une carte mère, un processeur avec sa petite ventilation ou même un processeur tout nu ? Renversant.



Bye bye le dossier : ce n'est qu'un au revoir...


Pfiou, eh bien je dois dire qu'aux souris vertes nous sommes bien contents de clôturer ce formidable dossier qui n'en finissait pas de continuer. Grâce à l'énergie débordante de nos petites souris et à leurs conseils avisés, vous êtes désormais en mesure de reprendre un peu de pouvoir sur ces satanés appareils électroniques qui peuplent votre quotidien. Le minimum, tout de même, restant de savoir qui commande et qui obéit dans cette affaire. Non, nous ne serons pas esclave de ces configurations ineptes pensées la tête à l'envers par des armées de fabricants plus soucieux du taux de remplacement de leur camelote que de l'épanouissement réel de leurs clients. Même face à de la dite haute technologie, nous conservons une marge de manoeuvre et des possibilités d'autonomie importantes qu'il s'agit de cultiver.


C'est ce que nous vous enjoignons de faire pendant que nous regagnons notre tanière, bien fourbus de tous ces articles à rallonge et qui s'obligent à nous mettre le nez dans le cambouis. Mais qu'on se rassure, nous n'avons pas épuisé nos propos, oh que non, et nous avons même en réserve quelques autres Gros Dossiers bien sentis pour les longues soirées d'hiver. On dit donc au revoir à notre grand dossier sans tristesse, car ce n'est que le début du reste de formidables aventures !


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