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Au secours, mon ordi est lent ! (5) : J'apprends à ne pas perdre mes données
Date 10/01/2017
Ico Dossier
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"Il a perdu son chapeau

L’épouvantail

Il a perdu la face"


Yosa Buson (1716-1783)


On poursuit aujourd'hui notre fantastique dossier avec un article qui va nous permettre de réfléchir sur le sens de la vie, notre place dans l'univers, et plus particulièrement sur cette peur incontrôlable de la perte du soi qui nous glace le sang. Comment, en effet, expliquer autrement notre hystérie instinctive à l'idée de perdre notre - insérer ici l'appareil de votre choix - qui contient bien plus que notre carnet d'adresses, nos photos, nos messages, mais bien la substance même de notre moi profond, notre identité secrète enfin numérisée ?


En conséquence, il sera parfaitement intolérable, voire vu comme une violation élémentaire à la liberté d'exister, de demander à une majorité de la population de délaisser ne serait-ce qu'une minute son - ici le même que précédemment, ou bien un autre si vous êtes multi-récidiviste de l'attachement électronique -, et bien plus encore d'envisager sereinement sa perte irrémédiable. C'est pourquoi nous nous attelons à la tâche salutaire d'essayer d'accéder à l'immortalité numérique, rien que ça, et de ne jamais perdre ces octets si précieux qui nous définissent autant que nos paires de chromosomes.


Nous avons vu, voyons et verront encore bien des astuces pour maintenir en vie le plus longtemps possible nos petits appareils préférés, mais il faut s'avouer que même la plus habile souris verte ne pourra pas déjouer les lois de la nature et empêcher la mort ultime du matériel que vous utilisez. Pour vaincre le destin, il nous faut donc utiliser la parade bien connue des livres de science-fiction : transmutation ! réplication !  On jette ce vieux corps rabougri pour réinjecter notre esprit dans un nouveau corps d'adolescent prêt à nous faire connaître à nouveau les joies de la vie jeune et en bonne santé. Plus simplement, dans le domaine numérique, on se contentera de reprendre un nouvel - encore votre appareil préféré, mais vous avez le droit de choisir une version improbable ou pas encore existante pour rêver un moment - qu'on mettra sous perfusion pour lui réinjecter le contenu de l'ancien. Mais quel contenu donc ? C'est tout l'enjeu de cet article.


La plupart des gens se désespèrent de voir leur système lent, plein de sales virus malodorants, parfois même rebelle à ce qu'ils essaient de lui faire faire, et en concluent immédiatement qu'il faut vite remiser l'ensemble à corbeille. Pourtant qui se soucie du système réellement ? Est-ce vraiment ces fichiers qui gèrent les menus, la barre des tâches, les programmes même que nous souhaitons conserver comme la prunelle de nos yeux ? Certainement pas, et il y a fort à parier que vous avez déjà usé un certain nombre de systèmes d'exploitation dans votre longue carrière d'utilisateur patenté, voire que vous en utilisiez un nombre important sans même vous en rendre compte (téléphone, tablette, GPS, drone souris, etc). Le système donc, on s'en contrefiche, on peut et on doit même pouvoir le réinstaller ou le changer en un tournemain ; mais si l'on s'accroche désespérement à lui et que l'on ne veut pas qu'il s'en aille, non, surtout pas, c'est parce qu'il contient nos précieuses données.


Et ce sont bien nos données personnelles que nous devons conserver, recopier, entourer d'affection et de sollicitude, celles que nous ne voulons surtout pas perdre même si un raz-de-marée s'abat sur notre jardin. Evidemment, pour que ceci soit rendu possible, il va tout de même être nécessaire de bien distinguer de quoi elles sont faites ; si tout est incrusté dans le système, avec aucune notion de ce qui est vraiment unique et important, autant dire qu'on ne pourra rien faire pour vous sauver si le système se met à tanguer fébrilement. Nous allons discuter tout cela en détail, mais commençons d'entrée de jeu par quelques Bons Conseils bien sentis qui s'appliqueront au nord, au sud, à la montagne et au bord de mer, bref quelles que soient les données que vous souhaitez garder.



Bien suivre la partition


Un premier pas tout simple, mais qui va nous rendre pas mal de services ensuite, va être d'isoler nos données du reste du système. Je réponds tout de suite à la souris verte à lunettes que non, je ne définis pas encore ce que j'entends pas données, pour le moment on reste vague et consensuel pour ne pas se perdre dans des considérations existentielles profondes, et ça n'est pas la peine d'insister, ah mais vraiment. Pourquoi donc s'embêter à mettre un peu d'ordre dans le fourbi, et mettre nos petits objets à nous à part du système ? C'est bien simple, même si vous connaissez sur le bout des doigts le système d'exploitation que vous utilisez, après un certain temps et plusieurs dizaines d'applications installées, vous serez bien incapable de dire si le fichier x ou le répertoire y vous appartient en propre, et encore plus à la question corollaire : est-il indispensable pour faire fonctionner le système si vous devez le réinstaller ?


Bref, une seule solution si on souhaite anticiper le gros mal de crâne que nous vaudra le fait de devoir ranger notre chambre une fois que ce sera le Bazar Généralisé, on met tout ça dans un coin bien propre et bien secret, là où personne d'autre que nous n'aura l'idée d'aller fourrer ses gros doigts. Très généralement, les systèmes d'exploitation modernes essaient de vous faire adopter ces pratiques en vous fournissant des emplacements codifiés comme 'Mes documents', 'Mes images', 'Mes Super Photos de Vacances', mais comme justement ces emplacements sont connus de tous, il se trouvera généralement des applications peu scrupuleuses qui viendront y ranger leurs petites affaires, voire pour les plus indélicates y regarder un peu ce qui vous y avez placé.


Tout ceci ne nous convient donc pas, il nous faut nous faire une nouvelle place au soleil. D'autant que cela ne lève pas un inconvénient majeur : si vous mettez vos données sur le même disque que le système, elles vont disparaître irrémédiablement si vous devez réinstaller ledit système. Et vous aurez également bien du mal à y accéder s'il est corrompu. Le mieux, et la seule vraie solution même, est donc d'y aller franchement et de prévoir tout de suite deux emplacements bien distincts : un disque pour le système (celui-là, on peut le jeter quand on veut), un disque pour les données que l'on garde et sauvegarde. Cela permet également de mieux contrôler ce qu'on stocke, de mieux ranger les choses, bref cette approche magnifique n'a que des qualités.


Mais comment donc faire donc, me demanderez-vous (vous pourriez faire un effort pour mieux construire vos questions, cela dit, l'angoisse n'excuse pas tout), si l'on ne possède qu'un seul disque dur, ce qui est malheureusement le lot commun de la plupart des appareils portables ? Tsk tsk, ceci est tout de même une violation assez grave du savoir-vivre numérique, il faut que vous en ayez conscience. En vérité, vous devriez toujours acheter un appareil qui vous permet d'avoir deux disques, qu'il s'agisse d'une carte mémoire supplémentaire pour les téléphones par exemple, ou d'un deuxième disque dur sur un ordinateur portable. Alors oui, il y a assez peu de modèles qui proposent ce type de choix, eh bien maintenant vous avez enfin un critère pour choisir en dehors du design ultramoderne et de la note d'ergonomie de YoupiNumérique.fr. Pour les ordinateurs portables, vous vous en sortirez toujours en ayant avec vous une clé usb ou un disque dur externe, mais franchement c'est pénible d'avoir toujours à les transporter, sans compter un peu dispendieux en énergie d'alimenter en permanence ces périphériques externes, donc l'idéal sera toujours d'avoir deux disques, si si. En plus cela permettra d'avoir un disque plus petit, mais plus performant, pour le système d'exploitation qui travaille souvent, et un bon gros disque de stockage rustique pour mettre nos données.


Donc si vous avez deux disques, tout va bien, disque Z pour le système et disque W' pour les données, hop là, paragraphe suivant. Mais que se passe-t-il pour les deux cent milliards d'invididus qui ont acheté sans se soucier un appareil qui ne permet pas cette magnifique combinaison ? Dans ce cas, on va tout simplement éclater notre disque unique en petits bouts. Paf pif. Enfin sans y aller trop fort quand même. Nous allons faire ce que l'on appelle un partitionnement, c'est-à-dire une opération qui permet de dire au système de considérer votre disque comme une collection de disques plus petits. Ceci ne vous sauve pas de la panne de disque, qui si elle se produit vous fait tout perdre d'un coup, mais par contre c'est radical pour le système d'exploitation qui, lui, n'y verra que du feu et ne se permettra jamais d'écrire sur une partition qui n'est pas la sienne propre sans autorisation expresse. On peut même utiliser ce petit mécanisme pour faire cohabiter plusieurs systèmes sur un même disque dur, oui, hop je partitionne en quatre et me voilà avec un système Windows, un système Linux, un système Android pourquoi pas, et ma partition de données. Et tous les systèmes peuvent accéder aux données, au passage. Sympathique, non ? Bon ça reste un peu compliqué à configurer, donc on ne s'étendra pas sur ces merveilleuses possibilités.


Pour les téléphones, tablettes et autres appareils formidables où on ne vous laisse rien faire tout seul de vraiment utile, vous passerez votre chemin, et vous subirez le fait de n'avoir qu'une partition unique et tout en vrac, mais comme de toute manière vous n'avez aucun droit d'administration sur votre appareil, oui je sais c'est un comble, vous devrez faire avec si vous n'avez pas d'accès à une carte mémoire supplémentaire pour ranger vos données proprement dans un coin.


Pour les ordinateurs, en revanche, on peut partitionner gaiement si ça n'est pas déjà prévu par défaut, certains fabricants vous installant votre disque déjà prêt à accueillir séparément système et données, même si la plupart des gens l'ignorant, ils auront soigneusement délaissé la partition supplémentaire pour tout mettre dans le gros tas commun. Si vous avez le malheur d'être sous Windows, vous devrez impérativement utiliser l'utilitaire de partition de disque fourni par le système, sous peine de vous retrouver avec un tas de misères si vous modifiez la taille de la partition qui contient le système sans lui demander son avis. Pour tous les autres cas, et même pour Windows tant que vous ne touchez pas à sa partition système (vous pouvez à loisir éclater ou agréger les autres partitions sans toucher à celle qui contient Windows), vous pourrez utiliser Gparted, un utilitaire open-source et multi-plateforme drôlement gentil qui fait tout ce qu'il faut et bien plus encore.


Autant vous prévenir tout de suite, le partitionnement est une opération risquée si vous avez déjà des données sur votre disque, donc prenez vos précautions avant, ne formatez surtout pas les partitions qui ont déjà des données, et abstenez-vous ou demandez de l'aide si vous sentez que vous allez faire une Grosse Ânerie. Les deux effets secondaires malencontreux sont un, la perte définitive des données présentes avant l'opération, et deux, l'impossibilité de redémarrer le système une fois le partitionnement terminé. Ce dernier cas est en général facilement rattrapable, même si ça demande un peu de doigté et parfois pas mal de patience. Donc, si vous ne voulez prendre aucun risque, soit vous faites appel à un ami compétent pour vous aider, soit vous revenez au paragraphe précédent et vous trouvez une solution pour avoir deux disques durs différents, vin diou de vin diou.



Sauve qui peut


Bien, nous avons isolé nos données sur leur petit espace réservé, ou sur leur disque dur titanesque si vous avez des gros besoins en la matière, et nous voilà paré pour accomplir la deuxième étape de notre petit périple, à savoir les sauvegarder. En effet, il est bien utile d'avoir assuré que le système, quel que soit sa faillibilité, ne viendra jamais pourrir notre disque ou notre partition de données, mais cela ne nous prévient pas du coup de bambou du disque qui lâche. Et si ça se produit, grand malheur, désespérance et fin du monde s'ensuivent car il ne nous reste aucune solution à part débourser des millions de dollars auprès de spécialistes de la NASA qui vont autopsier notre disque et tenter d'y extraire les octets à la pince à épiler, tentative qui se soldera de toute manière par un échec retentissant dans la quasi totalité des cas. Bref, mettons-nous à l'abri tout de suite de ces perspectives peu réjouissantes en assurant nous-même notre tranquillité mentale par des dispositions simples.


On sauvegarde, donc, c'est-à-dire en langage plus simple on recopie tout le bazar sur un autre disque, ou même plusieurs autres si on pense qu'on le vaut bien. Normalement les probabilités de panne de deux disques en même temps sont infimes, donc une seule sauvegarde devrait nous suffire. Mais où donc la placer ? Eh bien, si vous avez opté pour la solution à deux disques, et que le disque système a une taille qui le permet, pourquoi ne pas la mettre là-dessus ? Mais dans un emplacement bien distinct du système, par exemple un dossier Sauvegarde que l'on créé et où l'on recopie nos dossiers. En même temps, en général on aura tendance à choisir un disque système plus performant, il serait donc dommage de gâcher l'espace disque pour une sauvegarde qui ne sera quasiment jamais utilisée si on a vraiment une place importante à immobiliser.


Donc un support amovible, DVD, clé usb, disque dur externe, fera également très bien l'affaire. J'entends certaines souris qui me parlent de sauvegarde dans le Nuage, cloud pour les intimes, nous n'allons pas entrer dans les détails pour ne pas perdre le fil de notre dossier, mais il est bien prévu qu'on aborde cette polémique un jour ou l'autre. Pour le moment, une petite sauvegarde que l'on garde au chaud au fond de son tiroir suffira amplement. D'ailleurs, dans la logique des choses, le support de sauvegarde, qui n'est presque jamais utilisé, est le moins onéreux possible. Evidemment, vous ne serez pas protégé en cas de sinistre de votre bureau ; qu'à cela ne tienne, mettez le tout chez votre tante Germaine. Mais si sa maison brûle aussi ? Quand on commence à rentrer dans ces considérations, la spirale paranoïaque nous fait vite perdre la mesure et on commence à s'inventer des avions à réaction pour faire voler une plume. Sachons garder la tête froide, et considérer qu'on va se prémunir d'un risque courant et somme toute facilement évitable (la défaillance d'un composant électronique), pas d'une guerre mondiale thermonucléaire consécutive à l'éruption d'un volcan issue de la tombée d'une météorite sur votre quartier. Dans ce cas-là, on s'assoira sur la perte de nos données en considérant qu'il y a des problèmes plus graves dans la vie.


Il y a tout de même un aspect qu'il faut bien avoir en tête quand on parle de sauvegarde, c'est qu'il faut tout de même réappliquer l'opération régulièrement. C'est très bien d'avoir recopié vos dossiers illico après avoir lu cet article avec émotion, mais si vous ne recommencez pas l'opération dans les cinq prochaines années, il y a fort à parier que vous ne serez pas très content d'avoir perdu tout ce que vous avez produit dans l'intervalle si la catastrophe survient. Il est donc préférable, c'est même plus qu'une bonne idée, d'accomplir régulièrement cette opération de sauvegarde, soit de manière manuelle en se disciplinant un peu, soit de manière automatique en utilisant un outil approprié. Il est également de bon ton, pour ne pas y passer à chaque fois des nuits entières, d'utiliser un outil qui travaille de manière incrémentale, c'est-à-dire qui ne s'occupe que de ce qui a changé depuis la dernière sauvegarde. Le couteau suisse de la sauvegarde, tous systèmes confondus, est sans conteste Rsync, mais il est très brut de fonderie et vous aurez sans doute du mal à le manipuler si vous n'êtes pas un expert de la ligne de commande. Mais il existe des dizaines d'outils qui l'utilisent tout en vous proposant une interface plus simple, et des paramétrages plus avancés comme le fait de faire des sauvegardes hebdomadaires par exemple. Vous pourrez vous rendre sur la page wikipédia de notre ami pour en avoir une petite liste indicative. Comme aux souris vertes on se débrouille comme des grands avec la version nominale, on vous laissera faire votre marché et essayer. Gardez tout de même en tête qu'un utilitaire de sauvegarde est une des applications les plus utiles que vous puissiez installer sur votre système, donc ne comptez pas votre temps et vos efforts au moment d'arrêter votre choix.



Garder ou ne pas garder, telle est la question


Bien bien, après cette belle progression dans le sujet du jour, et avant d'aborder les questions qui fâchent, offrons-nous un court instant de contemplation :


"Protégé du vent

Caché aux regards

Un nid d'oiseau"


Midoriro no Mausu (la Souris Verte)


Il est plus que temps maintenant de s'intéresser au contenu même de ce que nous venons de mettre dans un joli paquet bien propre, entouré de rubans chamarrés et sauvegardé avec amour dix ou vingt fois par an/mois/semaine/jour/minute (rayer les mentions inutiles). Que faut-il garder vraiment dans nos données personnelles ? Car, on s'en doute, la quantité de données à conserver va être directement en relation avec les ressources à mobiliser pour les stocker et les gérer au quotidien, les sauvegarder, les restaurer le cas échéant, et Técé Terra.


Si l'on se réfère avec intérêt à notre excellent article sur le stockage, on voit immédiatement qu'il sera bien plus facile de conserver notre petit carnet d'adresses ou notre cahier de recettes de cuisine que l'intégralité de nos photos grand format depuis la formation de la terre, voire pire, l'horreur absolue, notre collection complète de trois cent mille films en haute définition dont pas un ne saurait nous manquer sur une île déserte. Il n'est pas question de trancher à votre place ce qui est essentiel de ce qui est accessoire dans votre vie numérique, mais ayez tout de même conscience du poids et des ressources bien matérielles que vous consommez pour la conservation de ces données. De manière générale, moins vous en gardez, plus vous serez à l'aise pour transférer vos données sur un nouveau système et les sauvegarder les doigts dans le nez, avec de multiples possibilités qui vous seront fermées si vous manipulez les octets à la pelleteuse par tera entiers. Rappelons également que la production permanente de nouvelles données pas franchement vitales, et leur échange désordonné à travers le réseau est ce qui engorge aujourd'hui les serveurs mondiaux de messagerie, de réseaux sociaux, de partage de fichiers et autre. Inutile ensuite de s'étonner, ni de s'indigner, que des millions de serveurs fonctionnent à plein régime en consommant autant que des villes de taille respectable pour tenir à disposition ces données dont personne ne veut questionner l'utilité réelle.


Donc on trie, s'il vous plaît, on écrème, on rabote, et les éléphants d'Afrique nous en remercient platement. Cependant, et pour donner raison à la souris verte à lunettes qui revient à la charge, il ne faut pas considérer que seules les données que nous avons produites de nos petites mains sont importantes à garder. Il y a en effet tout un tas de fichiers qu'il est de bon ton de conserver aussi car il serait bien pratique de pouvoir les remettre en cas de réinstallation du système. Par exemple :

- notre carnet d'adresse de messagerie

- nos favoris de navigateur

- les préférences de nos programmes principaux

- les mails, si on souhaite en conserver une archive locale, à condition qu'ils ne soient pas truffés de pièces jointes (le texte lui-même n'est pas volumineux, vous pouvez tranquillement conserver 30 ans de messages dans un dé à coudre)

- plus fort encore, mais pas donné à tout le monde, la configuration du système, comme les options, la disposition des menus, les applications installées, etc.


La complexité de sauvegarder, puis restaurer, ce type de données est inhérente aux applications et au système que vous utilisez, et il ne sera pas toujours facile de tout remettre d'aplomb. Sachez que sous Linux, c'est une bonne raison d'essayer ce système, c'est d'une simplicité enfantine car absolument toutes les préférences des programmes sont stockées au même endroit, et de manière relativement économe en espace disque. Il vous suffit donc de conserver ce répertoire dans un coin, pour qu'après réinstallation vous ayez retrouvé la quasi intégralité de votre système à l'identique d'un seul coup de baguette magique, ce qui inclut absolument tout de la messagerie au navigateur, en passant par le bureau ou le logiciel de retouche d'images.
 
Sous Windows, les choses sont comme toujours bien moins simples, mais il faut savoir que c'est tout de même possible, car la plupart des programmes stockent leurs données dans un répertoire caché de votre utilisateur nommé AppData (souvent ensuite dans le sous-répertoire Roaming, mais pas toujours, ça serait trop facile). Si vous sauvegardez le dossier qui correspond à votre application favorite, par exemple Mozilla Firefox, vous devez pouvoir retrouver l'ensemble de votre configuration personnelle simplement en le recopiant. Ceci vaut aussi pour les mails si vous utilisez Thunderbird, pour votre éditeur de texte préféré, etc. Il n'est pas forcément indispensable de conserver les préférences d'absolument toutes les applications, mais au moins celles qui vous avez le plus personnalisées. Si vous passez par exemple vos journées à utiliser le traitement de texte LibreOffice, et que vous avez vos petites barres de raccourcis personnelles, vos styles tout prêts, etc, ça serait une bonne idée de voir comment garder tout cela pour ne pas perdre tout ce travail. En plus, cela vous permet également de porter ces préférences sur un autre ordinateur, par exemple celui de votre travail ou le portable d'oncle Nestor que vous utilisez en vacances.



A la recherche des données perdues


Notre petit article ne serait pas complet sans un petit peu de dépannage express pour les âmes en peine. Les conseils qui précèdent vous ont donné quelques clés pour ne pas vous retrouver dans la grosse mouise de la perte irréparable de données sans lesquelles l'existence n'a plus aucun sens. Mais comme il n'est pas toujours possible d'éviter le pire, il serait sympathique qu'une souris verte volontaire nous explique comment récupérer nos données si notre ordinateur devient tout à coup très vilain et ne veut par exemple plus démarrer. Qui se lance ? Ah, une candidate à ma droite, parfait. Oh oh ! Et une proposition tout à fait pertinente, l'utilisation d'un Live CD, c'est une très bonne idée.


Un Live quoi ? Ah ma bonne dame, vous ne connaissez pas encore cette botte secrète qui vous rendra aussi efficace, voire davantage, que la plupart des dépanneurs informatiques : il s'agit d'un système d'exploitation autonome qui fonctionne entièrement sur un support amovible, c'est-à-dire un CD-ROM, ou plus souvent une clé usb, ce qui est bien plus pratique. Comment donc, comment donc ? Eh oui, c'est incroyable mais ça existe bel et bien, et à vrai dire c'est d'une utilité redoutable. Nous consacrerons sans doute un article complet à ces outils et à leurs nombreuses qualités, mais pour le sujet qui nous occupe c'est le couteau suisse de la récupération de données : puisqu'on ne sait pas ce qui fait flancher le système, on insère notre petite clé, on démarre sur le système qu'elle contient, et de lui on peut accéder normalement à tous les disques, y compris celui du système, et y récupérer nos précieuses données. Bien sûr, ceci suppose tout de même une coopération minimale de la part de notre ordinateur, autrement dit que le matériel en défaut ne soit pas la carte mère ou l'écran, sans lesquels on ne pourra rien faire du tout.


Comment donc se procurer un Live CD ? Rien de plus simple, un grand nombre de distributions Linux viennent maintenant sous cette forme, pour vous permettre de les essayer avant de les installer. Une de nos préférées aux souris vertes est Linux Mint, un système simple, élégant, qui convient aux petits comme aux grands, et qui en plus a de superbes reflets vert menthe. Simple d'utilisation, reconnaissant tout votre matériel sans sourciller et sans nécessité d'installer des pilotes à tour de bras comme pour l'affreux Windows, sachant lire des données sur à peu près n'importe quel type de système de fichiers, bref un compagnon bien utile à fréquenter. Peut-être même aurez-vous ainsi le goût d'essayer ce système différent et nettement plus puissant que la plupart de ceux qu'on destine au grand public qui, c'est bien connu, doit être protégé de sa propre ineptie en l'empêchant de faire ce qu'il souhaite si ça n'est pas immédiatement en rapport avec la stratégie commerciale de quelques multinationales qui nous veulent du bien.


Nous divergeons, divaguons et partons dans des chemins de traverse, aussi revenons au cap et résumons la procédure de dépannage en cas de non allumage de notre ordinateur :
- on insère une petite clé USB sur laquelle on a préalablement installé un Live CD Linux de notre choix. On s'assure que notre ordinateur est en mesure de démarrer sur la clé en question. Pour cela, si ça ne fonctionne pas tout seul et qu'on n'a aucune idée de comment procéder, on consultera l'internet mondial pour connaître les options du BIOS qui équipe notre modèle d'ordinateur. En général il y a une touche à l'allumage, F2 ou Suppr ou autre, qui permet de choisir sur quel périphérique démarrer.
- on attend bien gentiment que le système Linux démarre. Ensuite on va consulter les disques durs qui sont visibles dans l'explorateur de fichier, on recopie ce qu'il faut où il faut, et tout va bien, nos données sont à nouveau là. La suite du programme est à votre charge, réparation d'ordinateur, danse de la pluie et offrandes au boudha pour lui redonner la santé, mise au rebut et investissement dans un nouveau modèle neuf, etc.

Malheureusement il se peut que ce scénario idyllique ne se déroule pas comme dans le film, et que vous ne voyiez pas le disque dur qui contient vos précieuses données quand vous arrivez dans votre système de dépannage. Si en plus vous ne le voyez pas dans le BIOS, encore lui, au moment du démarrage, ne cherchez plus : le disque est mort de sa belle mort, il a rejoint le paradis des disques durs et vos données avec. Vous pouvez vous acharner à transmettre l'ordinateur à un professionnel qui possède du matériel spécialisé de spécialiste, mais très honnêtement ça va vous coûter un bras et les chances de succès sont bien minces.

Autre cas de Grosse Scoumoune, c'est si l'ordinateur refuse obstinément de vous donner le moindre signe de vie, et qu'il ne s'allume tout simplement plus du tout. Dans ce cas, il ne nous restera que l'opération à coeur ouvert, autrement dit l'extraction à grand coup de tournevis de notre disque dur, pour le remettre dans un boîtier externe et y récupérer les fameuses données depuis un autre ordinateur. Pas des plus faciles, il vous faudra patienter jusqu'à la suite de ce dossier pour être en mesure de reconnaître le disque dur du foie ou de la rate et savoir le démonter sans tout arracher sauvagement.

Ceci dit, avant d'en arriver à toutes ces procédures d'urgence, il est toujours mieux d'être attentif aux signes de fatigue chronique de votre matériel qui vous indique qu'il est temps de faire une sauvegarde : écrans bleus à répétition, disque qui a du mal à être reconnu au démarrage de la machine, fichiers corrompus qui s'accumulent, bref tout ce que le système vous indique en clignotant d'une petite loupiote rouge et qui pourrait vous faire envisager que peut-être il y aurait anguille sous roche, ou fennec sous cactus, voire souris sous platane.




Nous voici désormais plus sages et prêts à affronter l'existence d'un oeil neuf et serein, fort de la certitude de ne plus jamais perdre nos données. Enfin débarrassés de ces tourments,  nous pouvons enfin nous offrir un moment de calme loin des écrans et de l'agitation numérique. Un grand merci à toutes les souris vertes qui nous aidé à la préparation de cet article, et on leur dit à bientôt pour la suite de notre dossier qui n'en finit pas de continuer !





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Au secours, mon ordi est lent ! (2) : Je dégage l'antivirus à coup de pied
Date 14/11/2016
Ico Dossier
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Une souris dit sa façon de penser à l'antivirus


"Sans chapeau

Une averse d’hiver tombe sur moi

- et alors ?"


Matsuo Bashõ (1644-1695)


De comment, de comment ? Supprimer l'antivirus ? Ca y est, premier article du dossier et déjà on tombe dans la polémique la plus vile. Mais jusque dans quel tréfonds fangeux de l'absence totale d'objectivité devra-t-on se rendre dans cette nouvelle aventure des souris vertes ? Qu'on se rassure, on retrouvera bientôt une consensualité bienheureuse lorsqu'il s'agira de défaire trois vis pour changer un disque dur. Mais si l'on commence par un sujet délicat, qui froissera peut-être quelques susceptibilités et ne remportera pas d'emblée l'adhésion des foules, c'est que l'enjeu est de taille.


Car, comme tout bon discours bien ficelé, ce que l'on pourrait avoir tendance à perdre de vue en ces temps de campagne électorale où l'on débite de la parole premier prix au quintal, à l'hectolitre et au kilomètre en fonction de l'unité retenue, notre fantastique dossier suit un plan qui pour en être implicite n'en est pas moins redoutablement pertinent. On commence donc en toute logique par le premier geste de survie indispensable si vous estimez que votre ordinateur ne semble plus aussi vif et attentif à vos besoins que durant les premiers mois de votre relation commune.


Premier secours immédiat donc, avant la fibroplastie et la paragénèse intraveineuse (désolé, je recopie ce que me souffle la souris assise à ma gauche mais je doute un peu de ses connaissances médicales, je crois qu'elle invente n'importe quoi pour me faire plaisir), hop on dégage l'antivirus d'un bon coup de pied bien senti dans son arrière-train conséquent, on respire un grand coup et on constate avec plaisir que non seulement on ne vient pas de se faire envahir de gros virus noirs malveillants, mais qu'en plus notre ordinateur démarre maintenant en moins de 35 minutes. Magique !


Allez, je sens bien qu'il va me falloir argumenter bien plus que cela avant de vous faire essayer cette potion miracle, et vous aider à surmonter votre peur panique de l'attaque virale qui va faire exploser votre machine, et par là l'univers tout entier. J'espère que vous comprendrez ensuite qu'il est essentiel de passer envers ce type de logiciel d'une tolérance amusée teintée de léger agacement à la plus grande fermeté.


Terreur effroyable du virus de la peur


Avant de parler d'antivirus, commençons par rappeler rapidement de quelle menace sur l'espèce toute entière ce brave chevalier blanc est censé nous protéger. Qu'est-ce qu'un virus ? En toute rigueur, il s'agit d'un programme capable de se répliquer tout seul sur des ordinateurs à travers les périphériques d'échange : réseau, support amovible comme une clé usb, etc. C'est ce mode de réplication particulier qui lui donne ce petit vocable charmant qui fait immédiatement paniquer les gens à grand coup d'imaginaire de peste noire, ébola ou toute autre épidémie de votre choix qui vous tiendra éveillé la nuit.


Mais force est de constater qu'il y a bien longtemps que les stratégies de diffusion des logiciels dits malveillants ont évolué, et très franchement ce qui était un petit tour de force de programmation il y a 20 ou 30 ans devient risible dans un monde où tout le monde est connecté à travers des dizaines d'appareils, dans une ignorance bienheureuse de tous les mécanismes d'échange de données et donc des premiers gestes de sécurité élémentaire. Mais la visée même de ces petits programmes a changé. On peut dire qu'il s'agissait antérieurement d'infecter le maximum d'ordinateurs pour montrer que l'on était un super hacker chevelu, le programme lui-même étant relativement inoffensif, à quelques rares exceptions près de virus qui cherchaient à détruire en profondeur votre machine par pure méchanceté gratuite.


Or aujourd'hui, ce type de compétition s'est relativement tari pour se transformer en un sport beaucoup plus lucratif, à savoir utiliser les ordinateurs cibles comme des moyens pour soit, se faire de l'argent directement, soit accomplir des actions illégales sans risque en usurpant votre identité. Sympathique, non ? Aïe ! Une souris me tape sur le crâne pour me dire qu'il est temps de changer notre fusil d'épaule et de promouvoir les antivirus et la création d'une grande agence gouvernementale pour lutter contre ce fléau, à peu près aussi grave que le réchauffement climatique ou la disparition de la banquise. Allons allons, restons calme, et finissons notre petit musée des horreurs du virus qui tue.


Qu'est-ce qu'un virus aujourd'hui ? En vérité tout programme indésirable qui vous veut du mal plus ou moins directement. Malheureusement, la frontière est bien difficile à tracer entre un logiciel gentil est un logiciel méchant dans le paysage actuel. En effet, je pense que la plupart des gens considèreront Internet Explorer comme un programme parfaitement légitime sur leur machine. En ce qui me concerne je le classerais sans hésiter dans la catégorie des virus : il s'installe contre votre gré (il vient intégré dans le système), est impossible à supprimer (vous pouvez essayer mais il en restera toujours des traces), espionne votre système (essaie de se remettre comme navigateur par défaut sournoisement), envoie sans doute quelques informations dans votre dos à Microsoft, et permet comme tout bon virus de faire venir tous ses copains, puisqu'il jouit d'une indigence exemplaire en matière de sécurité. De la même manière, d'aucun pourront trouver qu'un logiciel qui renseigne vos coordonnées GPS à la terre entière est un programme espion de première main, quand d'autres trouveront super pratique cette application formidable qui s'adapte en permanence à votre localisation.


Evidemment, tout le monde ou presque s'accordera sans peine pour dire qu'un programme qui cherche à vous subtiliser votre numéro de carte bleue est un virus, mais au-delà de quelques cas de ce type on voit qu'il sera bien difficile de mettre de l'ordre dans cette catégorie fourre-tout qui pourrait peu ou prou contenir tout programme amené à dialoguer à travers le réseau, autrement dit tout sauf la calculatrice, et encore dieu seul sait comment elle est programmée de nos jours.


Arrivé à ce stade de notre raisonnement, la conclusion n'est pas bien réjouissante : au lieu d'avoir une peur saine du Gros Virus de la Mort et de se protéger à grand renfort d'antivirus qui nous empêche de nous poser trop de questions, voilà qu'on devrait se mettre à se méfier de tout et de tout le monde. Merci les souris vertes, vraiment ! Mais ce n'est pas ce qu'on dit, en fait.

Résumons notre pensée par une petite série de questions-réponses entre deux souris qui ont bien suivi notre propos :
 - les virus existent-ils ?
Oui ! Il y a des logiciels qui ne vous veulent pas du bien, ou au minimum vont vous casser les pieds.
 - Faut-il en avoir peur ?
Oui, il est raisonnable de s'en méfier et de savoir quoi faire pour s'en prémunir, non il n'est pas raisonnable de paniquer en tremblant chaque minute à l'idée d'une attaque dévastatrice qui va ruiner votre vie en un clin d'oeil.
- Comment lutter contre les virus ?

Stop ! Notre petite souris nous devance par ses questions pertinentes, c'est justement l'objet de ce qui va suivre.

Don Antivirus De la Vega à la rescousse


Dans cet univers inquiétant que nous avons brossé à grands traits, un espoir surgit de la nuit, car voici un cavalier fièrement dressé sur sa monture et se ruant dans la mêlée pour vous protéger au péril de sa vie : le bien-aimé antivirus, qui dans un geste d'altruisme stupéfiant ne compte pas ses heures pour tenir en sécurité la veuve et l'orphelin. Quand je pense que certaines voix mal intentionnées se permettent de le critiquer dans des articles à rallonge ! On aura tout vu, vraiment.


Mais faisons un petit arrêt sur image un instant sur cette scène sanglante, et regardons de plus près ce personnage étonnant qui bondit au milieu des cadavres de virus. Qui est cet antivirus ? D'où vient-il ? On écoute la souris à lunette qui a levé le doigt avant même que je pose la question : "l'antivirus est un logiciel chargé de lutter contre les virus". Excellent. Donc l'antivirus est lui-même un logiciel alors. Ceci pose tout un tas de questions philosophiques très profondes, mais pour le moment contentons-nous d'étudier la bête de loin, en jugeant sur ses résultats.


On a vu qu'il était bien difficile d'identifier un programme qui serait un virus d'un programme qui serait simplement un programme. Devant le nombre de logiciels en circulation, la diversité des modes de diffusion, les stratégies de malveillance toujours plus élaborées, comment fait notre petit antivirus pour s'en sortir ? Eh bien, en fait, il ne s'en sort pas trop bien figurez-vous. Comme le vaccin contre la grippe qu'on sait synthétiser avec brio pour l'épisode hivernal de l'année précédente, l'antivirus passe son temps à courir derrière les dernières trouvailles virales avec toujours un ou deux trains de retard. Et le pauvre est obligé d'avoir un oeil partout : surveiller vos mails, votre navigateur, vos logiciels, votre système d'exploitation, votre trafic réseau, votre disque dur externe, les possibilités d'infection sont sans fin et il n'en finit pas de s'arracher les cheveux à essayer de tout régenter.


Pour tout dire, c'est peut-être un coup de malchance pas de bol, et peut-être que des millions de personnes ont eu une expérience différente, mais je n'ai jamais vu de mes yeux vu un antivirus bloquer un programme malveillant à bon escient, en revanche j'en ai vu un certain nombre laisser gentiment passer tout un tas de saletés qu'il s'est agit d'aller nettoyer ensuite à l'huile de coude et sans son aide. Mais on ne peut pas en vouloir vraiment à notre ami d'être une passoire finie, tant la lutte est inégale et perdue d'avance. Aucun logiciel, aussi malin soit-il ne peut vous protéger significativement, comme vous allez le comprendre présentement.


Flic ou voyou ?


Avant d'en venir à la raison fondamentale qui explique le caractère dérisoire même du concept d'antivirus, faisons un petit détour pour regarder d'un peu plus près ce logiciel d'une bonhommie apparemment parfaitement inoffensive. Soulevons une petite question délicate : comment l'antivirus peut-il lutter contre d'autres logiciels ? Est-ce qu'il est plus fort qu'eux, comprendre est-ce qu'il a le droit de faire plus de choses, comme par exemple désinstaller un programme d'office, interdire une éxécution ?

Oui oui oui, absolument, pour qu'il puisse fonctionner, l'antivirus est un logiciel auquel on doit irrémédiablement remettre les clés de la maison. Ce qui fait qu'il est dans une position privilégiée pour vous faire des coups dans le dos qu'aucun virus ne serait capable de faire. C'est donc la question rituelle : qui nous protège de la police ? Qui nous garantit que l'antivirus est vraiment gentil ? De fait il y a eu suffisamment de scandales autour de logiciels qui s'auto-proclamaient meilleure protection dentaire de l'émail logiciel, triple action garantie, pour mieux installer leurs propres programmes espions, à côté desquels la YoupiBar qui persiste à s'installer toute seule fait figure d'enfant de choeur.

Et, même lorsqu'il est exempt de toute visée malveillante, on peut s'interroger sur le mode de fonctionnement de ce type de logiciel. Un logiciel qui ouvre votre courrier, surveille votre moindre action, écoute tous les programmes en train de tourner, démarre avant même le reste du système, est-ce que ce n'est pas précisément contre ce type d'intrusion qu'on essaie de se protéger en l'installant ? Franchement, la différence entre remède et poison devient bien floue.

Terminons par remarquer aussi que la petite guerre armée contre les virus est un business bien juteux. Bien que son efficacité soit pour le moins douteuse, l'antivirus est maintenant installé partout dans le monde professionnel. Le parallèle avec l'univers de la santé reste édifiant : comme ces normes sanitaires alambiquées qui ne protègent pas grand monde, mais donnent l'impression qu'on travaille à votre bien-être, les entreprises adoptent en masse des antivirus pour montrer qu'elles agissent en matière de sécurité informatique. Il s'agit bien moins de savoir si ces mesures protègent d'une manière ou d'une autre, que de les mettre en avant dans un grand plan de communication destiné à rassurer le bon peuple.

Autant dire qu'avec ce marché captif, additionné de tous les utilisateurs peu informés qui préfèrent ne pas courir de risque, les entreprises qui nous concoctent tous ces beaux antivirus ont encore de beaux jours devant elles. Et bien entendu elles ont tout intérêt à amplifier la panique en criant au loup dès qu'un adolescent imagine un programme capable de prendre la place d'une publicité sur votre site préféré pour exposer son propre contenu forcément illégitime et criminel. Ainsi, si on ne recense que quelques specimens de programmes aux effets réellement dévastateurs dans les tuyaux à une période donnée, les fabricants d'antivirus n'ont pas peur d'affirmer qu'ils vous protègent de dizaines de millions de logiciels tous plus malveillants les uns que les autres.

Et tout cela est, une fois de plus, parfaitement hypocrite, parce que sans objet. Tout simplement parce que :

Le virus, c'est vous


Devant le choc que vous cause cette proposition, je propose qu'on s'arrête un instant pour méditer un petit haïku parfaitement à propos :


"Après avoir contemplé la lune
Mon ombre avec moi
Revint à la maison"

Takano Suju (1893-1976)


Eh oui, l'ombre du gros virus qui semble s'abattre sur votre ordinateur chéri, c'est bien la votre en fait, penché que vous êtes sur votre clavier, et vous apprêtant à lui mettre en toute ingénuité un uppercut en pleine poire. Car, il faut le comprendre une fois pour toutes, aucun programme malintentionné, si fûté soit-il, ne pourrait s'immiscer sur votre machine sans votre complicité tacite.


Il ne faudrait pas trop s'imaginer non plus que des ennemis sont tapis en permanence dans la jungle informatique, armés jusqu'au dents et prêts à vous sauter dessus à la moindre occasion. En effet, je m'excuse de vous le dire crûment, mais en tant qu'individu, vous ne constituez pas une cible bien intéressante. S'il s'agit de mettre en oeuvre des stratégies complexes pour s'introduire sur des machines distantes, autant tout de suite viser le gros lot : attaquer les serveurs de grandes entreprises, hacker des sites de commerce, prendre le contrôle sur le site du gouvernement pour dessiner des moustaches à la ministre, et autres joyeusetés. Très franchement, vu le nombre de serveurs et de sites aujourd'hui à peine mieux sécurisés que mon abri de jardin, on ne manque pas de choix de cibles faciles bien plus savoureuses que vos albums de photos de famille.


Par ailleurs, il n'existe pas cent manières d'attraper un virus sur sa machine :

- on passe par un défaut de sécurité d'un des composants matériels (par exemple le processeur). Franchement ce genre de hack de haute voltige demande déjà un accès physique à votre machine,  un peu de matériel spécialisé, mais surtout des connaissances en informatique tellement impressionnantes qu'il est hautement improbable qu'on cherche à vous attaquer de cette manière, à moins que vous ne soyez président des Etats-Unis. De toute manière personne ne pourra vous sauver dans ce cas, ce n'est certainement pas un pauvre antivirus qui pourra faire quoi que ce soit, vu que, souvenons-nous, c'est un logiciel qui dépend lui-même du matériel. Si le matériel est compromis, c'est fini.

- le virus s'introduit à travers une faille de sécurité du système d'exploitation. Ce cas est nettement plus fréquent, particulièrement si vous utilisez Windows qui est connu pour en produire quelques milliards chaque fois que la maison mère décide de lui rajouter une nouvelle fonctionnalité. Sur tout autre système d'exploitation, la probabilité est infinitésimale de se faire attaquer de cette manière, mais elle existe quand même. La parade, dans tous les cas, est la même, et n'a aucun besoin d'antivirus : installer régulièrement les mises à jour de son système. Si vraiment votre paranoïa aigue vous empêche de profiter de la vie et que vous vous rongez le sang en pensant à toutes ces failles de sécurité qui tuent, utilisez OpenBSD, le système d'exploitation qui remporte haut la main la médaille de système le plus sûr de la galaxie. Ou bien débranchez simplement votre carte réseau, et là vous êtes tranquille, car même OpenBSD ne vous protègerera pas de la menace suivante.

- cas qui couvre 99,999999% des infections, le virus est installé en toute bonne foi par l'utilisateur de l'ordinateur qui au passage s'assoit gentiment sur tous les avertissements qu'on lui prodigue (le programme souhaite s'exécuter en tant que super-utilisateur. Voulez-vous continuer ? Oui oui répond l'inconscient), et donc outrepasse les prérogatives de l'antivirus qui ne peut tout de même pas vous empêcher de faire ce que vous voulez quand vous rappelez que c'est vous le chef.


Vous voyez que dans tous les cas cités, l'antivirus a joué son rôle pleinement, c'est-à-dire ne servir à rien. Si vous avez de la chance, dans 1% des cas, il reconnaîtra le programme que vous cherchez à installer comme une contrefaçon grossière et malveillante de Lance Ton Pingouin et vous lancera une alerte pour vous empêcher de commettre l'irréparable, mais sans garantie que vous l'écoutiez. Le reste du temps, il se contentera de continuer à vivre sa vie pépère pendant que vous ouvrez la boîte de Pandore qui va mettre votre système par terre en un tournemain.


Car, oui, malheureusement, aucun antivirus encore écrit n'est capable d'empêcher quelqu'un de faire une ânerie monumentale, comme de cliquer sur cette pièce jointe dans un mail dont on voit pourtant bien qu'il est d'une provenance douteuse. Croyez-vous réellement qu'on fait tourner des antivirus sur les ordinateurs vraiment sensibles, comme les serveurs qui hébergent vos données bancaires, votre serveur de messagerie, ou celui qui héberge bravement ce blog même les jours de grand vent ? Tout administrateur système qui se respecte devrait se faire hara-kiri illico s'il basait sa sécurité sur ces fadaises. A la place, sur quoi se repose-t-il ? Sur un contrôle strict des entrées et sorties sur le serveur (on ne fait pas n'importe quoi avec n'importe qui), et surtout, surtout, sur le présupposé que les gens qui administrent la machine savent ce qu'ils font.


Car voilà le postulat anthropologique caché derrière l'installation massive d'antivirus sur les postes attribués au bon peuple : "l'utilisateur final", comme on l'appelle, est une bille finie et il est impossible de lui accorder la moindre confiance. Même si on sait que l'antivirus ne résoudra pas tous les problèmes, on lui jette quand même ce bâton dans les roues en espérant que ça en arrêtera certains sur la pente du pourrissement de système généralisé.


Aux souris vertes, si l'on peut partager en partie ce constat certains jours où l'on n'en finit pas de s'extasier sur l'ingéniosité de certaines personnes à se mettre elle-même dans la panade informatique, on en tire des conclusions bien différentes, à savoir qu'il est urgent de donner un minimum de compréhension et d'autonomie aux gens sur des outils dont ils ont besoin au quotidien. Pour lutter efficacement contre les virus, il faut apprendre à faire deux choses : un, à éviter les gestes qui tuent, ceux qui vous font gagner le gros lot à tous les coups, et deux, à savoir vous remettre d'une attaque vilaine. Comme dans la plupart des sports, l'essentiel n'est pas de ne jamais tomber, ce qui est impossible, mais d'apprendre à tomber sans se faire mal. C'est ce que l'on verra dans la suite de cet extraordinaire dossier, on ne va tout de même pas tout dévoiler dès le premier article.


Mais pour aujourd'hui, on reste sur notre sujet de l'antivirus, et on aborde enfin la question qui compte, celle qui fait que c'est bien l'équipe éditoriale des souris vertes qui vous a concocté cet article et non CyberDépannage.com :


L'antivirus est-il écologiquement responsable ?


On a vu que notre ami l'antivirus avait une efficacité quasi nulle côté protection de votre ordinateur. En revanche, s'il est bien un domaine où il faut lui reconnaître des qualités impressionnantes, c'est dans sa capacité incroyable à mobiliser des ressources pour ne rien faire. On peut dire que l'antivirus est l'antithèse même du programme discret. Non seulement il démarre tout seul, prend des initiatives en permanence dans votre dos, se lance dans des analyses à rallonge, mais en plus il passe son temps à se signaler à votre attention (vos définitions de virus ont au moins 3 secondes de retard ! alerte rouge). Et, vous l'avez compris, comme il n'y a aucun domaine qui lui échappe, il est capable de vous alourdir absolument tout votre système dans sourciller, qu'il s'agisse de ralentir les pages internet, la consultation des mails, l'ouverture d'un programme, la copie d'un dossier, bref c'est la recette magique du plombage sans effort. Vous aviez investi dans du matériel dernier cri, grâce à lui vous voilà enfin revenu au temps de votre premier ordinateur à disquette.


A vrai dire, la méthode de protection des antivirus est d'une élégance rare : puisque vous craignez les chutes, pourquoi ne pas enfiler cette magnifique combinaison d'un mètre de mousse pour vos déplacements ? Même si on peut rester sceptique sur l'efficacité de la mesure en cas de collision avec une voiture, ceci va au moins avoir un effet certain sur vos mouvements alertes et sautillants. Comment en vouloir dans ces conditions à votre pauvre ordinateur qui paraît tout mou et cotonneux, quand vous lui imposez ce traitement de choc ?


Bon, les souris vertes me disent très bien, mais quel rapport avec l'écologie ? Ah, eh bien tout ce que nous venons de dire est hautement anti-écologique, jugez plutôt :

- au mieux, vous supportez le joug de ce despote, et votre ordinateur en pâtit quotidiennement. Vous utilisez alors quantité d'énergie et de ressources réseau, sans compter l'usure des disques par exemple qui passent leur temps à être sollicités, pour cet outil inutile.

- au pire, quand la situation devient vraiment insupportable, vous abandonnez le navire, vous vous débarrassez de la machine au profit d'une autre, qui deviendra bientôt du même acabit dès que le prochain antivirus aura gentiment pris ses marques.


Dans tous les cas, les ours polaires l'ont dans le baba.


Oui mais comment ?


Ah. C'est là qu'on arrive au moment douloureux de cet article. Il est bel et bon de proclamer la méchanceté absolue de notre antivirus et de réclamer à corps et à cri sa désinstallation immédiate et irrévocable, mais maintenant que nous avons convaincu la foule se pose la question : comment ? Comment procède-t-on pour dégager l'importun à coup de pied bien senti ?


C'est plus facile à dire qu'à faire en vérité. L'antivirus étant probablement ce qui se fait de plus invasif en terme de logiciel, il est incrusté dans votre système à un niveau tel que même frotter abondamment à la javel n'en viendra pas à bout. Si vous avez installé vous même l'indésirable dans un moment d'insouciance, peut-être vous sera-t-il possible d'utiliser la procédure de désinstallation standard de tout logiciel (comme de cliquer avec beaucoup de pertinence sur "désinstaller" dans la liste des programmes), mais très honnêtement je n'y crois pas un instant. Il existe peut-être même des logiciels spécialisés dans le fait de désinstaller les antivirus, encore un marché en perspective pour les entrepreneurs audacieux, mais si on suit cette logique on n'en verra jamais le bout, surtout qu'on ne sait toujours pas quel tas de boue on est en train d'inviter à nouveau dans son petit chez soi.


Non, la seule solution raisonnable pour se débarrasser durablement d'un antivirus est de réinstaller entièrement le système. Ce qui, en soi, en dit long sur leur prétendue innocuité, puisqu'ils se répandent sans contrôle à travers toute votre machine sans possibilité de les rappeler à l'ordre. Alors, bien évidemment, on comprendra que nombre de personnes hésitent à franchir le cap qui les sépare de la félicité de l'ordinateur qui fonctionne comme il devrait, s'il faut en passer par une étape aussi radicale. Mais c'est aussi qu'on se fait une montagne de ce que signifie réinstaller un système d'exploitation en fait. Ca sera justement discuté dans la suite de notre dossier, car toujours dans l'idée de bien tomber, le mieux est encore de savoir réinstaller son système en un tour de main sans perdre ses précieuses données, ses cheveux qu'on arrache et un maximum de temps. En attendant, imaginez simplement le gain financier, environnemental et même de temps que cela vous fera faire si cela vous évite de courir les magasins pour changer votre machine pourtant toujours fringante malgré les assauts combinés des antivirus et virus que vous avez invités imprudemment.


Alors, si vous n'êtes pas encore en mesure de vous précipiter immédiatement pour dégager votre antivirus local sans cérémonie, restez attentif aux articles suivants de ce dossier qui vous permettront, entre autres merveilles, de lui mettre enfin la râclée qu'il mérite. Et en attendant cette suite palpitante, on profite des dernières heures de jour pour aller méditer ces réflexions bouleversantes au milieu des champs et des souris vertes !



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Le Petit Geste Du Jour : j'utilise le mode avion même à pied
Date 23/10/2016
Ico Le Petit Geste du Jour
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Une souris en mode avion

"La rivière en été

Malgré le pont

Le cheval traverse dans l’eau"


Masaoka Shiki (1866-1909)



Aujourd'hui les souris vertes révolutionnent la théorie de la relativité restreinte et ses applications quantiques, et bouleversent le temps et l'espace, rien que ça, en vous proposant de prendre l'avion sans bouger de votre canapé, un Petit Geste encore plus perturbant que l'utilisation de la machine à voyager dans le temps. Comment une telle prouesse est-elle donc possible ? Les souris vertes ont elles suivi l'université d'été Houdini, et prévu dans la foulée de faire disparaître la statue de la liberté, puis de faire apparaître une belle prairie à la place d'un supermarché (bien difficile, c'est le contraire qui est super simple) ?


Pas du tout, pas du tout, c'est tout bête, vous allez voir, pas besoin d'avoir un doctorat en physique nucléaire et un accélérateur de particules dans votre salon. Une fois n'est pas coutume, on va donner tout de suite la marche à suivre, car je sens que vous allez craquer sous peu devant ce suspense intolérable.


Voici le mode d'emploi :

1- je prends dans une main, celle que je veux, mon appareil mobile préféré, si je ne l'avais pas déjà dans la main (NDLR : d'après une statistique de l'Institut des Souris Vertes, 50% des gens ont leur portable dans la main 50% de leur temps éveillé, et une population inquiétante de 10% des gens réalisent plus de gestes sur leur téléphone qu'ils ne clignent des yeux en une journée)

2- de l'autre main, je vais chercher l'option "mode avion" que je coche


Avouez que c'est tellement simple que vous auriez même pu le faire sans aide en fait. Evidemment, ça sera un poil plus compliqué si, comme les souris vertes, vous faites partie des 1% d'êtres vivants animés qui ne possèdent pas de téléphone portable, mais dans ce cas rassurez-vous, vous êtes dispensé de petit geste pour cette semaine, vous pouvez tranquillement aller vous promener en forêt à la place.


 Voilà donc, vous venez de faire un voyage interplanétaire renversant sans même avoir besoin de dégazer des tonnes de kérosène dans l'atmosphère. Un geste furieusement écologique ! Mais vous ne soupçonnez même pas encore à quel point, car ce n'est qu'un des effets miraculeux de la petite opération que vous venez d'accomplir, que nous nous empressons séant de décrire.


1- Big Brother ne me voit plus


Je sais bien que les notions d'intimité, de vie privée et de confidentialité commencent à prendre du plomb dans l'aile en ces temps où certaines personnes aiment à étaler leurs préférences en matière de slip ou leur ennui existentiel à travers tout l'internet, les réseaux sociaux ou la télévision, mais il doit bien rester quelques personnes reléguées au ban de la Société de l'Information pour qui ces notions ont encore un sens. Celles-là verront, on l'espère, toute la portée du geste que nous avons accompli. En effet, votre petit copain mobile passe son temps à donner votre position géographique à tous ces gens bienveillants qui souhaient vous envoyer de la pub ou vous prendre comme cobaye de leur étude de marché sans même vous en informer, tout cela grâce à la puce GPS intégrée qui pompe votre batterie en permanence pour vous rendre ce service formidable. En retour, vous aurez bien sûr le droit de ne jamais faire attention à votre environnement extérieur et de soigneusement ignorer où vous vous trouvez, ce qui vous permettra de demander par exemple à votre téléphone de vous localiser la pizzeria devant laquelle vous venez de passer (dommage que vous ayez gardé les yeux rivés sur votre écran). Comme c'est pratique.


Je vois que certains ont un souris narquois, car ils avaient déjà désactivé le GPS par défaut, donc aucun besoin de notre Petit Geste pour eux. Eh bien pas du tout, car malheureusement vous êtes également repérés par les antennes relais avec lesquelles la puce qui gère la téléphonie ne cesse de dialoguer, que vous soyez en train d'utiliser votre téléphone ou non. Alors évidemment ce type de localisation est bien moins précis que celle donnée par le GPS, et ne bénéficie pas directement aux grosses entreprises de l'internet mondial, mais bon vos allées et venues restent enregistrées par des opérateurs dont on connaît assez la philanthropie par ailleurs. Sans compter l'énergie gaspillée de votre côté comme sur ces antennes pour négocier en permanence des connexions qui ne sont jamais utilisées.


C'est la même chose pour tous les autres types de réseaux sans fil, d'ailleurs. Si vous avez la chance d'avoir un appareil qui se connecte également en wifi, en bluetooth, en 3G ou sur la bande de fréquence du talkie-walkie des souris vertes, il faut savoir que le composant associé va passer son temps à scanner les réseaux alentours pour faire coucou à tout le monde, donc à moins de vouloir passer des heures à comprendre comment gérer tout ce barda pour que ça ne s'active pas en permanence dans votre dos, le plus simple est encore d'utiliser le seul mode qui vous garantit qu'aucun réseau sans fil n'est activé sur votre appareil, justement celui que l'on vient d'utiliser. Merci les souris vertes !


2- Je n'émet plus d'ondes maléfiques


Bon, la science, comme souvent quand il s'agit de problèmes de santé qui pourraient toucher toute la population, préfère ne pas trop regarder de ce côté et trancher sur la question des ondes électromagnétiques. Il serait en effet bien embêtant de découvrir tout d'un coup que les centaines de milliers de dispositifs qui émettent à tout crin à travers nos villes, nos campagnes et même l'espace pourraient ne pas être que des bienfaits pour l'humanité et la planète. C'est pourquoi devant l'absence de preuve scientifique irréfutable, nous accepterons le scepticisme des foules devant notre effet numéro 2, celui de couper toute onde maléfique illico presto.


Il faut tout de même savoir que votre petit copain mobile ne se contente pas de capter les signaux en provenance de toutes ces sources numériques qui garnissent le paysage, il en émet également. Et, lorsque vous le câlinez gentiment à l'aide de votre oreille, vous êtes en pleine ligne de mire pour recevoir ce signal sympathique qui va venir traverser votre crâne. Aucune inquiétude à avoir, en France en tout cas, car dans de nombreux pays les études commencent à émerger pour pointer d'un doigt timide que ceci pourrait être dommageable tout de même peut-être un peu parfois certains jours. L'agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, appelée ANSES pour les intimes (si quelqu'un comprend le rapport avec le sigle qu'il s'empresse de nous écrire, les meilleurs équipes du Professeur Souriso restent coites devant ce mystère), vient d'ailleurs de publier une étude où elle reprend des conclusions connues depuis un bon moment sur l'impact des ondes électromagnétiques sur le développement du cerveau des enfants. Aucun risque qu'il y ait quelque problème chez l'adulte, non non, on se contentera donc de surveiller sans paniquer les enfants, les femmes enceintes, et peut-être à terme les personnes âgées quand quelqu'un s'y intéressera.


Cela dit, si vous ne souhaitez pas nécessairement attendre que les scientifiques et les agences de santé finissent par s'accorder sur ce fait renversant que tout phénomène physique engendre une perturbation de son milieu, et qu'il y a une forte probabilité pour qu'au moins un effet non négligeable ait lieu, qu'il s'agisse de dérouter les abeilles ou les oiseaux, de gêner la réplication des neurones ou le sens de l'orientation des souris vertes, vous pouvez d'ores et déjà clore le débat par notre petit geste radical. Hop. En plus ça vous évitera de recevoir des alertes en permanence pour la moindre petite phrase prononcée par un homme politique donnant son avis après avoir soigneusement évité de se renseigner sur la question. Mais on y vient, c'est le bénéfice magique suivant !


3- Je ne suis plus dérangé par des importuns


Nouvel effet béni de notre petite action salvatrice, plus d'interruption intempestive et malvenue. Imaginez le vrai bonheur, plus de message inutile, de nouvelle superflue ou de coup de fil importun, vous voilà enfin prêt à vous consacrer à ce qui vous entoure l'esprit tranquille et alerte.


Bien sûr, d'aucun diront que l'intérêt d'un appareil toujours connecté devient limité quand plus personne ne peut vous joindre. Mais franchement, à y bien regarder, connaissez-vous beaucoup de gens qui répondent à leur portable quand on les appelle ? Ou à leurs messages dans la demi-minute ? Mis à part lorsque vous avez la chance de tomber sur votre interlocuteur dans un moment d'ennui profond où il s'apprêtait à entamer une partie de Lance Ton Pingouin, ou à moins que vous n'ayez moins de 16 ans et un(e) super meilleur(e) ami(e) qui attend de savoir si Mike a bien dit à Brenda ce que vous pensez qu'il lui a dit sans lui dire mais en cachette de Laurie, il est probable que celui-ci vous mettra dans l'équivalent numérique du panier à courrier "à traiter plus tard" et vous oubliera aussitôt.


Aux souris vertes nous travaillons même sur une théorie audacieuse qui avance que plus les gens sont connectés, moins ils sont joignables et disponibles. On attend avec impatience la publication dans des revues scientifiques à comité de lecture de ces éminentes recherches.


Bref, arrêtons de penser que de nous couper une ou deux heures des réseaux pour laisser gentiment nos messages s'empiler dans une boîte vocale ou de messagerie va faire s'effondrer la civilisation et exploser la planète. La seule différence au fond entre le faire volontairement et se précipiter sur son écran pour se dire "oh pfff, je réponds pas" est... l'avantage qui suit.


4- Je peux arrêter de regarder fébrilement mon écran


Eh oui, on ne le dit pas assez, mais la consultation compulsive des écrans d'appareils mobiles est l'ennemi numéro un de l'attention à l'entourage et aux petites souris qui gambadent juste derrière vous. On pourrait sans doute alléguer également des bienfaits sur la santé et la lutte contre le stress, mais une petite souris me tire gentiment la manche pour me dire que ça va, on a compris. Faites l'expérience une demi-journée et vous verrez.


Ajoutons tout de même que, vu qu'il vous faudra à chaque fois un Petit Geste pour réenclencher le réseau et revenir à un mode super connecté où tout est possible, vous y réfléchirez peut-être à deux fois avant de vous précipiter sur un moteur de recherche pour vous rappeler la capitale de l'Ouganda ou le nom de l'acteur qui joue Roberto dans les Feux de l'Amour. Ainsi, non seulement vous faites travailler votre propre mémoire, mais en plus vous économisez des requêtes internet, et même parfois vous évitez d'alimenter des conversations franchement mal parties.


Venons en plutôt au point principal, essentiel, vital et central de notre démonstration, et pour tout dire celui qui motive cet article, car ne perdons pas de vue que ce n'est pas le tout de prendre soin des hommes, il faut aussi prendre soin de ceux qui prennent soin des hommes, c'est-à-dire les plantes, les petits oiseaux, les souris vertes et tous leurs copains.


5- Ma batterie ne se décharge jamais


Ah ah, voilà donc l'effet incroyable de notre petit voyage en avion sans décoller du sol, en effet une fois que vous avez arrêté d'un geste doux mais ferme de pomper toute l'énergie nécessaire à tout un tas de connexions réseau inutiles, vous pouvez enfin laisser votre chargeur de batterie tranquillement au fond du placard, car vous ne le ressortirez qu'une fois tous les 36 du mois (autant dire pas très souvent, pour ceux qui ne maîtrisent que le calendrier lunaire). Euh, il faut préciser que ceci n'inclut pas les dizaines d'heures passées à jouer sans connexion réseau à Lance Ton Pingouin à luminosité maximale, vous avez encore tout de même plein de manières de vider votre batterie si vous êtes inventif. Mais quoi qu'il en soit, pour le commun des mortels, ceci se traduira immédiatement en longévité de votre appareil, faible consommation et joie pour les ours polaires.


Il est plus que temps de conclure cet article, car les souris commencent à s'impatienter, elles aimeraient bien retourner se promener. Disons le tout net, il faut sans hésiter décerner un prix Nobel de la paix ou équivalent aux personnes qui ont pris soin de nous concocter ce mode avion qui est d'une efficacité redoutable. Evidemment, on aura peine à croire qu'ils l'aient fait dans un souci de préservation de l'environnement, mais bien plutôt pour permettre à des hordes de touristes suréquipés de pouvoir traverser en toute sécurité les océans pour aller jouer à Lance Ton Pingouin partout où ils vont.

Mais il n'en reste pas moins que cette trouvaille est tout bonnement stupéfiante, son seul défaut étant qu'elle est bien mal nommée et donc nettement sous-utilisée. Alors aux Souris Vertes on l'appelle tout simplement le Mode Normal, et on vous encourage à en faire de même. Allez, c'est parti, on passe sur le mode normal et on remercie bien fort les souris vertes de nous avoir aidé à sauver les phoques !


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