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Le Petit Geste Du Jour : je change les réglages de mon appareil photo
Date 20/05/2017
Ico Le Petit Geste du Jour
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Une souris verte prend une photo

"Sur l'image sainte

Elle lâche une fiente

L'hirondelle"


Yosa Buson (1716-1783)

Aujourd'hui, et parce que c'est vous, nous transformons un Tout Petit Geste en un Effet de Manche tout à fait spectaculaire, un tour de prestidigitation à côté duquel faire disparaître la tour Eiffel devant cinquante mille personnes fait délicatement pouffer. Car nous nous promettons rien de moins qu'une transmutation alchimique profonde de tout appareil photographométronique, et je dis bien tout, et même plus encore puisque l'on peut ajouter sans vergogne téléphones, caméscopes, tablettes, webcam, souriscopes, et autres capteurs de contenu multimédia. En quelques instants, et sous les yeux ébahis de la foule en délire, nous allons changer le plomb de la grosse photo balourde en une fine couche  d'or fin sous la forme d'un fichier aussi léger qu'une plume.


Avant d'expliquer le mais pourquoi du comment donc de cette opération renversante, il me faut présenter platement mes excuses à toute la compagnie de souris vertes qui s'agite gaiement autour du bureau en cette belle matinée. Cela fait en effet plusieurs semaines, mois même, années peut-être ? des siècles ? Euh, ne nous emportons pas, ce blog a encore la fraîcheur du jeune souriceau, donc on ne saurait remonter si loin. Mais bref, cela fait bien longtemps que les souris unanimes militent pour la publication de cet article, qui est dans la filiation directe de nos formidables billets sur les grandeurs du monde numérique, dont nos plus anciens lecteurs se souviendront peut-être avec émotion.


Tu veux ma photo ?


Il était donc plus que temps de céder au lobbying incessant des petites souris bien remontées contre le phénomène absolument destructeur du Réglage Par Défaut Ridicule. D'autant que l'inondation à travers tous les systèmes de communication de contenu multimédia produit sans aucune précaution menace sérieusement de ravager la planète. Etant donné que le texte n'intéresse plus personne, et que la vidéo est encore difficile à diffuser à la pelleteuse vu la bande passante qu'elle consomme, ce sont bien les photos et images en tout genre qui constituent l'essentiel des échanges à travers les réseaux informatiques, et qui viennent ensuite gentiment s'inscruster dans des espaces de stockage dont le guichet reste ouvert 24h/24. Rien que sur FesseBouc, un service à l'odeur pour le moins douteuse, ce sont pas moins de 200 millions de photos qui sont ajoutées chaque jour, pour un total pour le moment de 90 milliards, rien que ça.


Bien entendu, il serait opportun de s'interroger sur l'utilité finale, et plus avant sur le sens profond de cette tendance à l'accumulation compulsive de données qui veut tout montrer et rien oublier ou simplement taire. Sans compter la possibilité parfaitement immature de consommer toujours plus d'objets numériques sans s'interroger sur leur devenir ni assumer aucune responsabilité dans leur cycle de vie ; voilà bien une possibilité de pollution par prolifération nettement démultipliée par rapport au monde réel finalement bien risible avec ses quelques centaines d'objets inutiles qui traînent à la cave ou au grenier.


Mais, même si ça n'est pas le désir de polémiquer joyeusement qui nous manque, nous laisserons là la discussion philosophique, anthropologique, sociologique, philogénétique et tout ce que vous voulez ajouter en -ique (une souris à droite me suggère le très mignon "souristémique", je m'en vais de ce pas pétitionner l'académie française pour son entrée dans le dictonnaire) pour nous concentrer sur notre geste salvateur du moment. Commençons déjà par nous assurer de ne pas consommer de l'octet à la tonne, ensuite chacun pointera son petit objectif vers ce qui lui plaira et en son âme et conscience.


Scandale inouï du réglage inique (et réciproquement)


Aux souris vertes, nous n'avons pas peur de prendre des risques, et nous allons de ce pas briser le silence complice, l'omerta tacite, la complaisance facile qui autorisent aujourd'hui la commercialisation de dizaines de milliers d'appareils numériques avec des réglages embarqués qui relèvent tout bonnement d'un scandale environnemental, social et de santé publique tout à la fois. Imaginez un instant que l'on ne propose plus à la vente que des biberons de 2 litres pour inciter nos nourrissons à consommer davantage, les fainéants, ou des rouleaux de papier toilette à cinquante épaisseurs que vous aurez même du mal à plier, pour soutenir la croissance mondiale qui en a bien besoin, et vous aurez une bonne idée de la finesse de conception et de l'intelligence stratégique qui anime l'industrie numérique au moment de vous produire un appareil photo.


Il est acquis que l'on peut désormais produire des capteurs ultra-sensibles à des coûts si risibles que l'on peut en habiller gentiment le moindre gadget électronique, tout cela dans une grande débauche débonnaire de métaux rares et d'énergie fossile. Mais, non content de nous équiper d'un matériel optique nettement plus performant que la plupart des missions spatiales du siècle dernier, ce dont nous commençons à nous blaser légérement du fait que même les jouets pour enfants en sont truffés, on va surtout nous ajouter des réglages toujours plus énormes pour nous produire du Super Méga Pixel inutile, mais qui offre un argument de vente bien commode. Nous n'allons pas refaire ici la démonstration percutante de la stupidité de ces ordres de grandeur publicitaires quand il s'agit de nous vanter du Méga Pixel sans retenue, nous vous laisserons pour cela relire l'étonnant article traitant de la taille des écrans, mais nous rappelons simplement la conclusion sans appel qu'il est permis d'en tirer : aujourd'hui, le moindre appareil photo embarqué sur le plus minuscule téléphone va vous générer des images dans un format qu'aucun écran au monde n'est capable d'afficher, ni aucune imprimante capable d'imprimer. Donc, non seulement vous transportez et stockez beaucoup trop d'information dans votre petite photo, mais en plus vous allez faire travailler les machines qui vont se charger de l'afficher en lui redonnant auparavant une taille un peu plus raisonnable que la longueur d'un porte-avion.


Alors, pour ajouter une subtile nuance de vert à notre tableau bien sombre, sans aller jusqu'à dire que les résolutions gigantesques que proposent les appareils photo sont réellement utiles car on saurait très bien s'en passer, on concèdera qu'il est possible d'en tirer parti si vous faites un certain type de photo ou de vidéo. La photographie naturaliste par exemple, celle qui consiste à essayer d'immortaliser des souris vertes tapies au milieu d'un buisson, peut bénéficier du raz-de-marée de pixels pour permettre ensuite de recadrer les images obtenues sur des détails qu'il serait bien difficile de capter directement à la bonne échelle. Mais bon, on est tout de même sur un usage très spécialisé, et dans ce cas il n'est pas question de diffuser la photo obtenue sans un traitement qui va ramener sa taille à des dimensions bien plus modestes. Et quoi qu'il en soit, on aura du mal à se persuader que ce sont des armées de botanistes et d'ornithologues amateurs qui alimentent aujourd'hui les réseaux dits sociaux et les millions d'images échangées à travers l'internet mondial à chaque milliseconde. Alors, pour tous les autres, on le fait ce petit geste ?


Travailler autant pour gagner moins (de pixels)


Ah vraiment quel beau programme, les souris. Ce n'est pas avec ce genre de titre honteusement décroissant qu'on va séduire le quidam, franchement non mais. C'est pourtant bien de cela qu'il s'agit, nous allons baisser la résolution en pixels de notre appareil photo. Ceci aura plusieurs conséquences notables :

- la photo aura moins de pixels. Eh oui ! Bon, plus concrètement, la définition de l'image sera moins bonne, on perd des détails, mais comme nous l'avons déjà fait remarquer, au-delà d'une certaine résolution le gain en qualité est minime voire imperceptible, et la consommation d'espace proprement monstrueuse.

- le fichier en question sera moins gros. Eh oui ! Ce qui aura deux conséquences formidables : moins d'octets à envoyer par le réseau si vous diffusez votre oeuvre, donc un transfert plus rapide et plus économe en bande passante, et moins de stockage nécessaire chez vous comme chez Papi Gaston à qui vous avez envoyé le tout.

- vous économisez des ressources numériques partout où vous baladez vos petites images, autrement dit vous sauvez sans le savoir les phoques, les ours polaires et les bébés tigres, sans oublier toutes ces petites bestioles incroyables qui vivent dans les forêts équatoriales.


Concernant le deuxième point, quand on connaît le manque d'espace disque chronique dont souffrent les possesseurs d'appareils numériques prisonniers de modèles qui ne permettent pas de rajouter du disque dur à l'envie, on se demande bien pourquoi ils n'ont pas sauté sur ce petit geste plus tôt.


Allez, on donne enfin la procédure pour le geste que tout le monde attend :

- j'attrape mon appareil téléphotoscope d'une main, je l'allume de l'autre

- je localise dans les préférences les réglages d'image. Là ça dépend de l'appareil, à vous de trouver.

- je commence par changer le format de l'image, en choisissant un format directement compressé (surtout pas d'image brute ou 'raw', malheureux !) : jpeg ou png par exemple pour deux formats d'excellente tenue. Il y a parfois des réglages supplémentaires sur le niveau de compression, là il vaut mieux expérimenter avant d'arrêter son choix, pour ne pas dégrader notablement le rendu.

- je change ensuite la résolution de l'image, pour prendre quelque chose de raisonnable. 1920x1080 (pour un format 16:9, sinon 1920x quelque chose) correspond déjà au fameux SuperUltraFullHD des écrans qui se la racontent, donc aller au-delà paraît bien déraisonnable. L'appareil photo des souris vertes ne nous laisse pas une grande latitude de choix, donc on opte pour du 1600x1200, ce qui fait des images tout à fait sympathiques à voir sur un écran et nous garantit des fichiers d'une taille de 500ko à 1Mo. C'est toujours plus lourd que du texte, même que l'intégrale des articles des Souris Vertes (si si),  mais pour une photo grand angle ça reste tout de même modeste.


Juste pour illustrer le gain de place que l'on en retire immédiatement, avec ma vieille carte mémoire pas bien grosse je peux prendre 1200 photos en 4000x3000, la résolution par défaut n'importequoitesque de l'appareil, et en ajustant mes réglages, même sans tirer jusqu'au timbre poste en 4 couleurs, je peux en prendre 6500. Personnellement je préfère avoir une résolution pas trop grande mais choisir le format de compression le moins agressif.


Bon, après c'est à vous de faire vos essais aussi, jusqu'à trouver le bon compromis entre le poids du fichier, la dimension de la photo et la qualité finale. Tant que vous ne restez pas sur les réglages par défaut ça sera déjà un bel effort. Bravo !

Arrête ton cinéma

Ne partez pas ! Je vois des lecteurs qui s'apprêtent à lever l'ancre après cette petite séance de gesticulation salutaire. On a déjà bien oeuvré pour la planète, c'est sûr, mais on peut aller encore plus loin sans trop se fouler, maintenant qu'on y est. Car, généralement, les appareils qui savent prendre des photos savent aussi filmer, voyez-vous. Alors là, on ne le répétera jamais assez, aussi allons-y pour notre petite rengaine préférée, mais la vidéo est l'antithèse absolue de la sobriété numérique, elle vous dévore de l'octet encore pire que Grosbouf (qui A FAIM comme le reconnaîtront les fans des schtroumpfs, que forcément les souris vertes révèrent, elles qui aiment tous les animaux délicieusement colorés). Bref, si on peut s'abstenir, c'est aussi bien, mais si parfois on a du mal à s'en passer,  la moindre des choses sera d'aller chercher les réglages au même endroit que précédemment, et d'aller illico baisser la résolution des images prises. Bon, la qualité de l'image va bien vite se dégrader, mais celle du son n'en souffrira pas, et surtout vous aurez le droit de prendre des vidéos de plus d'un quart de seconde sans saturer votre carte mémoire d'un trait.

Comme précédemment, il vaut mieux expérimenter la résolution qui vous convient en fonction des possibilités de votre appareil. Pour ma part j'utilise plutôt le 640x400, pas forcément très joli à afficher sur un grand écran mais qui va bien pour les quelques rares fois où j'ai quelque chose à enregistrer. A vous de voir. Mais se poser la question, et savoir changer les réglages en fonction du contexte, c'est déjà un grand pas sur la Voie de l'Usage Numérique Maîtrisé.


Allez, c'est fini pour notre épisode du jour, vous pouvez allez vous reposer, sous les acclamations des souris en liesse.

On se quitte sur un petit haïku en écho à notre discussion :

"Reflet sur l'eau
Du reflet de mon oeil
Regardant la mer"

Midoriro no Mausu (la Souris Verte)









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Les souris vertes ont lu pour vous : la convivialité d'Ivan Illich
Date 25/03/2017
Ico Club de lecture
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"A la porte de l’auberge

Une carte de visite pour t’annoncer,

Coucou"


Matsuo Bashõ (1644-1695)


Décidément, il faut croire que les souris vertes passent leur temps enfermées à lire plutôt que d'aller observer l'arrivée du printemps et écouter les petits oiseaux chanter gaiement. Mais le livre que nous recensons aujourd'hui est tout petit, minuscule, le genre d'objet qui se lit vite mais qui se médite longtemps.


Une fois de plus, et sans surprise pour nos fidèles lecteurs, nous prenons notre propre ligne éditoriale à contrepied pour recenser un livre qui ne parle ni d'écologie, ni de numérique. Il faut dire que La convivialité, d'Ivan Illich, est paru en 1973, dans un monde arriéré qui ne connaissait ni FesseBouc ni la magie du téléphone portable. Pour autant, les ravages de l'environnement étaient déjà bien connus pour l'essentiel, il est même vertigineux de voir à quel point on a tenu le cap sans férir alors que tous les constats qui remplissent aujourd'hui nos journaux et les vibrants discours de campagne avaient déjà été faits il y a 40 ans. Illich ne se prive pas de les dénoncer au passage, mais ce n'est pas là l'essentiel de son propos.


Dans ce cas, pourquoi donc faudrait-il se lancer dans une lecture qui ne parle nullement de petites souris vertes ? Le fait que ce livre ait introduit le terme et le concept même de convivialité, furieusement à la mode dans les discours alternatifs depuis quelques années, par exemple ches les adeptes de la décroissance, ou qui résonne étrangement avec la sobriété heureuse de Pierre Rabhi, constituerait déjà une raison suffisante à toute personne un tant soit peu intéressée par l'idée de construire une société écologiquement et humainement soutenable. Mais, bien plus que cela, la pensée d'llich nous paraît d'une acuité particulière pour penser le développement de la société numérique auquel nous assistons en direct et assis au premier rang.


Terminons d'assumer l'incohérence totale entre le titre, la catégorie et le contenu de cet article, en précisant qu'il s'agit moins d'une recension en bonne et due forme d'un livre, que de l'exposé de deux points saillants de la pensée d'Illich qui nous paraissent judicieusement formulés pour penser l'univers des petits écrans qui clignotent. Mais lisez La convivialité, si si ! Et tout autre livre d'Illich qui vous tombera sous la main, même si l'auteur a tendance à se répéter un peu d'ouvrage en ouvrage, aucun risque de mal tomber dans cette oeuvre puissante. Et oui, vous l'aurez compris, la rédaction des souris vertes s'est mobilisée toute entière pour lire l'intégrale totale des oeuvres complètes de l'auteur, et en est ressortie bien satisfaite. Bon, modérez vos applaudissements, car comme nous l'avons dit, chaque ouvrage est en général court et incisif, on ne peut donc pas comparer cette performance à la lecture complète d'A la recherche du temps perdu ou des 87 tomes de la première saga de science fiction venue.


Ouïe ! Une souris me mordille le mollet pour me signaler qu'il est temps de commencer. On s'était promis de faire court aujourd'hui, c'est déjà plus ou moins raté. Allez, sortons notre plus belle paire de baskets et lançons nous à grands pas dans la pensée d'Illich.



Jouer au monopoly de manière radicale


La première notion que nous souhaitons introduire est celle de monopole radical. Il ne s'agit pas du bête monopole commercial qui fait que, malgré toutes les publicités vous vantant votre liberté fondamentale de consommateur, choisir la lessive X plutôt que Y vous fera invariablement tomber chez le même fabricant qui possède toutes les marques. Non, il y a monopole radical quand une entreprise ou une institution offre un produit ou un service dont la seule existence empêche toute alternative qui serait produite de manière autonome par les personnes. Les trois exemples principaux de monopole radical que donne Illich sont l'école, qui exerce un monopole sur l'éducation et empêche donc les gens d'apprendre par eux-mêmes en dévalorisant toute connaissance qui n'a pas été acquise à travers l'institution scolaire, l'hôpital qui empêche les gens de se soigner par eux-mêmes et les rend incapables de qualifier leur propre santé, et les moyens de transport motorisés (train, avion, voiture, ..), dont la vitesse rend impossible la cohabitation avec des modes de locomotion de moindre vitesse comme la marche ou la bicyclette.


Nous voyons immédiatement que l'analyse peut se rapporter à une grande variété de situations de notre société moderne, étant donné qu'on n'a pas arrêté le progrès durant les années écoulées depuis la parution du livre. On pourrait par exemple dire que la pédiatrie exerce aujourd'hui un monopole radical sur la manière d'élever les enfants, la classe politique professionnelle sur la décision collective, ou encore que l'industrie de la production artistique empêche la créativité individuelle en assurant qu'il faut être un artiste pour créer, et que le citoyen moyen ne s'occupe surtout pas de dessiner, composer une chansonnette ou écrire un haïku dans un coin de page.


Mais, comme ne manquera pas de le faire remarquer la souris à lunettes qui a bien écouté, on peut aisément revenir au domaine qui nous occupe pour dire que le numérique possède aujourd'hui un monopole radical sur la communication et la diffusion d'information. Il suffit de voir que la non possession et/ou la non maîtrise d'un ordinateur fera de vous immédiatement un paria de la société qui ne pourra bientôt ni déclarer ses impôts, ni bénéficier de remboursements santé, ni recevoir ses factures d'électricité et tout un tas d'activités joyeuses auxquelles nous sommes tenus de participer dans notre belle société moderne. Je ne parle même pas du fait d'exercer le moindre emploi, car que vous soyez enseignant, banquier, fleuriste ou agriculteur, vous passerez un nombre non négligeable d'heures rivé à un écran pour accomplir la partie visible et valorisée de votre métier (en gros celle qui vous vaudra votre salaire, la réalité ne comptant pas franchement, mais bien seulement ce qui est rendu public à travers la machine).


Chacun pourra pourtant facilement faire l'observation que l'informatique n'est pas un gain de temps pour tout le monde et en toute circonstance, loin de là, néanmoins elle a maintenant une emprise telle qu'il n'est plus question de s'en passer, même quand manifestement il faut passer plus de temps à essayer de faire faire ce que l'on veut à la machine que n'en aurait pris la même action par téléphone ou au moyen d'un papier et d'un crayon convenablement aiguisé.


Par ailleurs, le fait d'être un ami personnel des petits octets depuis belle lurette ne me rend pas aveugle au fait que tout le monde ne partage pas ma joie de converser avec la machine, et ne me donne pas une envie irrépressible de faire que le monde entier soit contraint d'imiter ce qui est pour moi un loisir agréable. Au contraire, je dirais que je ressens d'autant la violence qui est faite aux personnes ne trouvant plus d'alternative à la consultation quotidienne d'un terminal informatique, car, il faut le dire, l'informatique est devenue bien moins rigolote depuis qu'elle a envahi la galaxie et qu'elle fait souffrir tant de gens sous son joug. Sans doute la massification de la-voiture-pour-se-déplacer a eu le même effet de dénaturer le plaisir des vrais enthousiastes de la conduite automobile, tout en empêchant toute personne désireuse de ne pas se presser de continuer tranquillement son chemin à pied comme auparavant.


Toujours dans la même veine, on peut dire que le téléphone portable est en passe de devenir un monopole radical sur la communication. Avec son avènement planétaire, il devient impensable de communiquer à une vitesse moindre que celle de la lumière, et avec moins de contenu tangible que quelques milliers d'octets de photos. La transformation n'est peut-être pas encore totalement achevée, mais gageons que si la tendance se poursuit il sera bientôt demandé au particulier de justifier systématiquement son relevé de compteur par une photo envoyée par téléphone, ou de montrer son billet de train, son bulletin de vote ou son identité par un code-barre affiché sur son appareil mobile, peut-être directement greffé sur le bras. On peut sans doute ajouter un tas d'autres idées neuves et charmantes qui ne tarderont pas à se voir réalisées et diffusées illico, mais que nous nous garderons bien d'inventer par nous même, car un certain nombre de personnes bien intentionnées ont une imagination débordante en la matière avec laquelle il serait vain de vouloir rivaliser.



Un peu de convivialité que diable


Bien, nous sommes déjà armés d'un nouveau concept bien utile, même si légérèment déprimant devant la litanie inquiétante des applications dans laquelle on peut le décliner. Mais quid de la convivialité ? Oui, quid of the conviviality comme aurait dit Illich lui même lorsqu'il écrivait dans la langue du Cheikh Spire ? Comme précédemment, ne prenons pas trop le terme au pied de la lettre pour croire qu'il s'agit de la bonne entente cordiale autour d'une partie de belote animée, près d'un feu de cheminée devant lequel s'endort le chien de la patronne qui vous sert votre pastis d'un air débonnaire. Le terme de convivialité s'applique à ce qu'Illich nomme un outil, mais qui désigne en fait toute forme de médiation entre l'homme et son milieu. Par exemple, l'école est un outil d'éducation, de même que l'automobile est un outil de locomotion ou l'hôpital un outil de soin de la personne.


On dira alors qu'un outil est convivial s'il sert l'homme et lui permet d'accroître ce qu'il est capable de faire par lui-même, alors qu'un outil est non convivial lorsqu'il se substitue à l'action de l'homme. Typiquement, la bicyclette est un outil convivial, car elle accroît la vitesse de la marche avec une dépense d'énergie et un degré d'autonomie du même ordre, alors que l'automobile, le train ou l'avion ne sont pas des modes de transport conviviaux car ils se substituent purement et simplement à l'action de déplacement de l'homme pour le transformer en un objet passif simplemement translaté d'un point à un autre. Lorsqu'un outil est non convivial, il cesse de s'adapter à l'humain pour faire que l'humain s'adapte à lui : par exemple, les gens qui n'ont pas une taille moyenne devront subir l'inconfort de ces véhicules standardisés, alors qu'ils sont capables de marcher à la même vitesse et sans plus d'effort que les autres.


Dans le même ordre d'idée, l'éponge est sans aucun doute un outil convivial qui vous aide à faire votre vaisselle bien mieux que les doigts, en revanche le lave-vaisselle est un outil complexe qui rend la ménagère simple utilisatrice, la privant de toute autonomie sur l'outil qui nécessitera un réparateur spécialisé à la moindre incartade.


On voit que la tendance à la substitution par la machine de tous les gestes élémentaires de l'homme nous fait vivre dans un environnement sans cesse moins convivial au sens où l'entend l'auteur : le tapis roulant marche pour vous, la porte s'ouvre sans votre aide, l'air est climatisé ou chauffé pour prévenir la moindre adaptation thermique de votre organisme, et même au niveau microscopique l'antibiotique à large spectre évitera le travail de votre système immunitaire qui pourra se la couler douce en sirotant un cocktail.


Bien évidemment, Illich ne dit pas que l'outil est simplement gentil ou vilain en fonction de sa nature, car son contexte d'application est également très important. Il est certain que l'utilisation d'un véhicule motorisé, bien que coûteuse en ressources naturelles, est un accroissement certain des capacités de déplacement d'une personne handicapée. En même temps, dans une société qui se déplacerait tout entière à la vitesse de la marche, le handicap ne serait pas aussi grand et pourrait tout aussi bien être comblé par l'utilisation du fauteuil roulant, ou simplement par l'aide d'une personne l'aidant à avancer.


Alors, grande interrogation qui nous taraude, être ou ne pas être convivial, telle est la question que nous appliquons immédiatement à nos outils numériques favoris. Et, il faut le dire, l'avis est partagé au sein de l'équipe des souris vertes. Car, incontestablement, les outils numériques accroissent notre capacité à faire des choses : calculer plus vite, mieux classer les connaissances, communiquer à plus grande échelle. Mais, en même temps, on ne peut pas nier que le déploiement massif de ces outils dans toutes les strates de l'activité humaine nous transforme de plus en plus en spectateur de la machine plutôt qu'en la personne qui pense et dirige son action : consommation de divertissement à la chaîne, consultation d'algorithmes ultra perfectionnés pour savoir que penser de ci ou ça, communication réflexe vidée de sens et de contenu.


Bref, cet article se conclut abruptement, sans certitude et sans slogan facile, c'est bien dommage mais on pourra sans doute se tourner vers des médias généralistes pour assouvir notre soif de pensée simpliste à calquer partout. En revanche, nous tirons une révérence gracieuse et posthume à Ivan Illich pour sa pensée stimulante qui nous invite à regarder autrement le monde qui nous entoure, numérique compris mais pas que. Et, sachez le cher lecteur, la pensée d'Illich ne se résume pas aux deux concepts fracassants exposés maladroitement par nos soins, donc n'hésitez pas à vous jeter dessus avidement. Bonne lecture !




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Au secours, mon ordi est lent ! (6) : J'adapte mon système à mes besoins
Date 17/02/2017
Ico Dossier
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Des souris ont chacune un système adapté
"Qui se soucie de regarder

La fleur de la carotte sauvage

Au temps des cerisiers ?"


Takano Suju (1893-1976)


On se lance avec entêtement et sans arrière-pensée dans la poursuite de notre Grand Dossier, en ajoutant une petite pierre taillée avec amour à notre édifice déjà conséquent. Certes, nos fidèles lecteurs en savent désormais un rayon sur les choses à faire et à ne pas faire pour entretenir ou secourir leur bel ordinateur chéri, mais nous n'avons pas encore eu l'occasion de parler de cette fameuse première rencontre entre l'homme et la machine, et de ces petits riens qui ont amené inconsciemment le consentement à une relation riche et épanouie. Pour le dire plus simplement, car je vois un certain nombre de souris vertes autour de moi qui me jettent des regards de panique et ne comprennent manifestement rien à ce que j'écris (je suis moi-même saisi de perplexité en relisant la phrase précédente, je dois dire), nous allons nous intéresser aujourd'hui aux critères qui guident vos choix d'équipement.


Quelles sont donc les raisons profondes qui me font choisir un appareil plutôt qu'un autre ? On peut dire que la plupart des achats que nous qualifierons d'impulsifs en la matière suivent les grandes lignes suivantes :

- parce que l'appareil est trop beau (i.e. plus beau que le précédent). Malheureusement, le design est bien vite périmé ces temps-ci, chaque nouvelle génération d'appareil ultra-fin

donnant immédiatement un air de ringardise balourde à la précédente, pour ne rien dire des plus anciennes qu'on hésitera à exhiber en public. Si vous êtes une victime consentante de ce type de mode numérique, malheureusement vous vous exposez à vivre dans une insatisfaction permanente et des déceptions à répétition de ne pas posséder le vraiment ultime dernier modèle Xzor en titanium ultra-léger et de 0,5 microns d'épaisseur.

- parce que l'appareil est Super Puissant. Il a 2000 Go de RAM et 75 péta-octets de disque dur, sans compter un processeur avec un nom à coucher dehors, bref il est certain qu'il s'agit d'une pure révolution technologique qui n'a rien à voir avec ce que vous avez connu. Reconnaissez en même temps qu'après quelques minutes de manipulation, vous ne constaterez pas de différence notable avec un modèle plus modeste. Il affiche la même chose et permet de faire les mêmes actions, avec le même système dessus. Mais bon il est super puissant ! Il suffit qu'on se le dise pour que ça nous réchauffe le coeur et nous conforte dans notre choix.

- parce que l'appareil n'est pas envahi de saletés logicielles qui le rendent proprement inutilisable, et que le moyen le plus simple de revenir à une situation tolérable avec celui que vous possédez est de vous en procurer un tout neuf. Qu'à cela ne tienne, vous êtes manifestement un bon client pour les autres articles de ce dossier, allez donner un petit coup de patine à votre machine et vous verrez qu'elle brillera comme au premier jour.

- parce qu'il est tout nouveau ! C'est le tout dernier modèle de la gamme eBidule même pas encore disponible dans l'hexagone, et il vous le faut tout simplement. Ce cas, très honnêtement, nous dépasse un peu, et les souris vertes vous orienteront plutôt vers un soutien psychologique et une thérapie à base de jardinage hebdomadaire pour vous libérer de ces pulsions de possession frénétique.


A l'évidence, chacun est libre de choisir ses appareils selon les critères qui lui conviennent, et il n'entre pas dans notre propos de concurrencer SuperNumérique.fr pour vous désigner du doigt votre prochain achat informatique. Mais, pour ceux qui souhaitent avant tout avoir à disposition une machine qui réponde à leurs attentes quotidiennes, et qui ne se transforme pas en un clin d'oeil en un déchet numérique inutile et non désiré, nous allons voir si on ne pourrait pas choisir notre matériel et nos logiciels de manière moins douloureuse pour notre portefeuille comme pour les populations d'éléphants.



Bien choisir son matériel

"Agir

Ou observer

Dilemme du jardinier"


Midoriro no Mausu (la Souris Verte)


Je vois quelques sourcils se froncer à l'approche de cette discussion nécessaire. Comment cela, on oserait sous-entendre que ce très bel appareil que nous possédons n'a pas été étudié avec soin, que l'on n'a pas énuméré avec passion toutes ses caractéristiques techniques avant de se ruer dessus lors de notre dernier achat en date ? Point du tout, très cher, nous savons fort bien que, si généralement les gens dédaignent le choix du système d'exploitation ou des logiciels installés pour se contenter du tout venant, ce sont bien les magnifiques promesses d'un matériel toujours plus à la pointe qui guident les choix d'équipement. Pour autant, la déception sera presque toujours au rendez-vous si l'on ne sait pas ce qu'il faut regarder réellement sur l'étiquette.


Premier écueil à éviter, sans doute, le fait de vouloir le mieux de tout et pour tout, parce que c'est possible, et que nous le valons bien. Ce n'est pas parce que certains modèles promettent plein de mémoire ET un super gros disque dur ET une résolution d'écran inimaginable qu'il faut les choisir. Pourquoi payer et gaspiller des ressources dont vous n'avez pas l'utilité réelle ? Il est donc important d'interroger son usage et de bien choisir son appareil, pour mettre l'effort là où il fera vraiment une différence.


Vous faites de la compression vidéo, du calcul intensif ? Alors oui, investissez dans un processeur maousse costaud. Vous voulez jouer à des jeux vidéos 3D de dernière génération ? Achetez vous une bonne carte graphique. Vous êtes un mélomane averti ? Procurez vous de belles enceintes et une carte audio digne de ce nom. Vous êtes graphiste ? Sans doute un bel écran chatoyant vous ravira. Mais, par pitié, ne croyez pas que vous trouverez la perle rare qui fait tout cela à la fois, si vous n'y investissez pas un temps considérable et une bonne partie de vos économies. Mais bon, gageons que vous n'êtes pas un graphiste mélomane qui joue aux jeux 3D pendant qu'il compresse ses vidéos et calcule des structures de protéines complexes, et que donc vous saurez identifier le ou les quelques éléments sur lesquels il ne faudra pas compter vos efforts.


Si nous avons déjà donné quelques petits critères simples au fil de nos précédentes discussions, comme par exemple celui de pouvoir avoir deux disques différents, un pour le système et un pour les données, il semble qu'il faille rappeler, marteler, et crier même, le critero noumero ouno qui devrait être à la tête du hit-parade des choix de matériel, j'ai nommé la robustesse. Tous ces beaux design extra-plats faits pour durer le temps d'un été et qui se brisent rien qu'à les regarder ont vraiment tout pour vous faire gaspiller menue monnaie (voire gros billets), temps, effort et ressources planétaires non renouvelables. Alors, même s'il est bien difficile de les quantifier, il vaut mieux y regarder à deux fois sur la fiabilité et la durabilité de votre modèle avant de sauter sans bouée dans le grand bassin des achats éclairs.



La performance enfin, tapie là où l'on ne l'attend pas

La lecture de ce blog doit normalement avoir immunisé nos fidèles lecteurs contre les fausses promesses du marketing du plus : plus de processeur, plus de capacité disque, plus de résolution, etc. Cela dit, il ne fait pas de mal de le redire, toutes ces belles valeurs numériques et ces comparatifs avantageux ne vous disent rien des performances constatées à l'arrivée, l'essentiel restant de savoir comment est installé et configuré votre système, et comment il est utilisé au quotidien. C'est vous qui faites que votre machine est performante, pas l'étiquette sur le processeur.

Il y a cependant un élément matériel qui est déterminant pour la réactivité de votre ordinateur, et qui est trop souvent oublié du grand public. En effet, la vitesse générale d'un ensemble est donnée par son élément le plus lent, et quel est l'élément le plus lent dans un ordinateur ? Lequel ? Hmm ? Arf, je vois que la souris à lunettes avait levé le doigt avant même que j'ai terminé ma question, bon allez on lui laisse la parole. Et, sans surprise, elle connaît la bonne réponse : le disque dur.

Ben oui, rappelez-vous notre fascinant dossier sur les grandeurs numériques, et notamment les comparaisons de débit entre le processeur, la mémoire et le disque dur. Même gonflé à l'hélium et aux stéroïdes, ce dernier est un minot par rapport à ses copains, et c'est bien lui que votre système va passer son temps à attendre. Conclusion, si vous voulez un ordinateur vif et alerte, c'est le disque dur qu'il faut changer. Déjà, dans les technologies traditionnelles de disque à plateau, vous avez généralement plusieurs vitesses de rotation : 5400 tours/minute, 7200 tours/minute, voire 15000 tours/minute pour des modèles exotiques et survoltés. Plus ça tourne vite, plus ça débite, donc si votre portable est équipé d'un vieux modèle du premier type, prendre un modèle avec une rotation plus élevée peut déjà soulager un peu la barque.

Mais la vraie différence se fera sentir si on passe sur une autre technologie, les disques SSD. Alors ils sont moins durables, moins fiables et vraiment vraiment chers, mais honnêtement il n'y a pas de comparaison en terme de réactivité. Aux souris vertes, on fait le choix de mettre un petit SSD pour notre système (rappelez vous, le système on peut le perdre, au pire si le disque défaille on le changera en un clin d'oeil), du gros stockage pas du tout rapide pour les données, et pour tout le reste un gros tas de composants bien vieillots pas changés depuis des années qui feraient pouffer narquoisement les compareurs numériques qui sillonnent l'internet mondial en quête de nouveaux appareils à déballer en direct. Ce qui n'empêche pas notre bel ordi de ressembler à une fusée par rapport à la plupart des machines censément survitaminées que l'on exhibe dans un bien triste état réel de fonctionnement. Donc, vous l'avez compris, si vous avez de l'argent à investir, mettez-le dans le disque dur et dans le timbre que vous utiliserez pour nous adresser un courrier de remerciement !



Bien choisir son système

"Le marcheur allonge le pas

Un seul chemin

Mille destinations"


Midoriro no Mausu (la Souris Verte)

Voilà bien un élément que peu de personnes penseraient à questionner. Le système vient souvent collé à votre ordinateur comme une feuille morte mouillée à la semelle de votre chaussure, sans que le marcheur inconscient n'ait l'idée de regarder ses pieds un seul instant. Les yeux rivés sur les belles promesses d'un matériel dernier cri, ou d'un logiciel qui va chercher la lune et vous la ramène dans votre salon, on se contente de subir sans même s'en rendre compte un système préinstallé par de parfaits inconnus qui ne brillent pas par leur sens de l'empathie envers l'utilisateur néophyte.


Car oui, oui, oui, il est possible, et même souhaitable, de choisir le système que l'on veut, et ensuite de le faire filer doux, car ça n'est tout de même pas lui qui va faire sa loi crénom di diou. Nous avons déjà invectivé le très méchant Windows à de nombreuses reprises, et avons même donné quelques savants conseils pour lui botter l'arrière-train quand c'est nécessaire, mais, pour une fois, embrassons du regard toute la grande famille des systèmes d'exploitation (Operating System, ou OS pour les polyglottes). A l'évidence, nous n'avons pas prétention de parcourir toute la galaxie de possibilités qui s'offrent à vous, mais de parler de quelques grandes familles qu'il est bon de connaître :

- les systèmes Microsoft, j'ai nommé Windows x ou y. Bon, vous les connaissez probablement, vu qu'ils ont bénéficié de décennies de vente forcée, où le chaland paie une licence dans le prix de sa machine, qu'il le veuille ou non. Il faut avoir conscience que ce ne sont pas des qualités exceptionnelles, mais bien cette stratégie commerciale agressive et parfaitement illégale, ajoutée à la méconnaissance des alternatives de la part du grand public, qui explique le taux d'utilisation bananier de ces systèmes dans le monde entier. Cela dit, malgré leurs nombreux défauts, ils sont tout de même capables de rendre un service non négligeable à qui sait s'en servir.

- les systèmes spécifiques aux produits à la pomme, j'ai nommé Mac OS avec des noms d'animaux exotiques qu'ils contribuent à éteindre. Ces systèmes, il faut le reconnaître, bien que produits par un Big Brother qui n'a rien à envier à celui précédemment cité, jouissent d'une ergonomie remarquable et d'une grande fiabilité. Malheureusement, ceci se fera à prix d'or, puisqu'ils ne tournent que sur des appareils de la marque éponyme, pas vraiment connus pour leur philosophie discount et leur souci des gens financièrement dans le besoin. D'autre part, ils sont totalement fermés et ne laisseront qu'une marge de manoeuvre relative à l'utilisateur sur sa machine ; même si c'est théoriquement possible, il faudra déployer des efforts titanesques pour sortir des clous prévus par Tonton Pommo. Précisons également que le coeur de ces OS est un système Unix relativement proche de la famille BSD dont nous allons parler dans un moment.

- nous arrivons maintenant à la grande famille des systèmes Linux. Il s'agit de systèmes présents depuis un bon moment dans le paysage, gratuits, open-source et développés par des communautés actives de joyeux programmeurs du dimanche, et des autres jours aussi. Ils sont hautement configurables et se déclinent en distributions, des systèmes complets avec leur lot de logiciels et leur identité graphique propre. Bien que très longtemps cantonnés à la catégorie restreinte de personnes chevelues, myopes et habitant un univers parallèle, ce monde s'est ouvert ces dernières années au Grand Public avec l'arrivée de distributions pensées pour des utilisateurs non spécialistes, comme Ubuntu ou Linux Mint pour ne citer que les plus utilisées.

- une famille proche de la précédente, mais pas tout à fait : les systèmes BSD. Franchement la différence avec Linux n'est pas évidente au premier coup d'oeil, ces systèmes partagent la même approche et 99% des logiciels qu'elles proposent. Sans rentrer dans des polémiques qui font s'assoupir aussi vite les souris vertes, on dira rapidement que les systèmes BSD sont sans doute plus robustes, mais plus confidentiels et techniquement plus délicats à utiliser, que leurs cousins Linux. On peut citer deux membres éminents de la famille, à savoir FreeBSD, le plus utilisé et le plus connu, et openBSD qui jouit du titre de système d'exploitation le plus sûr du monde, à condition d'être en mesure de l'installer sans se jeter par la fenêtre.


Il existe bien entendu quantité d'autres systèmes d'exploitation plus ou moins obscurs, notamment dans le domaine sérieux et compassé de l'Entreprise, mais on va s'en tenir là pour notre petite présentation.


Quel système donc choisira-t-on donc, parmi tous ceux énumérés plus haut ? Eh bien, à vrai dire, rien n'oblige à n'en choisir qu'un seul. Nous l'avons déjà évoqué, vous pouvez avoir autant de systèmes que vous le souhaitez si vous savez partitionner votre disque dur, donc pourquoi se priver ? Sans tomber dans l'excès constaté chez certains individus maniaques d'installer absolument toutes les distributions Linux de l'univers, rien n'empêche d'avoir deux ou trois systèmes concurrents pour choisir celui qui correspond le mieux à vos besoins du moment. Aux souris vertes, nous savons combien il est difficile de se passer du gros vilain Windows, qui a la mainmise sur un certain nombre d'applications et la quasi totalité des jeux vidéos, donc on ne s'interdit pas d'en avoir un sous le coude pour les jours de grand vent.


Mais, honnêtement, si vous voulez un système qui soit à la fois simple, puissant, et surtout très performant, économe en ressources, nous ne pouvons que vous inciter à vous tourner vers un digne représentant de la famille des systèmes Unix : Linux, BSD, voir Mac OS si votre portefeuille est bien garni. Nous recommandons tout particulièrement Linux Mint, une distribution Linux vraiment simple et élégante. Vous pouvez en plus l'essayer puis l'adopter sans rien installer, alors hop, sautez dessus sans plus tarder et vous nous en direz des nouvelles. C'est également une méthode bien plus efficace pour redonner un coup de fouet à votre vieille machine poussive que de rajouter des kilos de barettes mémoire ou de suivre d'autres conseils d'experts patentés de la réparation par ajout de matériel.


En passant, une manière alternative de disposer de plusieurs systèmes en même temps consiste à utiliser un système de virtualisation : ceci permet de lancer un système d'exploitation directement dans un autre, comme n'importe quel programme. Par exemple, de lancer un système Linux tout seul dans sa fenêtre depuis votre ordinateur sous Windows. Ou inversement. Pas mal quand même. Après, il faut savoir que le copain virtuel prend pas mal de plomb dans l'aile à être utilisé de cette manière, et qu'il ne pourra pas vous rendre tous les services d'un vrai système, notamment en matière graphique à base de grosse 3D ou autre accélération vertigineuse. Les lecteurs aventureux pourront aller voir du côté de Virtualbox, une solution de virtualisation open-source qui fonctionne plutôt bien, pour goûter ces charmantes gâteries.



Aversion pour la version


Une souris me fait remarquer que les titres de cet article sont particulièrement indigents, mais que voulez-vous, on ne peut pas toujours être au sommet sans quoi la routine s'installe. Et encore, elle n'a pas vu le sort que je réserve au paragraphe suivant. Bref, ce titre énigmatique et controversé a le mérite d'introduire une notion importante dans l'exercice de notre liberté informatique : non content de choisir notre système d'exploitation comme de grands, nous pouvons également en choisir la version, eh oui.


Il existe deux tendances en la matière, la prudence de celui qui cherche avant tout un système fonctionnel qui ne l'embête pas tous les jours, et l'audace de celui qui recherche l'aventure et la nouveauté d'horizons numériques toujours plus vastes. En fonction de votre inclination, vous serez donc bien inspiré de choisir une version de système suffisamment ancienne, mais pas trop quand même, pour que la plupart des applications y tournent sans mauvaise surprise, ou bien la toute dernière sortie si vous voulez bénéficier de toutes les innovations du moment, au prix de devoir essuyer quelques plâtres.


Il est difficile de trancher la question à votre place, mais en tout les cas ne vous sentez jamais obligé de mettre à jour votre système parce qu'on vous dit que c'est mieux. Dans l'univers Windows, en particulier, où les versions successives passent leur temps à casser ce qui fonctionnait et prennent un malin plaisir à changer tous les repères, la grande majorité des particuliers et des entreprises n'ont aucune honte à prendre 5 à 10 de retard sur les sorties de version sans s'en trouver particulièrement lésée. Ne parlons même pas du monde Linux ou BSD, où certaines distributions solides comme du roc peuvent contribuer à faire tourner des serveurs sans mise à jour ni redémarrage pendant des décennies.


Une dernière chose qu'il faut mentionner est la différence entre les versions 32 bits et 64 bits des systèmes d'exploitation. De quoi ? Ah oui, incroyablement personne n'a trouvé de nom marketeux plus suave pour cette caractéristique parfaitement imbitable, sans mauvais jeu de mot. En fait ceci désigne le nombre de bits sur lequel peut être stocké un entier, l'unité de calcul de base de notre système. Et alors, qui donc s'en soucie, me direz-vous.

Eh bien ceci n'est pas tout à fait sans conséquence, à vrai dire.


Une première conséquence est la promesse annoncée, qui consiste en l'augmentation infinitésimale des performances, et le fait d'être à la page si vous avez un système 64 bits. Sans compter que vous avez deux fois plus de bits, et plus est forcément mieux que moins, n'est-ce pas. Autre conséquence bien concrète, vous avez quasiment divisé votre capacité mémoire par deux. Eh bien oui, un entier a besoin maintenant de deux fois plus d'espace mémoire pour lui tout seul, donc on peut en mettre deux fois moins. Mazette et palsambleu. Alors, selon la loi universelle qui veut que l'on roule toujours vers le plus de dépense, les systèmes 32bits ont tendance à se faire de plus en plus rare, et ce même si, d'après l'équipe scientifique des souris vertes, il n'existe à ce jour aucune application qui tournerait uniquement sur un système 64 bits (le contraire est fréquent, mais les systèmes 64 bits embarquent naturellement la possibilité de faire tourner des applications 32 bits pour garder la compatibilité avec les anciens programmes). Donc vous ne prenez aucun risque à choisir un système 32 bits si vous le pouvez, et c'est même le choix de la rédaction si vous n'avez pas envie d'investir dans de la mémoire vive à la tonne.


Ave Caesar, mobituri te salutant


(Traduction libre de l'édition savante MurideVerde TM : Salut César, ton téléphone sonne on dirait)

Vous aurez sans doute remarqué que, bien qu'ils constituent un sujet préoccupant au premier chef de colonisation numérique de la planète, nous n'évoquons qu'assez rarement et sans beaucoup de détails tous ces supports mobiles que les gens tripotent à longueur de journée : téléphone malin, tablette, et autres appareils indispensables aux hommes d'affaires pressés ou aux enfants hyperactifs. Eh bien oui, nous l'avouons sans détour, ce sujet ne nous passionne pas franchement, car d'une part nous ne faisons pas partie des enthousiastes des services rendus par ce type de support, qui n'est finalement qu'un ordinateur en plus fragile, plus omniprésent, moins puissant, sans périphérique de saisie digne de ce nom (je vous invite à essayer d'écrire un article de ce blog sur un appareil dit nomade et d'en tirer les conclusions qui s'imposent), et qui pour achever de nous agacer est conçu pour vous donner le moins de latitude et d'autonomie possible dans l'administration réelle de ce qui est somme toute un bête système d'exploitation masqué par des icônes géantes.


Bref, c'est sans doute regrettable, mais les souris vertes ne sont pas de très bon conseil quand il s'agit de discuter de ces étranges petites bêtes, elles qui savent tout juste, et après de nombreux essais, trouver le bouton pour allumer ou éteindre un appareil de cette catégorie qui croiserait pas hasard leur chemin. Mais, une fois n'est pas coutume, nous allons nous permettre un petit aparté qui les concerne, puisque ces appareils sont équipés, cela va sans le dire, d'un système d'exploitation propre.


Soyons clair, nous n'allons pas folâtrer gaiement dans les prés à la recherche du meilleur système possible pour vous, car d'une part le panorama des systèmes mobiles ressemble à l'uniformité d'une élection présidentielle française (toute ressemblance avec une situation concrète ou ayant existé est une pure fiction), et que quand bien même vous vous mettriez en tête de préférer blanc bonnet à bonnet blanc, vous seriez bien en peine de changer de crèmerie car votre appareil n'a été conçu grosso modo que pour fonctionner avec le système avec lequel il a été livré, et pour la courte durée où les concepteurs dudit système le prendront gracieusement en charge.


Il est cependant possible de réaliser deux opérations de rébellion face à ce système inique. La première consiste à faire sauter les verrous logiciels qui vous empêchent d'être le chef à bord du navire, ce qu'on appelle rooter (pour devenir root, c'est-à-dire super utilisateur) votre appareil. La procédure est à chaque fois particulière, et parfois relativement acrobatique, mais nous semble un prérequis indispensable à l'accession à une autonomie minimale sur la petite machine. En même temps, cela aura pour effet de jeter aussi sec la garantie aux orties chez les fabricants les moins arrangeants.


La deuxième procédure, pour ceux qui disposent d'un appareil Android, qui bien qu'appartenant à l'affreux Google et largement aussi invasif que ses concurrents sur votre vie privée, est un système open-source qui a donc le mérite d'avoir des implémentations alternatives que l'on appelle des Roms custom. On ne change pas vraiment d'univers, l'analogie serait plutôt celle de la distribution, comme pour les systèmes Unix, mais la présentation et les outils proposés par le système sont différents et développés par des communautés plutôt que par des grosses entreprises multinationales. On ne citera pas de noms de Roms ici, la polémique faisant rage dans les milieux autorisés pour savoir si untel est vraiment aussi libre qu'il le dit, mais sachez que pour qui sait chercher, il y a moyen de trouver là des alternatives nettement moins gourmandes, plus configurables et moins envahissantes que le système propriétaire qui équipe votre appareil par défaut.


Tous ces conseils sont à manier avec des pincettes, car le risque est grand de porter dommage voire coup fatal à votre petit joujou, mais les plus militants, bricoleurs ou motivés de nos lecteurs pourront aller regarder avec intérêt sur l'internet mondial de quoi il retourne.



Bien choisir ses programmes

"Toutes ces fleurs

Offertes au papillon -

Comment peut-il choisir ?"


Midoriro no Mausu (la Souris Verte)

Une souris attentive me fait remarquer que nous avons déjà abordé le sujet de ce paragraphe dans les articles précédents. C'est vrai. En même temps, allons-nous pour autant nous interdire de radoter nos conseils sous prétexte d'épargner nos lecteurs fatigués ? Certainement pas. Permettons nous donc d'en remettre une fine couche sur le sujet, afin qu'à force de répétition opiniâtre notre message porte dans les chaumières les plus reculées et jusqu'au fin fond des forêts boréales.


Vous l'avez sans doute compris depuis qu'on le rabache, pour la santé de votre machine comme pour la vôtre, mais mentale, il est important de bien choisir les programmes installés. Mais, bien évidemment, l'attention que l'on portera à ce choix dépendra fortement de notre utilisation dudit programme ; il n'est peut-être pas nécessaire d'essayer une centaine d'applications différentes de gravure de CD-ROM si vous ne souhaitez graver qu'un seul CD dans les dix prochaines années. A l'inverse, il paraîtrait absurde de se contenter sans se poser de questions du navigateur par défaut de votre système alors que vous l'utilisez quotidiennement et pour un tas d'activités essentielles, comme consulter ce blog. Etonnamment, c'est pourtant ce que font la majorité des gens.


Pour s'éviter les complications futures, on se contentera du nombre minimal de programmes nécessaires à notre bonheur, et surtout on les choisira dans la catégorie des poids plumes plutôt que des Usines à Gaz, celles qui font le ménage tout en vous servant le café au premier clic dans une fenêtre. Après, tout cela est sans doute plus facile à énoncer qu'à mettre en pratique si vous ne passez pas vos journées sur votre ordinateur en quête de l'application-parfaite-qui-fait-juste-ce-que-je-veux.


Il faut reconnaître que les logiciels libres ne sont pas d'une grande aide en la matière, car ils représentent la quintessence ce qu'aux souris vertes on résume sobrement par : "trop de choix tue le choix". En effet, le moindre programmeur insatisfait de l'application X s'empresse de faire la sienne qui fait presque la même chose mais pas tout à fait, ce qui fait que, pour le quidam qui observe le champ de bataille depuis une position en retrait, il est bien difficile de s'y retrouver dans le capharnaüm des applications disponibles. Sans compter qu'entre les fanatiques de la ligne de commande monochrome et les partisans de l'interface avec un seul bouton de 2 mètres de large, on ne sait jamais trop où l'on va mettre les pieds. Et la situation est presqure pire sous Windows ou MacOS, où l'on risque à tout moment de tomber sur un logiciel faussement gratuit, un représentant émérite de l'école de Programmation Avec Les Pieds, voire sur un infâme Virus de La Mort.


C'est pourquoi, pour la plus grande joie des petits et des grands, les souris vertes vous livrent ici leur trousse à outils personnelle, leurs petites applications favorites qu'elles aiment et qu'elles cajolent. Un bon nombre d'entre elles ont déjà été citées dans nos articles précédents, mais compilation n'est pas raison, comme dit le sage, ce qui, vous en conviendrez, ne veut strictement rien dire mais rime magnifiquement.


Remarquons que, dans notre grande magnanimité, nous ne parlerons ici que d'applications légères, gratuites, open-source et multi-plateformes. Ce qui signifie en particulier que vous pouvez les installer partout où vous irez (enfin, demandez quand même si vous n'êtes pas chez vous). Certaines ont même des versions portables, que l'on peut embarquer sur une clé USB et exécuter directement sans installation requise. Diablement pratique.


Allez, on énumère nos petits compagnons informatiques :

- on commence tout de suite par le navigateur internet, qui est sans doute l'application la plus utilisée de votre machine. On ne se cache pas de préférer Mozilla Firefox aux souris vertes, bien que le choix soit pléthorique dans le domaine. On déconseillera tout de même pour leur indigence absolue tous les navigateurs Microsoft, Internet Explorer en tête, et en tant que grand amoureux de la liberté de penser on ne pourra que tiquer à l'idée d'utiliser Chrome, le navigateur de Google qui raconte tous vos faits et gestes à son papa sans se cacher.

- tant qu'à rester chez Mozilla, proposons tout de suite notre choix de client de messagerie, Mozilla Thunderbird. Alors oui, il est vieillot et n'évolue plus franchement, mais en même temps il sait tout faire, avec le sourire et sans effort. Les équipes du Professeur Souriso ont eu beau lancer un ambitieux programme de recherche sur le sujet, elles n'ont jamais trouvé mieux.

- application indispensable s'il en est, un bon lecteur de documents pdf s'impose, comme Evince, qui par dessus le marché lit tout un tas d'autres formats que vous ne rencontrez jamais.

- pour savoir lire tout le contenu multimédia de la galaxie sans additif ni arrachage de cheveux, audio, vidéo, support amovible comme fichier s'il vous plaît, on installera promptement VLC et on supprimera aussi vite tout le reste.

- ceux qui souhaitent retoucher des images pourront le faire avec bonheur avec GIMP. Attention, il fait clairement partie de la catégorie des gros costauds, autrement dit c'est un logiciel horriblement complexe mais qui permet de faire à peu près tout ce qui existe en terme de manipulation d'images. Aux souris vertes, on l'utilise avec deux doigts et en fermant les yeux pour retailler nos magnifiques dessins, afin de ne pas consommer inutilement de l'octet avec une image dix fois trop grosse.

- pour ceux qui utilisent parfois la calculatrice, oui, vous ne rêvez pas, on pourra la remplacer avantageusement par SpeedCrunch, toute simple mais vraiment puissante pour les passionnés du cosinus inverse.

- ceux qui souhaitent faire du traitement texte, tableur et autres applications bureautiques pénibles pourront se tourner vers la suite LibreOffice. S'il faut reconnaître qu'elle est loin d'égaler en qualité son équivalent propriétaire bien connu de chez Microsoft, elle a tout de même quelques atouts indéniables, comme le fait de ne pas avoir son interface mise sens dessus-dessous à chaque version, le fait de ne pas coûter un bras, voire deux, et surtout sa compatibilité universelle qui fait qu'elle ouvrira absolument tous les documents sans faillir, contrairement à son concurrent qui ne sait même plus reconnaître les fichiers écrits il y a quelques mois pourtant avec son aide.

- finissons par une petite exception spécifique aux pauvres hères qui doivent oeuvrer sous Windows. C'est en effet le seul système qui ne reconnaît absolument aucun format d'archives par défaut, mis à part le sien propre (le rigolotement nommé mais honteusement inefficace fichier zip). On ne nommera pas les alternatives propriétaires parfaitement ineptes auxquelles les personnes désespérées par cette situation ont tendance à se confier, pour désigner simplement un logiciel d'archivage sobre et redoutable qui saura combler toutes vos attentes en matière de compression et de décompression, oui, oui, même pour les fichiers zip, à savoir 7-zip.


Et bien voilà déjà un bel ensemble prêt à décorer avantageusement votre salon. Il s'agit même sans doute du lot de bienvenue minimal qui devrait se trouver sur toute machine digne de ce nom, à la place des innombrables merdouilles qu'y placent les fabricants peu scrupuleux. Il est cependant bien clair que cela ne suffira sans doute pas à votre bonheur, mais espérons que cette petite liste saura vous encourager à chercher dans la même veine toutes les applications plus spécialisées dont vous auriez besoin.


Etant donné qu'on ne va pas étaler notre vie, bien qu'elle soit passionnante et que le monde entier n'attende que cela, nous nous garderons d'énumérer l'ensemble des programmes un brin particuliers que nous utilisons. Mais, pour illustrer l'esprit qui nous guide, citons-en un exemple : nous aimons par exemple, aux souris vertes, jouer avec des enregistrements sonores pour mixer notre petit choeur de souris en fête. Nous nous servons donc naturellement et avec entrain d'Audacity, un allié sympathique en la matière, qui rend bien des services même s'il ne s'agit pas d'un logiciel professionnel. Alors vous souhaitez faire du montage vidéo ? Des albums photo ? Du dessin assisté par ordinateur ? Un plan de votre salon ? Eh bien à vous de jouer, bon courage pour trouver l'application simple et pratique qui vous aidera.


Mais, entendons-nous bien, on installe bien une application pour l'utiliser, autrement on se retient ou on désinstalle rapidement ; si vous ne faites que papillonner d'activité numérique en activité numérique sans jamais vous poser vous ne ferez que plomber votre machine.



Bien choisir sa conclusion


Ah, tout ce choix désormais ! Une myriade de mondes qui s'offrent à nous, quand auparavant notre seule latitude était d'opter pour le nouveau modèle Zorglub10 ou bien le dernier Schtroumpfor254, tous deux super bien notés par GrosComparateur.net. Guillerets et libérés de ces diktats faciles, nous pouvons observer avec acuité notre belle machine pour lui donner ce petit coup de pouce qui la rendra encore plus à même de nous faire plaisir. Une sorte d'écoute et de compréhension mutuelle, n'est-ce pas ce à quoi chacun aspire dans une relation ? Petit matériel, système, logiciels, choisissons, sélectionnons, bichonnons, pour davantage profiter et moins gaspiller.

On se quitte sur ces paroles excessivement profondes, en attendant de poursuivre ce dossier qui, c'est proprement incroyable, n'est toujours pas à son terme. Comment donc sera-t-il possible d'y ajouter ne serait-ce que deux phrases devant la somme de connaissances déjà accumulée ? On a hâte d'en savoir plus !








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