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Les 5 gestes totalement vraiment incontournables de l'écologie numérique
Date 05/01/2018
Ico Le Petit Geste du Jour
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Nous bouleversons aujourd'hui la mise en page de notre superbe blog pour proposer un article en forme de bouée de sauvetage à nos lecteurs désespérés. Que sont devenus, en effet, ces magnifique Résumés Pour les Fatigués de la Lecture (RPFL pour les intimes) qui ornaient si délicatement notre tout premier dossier ? Et comment nos lecteurs pourraient-ils ne pas se noyer devant cette avalanche de conseils qu'ils ne savent par quel bout attraper, sans une lumière leur montrant le bout du tunnel, à quelques pas à peine ?


Alors, aujourd'hui, pour bien commencer l'année et rien que pour vous, nous allons sélectionner les 5 mesures que, s'il fallait n'en garder que 5 (remarquez que ça tombe bien, quand même, si on voulait en garder 6 ça ne marchait déjà plus), eh bien il faudrait les garder, justement. Un concentré de nos Petits Gestes les plus essentiels, avec un maximum de pulpe au fond et plein de belles vitamines pour l'hiver.


Avant d'aligner notre hit-parade et de briser le suspense haletant qui place la foule au bord de l'apoplexie, il nous faut confesser un péché inavouable à nos chers lecteurs. En effet, un de mes amis, qui a le bonheur de travailler dans le milieu du journalisme, m'a révélé une fois la botte secrète de l'article qui percute et fait venir des millions de lecteurs instantanément : précisément celui qui décline les 10 raisons de, les 50 les plus, les 20 mesures qui, etc. Apparemment ce type d'article bien polissé où tout est ordonné et compté fait le bonheur du badaud qui se promène nonchalamment sur l'internet mondial.


Si aux Souris Vertes nous aimons l'ambiance confinée de nos soirées de lectures intimes partagées avec nos fidèles lecteurs, et si nous ne souhaitons pas franchement faire exploser l'audience de notre site pour ensuite nous retrouver à inonder tous les médias de la terre de notre discours il est vrai si pertinent, nous avons décidé de tenter l'expérience, pour voir si la Loi de l'Article Vendeur se vérifie. Sachant qu'en plus ceci nous permet de recaser des dessins et du contenu tout prêt, autrement dit de ne pas nous fouler plus que de raison, et qu'au demeurant ce rappel salutaire pourra peut-être contribuer à sauver un ou deux phoques au passage, pourquoi bouder notre plaisir ?


Allez, c'est parti pour le Top 5 des actions tellement vertes qu'on a du mal à les distinguer de l'herbe du champ voisin.



Geste n°1 : je baisse dare-dare les réglages d'images de mes appareils numériques



"Brume matinale

Est-ce une flaque que je vois

Ou mon ombre ?"


Midoriro no Mausu (la Souris Verte)

Eh oui, voici donc le grand vainqueur de notre superbe palmarès, l'action élue la plus utile de toutes celles énumérées par les Souris Vertes, excusez du peu. Non pas que l'on manque de choix en la matière, mais le réglage par défaut des appareils numériques joue dans la cour des grands, voire carrément dans la salle des profs, en terme de gaspillage éhonté de ressources numériques. C'est qu'en effet notre petit clic a la puissance de l'aile du papillon qui va déverser une tornade d'octets inutiles sur l'ensemble du monde numérique, qu'on en juge plutôt :

- mon petit, ou minuscule, ou gros, ou super énormément géant, appareil numérique fait travailler son processeur à grand coup de traitement d'image dispendieux pour nous fournir cette superbe photographie en 112 millions de milliards de pixels. Et en plus, au passage, il sature sa propre carte mémoire pour la stocker, sympa.

- nous engorgeons la bande passante des réseaux numériques pour transférer la grosse image vers le partage Cloud, le site web, voire les boîtes de messagerie (horreur ! vous cumulez deux anti-gestes écologiques en un seul, voir ci-dessous) de notre choix.

- nous saturons les espaces de stockage où nous avons envoyé notre photo ingénue, qui ne se doute pas un instant de tout le mal qu'elle fait subir à la planète.

- nous faisons travailler inutilement le processeur de toutes les machines qui cherchent à afficher notre image et doivent la recadrer car ils ne disposent pas d'un écran de sortie de douze mètres de largeur (la taille réelle d'un affichage confortable de votre image).


Et quand on sait que les photos constituent le type de contenu le plus échangé à travers les réseaux (chiffre de l'Institut Statistique des Souris Vertes), comme en atteste la paille des 200 millions de photos postées chaque jour sur FesseBouc, bonjour l'odeur, il est grand temps pour toi, ami lecteur, de te précipiter sur l'ensemble de tes appareils numériques pour baisser d'urgence la résolution de tes images et de tes vidéos. Et bravo pour ce geste salutaire, les éléphants d'Afrique applaudissent de la trompe !



Geste n°2 : je me soigne sur l'envoi de pièces jointes dans les mails


"Elle semble si lourde

Sur la petite tortue

Sa carapace"


Midoriro no Mausu (la Souris Verte)


Ah, les pièces jointes. Autant vous dire qu'aux Souris Vertes, la réception d'une pièce jointe bien volumineuse nous fait à peu près le même effet qu'à certains le crissement des ongles sur une surface lisse, et qu'il nous faut généralement un petit exercice de respiration profonde pour absorber le choc de cette Pollution Numérique Majeure. Nous avons déjà consacré un article magistral à la question, qui figurera prochainement dans les manuels scolaires d'éducation civique, aussi nous n'allons pas détailler tous les arguments imparables qui font de la pièce jointe l'invention la moins écologique du web, mais rappelons à toutes fins utiles que :

- la pièce jointe pèse une fois et demi plus lourd que votre fichier de départ, car elle doit être encodée sous forme de texte dans le message.

- que les pièces jointes multiplient la taille des mails par Beaucoup, disons 1000 en moyenne, par rapport à un message en pur texte.

- que le, ou les, destinataires, ne peuvent pas choisir de ne pas récupérer la pièce jointe sur leur compte de messagerie.

- que les pièces jointes constituent la majeure partie du stockage présent sur les serveurs de messagerie, qui sont des serveurs ultra sensibles qui répliquent leurs données plein de fois et tiennent les messages à disposition immédiate de l'utilisateur sans se préoccuper de la pause dominicale ou d'aller faire un petit somme de temps à autre.


Pour toutes ces belles raisons, il va nous falloir nous soigner et arrêter d'envoyer des pièces jointes dans les mails, ainsi que supprimer dès que possible toutes celles qui traînent dans nos propres boîtes de messagerie. Alors effectuons au plus vite ces Petits Gestes avec grâce et élégance, olé !



Geste n°3 : j'éteins ma box nom di diou


"Les yeux fermés

Je vois encore

La caresse du soleil"


Midoriro no Mausu (la Souris Verte)

Au hit-parade des gros vilains, la box internet trône en bonne place magré son apparence parfaitement inoffensive. En effet, ce petit objet qui passe le plus clair de son temps à regarder le plafond, le rebord de l'étagère ou l'arrière du bureau, et sans doute à deviser doctement et à élaborer des théories philosophiques profondes dans la langue des box internet, ne semble pas affublé de gros besoins ni nécessiter une attention quelconque de notre part. Mais ceci ne l'empêche pas de nous réclamer une alimentation électrique permanente, quand bien même nous serions au fond du jardin ou en train de dormir, par exemple, autrement dit à des moments où nos besoins en connexion réseau vers l'internet mondial sont inexistants.


Et, vu que l'ensemble des habitants du monde civilisé déploie sa propre mini box personnelle, avec souvent très obligeamment son petit réseau wifi qui rajoute un peu d'ondes au tableau, toute cette activité joyeuse de veille silencieuse de nos boîboîtes finit par représenter plus d'1% de notre consommation électrique totale. Dit comme cela, ça n'a peut-être pas l'air impressionnant, mais c'est que vous n'avez pas en tête l'ordre de grandeur de l'énormitude de notre consommation totale. Sans essayer de rapporter tout cela à la consommation de la proverbiale ménagère et du foyer moyen, estimons grossièrement qu'il faut plus d'une demi centrale nucléaire françoise pour ce petit service que nous utilisons au mieux quelques heures par jour.


Autrement dit, on met vite un interrupteur sur notre petite box, et on lui coupe la chique au minimum du soir au matin. Et pan dans les dents !



Geste n°4 : j'arrête le streaming tout de suite et pour de vrai


"Ce tronc d'arbre

Au milieu du courant

Je l'ai pris pour un homme"


Midoriro no Mausu (la Souris Verte)

Ah, le streaming, encore un cas d'école, enfin à l'école des cancres de l'écologie numérique, plus près du radiateur que du tableau. Pour les non anglophones, la traduction exacte du dictionnaire de l'Académie Française est "n.m., dérivé de l'anglais 'streaming' (se prononce strimminngueu). Consommation forcenée de bande passante réseau à travers une lecture en temps réel de contenu multimédia sur des serveurs distants". Comme toujours, revenir aux sources et à la définition exacte de notre phénomène nous permet de comprendre tout le danger qu'il fait courir aux dauphins.


C'est pourquoi on ne cherchera pas à sauver l'importune méthode de diffusion de contenu, et on s'abstiendra tout de suite et pour l'éternité de :

- poster des vidéos ou sons sur des plateforme de diffusion de contenu mondialement mondialisées, et même sur celles qui seraient plus confidentielles

- consommer des vidéos ou des sons en lignes, d'où qu'ils viennent, sauf en cas de force majeure, par exemple si votre maison va exploser et que vous avez sous la main une vidéo qui montre comment faire pour éteindre le robinet de gaz.



Geste n°5 : j'utilise le mode avion et je prends les transports en commun


"Cette fourmi

Qui monte sur ma chaussure

Pour dominer l'univers"


Midoriro no Mausu (la Souris Verte)

Dernier geste simplissime mais non moins bénéfique pour vous, vos proches et les petits oiseaux, prendre la bonne habitude d'utiliser le mal-nommé "mode avion" des téléphones portables, tablettes et autres objets connectés. Il faut savoir qu'il n'y a pas que le pilote d'avion qui pourrait trouver à redire à toutes les ondes que vous envoyez gentiment à travers votre petit récepteur, notre Agence Nationale de l'Etude des Gros Problèmes Sanitaires Liés aux Pratiques Sociales, dont le sigle est l'ANSES, allez comprendre, nous signale timidement que ceci pourrait bien être dommageable pour le développement du cerveau chez l'enfant, rien que ça. On imagine que les effets sur le reste du monde vivant, humains adultes compris, doivent être d'une innocuité telle qu'on ne les détecteraient pas même avec notre plus grand téléscope spatial si on décidait de s'intéresser un peu sérieusement à la question.


Mais passons, car ce n'est pas même le risque de perdre la moitié de nos neurones ou de développer un cancer de l'hypothalamus qui doit nous inciter à utiliser le fameux mode flouf flouf (=bruit d'hélice chez les souris vertes), mais bien son bilan écologique incroyable : il vous permet en un tour de main d'économiser des milliers de cycles de votre batterie, en plus d'avoir l'heureux effet de vous couper un peu du tumulte du monde moderne ultra-connecté qui ne cesse de vous solliciter. Ainsi vous retrouvez un peu de calme, votre petit appareil s'essoufle moins, et vous pourrez continuer à vivre en harmonie pour de nombreuses années supplémentaires. N'est-ce pas tout simplement formidable ? Allez, vite, on le fait ce petit geste !





Bon, eh bien c'est terminé pour notre super meilleur absolu du top plus fort de tous nos Petits Gestes, autant dire la crème de l'écume du petit lait de tout le blog. Mais espérons que ceci vous a donné l'envie, non seulement de réaliser ces petites actions simples mais si utiles pour notre belle planète, mais aussi d'aller vous jeter à corps perdu dans tous les autres gestes, articles, vils pamphlets polémiques et trésors divers qui parsèment notre magnifique collection au fier logo de petit muridé vert pomme.


Et pour les lecteurs occasionnels et de passage, on se retrouvera lors d'un prochain palmarès, au choix, des 3 plus beaux dessins, des 10 meilleurs haïkus, des 20 titres les plus cocasses, ou encore des 50 expressions les plus incongrues. Vivement la suite !




>Voir le billet et ses commentaires...
 

Au secours, mon ordi est lent ! (8) : J'apprends à reconnaître et changer le matériel
Date 26/09/2017
Ico Dossier
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"Neige légère

Si je souriais

Je me changerais aussitôt en lapin de garenne"


Uejima Onitsura (1660-1738)


Enfin ! Nous voilà rendu au terme de l'aventure épique de notre Dossier Sans Fin qui, paradoxalement, a une fin. Et, après des articles tous plus ébouriffants les uns que les autres traitant essentiellement du système d'exploitation et des applications installées, nous abordons aujourd'hui le cas du dernier sujet qui fâche, qui fâche tout rouge même quand ça dysfonctionne gravement dans les chaumières, à savoir celui du matériel.


Alors, commençons tout net par une mise en garde ferme et sans ambiguité, sachez que le matériel n'est que très rarement la cause des crises de nerf à caractère informatique, sauf pour ceux qui se font un devoir de laisser régulièrement tomber leur appareil portable par terre. Dans l'écrasante majorité des cas, c'est bien votre utilisation de l'appareil qui créé les problèmes, pas la mort atroce d'un composant électronique. De ce point de vue, lesdits composants sont d'une étonnante robustesse au regard de la durée de vie qu'on accorde généralement aux ordinateurs avant de les considérer sans égard comme de vils déchets qu'il faut vite ôter de notre regard.


Mais bon, la panne matérielle survient malgré tout de temps à autre, et puis on peut avoir envie aussi de changer un petit quelque chose pour donner un coup de neuf à notre machine, qu'il s'agisse d'un disque plus rapide ou plus gros, de davantage de mémoire vive, d'une carte réseau intégrant les derniers protocoles, etc. Donc "savoir changer son matériel à la marge parfois il faut", comme l'énoncerait le-grand-maître-sur-la-montagne-qui-parle-toujours-à-l'envers.


Et c'est précisément ce que l'on se propose de faire, enfin modestement et comme d'habitude dans un article où toute ressemblance avec un tutoriel informatique détaillé serait purement fortuite. Nous allons ensemble tâcher d'apprendre à identifier les organes vitaux de nos petits ordinateurs. Sans surprise, cet article ne s'étendra pas aux petits appareils mobiles qui, pourtant, sont équipés rigoureusement des mêmes composants, simplement dans une version miniaturisée et chaque fois différente en fonction de la marque et du produit, de manière à ne surtout pas pouvoir être remplacée par un amateur éclairé. Pour ces petites bêtes, on oubliera donc bien vite le fait de réparer ou augmenter soi-même son matériel défaillant, et on enverra le tout directement au constructeur qu'il s'en débrouille, c'est bien triste mais c'est la vie.


En ce qui concerne les ordinateurs, la situation est nettement plus sympathique, mais à vrai dire seuls les possesseurs d'une horrible unité centrale disgracieuse pourront bénéficier de l'ensemble des possibilités de manipulation du matériel. Pour les ordinateurs portables, les ultra mini-pc ou les marques au design minimaliste si élégant, on aura déjà de la chance si on peut accéder à la barette mémoire sans sortir notre attirail complet de soudure à l'arc.


Pour achever de mettre l'eau à la bouche de nos lecteurs alléchés par de belles promesses qui n'engagent qu'eux, décrivons tout de suite le niveau de bricolage et le matériel requis par les délicates opérations à coeur ouvert du matériel informatique : néant. Rien. Zéro. Nul. Changer un composant informatique est aussi simple que de changer une ampoule, généralement nettement moins dangeureux, et nécessite essentiellement deux doigts et un petit tournevis cruciforme pour tout matériel. Autant dire que vous auriez pu vous y mettre bien avant ! Allez, on rattrape le temps perdu et on s'y met de ce pas.



Les premiers pas sans trébucher


Sur les conseils de quelques souris vertes inquiètes de notre manque de précaution verbale, lançons quelques remarques liminaires indispensables à l'évitement d'un sabotage généralisé de votre bel ordinateur.


Tout d'abord, quel que soit le type d'appareil sur lequel vous souhaitez intervenir, il va vous falloir examiner avec prudence la manière de lui exposer les entrailles, plus précisément la manière de l'ouvrir pour accéder aux composants internes. Sur les unités centrales, en général quelques vis à l'arrière, parfois prévues même pour être retirées sans tournevis, permettent de retirer un panneau latéral qui donne accès à l'ensemble. Sur les ordinateurs portables, la situation est nettement moins simple car chaque constructeur a ses petites (ou grosses) lubies, et il vous faudra sans doute, pour réussir à l'ouvrir, étudier la documentation fournie, ou l'un des milliards de tutoriels dédiés sur des sites de diffusion de vidéos en ligne que nous ne nommerons pas.


Dans tous les cas, il faut impérativement éteindre et débrancher l'appareil, retirer la batterie aussi pour un portable, avant toute intervention.


Autre conseil qui s'applique universellement à toute vélléité de changement de matériel, bien s'assurer, toujours à l'aide d'une consultation attentive des notices techniques, de connaître les composants compatibles avec le matériel. Vous ne pourrez pas mettre n'importe quel processeur sur une carte mère donnée, de même que vous ne pourrez pas mettre n'importe quel type ou taille de barette mémoire dans un ordinateur portable, et ainsi de suite. Il faut donc bien s'assurer que le matériel que l'on souhaite installer est :

- de la bonne taille (il y a différentes tailles de disque dur, de barettes mémoire, de carte graphiques, etc)

- de la bonne catégorie ou génération pour être reconnu par les autres composants (essentiellement par la carte mère).


Il peut être de bon ton d'aller consulter les caractéristiques techniques précises des composants sur des sites marchands assez complets, même si vous ne comptez par passer par eux pour vous les procurer. On pourra par exemple aller voir celui-ci ou encore celui-là.


Comme pour la plupart des opérations informatiques, quelques minutes de préparation et l'usage d'un papier et d'un crayon peut vous éviter bien des tracas, par rapport à la méthode du fonce-dans-le-tas-sans-lever-les-yeux.



L'ordinateur portable, au scalpel et sous un microscope


Bon, comme on l'a dit, l'ordinateur portable constitue un univers particulier dans le domaine du matériel, en ce qu'il n'est pas assemblé du tout de la même manière que son grand papa l'unité centrale de base. On pourra trouver ici un schéma montrant tous les petits composants qui équipent la bestiole. 


Voilà qui peut faire peur au premier abord, mais à vrai dire nous allons nous contenter de regarder deux composants qui sont généralement facilement accessibles et remplaçables par nos propres moyens : la mémoire et le disque dur.


Perte de mémoire momentanée


En ce qui concerne la mémoire, il est presque impensable que le composant décède, la quasi totalité des barettes mémoires d'il y a des décennies continuant à ma connaissance à fonctionner sans sourciller quelle qu'ait été leur degré d'utilisation dans leur longue carrière de mémoire vive. La seule bonne raison valable de triturer la mémoire est pour en mettre davantage, soit sous la forme d'une seule barette plus grosse, soit en en ajoutant une deuxième si votre ordinateur le permet. On rappelle à toutes fins utiles que, hors utilisation spécifique comme un calcul intense de la position des étoiles ou le montage vidéo à grande échelle, bénéficier de plus de 3 ou 4 Go de RAM sur un appareil n'a pratiquement aucun sens et ne rendra JAMAIS votre ordinateur plus rapide. Aucun intérêt non plus à essayer un modèle plus récent, parce que les différences constatées au niveau d'une utilisation pépère seront infinitésimales, à moins de sauter 4 ou 5 générations de composants d'un grand pas alerte, et dans ce cas votre ordinateur sera tout bonnement incapable de faire fonctionner ce matériel qui lui semblera venu d'une autre galaxie.


Une fois cette mise en garde bien en tête, avisons-nous donc d'apprendre à reconnaître la fameuse barette mémoire dans la jungle des composants. Attention, c'est à ne pas confondre avec les minuscules cartes mémoires Flash qui équipent vos appareils photos et autre tablettes, dans des formats aussi évocateurs que SD ou Micro SD. Ici nous parlons de la vraie mémoire vive des ordinateurs, dite RAM par les anglophones pour Random Access Memory. Vous en trouvez une belle illustration ici par exemple, avec en prime l'étiquette qui permet de voir qu'elle n'est pas fabriquée en Poitou ou en Normandie. Cette version courte mais un peu grosse correspond à ce qui est utilisé dans les portables, à ne pas confondre avec la version plus longue et plus fine qui équipe généralement les ordinateurs fixes.


Bon, ben voilà le composant qu'il nous faut repérer dans votre belle machine, ouverte par vos soins sans trop tirer sur le capot. Même chez les constructeurs d'ordinateurs portables les plus récalcitrants, il est prévu qu'il soit très simple d'y accéder, et généralement la barette elle-même se clipse et se déclipse sans même besoin d'un outil.


Dernier petit conseil, si vous souhaitez ajouter une barette (pour les chanceux qui ont deux emplacements, donc souvent un portable aussi encombrant qu'un lave-linge), ou remplacer l'existante pour du Plus Gros, vérifiez bien dans votre notice le maximum de Go que vous pouvez embarquer sur votre modèle, car souvent la limite est sévère. Et vérifiez au passage par une petite recherche internet que votre système d'exploitation est bien capable d'utiliser toute cette formidable manne de mémoire vive, car lui aussi a ses limites figurez-vous. Par exemple, Windows XP, bon d'accord c'est vieux mais quand même, ne supporte pas plus de 2Go de mémoire, au-delà il ne voit même pas que ça existe.


Change de disque papy


Le deuxième composant que l'on peut triturer joyeusement dans un ordinateur portable, sauf sur certains modèles récalcitrants, est le disque dur. Et cela tombe très bien, souvenez-vous que nous avons déjà expliqué que c'est LE composant qu'il faut changer en priorité si vous voulez de la performance.


Que vous vouliez mettre un disque SSD, ou un disque dur à plateau traditonnel (format 2,5 pouces pour les portables, attention à ne pas prendre le gros machin de 3,5 pouces qui équipe les ordinateurs fixes), l'emplacement est le même et la manière de le brancher identique. Il existe plusieurs types de connectique, mais à moins d'avoir un ordinateur datant d'avant la domestication du feu, vous pouvez à coup sûr vous diriger vers un disque dur de norme SATA. En général, quelques petites vis à retirer puis un petit bout de câble à déclipser sont tout ce qui vous sépare du bonheur du nouveau disque dur fringant et alerte.


On ne s'étend pas davantage sur le sujet, c'est super facile, aucun risque ni pour vous ni pour le matériel qui n'est pas spécialisement fragile. Evitez simplement les décharges sauvages d'électricité statique si vous avez un pull en laine de mouton tressé.  Lancez-vous et vous verrez, vous nous remercierez, on doit même pouvoir le faire en famille avec des enfants.




L'ordinateur fixe enfin à nu


Bien bien bien. Comme nous l'avons fait remarquer tant et plus, c'est véritablement avec ce type d'ordinateur, conspué par l'ensemble des médias pour de soi-disant atteintes au sens esthétique et écologique des foules, que nous allons pouvoir dérouler l'ensemble des petits travaux du Faire-le-soi-même qui permet autonomie, réparation, choix personnel des composants et tout ce qui s'ensuit.


Précisons au passage qu'il y a deux directions bien intéressantes à suivre si l'on souhaite remettre à neuf son équipement, c'est de s'efforcer de réduire :

- les nuisances sonores

- la consommation électrique

Ca tombe bien, généralement les deux vont de pair, vu que ce sont les composants énergivores qui sont généralement équipés de turbines d'avion pour les refroidir, quand les composants économes ne nécessitent en général qu'une lègère brise, voire rien du tout pour des éléments qu'on dit passifs (sans ventilation).


Allez, on y va pour un petit tour d'horizon de tout ce qu'on peut remplacer nous-même et sans aide dans notre petite boîboîte.


La mémoire courte


Sans surprise, on peut ajouter, remplacer, enlever, remettre, bref faire tout ce que l'on veut avec la mémoire vive de son ordinateur. On prendra juste garde à bien prendre la bonne taille, souvent la taille standard, et une fréquence (xxx Mhz) acceptée par votre carte mère.


D'ordinaire il y a bien plus d'emplacements pour la mémoire dans un ordinateur fixe, jusqu'à 4 barettes possibles, donc vous serez beaucoup moins contraints que sur les portables. On conseille généralement de ne prendre que des barettes identiques, et par paires, pour des performances optimales, mais je ne suis pas sûr que vous preniez de gros risques à faire un peu comme bon vous semble.


Comme sur les portables, il y a un système de clipsage excessivement simple à manipuler pour enlever et poser une barette mémoire, la seule difficulté éventuelle étant de passer à travers les méandres de câbles ou le bloc de refroidissement géant du processeur, mais a priori vous n'aurez pas besoin d'une formation poussée pour mener votre mission à bien.


Un disque toujours plus dur


Ici encore, vous bénéficiez d'une myriade de possibilités incroyables, quelle chance vraiment. En effet, les unités centrales des ordinateurs fixes vous permettent d'accueillir entre deux et une douzaine de disques durs en même temps en fonction du modèle. Evidemment, aux souris vertes on ne va pas pousser à la surconsommation de stockage, mais avoir deux disques différents est une idée fameuse pour tout un tas de bonnes raisons qui sont énoncées dans notre très bel article sur la perte de données. Et si vous avez l'occasion de récupérer des disques un peu anciens qui n'ont pas la capacité pléthorique des modèles actuels, en mettre plusieurs pour avoir une capacité globale raisonnable est une option parfaitement économique autant qu'écologique.


Concernant la taille des disques durs, ils sont le plus souvent mesurés à l'anglo-saxonne à 3,5 pouces, donc assez volumineux. Les 2,5 pouces à taille plus réduites sont historiquement plutôt dédiés aux ordinateurs portables. Cependant, votre matériel est tout à fait capable de gérer les deux formats si vous pouvez les faire entrer dans votre petite tour, c'est pourquoi nous vous conseillons sans hésiter d'opter pour le format 2,5 pouces même pour un ordinateur fixe : ces petites bêtes sont nettement plus petites, plus économes en énergie , nettement moins bruyantes aussi le plus souvent, tout en ayant de nos jours une capacité tout à fait comparable à celle de leurs copains plus larges. Il existe des petites plaques de métal qui permettent de visser ces disques dans une baie 3,5 pouces, mais sinon même un petit système maison à base d'élastiques tendus vous permettra de suspendre vos disques tout en réduisant les vibrations sur le boîtier, et donc les nuisances sonores parfois bien pénibles de gratte-gratte.


Dans tous les cas et quel que soit le disque à installer, un peu de patience et un petit tournevis cruciforme suffiront à vous sortir d'affaire.


Bien s'alimenter


Ah tiens, voilà un composant de la machine que nous avons très peu abordé jusqu'à présent aux Souris Vertes. Pourtant il est de première importance pour notre Thème Principal, vu que c'est lui qui alimente en énergie débonnaire tout le reste des composants : c'est l'alimentation, justement. Dans un ordinateur portable, le bloc d'alimentation est irrémédiablement lié à la batterie, absolument particulier à votre modèle et aux choix arbitraires du constructeur, et parfaitement hors périmètre de tout bricolage amateur.


Ce n'est pas du tout le cas des ordinateurs fixes, où l'alimentation peut être changée exactement comme le reste des composants, et avec la même facilité : on dévisse l'ancien, on revisse le nouveau, et hop. Bon, il faudra tout de même remettre tous les câbles qui courent sans vous tromper, donc autant dire faire un minimum attention et consulter abondamment la notice avant d'allumer le tout, mais honnêtement ça se fait très bien et sans panique excessive.


Pourquoi donc voudrait-on toucher à ce composant ? C'est que toutes les alimentations ne se valent pas, voyez-vous, et certaines pompent sans arrêt sur leur prise pour n'en restituer qu'une partie minuscule à leurs amis. On dit qu'elles ont un mauvais rendement. Certaines alimentations éhontées ont des pertes de près de 50% de l'eléctricité qu'elles prélèvent, alors que d'autres affichent un rendement de plus de 90%, autant dire que la différence de consommation finale est énorme. Sans compter qu'une mauvaise alimentation va chauffer, faire un maximum de bruit avec son gros ventilateur disgracieux, et en prime entamer sérieusement la durée de vie des autres composants en ne délivrant pas des tensions stables.


Autant dire que s'il est UN composant sur lequel il vaut la peine d'investir, c'est bien l'alimentation. Donc, si vous le pouvez, le mieux est encore de choisir une alimentation efficace, peu gourmande, passive, c'est-à-dire sans ventilateur, et très robuste. Même si nous nous refusons en général à tout forme de publicité déguisée, nous allons tout de même vous faire connaître  la marque que nous chérissons aux souris vertes, une petite championne des alimentations écologiques et qui durent. Après, ne vous méprenez pas, il y a plein d'alternatives viables, et non, nous ne touchons pas de subsides de la société en question pour ce petit encart publicitaire sournoisement tapi au beau milieu de l'article.


Le vroum vroum du ventilo


Ah, le doux bruit de la caresse du vent sur la mer, ou encore des feuilles d'arbres qui tremblent d'un léger souffle... Rien à voir malheureusement avec les nuisances sonores liées à nos belles machines, diantre non. Sachez-le, les composants électroniques n'émettent absolument aucun bruit, en tout cas aucun audible par une oreille humaine non dotée de super-pouvoirs (Superman serait peut-être d'un autre avis sur la question). Alors pourquoi diable nos ordinateurs sont-ils si bruyants ? Oui, pourquoi me demandent les souris vertes d'un air hagard ? Eh bien, à vrai dire lesdits composants engendrent leur propre petite nuisance locale sous la forme d'une dissipation de chaleur totalement incontrôlée, ce qui les rend inutilisable sans un bon système de refroidissement qui, lui, n'a pas l'heur d'être silencieux.


Et, pour le commun de mortels, le refroidissement viendra sous la forme de petits ventilateurs parsemant gentiment l'intérieur douillet de la machine. Il existe bien des solutions alternatives, comme le refroidissement à eau, ou watercooling, qui malgré son nom très cool se montre très coûteux, encombrant et totalement inadapté à des ordinateurs portables. Bref, il n'y a pas à y couper, il faut passer par le ventilateur. Evidemment, tout cela ne serait pas un problème en soi si ces petits appareils n'émettaient des sifflements, bourdonnements et autres crachotements qui empestent le quotidien.


La souris verte à lunettes me fait remarquer, à juste titre même si je grince des dents, qu'il existe un autre grand responsable des bruits des ordinateurs : le disque dur, ouh le méchant, qui gratte, qui gratte, et parfois aussi provoque des bruits aigus à cause de la rotation de ses plateaux. Mais, honnêtement, seuls les modèles vraiment moisis sont capables de nuisances dignes de ce nom, dans ce cas on changera bien vite l'importun pour une version discrète. Les disques SSD ou la mémoire flash, cartes SD, clés USB, et autres, sont eux totalement silencieux. Et en plus ils chauffent très peu ! Comme quoi il y a du bon dans ces petites bêtes.


Pour continuer dans cet accès d'optimisme qui nous saisit, il y a tout de même des raisons de se réjouir, car la course à la miniaturisation et à l'autonomie des petits appareils a obligé les constructeurs à embarquer toujours moins de ventilateurs, et donc à créer des composants de moins en moins énergivores, puisque la dissipation de chaleur est directement liée à l'énergie consommée. Autrement dit, on trouve aujourd'hui des composants tellement gentils qu'ils n'ont plus besoin d'être refroidis, ou si peu. C'est la raison pour laquelle les smartphones par exemple, qui embarquent pourtant processeur et compagnie, sont silencieux car absolument pas refroidis. Ce qui n'empêche pas certains modèles bien peu soignés de chauffer délicatement vos fesses ou la poche de votre sac. 


Avec les ordinateurs l'équation est un peu plus compliquée, car évidemment on ne saurait renoncer à la promesse du Toujours Plus, de puissance, de mémoire, de composants, etc, si bien qu'il est quasiment impossible de monter un système totalement passif. Le processeur en particulier ne pourra jamais de passer de ventilation, itou l'alimentation si elle est costaude, et la carte graphique si elle permet de tuer des zombies en rafale en plusieurs millions de pixels.


Bon, il est temps d'en venir au fait, pas trop tôt même, à savoir peut-on changer ces satanés ventilos qui nous pourrissent la vie ? La réponse est oui, comme pour tout le reste

quelques vis ou systèmes de clipsage élémentaires vous séparent de la tranquillité d'esprit retrouvée. Cela dit, il est important de prendre conscience que le bruit est inhérent à toute ventilation. Au minimum, le déplacement de l'air produira toujours un son audible. Au pire, un léger jeu au niveau de l'axe du ventilateur produira les bruits irréguliers et parfaitements insupportables de vrombissement, sifflements aigus et autres. Mais ces bruits apparaîtront forcément avec l'usure mécanique, aucun ventilateur ne pourra rester silencieux éternellement.


Par ailleurs, les sons aigus sont nettement plus insupportables que les sons graves. Et plus le ventilateur a un diamètre important, plus il peut tourner lentement (donc générer moins de bruit de souffle) et produit des sons graves. Or la miniaturisation rampante fait que souvent on équipe les machines de ventilateurs minuscules qui deviennent infernaux une fois leur prime jeunesse derrière eux. C'est encore plus le cas avec les ordinateurs portables, longue vie à eux. Fort heureusement, les possesseurs d'une unité centrale de bonne taille auront eux toute latitude pour choisir des modèles de ventilateur plus gros, et ainsi non seulement améliorer notablement la durée de vie de leur matériel par un refroidissement adéquat, et s'épargner les tourments sonores qui traumatisent le bon peuple.


Attention, bien qu'entièrement mécanique et d'allure nettement moins fragile que la plupart des petits composants délicats qui équipent une machine, tout ventilateur doit être manipulé avec précaution. En effet, la moindre maladresse pourrait endommager le beau roulement à bille et risquer de rendre le ventilateur bruyant, voire pire, totalement inefficace, ce qui signe la mort assurée de ce qu'il était censé refroidir. Un processeur puissant laissé sans aucun refroidissement et à plein régime a une durée de vie qui se compte en heures, peut-être moins encore.


Pour conclure, vous apprendrez donc à changer avec bonheur vos ventilateurs en respectant quelques règle d'usage :

- choisir autant que possible des ventilateurs de diamètre important, et des vitesses de rotation faibles. Il existe des systèmes permettant d'adapter des diamètres plus importants sur de petits composants.

- ne pas se priver d'un système de refroidissement maousse costaud pour le processeur ou la carte graphique. Un bon gros radiateur bien efficace vous dispensera d'une ventilation importante.

- prendre le soin de réfléchir à la ventilation complète du boîtier, pas seulement d'un composant particulier. Des flux d'air combinés permettront de refroidir mieux avec moins de bruit total. Si ce travail vous paraît totalement grotesque, sachez qu'un bon système de refroidissement est sans doute plus important que le choix de tel ou tel Supercomposant plus technologique : vous verrez peut-être fonctionner ledit composant à pleine capacité 1% du temps, par contre vous subirez en permanence les assauts d'une ventilation mal conçue. Sans compter les risques de voir la durée de vie de ces fameux Supercomposants fondre comme neige au soleil. Et dieu sait que la ventilation est un domaine où les fabricants investissent bien peu d'efforts, donc se contenter du tout venant est généralement une mauvaise idée.

- essayez de vous équiper au maximum en composants passifs et peu gourmands. Attention cependant à conserver une ventilation minimale pour ne pas transformer le tout en réacteur à fusion en un clin d'oeil, avec décès massif des composants à la clé.


Au fait, avant de passer à la suite, jetons un coup d'oeil pour voir à quoi ressemble un ventilateur d'ordinateur. Drôle de tête, hein, heureusement qu'il reste caché dans sa boîte celui-là.

Repeindre sa carte graphique en vert fluo


Tiens, voilà une transition idéale maintenant que nous savons tout des ventilateurs, nous pouvons enfin régler son compte à la carte graphique qui turbine comme un hélicoptère de combat. Cela dit, sachez qu'au-delà du ventilateur qu'elle embarque, qui est toujours démontable et remplaçable, on peut vouloir remplacer carrément le tout pour choisir son modèle soi-même. Libre à vous de chercher du Gros, voire du Très Gros, si avez des envies de jeux vidéos importantes, mais dans tous les cas on s'assurera que la carte en question a une consommation minime en faible charge, de manière à ne pas voir sa facture d'électricité grimper au plafond, sans parler du volume sonore qui fait qu'on ne s'entend plus dans le salon. Cela vous dispensera de consommer à tout crin même pour ouvrir un document texte ou visionner le prochain article des souris vertes.


Sachez également qu'il existe un grand nombre de cartes graphiques totalement passives, donc totalement silencieuses (on pourra en voir un exemple ici), voire de nombreux modèles intégrés à la carte mère, ce qui est l'idéal si vous avez de petits besoins : consommation ridicule, encombrement inexistant, le seul défaut étant que vous ne pourrez pas la remplacer plus tard, mais on a dit petits besoins n'est-ce pas ?


Si vous choisissez de vous équiper d'une carte graphique non intégrée et de la changer par vos soins, aucune difficulté, mais attention à bien regarder la place dans votre boîtier avant de vous lancer. Ces bestioles existent dans toutes les tailles (et tous les budgets aussi, on peut y laisser sa fortune sans y prendre garde) et vous seriez surpris de voir que certains modèles pour joueurs invétérés auront bien du mal à passer par la porte d'entrée.


Les autres composants mystères


Il existe encore toute une pléthore de composants qui peuvent être ajoutés et remplacés à l'envie. En l'espèce, l'informatique est un peu comme la réparation de vélo, aucune pièce ne saurait échapper à la sagacité de l'amateur éclairé : carte réseau, carte audio, adaptateur bluetooth, bloc usb, lecteur DVD-ROM, lecteur de disquette, antenne de souris portative, tout y passe. Nous n'allons pas nous attarder davantage sur toutes ces possibilités, d'autant que la mode des ordinateurs portables fait que l'on trouve de plus en plus de composants de ce type sous forme de petits adapateurs USB et de moins en moins de composants internes à trifouiller dans le ventre de la machine. Mais les curieux trouveront toujours leur bonheur, car nous le répétons, le martelons et le rabâchons, absolument aucune pièce équipant un ordinateur n'est hors de portée d'un petit coup de tournevis du dimanche.


La totale complète de l'expert absolu : le bloc processeur / carte mère


Nous avons gardé le meilleur pour la fin, enfin le meilleur si on a les nerfs solides, un moral d'acier et une impertubabilité de moine tibétain. En effet, si changer le processeur et/ou la carte mère de votre machine est tout à fait possible tout seul dans votre salon, votre garage, votre jardin, ou toute autre pièce qui vous fera plaisir, c'est loin d'être la vie de croisière que nous avons décrite précédemment. Si vous trouviez que remplacer le bloc d'alimentation relevait déjà du casse-tête avec tous ces câbles à débrancher et rebrancher à l'identique, vous pouvez déjà prévoir une bonne provision d'aspirine, car vous vous apprêtez sans le savoir à démonter tous les composants et à vider l'intégralité du boîtier, rien de moins. Et côté milliers de vis à retirer, on est servi, sans parler du fait que malgré tout ces plaques de plastiques embarquent des composants minuscules et qui supporteront mal un gros coup sur la tête. Autrement dit, rigueur, patience et minutie sont les bienvenues pour l'occasion.


En fonction de votre type de refroidissement, il se peut que remplacer le processeur seul soit d'une simplicité enfantine : soit tout est accessible par le dessus, on dévisse le système de refroidissement, on déclipse et youpi. En faisant attention au remontage quand même, le moindre millimètre de contact en moins sur la ventilation serait fatal. Mais si vous avez la malchance de vous retrouver avec un système de radiateur du processeur fixé des deux côtés de la carte mère pour une meilleure stabilité, patatras, il vous faudra démonter entièrement la carte en question même si vous n'avez pas prévu de la remplacer.


Bref, on ne se lancera dans ce type d'aventure qu'armé d'un solide enthousiasme, d'une bonne préparation et de préférence accompagné de quelques souris vertes si c'est la première fois que vous tentez l'expérience. En même temps, vu la durée de vie de plusieurs décennies de ces composants, si l'on ne s'invente pas de nouveaux besoins tous les matins, on devrait pouvoir se dispenser de ce type de bricolage expert plus d'une fois ou deux dans sa vie.


Avant de partir, cependant, jetons tous un coup d'oeil à ces composants si énigmatiques : avez-vous déjà vu de vos yeux vu une carte mère, un processeur avec sa petite ventilation ou même un processeur tout nu ? Renversant.



Bye bye le dossier : ce n'est qu'un au revoir...


Pfiou, eh bien je dois dire qu'aux souris vertes nous sommes bien contents de clôturer ce formidable dossier qui n'en finissait pas de continuer. Grâce à l'énergie débordante de nos petites souris et à leurs conseils avisés, vous êtes désormais en mesure de reprendre un peu de pouvoir sur ces satanés appareils électroniques qui peuplent votre quotidien. Le minimum, tout de même, restant de savoir qui commande et qui obéit dans cette affaire. Non, nous ne serons pas esclave de ces configurations ineptes pensées la tête à l'envers par des armées de fabricants plus soucieux du taux de remplacement de leur camelote que de l'épanouissement réel de leurs clients. Même face à de la dite haute technologie, nous conservons une marge de manoeuvre et des possibilités d'autonomie importantes qu'il s'agit de cultiver.


C'est ce que nous vous enjoignons de faire pendant que nous regagnons notre tanière, bien fourbus de tous ces articles à rallonge et qui s'obligent à nous mettre le nez dans le cambouis. Mais qu'on se rassure, nous n'avons pas épuisé nos propos, oh que non, et nous avons même en réserve quelques autres Gros Dossiers bien sentis pour les longues soirées d'hiver. On dit donc au revoir à notre grand dossier sans tristesse, car ce n'est que le début du reste de formidables aventures !


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Le Petit Geste Du Jour : je change les réglages de mon appareil photo
Date 20/05/2017
Ico Le Petit Geste du Jour
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Une souris verte prend une photo

"Sur l'image sainte

Elle lâche une fiente

L'hirondelle"


Yosa Buson (1716-1783)

Aujourd'hui, et parce que c'est vous, nous transformons un Tout Petit Geste en un Effet de Manche tout à fait spectaculaire, un tour de prestidigitation à côté duquel faire disparaître la tour Eiffel devant cinquante mille personnes fait délicatement pouffer. Car nous nous promettons rien de moins qu'une transmutation alchimique profonde de tout appareil photographométronique, et je dis bien tout, et même plus encore puisque l'on peut ajouter sans vergogne téléphones, caméscopes, tablettes, webcam, souriscopes, et autres capteurs de contenu multimédia. En quelques instants, et sous les yeux ébahis de la foule en délire, nous allons changer le plomb de la grosse photo balourde en une fine couche  d'or fin sous la forme d'un fichier aussi léger qu'une plume.


Avant d'expliquer le mais pourquoi du comment donc de cette opération renversante, il me faut présenter platement mes excuses à toute la compagnie de souris vertes qui s'agite gaiement autour du bureau en cette belle matinée. Cela fait en effet plusieurs semaines, mois même, années peut-être ? des siècles ? Euh, ne nous emportons pas, ce blog a encore la fraîcheur du jeune souriceau, donc on ne saurait remonter si loin. Mais bref, cela fait bien longtemps que les souris unanimes militent pour la publication de cet article, qui est dans la filiation directe de nos formidables billets sur les grandeurs du monde numérique, dont nos plus anciens lecteurs se souviendront peut-être avec émotion.


Tu veux ma photo ?


Il était donc plus que temps de céder au lobbying incessant des petites souris bien remontées contre le phénomène absolument destructeur du Réglage Par Défaut Ridicule. D'autant que l'inondation à travers tous les systèmes de communication de contenu multimédia produit sans aucune précaution menace sérieusement de ravager la planète. Etant donné que le texte n'intéresse plus personne, et que la vidéo est encore difficile à diffuser à la pelleteuse vu la bande passante qu'elle consomme, ce sont bien les photos et images en tout genre qui constituent l'essentiel des échanges à travers les réseaux informatiques, et qui viennent ensuite gentiment s'inscruster dans des espaces de stockage dont le guichet reste ouvert 24h/24. Rien que sur FesseBouc, un service à l'odeur pour le moins douteuse, ce sont pas moins de 200 millions de photos qui sont ajoutées chaque jour, pour un total pour le moment de 90 milliards, rien que ça.


Bien entendu, il serait opportun de s'interroger sur l'utilité finale, et plus avant sur le sens profond de cette tendance à l'accumulation compulsive de données qui veut tout montrer et rien oublier ou simplement taire. Sans compter la possibilité parfaitement immature de consommer toujours plus d'objets numériques sans s'interroger sur leur devenir ni assumer aucune responsabilité dans leur cycle de vie ; voilà bien une possibilité de pollution par prolifération nettement démultipliée par rapport au monde réel finalement bien risible avec ses quelques centaines d'objets inutiles qui traînent à la cave ou au grenier.


Mais, même si ça n'est pas le désir de polémiquer joyeusement qui nous manque, nous laisserons là la discussion philosophique, anthropologique, sociologique, philogénétique et tout ce que vous voulez ajouter en -ique (une souris à droite me suggère le très mignon "souristémique", je m'en vais de ce pas pétitionner l'académie française pour son entrée dans le dictonnaire) pour nous concentrer sur notre geste salvateur du moment. Commençons déjà par nous assurer de ne pas consommer de l'octet à la tonne, ensuite chacun pointera son petit objectif vers ce qui lui plaira et en son âme et conscience.


Scandale inouï du réglage inique (et réciproquement)


Aux souris vertes, nous n'avons pas peur de prendre des risques, et nous allons de ce pas briser le silence complice, l'omerta tacite, la complaisance facile qui autorisent aujourd'hui la commercialisation de dizaines de milliers d'appareils numériques avec des réglages embarqués qui relèvent tout bonnement d'un scandale environnemental, social et de santé publique tout à la fois. Imaginez un instant que l'on ne propose plus à la vente que des biberons de 2 litres pour inciter nos nourrissons à consommer davantage, les fainéants, ou des rouleaux de papier toilette à cinquante épaisseurs que vous aurez même du mal à plier, pour soutenir la croissance mondiale qui en a bien besoin, et vous aurez une bonne idée de la finesse de conception et de l'intelligence stratégique qui anime l'industrie numérique au moment de vous produire un appareil photo.


Il est acquis que l'on peut désormais produire des capteurs ultra-sensibles à des coûts si risibles que l'on peut en habiller gentiment le moindre gadget électronique, tout cela dans une grande débauche débonnaire de métaux rares et d'énergie fossile. Mais, non content de nous équiper d'un matériel optique nettement plus performant que la plupart des missions spatiales du siècle dernier, ce dont nous commençons à nous blaser légérement du fait que même les jouets pour enfants en sont truffés, on va surtout nous ajouter des réglages toujours plus énormes pour nous produire du Super Méga Pixel inutile, mais qui offre un argument de vente bien commode. Nous n'allons pas refaire ici la démonstration percutante de la stupidité de ces ordres de grandeur publicitaires quand il s'agit de nous vanter du Méga Pixel sans retenue, nous vous laisserons pour cela relire l'étonnant article traitant de la taille des écrans, mais nous rappelons simplement la conclusion sans appel qu'il est permis d'en tirer : aujourd'hui, le moindre appareil photo embarqué sur le plus minuscule téléphone va vous générer des images dans un format qu'aucun écran au monde n'est capable d'afficher, ni aucune imprimante capable d'imprimer. Donc, non seulement vous transportez et stockez beaucoup trop d'information dans votre petite photo, mais en plus vous allez faire travailler les machines qui vont se charger de l'afficher en lui redonnant auparavant une taille un peu plus raisonnable que la longueur d'un porte-avion.


Alors, pour ajouter une subtile nuance de vert à notre tableau bien sombre, sans aller jusqu'à dire que les résolutions gigantesques que proposent les appareils photo sont réellement utiles car on saurait très bien s'en passer, on concèdera qu'il est possible d'en tirer parti si vous faites un certain type de photo ou de vidéo. La photographie naturaliste par exemple, celle qui consiste à essayer d'immortaliser des souris vertes tapies au milieu d'un buisson, peut bénéficier du raz-de-marée de pixels pour permettre ensuite de recadrer les images obtenues sur des détails qu'il serait bien difficile de capter directement à la bonne échelle. Mais bon, on est tout de même sur un usage très spécialisé, et dans ce cas il n'est pas question de diffuser la photo obtenue sans un traitement qui va ramener sa taille à des dimensions bien plus modestes. Et quoi qu'il en soit, on aura du mal à se persuader que ce sont des armées de botanistes et d'ornithologues amateurs qui alimentent aujourd'hui les réseaux dits sociaux et les millions d'images échangées à travers l'internet mondial à chaque milliseconde. Alors, pour tous les autres, on le fait ce petit geste ?


Travailler autant pour gagner moins (de pixels)


Ah vraiment quel beau programme, les souris. Ce n'est pas avec ce genre de titre honteusement décroissant qu'on va séduire le quidam, franchement non mais. C'est pourtant bien de cela qu'il s'agit, nous allons baisser la résolution en pixels de notre appareil photo. Ceci aura plusieurs conséquences notables :

- la photo aura moins de pixels. Eh oui ! Bon, plus concrètement, la définition de l'image sera moins bonne, on perd des détails, mais comme nous l'avons déjà fait remarquer, au-delà d'une certaine résolution le gain en qualité est minime voire imperceptible, et la consommation d'espace proprement monstrueuse.

- le fichier en question sera moins gros. Eh oui ! Ce qui aura deux conséquences formidables : moins d'octets à envoyer par le réseau si vous diffusez votre oeuvre, donc un transfert plus rapide et plus économe en bande passante, et moins de stockage nécessaire chez vous comme chez Papi Gaston à qui vous avez envoyé le tout.

- vous économisez des ressources numériques partout où vous baladez vos petites images, autrement dit vous sauvez sans le savoir les phoques, les ours polaires et les bébés tigres, sans oublier toutes ces petites bestioles incroyables qui vivent dans les forêts équatoriales.


Concernant le deuxième point, quand on connaît le manque d'espace disque chronique dont souffrent les possesseurs d'appareils numériques prisonniers de modèles qui ne permettent pas de rajouter du disque dur à l'envie, on se demande bien pourquoi ils n'ont pas sauté sur ce petit geste plus tôt.


Allez, on donne enfin la procédure pour le geste que tout le monde attend :

- j'attrape mon appareil téléphotoscope d'une main, je l'allume de l'autre

- je localise dans les préférences les réglages d'image. Là ça dépend de l'appareil, à vous de trouver.

- je commence par changer le format de l'image, en choisissant un format directement compressé (surtout pas d'image brute ou 'raw', malheureux !) : jpeg ou png par exemple pour deux formats d'excellente tenue. Il y a parfois des réglages supplémentaires sur le niveau de compression, là il vaut mieux expérimenter avant d'arrêter son choix, pour ne pas dégrader notablement le rendu.

- je change ensuite la résolution de l'image, pour prendre quelque chose de raisonnable. 1920x1080 (pour un format 16:9, sinon 1920x quelque chose) correspond déjà au fameux SuperUltraFullHD des écrans qui se la racontent, donc aller au-delà paraît bien déraisonnable. L'appareil photo des souris vertes ne nous laisse pas une grande latitude de choix, donc on opte pour du 1600x1200, ce qui fait des images tout à fait sympathiques à voir sur un écran et nous garantit des fichiers d'une taille de 500ko à 1Mo. C'est toujours plus lourd que du texte, même que l'intégrale des articles des Souris Vertes (si si),  mais pour une photo grand angle ça reste tout de même modeste.


Juste pour illustrer le gain de place que l'on en retire immédiatement, avec ma vieille carte mémoire pas bien grosse je peux prendre 1200 photos en 4000x3000, la résolution par défaut n'importequoitesque de l'appareil, et en ajustant mes réglages, même sans tirer jusqu'au timbre poste en 4 couleurs, je peux en prendre 6500. Personnellement je préfère avoir une résolution pas trop grande mais choisir le format de compression le moins agressif.


Bon, après c'est à vous de faire vos essais aussi, jusqu'à trouver le bon compromis entre le poids du fichier, la dimension de la photo et la qualité finale. Tant que vous ne restez pas sur les réglages par défaut ça sera déjà un bel effort. Bravo !

Arrête ton cinéma

Ne partez pas ! Je vois des lecteurs qui s'apprêtent à lever l'ancre après cette petite séance de gesticulation salutaire. On a déjà bien oeuvré pour la planète, c'est sûr, mais on peut aller encore plus loin sans trop se fouler, maintenant qu'on y est. Car, généralement, les appareils qui savent prendre des photos savent aussi filmer, voyez-vous. Alors là, on ne le répétera jamais assez, aussi allons-y pour notre petite rengaine préférée, mais la vidéo est l'antithèse absolue de la sobriété numérique, elle vous dévore de l'octet encore pire que Grosbouf (qui A FAIM comme le reconnaîtront les fans des schtroumpfs, que forcément les souris vertes révèrent, elles qui aiment tous les animaux délicieusement colorés). Bref, si on peut s'abstenir, c'est aussi bien, mais si parfois on a du mal à s'en passer,  la moindre des choses sera d'aller chercher les réglages au même endroit que précédemment, et d'aller illico baisser la résolution des images prises. Bon, la qualité de l'image va bien vite se dégrader, mais celle du son n'en souffrira pas, et surtout vous aurez le droit de prendre des vidéos de plus d'un quart de seconde sans saturer votre carte mémoire d'un trait.

Comme précédemment, il vaut mieux expérimenter la résolution qui vous convient en fonction des possibilités de votre appareil. Pour ma part j'utilise plutôt le 640x400, pas forcément très joli à afficher sur un grand écran mais qui va bien pour les quelques rares fois où j'ai quelque chose à enregistrer. A vous de voir. Mais se poser la question, et savoir changer les réglages en fonction du contexte, c'est déjà un grand pas sur la Voie de l'Usage Numérique Maîtrisé.


Allez, c'est fini pour notre épisode du jour, vous pouvez allez vous reposer, sous les acclamations des souris en liesse.

On se quitte sur un petit haïku en écho à notre discussion :

"Reflet sur l'eau
Du reflet de mon oeil
Regardant la mer"

Midoriro no Mausu (la Souris Verte)









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