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Le Petit Geste Du Jour : je me dirige sans GPS
Date 04/02/2018
Ico Le Petit Geste du Jour
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"Verse l'averse d'automne -

Le chemin

Encore et toujours"


Taneda Santôka (1882-1940)


Attenzione, attenzione, aujourd'hui, on se prépare à un Petit Geste qui décoiffe, une idée tellement incroyable que personne n'aurait raisonnablement pu l'émettre à part une souris verte totalement passée à côté de son éqoque (les souris grises ou violettes sont déjà, paraît-il, outrageusement équipées de petits appareils numériques), à savoir la Direction Non Assistée, la Navigation Sans Assistance, le Déplacement Hors Ligne, la Marche Déconnectée, bref toutes formes de transport excessivement exotiques qui se réaliseront sans l'aide du moindre appareil numérique, même pas le plus petit non non.


Je vois poindre ici la circonspection naturelle de nos chers lecteurs, qui savent bien que ceci est impossible et que toute navigation à pied, à cheval ou en vélo, voire en bateau, en train, ou en voiture à pédale, se fait nécessairement grâce à un formidable système mondialement mondial appelé GPS. Eh bien, nous nous promettons ci-devant et avec panache de vous livrer des astuces incroyables qui vont vous permettre de vous déplacer autrement et sans l'aide de vos petits compagnons numériques quotidiens. Si si ! Mais avant ces formidables conseils qui vont certainement changer la face du monde, n'en doutons pas, expliquons un peu la motivation du pourquoi on pourrait vouloir se passer de notre copain GPS. C'est parti !


Le problème


C'est étonnant, mais nous n'avons jusqu'ici jamais eu l'occasion de parler vraiment de ce petit système GPS qui nous aide tant. Pourtant, il est difficile à éviter, le bougre, étant donné qu'on le capte absolument partout. Car oui, le GPS, avant d'être un système de localisation, est avant tout un réseau : il s'agit d'un ensemble d'émetteurs qui, sur une plage de fréquence et selon un protocole spécifiques, vous envoie très gentiment votre position où que vous soyez sur terre. Mais comme il ne s'agit ni d'un de vos amis qui vous suit partout, ni d'un medium particulièrement performant, il faut bien qu'il y ait un petit trucage à cette prouesse digne des plus grands magiciens de ce siècle, et celui-ci n'est pas particulièrement subtil : le système GPS est en réalité  composé d'un ensemble de satellites disposés en orbite un peu partout au-dessus de la planète. Grâce à une méthode géométrique bien connue de triangulation, si vous pouvez connaître votre distance à 3 points fixes, donc à 3 satellites, vous pouvez en déduire votre position absolue partout dans l'espace. Formidable !


Remarquez au passage que votre petit récepteur GPS communique donc avec pas moins de 3 satellites à chaque fois qu'il souhaite connaître sa position. Autrement dit, pour me localiser, il me faut donc : une trentaine de satellites dans l'espace, plus une puce GPS ultra minuscule dans mon appareil capable de leur parler doucement. Mais, à vrai dire, comme vous ne ferez pas grand chose de vos coordonnées sphériques à la surface du globe, il faut tout de même rajouter une petite couche logicielle supplémentaire, et un peu de réseau traditionnel pour nous afficher une carte au dessous de notre point qui clignote. Ce système est diablement efficace, mais c'est à peu près le plus coûteux qu'on aurait pu imaginer si on se donne comme proposition le fait de s'orienter simplement (même en restant sur le même modèle, par exemple, on pourrait sans doute trianguler à partir d'objets légèrement plus près que 30 km dans l'espace).


D'ailleurs, si l'on trouve désormais pas mal de monde pour s'indigner des géants américains du web qui colonisent notre univers mental, personne ne semble s'inquiéter outre mesure du fait que l'ensemble du système GPS, satellites et protocoles inclus, appartient à l'armée américaine qui l'avait certainement mis en place pour des raisons altruistes et bienveillantes, et dans un souci constant d'amour du prochain. Il est bien pratique qu'elle n'ait plus besoin de se démener pour espionner les gens, puisque la moitié de la population lui signale bien obligeamment sa position plusieurs centaines de fois par jour.


Mais, au-delà de l'aspect inquiétant de Big Brother Is Watching You From Space, c'est surtout côté débauche environnementale que tout cela commence à piquer le nez. Si l'on considère qu'en moins de 40 années d'existence, le programme GPS a déjà lancé 70 satellites (on pourra voir le détail ici de tous ceux qui ont déjà été décommissionnés de cette belle opération), on voit que l'addition va commencer à être salée s'il faut continuer à construire des fusées et des satellites à un rythme effréné pour continuer à trouver notre chemin jusqu'à la pizzeria.


D'autant que tout le monde n'est pas resté insensible au fait qu'une fois de plus, et à notre grand dam, les Etats-Unis dominent le monde et nous regardent de haut. L'Europe a donc décidé de créer son propre système de localication, dans un branle-bas généralisé d'une envergure telle qu'elle aurait pu le nommer Opération Puma des Neiges ou Objectif Gros Oeil de Lynx, mais qui est plus modestement appelé Galileo. Le contribuable sera donc bien rassuré de savoir qu'il finance avec bonheur le lancement prochain d'une nouvelle salve d'une trentaine de satellites, afin de faire la même chose qu'avant, mais nous-même tout seuls. Nous confessons aux Souris Vertes une profonde ignorance dans le domaine des déchets spatiaux, vu que nous n'avons pas la joie d'en croiser tous les jours au fond du jardin, mais il y aurait sans doute un excellent sujet à creuser pour les gens qui s'intéressent à la pollution spatiale. Surtout que ces appareils sont judicieusement placés de manière à hanter notre ciel direct pendant quelques milliards d'années si personne ne s'avise de trop les déranger, ou s'ils ne nous tombent pas sur la tête avant.


Rappelons également que la puce GPS de votre copain électronique, qui émet constamment dans votre dos, est une consommatrice de batterie bien sérieuse, et qu'il est également intéressant pour la durée de vie de votre appareil et son autonomie de lui couper le sifflet aussi souvent que possible.


Bref, le système GPS est "bien pratique", pour reprendre une expression que nous bannissons aux Souris Vertes car elle se traduit généralement par "situation qui m'économise un geste que j'aurais pu réaliser sans effort, mais dont je suis bien aise de me dispenser en contrepartie d'un gaspillage de ressources que je ne suis pas obligé de voir", mais on peut sans doute imaginer de réaliser nos déplacements quotidiens de manière aussi efficace sans faire appel à de la Technologie de l'Espace De la Mort.



La solution


Avant d'aborder une série de conseils fracassants concoctés par l'équipe de choc du professeur Souriso, reposons-nous un moment et accordons-nous un petit instant de contemplation haïkale (un adjectif que nous inventons pour la circonstance, il faut ce qu'il faut).

"Sans dévier

Il se dirige vers la mer

Le bébé tortue"


Midoriro no Mausu (la Souris Verte)

Bien, nous voilà prêts désormais à affronter la possibilité vertigineuse d'un déplacement sans aide électronique. Ceci peut paraître fou, voire dangereux tant le risque est grand de se perdre dans la forêt et de finir dévoré par les loups. Cela dit, les logiciels de navigation GPS ne sont pas exempts d'erreurs et constituent apparemment une cause de mortalité importante parmi les personnes qui s'aventurent dans le désert nord-américain. Autrement dit, vouloir quitter la chaleur de notre couette au petit matin, GPS sous le bras ou pas, constitue toujours un danger qu'il nous faut assumer vaillamment. Fort de notre volonté sans faille, comment allons donc pouvoir nous rendre à la boulangerie du coin, au travail, à la jardinerie la plus proche ?


C'est ici qu'après des années d'étude sur le sujet, le professeur Souriso est en mesure de formuler trois propositions incroyables qui résolvent ces questions délicates :

- l'utilisation d'un plan de ville (si l'on est en ville), d'une carte de randonée (si l'on est à pied mais pas en ville, c'est précis et ça marche même si l'on n'est pas en tenue de Super Marcheur Dynamique), ou d'une carte routière (pour tout autre moyen de transport visant une plus grande distance). A ce point, faisant fi de tout principe de neutralité commerciale, les Souris Vertes n'hésitent pas à recommander chaudement l'atlas Michelin des routes françaises qui, même pour quelqu'un qui ne possède pas de véhicule à moteur, est sans doute ce qui se fait de mieux pour trouver son chemin par tous les temps et sur toutes les routes. Et en plus il fonctionne sans pile, et même dans les coins les plus reculés du territoire où les réseaux finissent par s'évaporer dans l'air enfin pur.

- l'utilisation judicieuse des panneaux de signalisation. Il faut se rendre compte du nombre de panneaux routiers, même en ville, disposés et maintenus avec amour par une administration toujours soucieuse de ne voir personne s'égarer, qui sont maintenant snobés avec application depuis que chacun s'oriente avec l'aide du GPS mondial. Et pourtant ce système a fait ses preuves pendant plusieurs dizaines d'années, voire plus, et est diablement efficace, aussi bien pour diriger des piétons autant que des automobilistes. Ne laissons pas tous ces beaux efforts de signalisation se perdre dans le néant de l'oubli !

- le recours à la sagesse ancestrale des autochtones. Demander son chemin à quelqu'un d'autre qu'à Goût-Gueule peut sembler cocasse, mais à vrai dire il arrive très souvent que les gens aussi sachent s'orienter et donner des directions intelligentes pour aller quelque part. C'est également un moyen simple de goûter, sans excès et en toute sécurité, à l'exotisme du contact avec La Personne Du Cru, une expérience hors du commun que beaucoup doivent aller chercher à l'autre bout de la planète, quand ils pouvaient la réaliser sans attendre en éteignant leur smartphone quelques minutes. Renversante révélation !



Marche tout droit (ouwap)


On voit que notre professeur préféré n'a pas ménagé sa peine pour nous proposer ces belles alternatives à la navigation par GPS, raison pour laquelle nous n'hésitons pas une seconde à lui rendre ce vibrant hommage sous la forme de titre d'un paragraphe tiré d'une des meilleures chansons du regretté Claude François. On trouverait sans doute bien d'autres idées pour se déplacer simplement sans se perdre, et sans assistance numérique intégrée.


Alors, pour aujourd'hui et le restant de nos jours, débranchons le GPS, faisons taire la dame qui parle dans l'auto, et orientons-nous avec notre bon sens et quelques moyens low tech bien sentis. Et surtout, redécouvrons la joie d'errer sans autre but précis que celui de contempler toute la surprenante vie qui fourmille dans notre environnement familier, et que nous ne voyons plus à garder les yeux rivés sur des petits écrans. Cessons de réduire le vaste monde à une carte pixellisée et à quelques centimètres de largeur !


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Le saviez vous ? La voiture est un ordinateur sur roues
Date 21/01/2017
Ico Le saviez-vous ?
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Le saviez-vous ?


"La selle ôtée

Nue et froide m’apparaît

La croupe du cheval"


Tanaka Hiroaki (1873)


Aujourd'hui nous cultivons une petite pointe d'étonnement légitime et de surprise (on hésitera à ajouter horrifiée), d'autant plus pour nos petites souris vertes qui ne se déplacent qu'à quatre pattes, et généralement à la vitesse de la souris verte, soit relativement loin des engins à moteur qui parsèment nos routes, nos parkings, nos villes et nos campagnes.


Ne doutons pas que peu de personnes feront preuve de la naïveté touchante qui consisterait à penser que l'automobile n'est qu'un simple moyen de transport, car il est bien connu désormais qu'il s'agit bien là d'un doudou géant, voire d'une maison miniature, sans compter un symbole roulant de votre identité triomphante. Mais, au-delà de ces considérations qui n'ont rien de particulièrement nouveau, il est des transformations silencieuses de nos petites zotos qu'il nous faut regarder attentivement, pour ce qu'elles révèlent de notre société aussi bien que pour leurs impacts écologiques et technologiques bien réels.


Comme l'indique assez remarquablement le titre de cet article, nous jetons le projecteur aujourd'hui sur la tendance à l'informatisation galopante dans les véhicules à moteur. Il paraît difficile d'ignorer ce phénomène, vu que plus personne n'est capable de démarrer une voiture ou d'activer les essuies-glaces sans un mode d'emploi ressemblant au manuel de votre système d'exploitation. Mais sait-on bien quelle quantité d'électronique équipe notre voiture aujourd'hui, et surtout à quoi elle sert ? Loin d'être des spécialistes du sujet, nous nous contentons de jeter un pavé dans la mare qui, espérons-le, permettra de se questionner à bon droit et de ne pas accepter comme nécessaire et inéluctable un cours des choses que bien peu de gens ont réellement appelé de leurs voeux.



Folles dépenses électroniques

Bon, commençons par un petit constat élémentaire. En 1990 déjà, si si, 16% du coût total d'un véhicule provenait de l'électronique qui l'équipait. Comment, comment ? On ne se souvient pas pourtant que l'on roulait à grand coup de GPS, d'autoradio bluetooth et d'ordinateur de bord qui vous murmure à l'oreille droite. C'est que cela fait un moment que l'électronique a fait son apparition dans les systèmes d'allumage et de freinage.

Mais on peut dire qu'il s'agissait davantage d'un prolongement par des composants électroniques du système mécanique, ce qui est très différent de la tendance lourde des dernières années. En effet, après avoir stagné un bon moment côté équipement à puce dans nos voitures (la proportion atteignait encore, modestement dira-t-on, 25% du coût total en 2005), en 10 ans nous avons fait un saut qualitatif et quantitatif prodigieux, à tel point que l'électronique représente désormais près de 40% du prix de votre voiture.

Eh oui, vous croyez acheter des vitres teintées, des jantes en aluminium, une carrosserie aérodynamique, quand en réalité vous payez du processeur à la tonne. Et, si l'industrie automobile n'a jamais été reconnue pour son rôle environnemental majeur dans la préservation de la forêt amazonienne ou le sauvetage des bébés phoques, on peut maintenant dire qu'elle est en passe de réaliser une prouesse impressionnante à un moment où il devient difficile d'ignorer les impacts environnementaux des objets que l'on produit : allier la sympathique pollution à l'ancienne de nos bonnes vieilles chaînes de montage et autres peintures au solvant qui pique les yeux, à la toute dernière innovation en matière de dégradation des ressources, à base de terres rares, d'exploitation de minerais, de consommation d'énergie débordante pour une miniaturisation toujours plus grande de composants embarqués. Un mariage rêvé ! Sachant que personne n'anticipe à court ou moyen terme un changement sérieux de mode de transport, les analystes les plus éminents de lèchent déjà les babines de ce marché de l'électronique naissant qui va bientôt dépasser de très loin par ses besoins celui des ordinateurs, téléphones et autres appareils numériques qui pèsent pourtant déjà assez respectablement dans la production annuelle de déchets toxiques.

Rappelons également que, contrairement à la plupart des éléments mécaniques équivalents, les éléments électroniques ajoutés requièrent une alimentation électrique constante, ce qui doit être un vrai casse-tête à câbler d'ailleurs, et donc nécessitent une batterie bien lourde pour alimenter l'ensemble, sans compter l'électricité à produire pour les recharger. Si on n'en est pas encore aux quelques 200 kg de batteries qu'embarque une voiture électrique, gageons que même les voitures traditionnelles réussiront à atteindre un seuil plus que respectable en la matière en imaginant toujours plus d'utilisation électronique gadget au sein de votre habitacle.


De nouvelles pannes neuves et réjouissantes


Un des premiers effets formidables de cette nouvelle tendance à saupoudrer du composant électronique partout est la possibilité de multiplier les pannes cocasses et totalement impossibles à diagnostiquer ou réparer sans un matériel hautement spécialisé. On pourra trouver une bonne illustration ici par exemple du nombre de petites pannes sympathiques qui peuvent émaner de tous ces composants dont la robustesse n'est pas toujours au rendez-vous. Sans surprise, la défaillance électronique est de loin la cause la plus fréquente de panne automobile sur les véhicules récents.

Mais il y a mieux : le système informatique étant de plus en plus centralisé, la micro-panne d'un élément totalement superflu, qui ne vous aurait jamais empêché de rouler auparavant, va maintenant occasionner un blocage total du système qui fera que vous ne pourrez plus démarrer jusqu'à ce que vous ayez enfin compris que le capteur de la jauge du liquide d'essuie-glaces arrière est à remplacer. Paradoxalement, puisque toute cette débauche de transistors est censée être avant tout au service de la sécurité accrue de l'usager, ceci est hautement dangereux car l'ordinateur se braquera hors de toute considération de survie de ses occupants s'il commence à avoir des vapeurs. On peut citer le cas d'un collègue dont la voiture s'arrêtait tout simplement totalement en pleine course et à des moments aléatoires à cause d'un composant électronique défaillant. Sensations garanties si cela se produit à plus de 100km/h, sans possibilité de freinage (électronique lui aussi).

Tout ceci permet également, sans émoi ni protestations excessives dans les journaux télévisés, de mettre tranquillement sur la paille les mécaniciens automobiles qui deviennent bien inutiles lorsqu'il s'agit de réparer la première broutille venue, et ne peuvent qu'appeler à la rescousse un ingénieur informaticien de la marque de votre voiture, puis le regarder, les bras croisés à vos côtés, accomplir son rituel de sorcellerie vaudoue à grand coup d'écrans de diagnostic qui clignotent.

Même si la voie suivie paraît de moins en moins praticable et qu'il faudra bientôt, au lieu d'une machette, dégainer un lance-flammes pour continuer d'avancer sans encombre, le saint-graal en terme de défaillance électronique semble avoir été trouvé en l'espèce de l'auto-diagnostic intelligent : le système surveille lui-même ses propres pannes et les corrige, ou alerte, avant qu'elles ne surviennent. Quelle idée géniale ! On imagine ce qui se passe quand c'est le système de détection de panne qui va se mettre à dysfonctionner : faudra-t-il alors changer des composants qui sont pourtant parfaitement opérationnels ? Ou bien ajoutera-t-on un système de détection de panne du système de détection de panne ?


De la délégation du geste à l'obsession du contrôle


Bien bien, il est temps de s'interroger sur la finalité de cette avalanche de composants électroniques que l'on insère joyeusement dans nos voitures. A quoi servent-ils réellement ? Un jeu de Lance Ton Pingouin intégré directement dans les commandes au volant ? Un système de guidage par ultra-son pour localiser les souris vertes cachées sous les roues ? Une alerte automatique au conducteur lorsque son regard se détourne plus de quinze millisecondes de la route ?


On n'est pas très loin de tout cela, en vérité. Au delà des évidentes sucreries multimédia (DVD intégré pour calmer les enfants à l'arrière, GPS dernier cri pour les passagers avant) qui paraissent bien indispensables à tout voyage automobile, c'est surtout du côté des capteurs à tout crin que l'on va en mettre une bonne couche. On pourra voir cet exemple de schéma fascinant de tout ce qu'un constructeur de micro-composant peut vous offrir de mieux pour votre confort et votre sécurité : contrôle de consommation du moteur, radar de recul, contrôle de l'airbag, détection automatique d'effraction, et même, joie et félicité, un module de démarrage à distance de la voiture.


Et encore, il manque dans cette belle description un tas d'options indispensables qu'il m'a déjà été donné de rencontrer dans ma longue carrière de passager, comme la gestion de l'ouverture du coffre par l'appui sur un petit bouton (ne pas confondre avec une poignée, ici tout cela est bien pris en charge par un petit moteur relié à notre système intelligent), l'ordinateur de bord qui détecte la présence des ceintures de sécurité et la position correcte des fesses de chacun des passagers, les sièges réglables électroniquement, etc.


Or nous sommes forcés de constater que toutes ces incroyables améliorations à la vie quotidienne ne sont en réalité que des économies de gestes somme toute relativement peu épuisants. Il était déjà apparemment trop demander à un passager de tourner une poignée pour baisser ou relever sa vitre, on peut maintenant avoir le même niveau de paresse en ce qui concerne le réglage des rétroviseurs, l'ouverture de sa portière, le fait de tourner la clé dans le contact, et ainsi de suite. Déjà que l'automobile est un des modes de transport qui sollicite le moins l'activité physique, on peut ainsi achever de se transformer en un légume complet qui ne lèvera pas le petit doigt pour réaliser la moindre action. Franchement, pour ces merveilles, on peut sans hésiter supporter les petits inconvénients décrits par ces rabats-joie de souris vertes, comme une pollution accrue et des pannes multiples. Une fois de plus, cependant, on ne peut que constater la portée universelle de cette maxime que nous devons au Professeur Souriso : "petit confort entraîne grosses dépenses".


Remarquons tout de même qu'il est un autre effet indésirable de la prolifération de l'électronique véhiculaire, à savoir la perte d'autonomie du conducteur dans sa petite auto. On a déjà dit ce qu'il en était de notre pauvre garagiste voué à l'extinction, mais il faut dire que le conducteur n'est pas franchement mieux loti : les systèmes mis en place ont comme parti pris que l'humain est faillible, et la machine non, autrement dit c'est toujours l'ordinateur qui a raison quoi que vous en disiez, et non, vous ne pourrez pas démarrer sans avoir mis votre ceinture, même si pour une raison quelconque cela ne vous est pas possible immédiatement, non vous ne pourrez pas avancer la portière mal fermée, etc. Vous serez ainsi aux ordres d'un petit tyran numérique qui vous dictera sa loi et n'entendra jamais qu'il peut y avoir des exceptions lorsque l'on roule sous deux mètres de neige ou que l'on doit manoeuvrer à flanc de colline. Mais ne nous arrêtons pas en si bon chemin, tant qu'à faire autant carrément dégager cet humain inutile de l'habitacle pour laisser nos voitures se conduire toutes seules. C'est la promesse d'un futur proche et vraiment radieux.



Vers la robotisation du conducteur


Depuis quelques années qu'on nous rebat les oreilles avec la voiture dite intelligente qui se promène toute seule, il semblerait qu'elle soit en passe d'arriver enfin chez nos concessionnaires pour faire la joie du Grand Public prêt à se ruer sur ce nouveau jouet. On ne s'étendra pas trop sur le sujet, bien que nombre de prophètes nous dépeignent l'avenir à grand coup de conduite robotisée, à vrai dire aux souris vertes on prédit un Bide Total pour cette vision qui emprunte toutes les mauvaises pentes de l'objet industriel non durable : miniaturisation forcenée, boulimie de processeurs et autres composants très complexes à produire (100 processeurs différents au minimum sont nécessaires au fonctionnement de ces joujous, d'après ce qu'on peut lire), multiplication de capteurs ultra-sensibles et fragiles, impossibilité de réparation ou de remplacement de la moindre pièce, dangerosité extrême d'une défaillance du système (on attend avec impatience de voir la qualité des composants équipants les voitures destinées au bon peuple, qui, n'en doutons pas, n'auront que des liens de parenté relativement éloignés avec les prototypes survitaminés de Google ou autre entreprise enthousiaste).


La seule bonne nouvelle qui nous vient de ce gaspillage d'énergie et d'intelligence collective vient du fait que la puissance des processeurs embarqués commençant à entamer sérieusement la capacité des batteries qu'il est possible d'emmener, on est forcé et contraint de commencer à s'interroger sur le gabarit des véhicules et la vitesse à laquelle on peut les faire rouler de manière crédible. Une fois que votre voiture intelligente saura, à prix d'or et à grand frais environnemental, vous faire parcourir une vingtaine de kilomètre à la vitesse moyenne de 30 km/h, en vous permettant de porter avec vous un sac de 5 kilos, on pourra enfin s'interroger sérieusement sur la pertinence du vélo qui vous propose ce service sans vous prendre pour un assisté fini et sans vous voler toutes vos économies au passage.



Bientôt la marche à pied assistée ?

Histoire de ne vraiment pas terminer la journée sur une note joyeuse, il faut avoir conscience du fait que l'automobile n'est qu'un des domaines d'application de l'informatique embarquée, qui, à notre insu, prend une place de plus en plus grande en appliquant la même logique implacable : remplacement des humains par des machines autoritaires et tyranniques, perte d'autonomie des consommateurs, et économies absolument risibles de petits gestes qui ne coûtaient rien. De la caisse ou du guichet automatique, en passant par l'escalier roulant qui se met en marche quand vous approchez, à la porte automatique, à la commande vocale de votre porte de garage ou de votre jet de douche, on n'en finit pas de vous inonder de bonheur assisté par ordinateur.

Aux souris vertes, on attend toujours impatiemment les chaussures qui vous propulsent automatiquement lors des promenades en forêt, plus le capteur intelligent qui localise  immédiatement la fleur, l'identifie et la cueille grâce à son bras artificiel. Ah, et puis aussi une caméra ultra perfectionnée qui détecte les chats et leur administre automatiquement une décharge s'ils s'approchent trop près. Vivement le futur !








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Le Petit Geste de l'Année : je ne commande rien d'électronique au père noël
Date 23/12/2016
Ico Polémiquons
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"Comme des cadeaux
Descendus du ciel
Ces fleurs de cerisier"

Midoriro no Mausu (la Souris Verte)

Une petite pensée avant que la majeure partie du pays ne se rue vers une indigestion collective et copieusement alcoolisée, au moment où l'esprit est encore suffisamment désembrumé pour apercevoir les petites souris vertes qui courent gaiement par les chemins. Il n'est pas trop tard pour tirer le père noël par la barbe hors de son traineau et pour vider sa hotte de tout l'attirail numérique que l'on a eu l'imprudence de lui commander cette année.


Voyons donc, nous fallait-il réellement pour survivre à la prochaine année disposer de cet incroyable téléphone qui se connecte automatiquement au nouveau portable ultra fin qui dialogue avec une tablette de dernière génération au travers d'une borne wifi à la portée kilométrique qui se paramètre sur un écran plasma gigantesque auquel est branchée la GameStation XII même pas encore disponible en Europe ?


Pour soulager un peu le travail des rennes qui doivent courir aux quatre coins les plus sordides de la planète pour rassembler ces produits dangereux pour l'environnement et la santé des enfants et des femmes enceintes, les souris vertes donnent leur petite liste au père noël nettement plus facile à rassembler :

- une boîte de crayons de couleur, avec une douzaine de nuances de verts

- l'intégrale des haïkus du vénérable Matsuo Bashõ

- quelques graines de plantes sauvages à resemer à la volée

- quelques journées de congés pour se promener en forêt


Un collectif de souris vertes particulièrement radicales me demande d'ajouter les revendications suivantes, que je me contente d'écrire sous la contrainte et sans y apporter le moindre soutien :

- le quintuplement du prix de l'essence pour les appareils à moteur utilisés au jardin
- la baisse de l'éclairage nocturne
- l'enfermement sous bonne garde des chats qui passent leur temps à terroriser les souris et les petits oiseaux

- l'interdiction finale et définitive des pesticides, fongicides, insecticides, planticides, composticides, abeillicides, souricides, et plus généralement vie-marine-et-terrestre-icides

- le sabotage sans merci des antennes relais de téléphone portable (des furies je vous dis, je ne sais pas ce qui leur prend)

- le piratage de tous les sites de promotion effrénée de consommation numérique à coup d'avalanche de GigaPixels et de Tera-Herz


Hum. Bon. Eh bien le père noël n'à qu'à bien se tenir. Encore que vu ce qu'on vient de lui mettre sur les bras, il y a fort à parier qu'il finisse par choisir la facilité et qu'on se retrouve avec la liste initiale de gadgets à écran. Qu'à cela ne tienne, on fera toujours mieux l'année prochaine !


Il nous reste à souhaiter à tous nos fidèles lecteurs de joyeuses fêtes, en rires, en chansons, en haïkus, et tout ce qu'on voudra d'autre !




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