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Au secours, mon ordi est lent ! (7) : Je réinstalle mon système tout seul comme un grand
Date 11/05/2017
Ico Dossier
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Une sçuris verte qui réinstalle le système. Boum !

"Si seulement venait le printemps -

Dans mon coeur déjà

Fleurit le cerisier"


Takarai Kikaku (1661-1707)


Nous reprenons aujourd'hui le fil de notre Grand Dossier du Moment pour aborder un thème qui manquait à notre collection de services à se rendre soi-même en matière informatique. Mainte fois abordée, jamais vraiment traitée, la réinstallation d'un système est un nerf vital de notre savoir-faire numérique, celui par lequel nous pouvons nous affranchir de la grosse industrie du matériel qui brille, autant que des rituels d'exorcisme complexes des professionnels du dépannage informatique.


Vous l'aurez deviné à la présentation générale de cette modeste entreprise de partage de connaissance que constitue notre espace de discussion (à sens unique, il faut le dire, mais nous discutons avec nous-même et polémiquons à toute force entre souris vertes aussi), il n'entre pas dans notre projet de conquérir l'univers dans le domaine prolifique du tutoriel informatique. Aussi, bien que le sujet mériterait amplement force explications pédagogiques et détaillées, captures d'écran et astuces pour les néophytes, nous allons assumer le caractère excessivement lacunaire de cet article en vous référant pour les opérations de clic-clic à la vaste littérature disponible dans l'internet mondial et traitant du sujet, avec plus ou moins de bonheur il faut le dire.


De quoi diable allons nous bien pouvoir parler si l'on est résolument décidé à ne pas mettre les mains dans le cambouis pour soulever le capot et commencer à triturer les soupapes à grand coup de clé de douze ? C'est que, figurez-vous, réinstaller un système est une opération que tout le monde peut faire chez soi et sans risque pour la santé, mais à condition tout de même de ne pas s'y prendre n'importe comment et sans un minimum de préparation. Nous allons donc dispenser au bon peuple quelques menus conseils qui lui éviteront d'y passer une semaine ou de commettre quelques bévues irréparables dans l'opération.



Etape 1 : je me procure un support contenant le système à installer


Ne riez pas, car cette étape est de loin celle qui consomme le plus de temps lorsque l'on ne l'a pas anticipée. Quel que soit le système que vous choisissez, et l'on se rappellera à cet égard la longue liste des possibilités déjà énoncées dans nos articles précédents, il va bien falloir vous procurer le média d'où on l'extraira pour le mettre dans votre belle machine.


Le temps de la disquette et des films magnétiques étant révolu, ce fameux support sera soit un CD-ROM, ou DVD-ROM (quelqu'un fait encore la différence à part la souris à lunette qui me tape sur l'épaule ?), soit une clé USB, soit une partition dédiée de votre disque dur.


Commençons par l'option la plus simple : vous possédez un CDVD-ROM qui vous a été fourni, avec la petite licence qui l'accompagne gentiment, et pour couronner le tout votre ordinateur possède un lecteur de CDVD. Heureux élu, vous voilà paré pour passer au paragraphe suivant et vous éviter ainsi maints tracas. Malheureusement, cette situation est à peu près aussi probable de nos jours que le fait de remporter la grosse cagnotte du loto en ayant omis d'acheter son billet, étant donné que la plupart des ordinateurs portables sont trop minces pour être équipés d'un lecteur CD, et de toute manière ce type de support est désormais tellement en désuétude que plus aucun fabricant ne s'embarrasse de vous en fournir un exemplaire avec votre machine.


Toutefois, si vous avez acquis votre ordinateur tout fait-tout prêt avec le système préinstallé, et les tonnes de merdouilles imposées au passage, il y a fort à parier que le fabricant ait installé une partition de votre disque dur permettant de réinstaller le système à neuf. Cette partition peut être cachée, donc pour y accéder il faudra soit être attentif aux messages qui sont affichés au démarrage de la machine, soit vous tourner vers la documentation de votre appareil qui doit vous indiquer la marche à suivre pour l'activer. Bien évidemment, ceci suppose que vous n'avez pas supprimé purement et simplement cette partition en jouant à partitionner votre disque sur les conseils avisés des souris vertes. Personnellement, nous préférons généralement dégager ce genre de béquille qui vous mange une portion non négligeable d'espace disque, mais c'est aussi parce que savons nous en passer, nous ne conseillons pas ces attitudes radicales à tout un chacun qui ne souhaite pas s'instruire plus que de raison dans l'art délicat de réinstaller 76 fois son système d'affilée.


Si vous êtes toujours à lire ce paragraphe, c'est que vous voilà forcé d'aller courir la pampa à la recherche d'une copie de votre système. S'il s'agit d'un système open-source comme Linux ou BSD, aucun problème, on pourra sans problème télécharger une image et la graver nous-même. Vous avons-nous déjà vanté les mérites de Linux Mint par exemple ? Oui, trois fois oui, eh bien voici toujours un exemple de ce que ces systèmes sympathiques font pour vous simplifier la vie. Pour ceux qui utilisent un système propriétaire comme Mac Os ou Windows, eh bien là il faudra passer par des alternatives douteuses sur lesquelles nous ne nous étendrons pas. Quand bien même vous auriez une licence en bonne et due forme, il vous faudra travailler un peu pour trouver une image de la version qui correspond à ce que vous aviez initialement, car bien que tout se ressemble furieusement entre la SuperPro et la YoupiFamily Edition, votre clé refusera obstinément de fonctionner si vous n'avez pas exactement le bon label.


Bon, mais même à supposer que nous finissions par trouver une image disque de notre système (en général au format ISO, un format de disque virtuel que l'on peut graver sur DVD), comment allons-nous utiliser ce gros fichier si nous ne disposons pas d'un lecteur-graveur pour finir l'opération ? Pas de panique, il est possible, et réjouissez-vous sans frein car cela n'a pas toujours été le cas, de graver ledit système sur une clé USB, chose que vous aurez probablement sous la main ou que vous pourrez vous procurer à moindre frais. Un disque dur externe fait aussi l'affaire, mais ça serait dommage de l'utiliser à cette fin car on n'a en général pas besoin d'un aussi gros outil pour un petit CD d'installation de rien du tout.


Cela dit, vous n'êtes pas encore tout à fait au bout de vos peines car graver une image disque sur une clé USB n'est pas aussi simple qu'il y paraît : copier le fichier ne fonctionnera pas, tout simplement. Il faut en fait que la clé soit reconnue comme un système démarrable, ce qui nécessite d'utiliser un logiciel qui sait écrire ce qu'il faut où il faut, et comme il le faut. Et, il faut le dire, cette catégorie de logiciels étant rien moins que fiable, vous aurez parfois des déconvenues. Si le système installé sur la clé refuse avec entêtement de démarrer, recommencez avec un autre logiciel jusqu'à ce que cela fonctionne. Le choix ne manque pas, citons Unetbootin sous toute plateforme, LinuxLive USB Creator si vous êtes sous Linux, ou encore Win32 Disk Image sous Windows. Les plus aventuriers pourront aller saluer MultiBootUSB, qui permet de mettre plusieurs installeurs sur la même clé. C'est très pratique pour faire une clé USB couteau suisse qui contient différents installeurs, live CDs et autres fichiers de dépannage, mais soyez prévenu que tous les systèmes d'exploitation ne fonctionneront pas nécessairement par cette méthode.


Vous avez dû remarquer que, pour pouvoir résintaller votre système, il vous faut un accès à une autre machine ? Pour télécharger l'image, la graver, etc. De manière générale, il est nécessaire de toujours vous munir d'un ordinateur de secours, quitte à vous en faire prêter un le temps de l'opération, ne serait-ce que pour consulter internet en cas de grosse hésitation sur la marche à suivre.


Bon, maintenant que vous avez le support approprié prêt à l'emploi (je vous avais prévenu que c'était du boulot), on va pouvoir se lancer dans la réinstallation en deux temps trois mouvements. Mais pas si vite ! Déjà il vous faudra vous assurer que la machine démarre bien sur ledit support, ce que vous devrez sans doute faire en allant dans le BIOS, le programme tout moche qui s'affiche en premier au démarrage de la machine et vous invite à appuyer sur une combinaison de touches quelconque, F2, F8, Suppr ou je ne sais quoi. Une fois là-dedans, surtout on ne touche à rien, on cherche simplement les options de boot et on met en premier le lecteur DVD ou la clé USB chérie, on redémarre et hop c'est parti. Mais, de toute manière, avant d'en arriver là, il va nous falloir nous assoir un moment au calme avec un papier et un crayon, si si, non pas pour dessiner des souris vertes mais bien pour réfléchir un peu calmement avant d'envoyer le bulldozer au milieu du jardin.



Etape 2 : je liste les programmes installés


Arrivé à cette étape cruciale, on peut remercier chaleureusement les souris vertes de ne pas nous laisser foncer dans la mêlée la tête baissée et sans préparation. En effet, il est important de bien penser que vous n'allez pas simplement devoir réinstaller le système, mais aussi les applications que vous utilisez régulièrement. Et il est généralement bien difficile de se rappeler après coup de tous les mirifiques petits programmes dont on se sert sans en avoir conscience, mais qui vous manqueront cruellement sur un système vierge.


On prendra donc un peu de temps pour dresser la liste des programmes installés sur votre machine, et je suis sûr que vous saurez le faire sans notre aide. On pourra même en profiter pour faire un peu de ménage et ne pas réinstaller des choses manifestement inutiles ou périmées. Et c'est tout. Si si. Quand je pense qu'on me dit qu'on ne sait pas faire court aux souris vertes. Paragraphe suivant !



Etape 3 : je sauvegarde mes données


Cette étape est tout spécialement réservée aux personnes qui n'ont pas encore mis en oeuvre les avalanches de bon conseils sur le sujet dont est parsemé notre dossier. Si vous n'aviez pas encore sauvegardé vos précieuses données, il est plus que temps de le faire. Et pas sur le disque ou la partition du disque que vous allez effacer, cela va sans dire. Si vous pouvez vous en procurer un même temporairement, un disque dur externe serait votre compagnon idéal pour prévenir tout risque de Grosse Bêtise Irréparable. A vous de voir en fonction de votre confiance et de votre niveau d'expertise.


On rappelle tout de même à bon entendeur que les données en question concernent aussi les préférences des applications que l'on utilise de manière un peu intensive, souvent stockées dans un répertore à identifier et mettre dans un petit coin. On ne traîne pas davantage sur cette étape, vu les tartines que nous lui avons déjà consacrées, mais n'oubliez pas d'aller relire l'excellent article qui en traite !



Etape 3 bis : je récupère programmes d'installation et pilotes


Cette étape est faculative pour la plupart des systèmes qui reconnaissent facilement votre matériel et proposent des procédures d'installation standardisées, mais vous sauvera la vie si vous utilisez un système récalcitrant comme Windows, encore lui. En effet, une fois réinstallé, il est plus que probable qu'il aura du mal à faire fonctionner autre chose que la souris, et qu'il vous faudra vous assoir temporairement sur l'accès au réseau ou l'affichage de votre écran en caractères de moins de 10cm de large. Plutôt que de vous arracher copieusement les cheveux à ce stade et devoir appeler à l'aide, il vaut mieux avoir anticipé cette petite rigolade et avoir récupéré au préalable tous les pilotes de votre ordinateur, ainsi que les programmes d'installation de quelques logiciels bien utiles, comme le navigateur ou le décompresseur d'archives, voire de toutes vos applications si vous ne voulez pas vous embêter à les chercher plus tard.


Il en va pour les pilotes comme pour le système lui-même : soit vous avez la chance de les avoir sur un support déjà prêt, soit il va vous falloir courir l'internet pour essayer d'en récupérer une version à jour et correspondant à votre matériel. Bonne chance ! Les souris vertes recommandent fortement de les garder bien au chaud et pour longtemps une fois que vous avez le tout sous la main, car plus votre matériel prend de l'âge et moins vous aurez de chance de trouver facilement, voire tout court, les pilotes nécessaires à son fonctionnement.



Etape 4 : je lance l'installeur et zou


Eh bien, nous voilà enfin parés pour entrer dans le vif du sujet. En vérité, cette étape qui effraie tant de monde est simple et sans ambage, c'est tout le reste qui est compliqué. Clic, je choisis ma langue, clic j'annonce que je m'appelle Tintin et ma machine Milou, et que oui, je veux bien réinstaller le système, oui vraiment oui. Clic.


La seule étape où il faut être parfaitement réveillé est celle du choix du disque ou de la partition d'installation. Si vous avez un seul disque et juste le système dessus, vous pouvez y aller sans crainte, mais si vous avez adopté les pratiques des souris vertes, et que vous avez des disques ou des partitions supplémentaires avec vos belles données bien proprement rangées, il faudra prendre bien garde à ne surtout rien installer dessus. Pas de panique, mais ne vous endormez pas en cliquant machinalement écran après écran pendant l'installation, c'est tout.


Bon, le système est en train de s'installer, ça peut être long mais on peut en profiter pour se faire une petite séance de haïkus par exemple. Tiens, en voilà un rien que pour vous :


"Feu de forêt

Tout un monde qui meurt

Appelé à renaître"


Midoriro no Mausu (la Souris Verte)


Etape 5 : je remets bon ordre dans le bazar


Bon, le système est réinstallé, c'est là que les choses sérieuses commencent. Afin de retrouver rapidement notre environnement de travail habituel, et de ne pas pester pendant des semaines qu'il manque gnagna à tructruc, on va finir le travail proprement et une bonne fois pour toutes.


Pour ce faire, on procède par étapes et sans aller trop vite :


- on commence par réinstaller les pilotes de notre matériel si c'est nécessaire. C'est le minimum vital, sans eux, l'écran est tout flou, on n'a pas d'accès internet, les clés usb ne sont pas correctement reconnues, et tout un tas d'autres petites surprises joyeuses qui vous donneront envie de lancer le tout par la fenêtre. On n'oublie pas de redémarrer, n'est-ce pas.

- si l'on est une petite souris de niveau ceinture verte, et qu'on l'a bien assimilié les précédents articles de notre dossier, on profite du fait que le système est encore tout frais pour le reconfigurer aux petits oignons en désactivant tout un tas d'options par défaut consommatoires et inutiles. On peut encore redémarrer, allez zou.

- on lance les mises à jour du système, s'il y en a. Il faudra sans doute un peu de patience, des fois cette étape est bien plus longue que l'installation proprement dite. Bon, en même temps on n'est pas obligé de rester devant son écran non plus, rien n'interdit d'aller regarder quelques fleurs en attendant. Et devinez quoi ? Oui, on redémarre...

- on réinstalle les programmes. C'est là que notre petite liste précédente nous est bien utile, ainsi que les installeurs tout prêts si vous les avez téléchargés à l'avance. On en profite pour remettre également les préférences pour les applications quand on a prévu le coup (souvent juste un dossier à recopier au bon endroit). On peut se passer de redémarrer, mais si vous y avez pris goût ne vous privez surtout pas, nous n'allons pas vous frustrer pour si peu.

- on réinstalle les données s'il y a lieu. Si elles sont sur un autre disque ou un autre partition, normalement elles sont déjà là à vous accueillir les bras ouverts.


Et voilà, notre machine est maintenant propre comme un sou neuf, guillerette comme au premier jour, et en plus tout est là pour nous permettre de mener nos activités quotidiennes comme avant. Youpi !



Etape 6 : je recommence l'étape 4

Bienvenue dans l'univers magique de la réinstallation des systèmes ! Vous venez de tomber dans une phase spatio-temporelle qui vous fait recommencer encore et toujours les mêmes gestes, comme Sisyphe faisant rouler inlassablement son rocher. Non, sérieusement, si vous n'êtes pas un expert patenté de la réinstallation de système, il ne faut surtout pas s'interdire de reprendre tout calmement depuis le début. Il est très courant qu'on laisse passer des choses pas nettes à la première installation, qu'on ait oublié une option ou que le système nous jette des regards mauvais dès le premier démarrage.

Puisqu'on a fait tous ces beaux efforts pour en arriver là, il faut vraiment n'avoir aucune hésitation à recommencer l'étape 4 et les suivantes autant de fois que nécessaire pour que le système installé nous donne toutes les garanties de fiabilité, de stabilité et de gentille obéissance que l'on attend de lui. Vous perdrez quelques dizaines de minutes supplémentaires, pas bien épuisantes, à faire travailler la machine en faisant un sudoku ou en allant prendre une tasse de thé, mais vous vous éviterez de futurs maux de tête et force gesticulations agacées si vous avez laissé une réinstallation bancale par pure flemme. Allez, on y retourne !


Etape 7 : j'éteins mon ordinateur et je vais faire un tour


Si vous êtes arrivés à cette étape, c'est que vous êtes sorti de la boucle infinie de la mauvaise réinstallation qu'il faut sans cesse recommencer, et que vous êtes content de votre travail. Félicitations ! Vous voilà au terme de notre petit périple de réinstallation.


Simple, sans difficulté excessive ni risque de tour de rein, cette petite gymnastique est à la portée de tous et devrait faire partie du programme d'hygiène régulier de tout matériel informatique, au minimum une fois tous les deux ou trois ans, voire avec une période bien plus courte si l'on n'est pas encore passé expert dans l'art d'éviter les gestes imprudents qui plombent le système à coup sûr.


Nous voilà ainsi prêts à aborder la suite du programme, à savoir aller faire un tour pour se détendre, puis revenir bien vite consulter la suite de notre passionnant dossier. Hum, les souris autour de moi arborent un air exaspéré : ce n'était donc pas le dernier article du lot ? Eh bien non, pas du tout, mais nous l'annonçons solennellement et à la cantonnade, le prochain article signera la fin de l'Enorme Dossier de super secours aux ordis en peine. Et, pour maintenir le suspense, nous n'en dévoilons pas le contenu. On a hâte d'y être !

>Voir le billet et ses commentaires...
 

Au secours, mon ordi est lent ! (5) : J'apprends à ne pas perdre mes données
Date 10/01/2017
Ico Dossier
Comms Aucun commentaire


"Il a perdu son chapeau

L’épouvantail

Il a perdu la face"


Yosa Buson (1716-1783)


On poursuit aujourd'hui notre fantastique dossier avec un article qui va nous permettre de réfléchir sur le sens de la vie, notre place dans l'univers, et plus particulièrement sur cette peur incontrôlable de la perte du soi qui nous glace le sang. Comment, en effet, expliquer autrement notre hystérie instinctive à l'idée de perdre notre - insérer ici l'appareil de votre choix - qui contient bien plus que notre carnet d'adresses, nos photos, nos messages, mais bien la substance même de notre moi profond, notre identité secrète enfin numérisée ?


En conséquence, il sera parfaitement intolérable, voire vu comme une violation élémentaire à la liberté d'exister, de demander à une majorité de la population de délaisser ne serait-ce qu'une minute son - ici le même que précédemment, ou bien un autre si vous êtes multi-récidiviste de l'attachement électronique -, et bien plus encore d'envisager sereinement sa perte irrémédiable. C'est pourquoi nous nous attelons à la tâche salutaire d'essayer d'accéder à l'immortalité numérique, rien que ça, et de ne jamais perdre ces octets si précieux qui nous définissent autant que nos paires de chromosomes.


Nous avons vu, voyons et verront encore bien des astuces pour maintenir en vie le plus longtemps possible nos petits appareils préférés, mais il faut s'avouer que même la plus habile souris verte ne pourra pas déjouer les lois de la nature et empêcher la mort ultime du matériel que vous utilisez. Pour vaincre le destin, il nous faut donc utiliser la parade bien connue des livres de science-fiction : transmutation ! réplication !  On jette ce vieux corps rabougri pour réinjecter notre esprit dans un nouveau corps d'adolescent prêt à nous faire connaître à nouveau les joies de la vie jeune et en bonne santé. Plus simplement, dans le domaine numérique, on se contentera de reprendre un nouvel - encore votre appareil préféré, mais vous avez le droit de choisir une version improbable ou pas encore existante pour rêver un moment - qu'on mettra sous perfusion pour lui réinjecter le contenu de l'ancien. Mais quel contenu donc ? C'est tout l'enjeu de cet article.


La plupart des gens se désespèrent de voir leur système lent, plein de sales virus malodorants, parfois même rebelle à ce qu'ils essaient de lui faire faire, et en concluent immédiatement qu'il faut vite remiser l'ensemble à corbeille. Pourtant qui se soucie du système réellement ? Est-ce vraiment ces fichiers qui gèrent les menus, la barre des tâches, les programmes même que nous souhaitons conserver comme la prunelle de nos yeux ? Certainement pas, et il y a fort à parier que vous avez déjà usé un certain nombre de systèmes d'exploitation dans votre longue carrière d'utilisateur patenté, voire que vous en utilisiez un nombre important sans même vous en rendre compte (téléphone, tablette, GPS, drone souris, etc). Le système donc, on s'en contrefiche, on peut et on doit même pouvoir le réinstaller ou le changer en un tournemain ; mais si l'on s'accroche désespérement à lui et que l'on ne veut pas qu'il s'en aille, non, surtout pas, c'est parce qu'il contient nos précieuses données.


Et ce sont bien nos données personnelles que nous devons conserver, recopier, entourer d'affection et de sollicitude, celles que nous ne voulons surtout pas perdre même si un raz-de-marée s'abat sur notre jardin. Evidemment, pour que ceci soit rendu possible, il va tout de même être nécessaire de bien distinguer de quoi elles sont faites ; si tout est incrusté dans le système, avec aucune notion de ce qui est vraiment unique et important, autant dire qu'on ne pourra rien faire pour vous sauver si le système se met à tanguer fébrilement. Nous allons discuter tout cela en détail, mais commençons d'entrée de jeu par quelques Bons Conseils bien sentis qui s'appliqueront au nord, au sud, à la montagne et au bord de mer, bref quelles que soient les données que vous souhaitez garder.



Bien suivre la partition


Un premier pas tout simple, mais qui va nous rendre pas mal de services ensuite, va être d'isoler nos données du reste du système. Je réponds tout de suite à la souris verte à lunettes que non, je ne définis pas encore ce que j'entends pas données, pour le moment on reste vague et consensuel pour ne pas se perdre dans des considérations existentielles profondes, et ça n'est pas la peine d'insister, ah mais vraiment. Pourquoi donc s'embêter à mettre un peu d'ordre dans le fourbi, et mettre nos petits objets à nous à part du système ? C'est bien simple, même si vous connaissez sur le bout des doigts le système d'exploitation que vous utilisez, après un certain temps et plusieurs dizaines d'applications installées, vous serez bien incapable de dire si le fichier x ou le répertoire y vous appartient en propre, et encore plus à la question corollaire : est-il indispensable pour faire fonctionner le système si vous devez le réinstaller ?


Bref, une seule solution si on souhaite anticiper le gros mal de crâne que nous vaudra le fait de devoir ranger notre chambre une fois que ce sera le Bazar Généralisé, on met tout ça dans un coin bien propre et bien secret, là où personne d'autre que nous n'aura l'idée d'aller fourrer ses gros doigts. Très généralement, les systèmes d'exploitation modernes essaient de vous faire adopter ces pratiques en vous fournissant des emplacements codifiés comme 'Mes documents', 'Mes images', 'Mes Super Photos de Vacances', mais comme justement ces emplacements sont connus de tous, il se trouvera généralement des applications peu scrupuleuses qui viendront y ranger leurs petites affaires, voire pour les plus indélicates y regarder un peu ce qui vous y avez placé.


Tout ceci ne nous convient donc pas, il nous faut nous faire une nouvelle place au soleil. D'autant que cela ne lève pas un inconvénient majeur : si vous mettez vos données sur le même disque que le système, elles vont disparaître irrémédiablement si vous devez réinstaller ledit système. Et vous aurez également bien du mal à y accéder s'il est corrompu. Le mieux, et la seule vraie solution même, est donc d'y aller franchement et de prévoir tout de suite deux emplacements bien distincts : un disque pour le système (celui-là, on peut le jeter quand on veut), un disque pour les données que l'on garde et sauvegarde. Cela permet également de mieux contrôler ce qu'on stocke, de mieux ranger les choses, bref cette approche magnifique n'a que des qualités.


Mais comment donc faire donc, me demanderez-vous (vous pourriez faire un effort pour mieux construire vos questions, cela dit, l'angoisse n'excuse pas tout), si l'on ne possède qu'un seul disque dur, ce qui est malheureusement le lot commun de la plupart des appareils portables ? Tsk tsk, ceci est tout de même une violation assez grave du savoir-vivre numérique, il faut que vous en ayez conscience. En vérité, vous devriez toujours acheter un appareil qui vous permet d'avoir deux disques, qu'il s'agisse d'une carte mémoire supplémentaire pour les téléphones par exemple, ou d'un deuxième disque dur sur un ordinateur portable. Alors oui, il y a assez peu de modèles qui proposent ce type de choix, eh bien maintenant vous avez enfin un critère pour choisir en dehors du design ultramoderne et de la note d'ergonomie de YoupiNumérique.fr. Pour les ordinateurs portables, vous vous en sortirez toujours en ayant avec vous une clé usb ou un disque dur externe, mais franchement c'est pénible d'avoir toujours à les transporter, sans compter un peu dispendieux en énergie d'alimenter en permanence ces périphériques externes, donc l'idéal sera toujours d'avoir deux disques, si si. En plus cela permettra d'avoir un disque plus petit, mais plus performant, pour le système d'exploitation qui travaille souvent, et un bon gros disque de stockage rustique pour mettre nos données.


Donc si vous avez deux disques, tout va bien, disque Z pour le système et disque W' pour les données, hop là, paragraphe suivant. Mais que se passe-t-il pour les deux cent milliards d'invididus qui ont acheté sans se soucier un appareil qui ne permet pas cette magnifique combinaison ? Dans ce cas, on va tout simplement éclater notre disque unique en petits bouts. Paf pif. Enfin sans y aller trop fort quand même. Nous allons faire ce que l'on appelle un partitionnement, c'est-à-dire une opération qui permet de dire au système de considérer votre disque comme une collection de disques plus petits. Ceci ne vous sauve pas de la panne de disque, qui si elle se produit vous fait tout perdre d'un coup, mais par contre c'est radical pour le système d'exploitation qui, lui, n'y verra que du feu et ne se permettra jamais d'écrire sur une partition qui n'est pas la sienne propre sans autorisation expresse. On peut même utiliser ce petit mécanisme pour faire cohabiter plusieurs systèmes sur un même disque dur, oui, hop je partitionne en quatre et me voilà avec un système Windows, un système Linux, un système Android pourquoi pas, et ma partition de données. Et tous les systèmes peuvent accéder aux données, au passage. Sympathique, non ? Bon ça reste un peu compliqué à configurer, donc on ne s'étendra pas sur ces merveilleuses possibilités.


Pour les téléphones, tablettes et autres appareils formidables où on ne vous laisse rien faire tout seul de vraiment utile, vous passerez votre chemin, et vous subirez le fait de n'avoir qu'une partition unique et tout en vrac, mais comme de toute manière vous n'avez aucun droit d'administration sur votre appareil, oui je sais c'est un comble, vous devrez faire avec si vous n'avez pas d'accès à une carte mémoire supplémentaire pour ranger vos données proprement dans un coin.


Pour les ordinateurs, en revanche, on peut partitionner gaiement si ça n'est pas déjà prévu par défaut, certains fabricants vous installant votre disque déjà prêt à accueillir séparément système et données, même si la plupart des gens l'ignorant, ils auront soigneusement délaissé la partition supplémentaire pour tout mettre dans le gros tas commun. Si vous avez le malheur d'être sous Windows, vous devrez impérativement utiliser l'utilitaire de partition de disque fourni par le système, sous peine de vous retrouver avec un tas de misères si vous modifiez la taille de la partition qui contient le système sans lui demander son avis. Pour tous les autres cas, et même pour Windows tant que vous ne touchez pas à sa partition système (vous pouvez à loisir éclater ou agréger les autres partitions sans toucher à celle qui contient Windows), vous pourrez utiliser Gparted, un utilitaire open-source et multi-plateforme drôlement gentil qui fait tout ce qu'il faut et bien plus encore.


Autant vous prévenir tout de suite, le partitionnement est une opération risquée si vous avez déjà des données sur votre disque, donc prenez vos précautions avant, ne formatez surtout pas les partitions qui ont déjà des données, et abstenez-vous ou demandez de l'aide si vous sentez que vous allez faire une Grosse Ânerie. Les deux effets secondaires malencontreux sont un, la perte définitive des données présentes avant l'opération, et deux, l'impossibilité de redémarrer le système une fois le partitionnement terminé. Ce dernier cas est en général facilement rattrapable, même si ça demande un peu de doigté et parfois pas mal de patience. Donc, si vous ne voulez prendre aucun risque, soit vous faites appel à un ami compétent pour vous aider, soit vous revenez au paragraphe précédent et vous trouvez une solution pour avoir deux disques durs différents, vin diou de vin diou.



Sauve qui peut


Bien, nous avons isolé nos données sur leur petit espace réservé, ou sur leur disque dur titanesque si vous avez des gros besoins en la matière, et nous voilà paré pour accomplir la deuxième étape de notre petit périple, à savoir les sauvegarder. En effet, il est bien utile d'avoir assuré que le système, quel que soit sa faillibilité, ne viendra jamais pourrir notre disque ou notre partition de données, mais cela ne nous prévient pas du coup de bambou du disque qui lâche. Et si ça se produit, grand malheur, désespérance et fin du monde s'ensuivent car il ne nous reste aucune solution à part débourser des millions de dollars auprès de spécialistes de la NASA qui vont autopsier notre disque et tenter d'y extraire les octets à la pince à épiler, tentative qui se soldera de toute manière par un échec retentissant dans la quasi totalité des cas. Bref, mettons-nous à l'abri tout de suite de ces perspectives peu réjouissantes en assurant nous-même notre tranquillité mentale par des dispositions simples.


On sauvegarde, donc, c'est-à-dire en langage plus simple on recopie tout le bazar sur un autre disque, ou même plusieurs autres si on pense qu'on le vaut bien. Normalement les probabilités de panne de deux disques en même temps sont infimes, donc une seule sauvegarde devrait nous suffire. Mais où donc la placer ? Eh bien, si vous avez opté pour la solution à deux disques, et que le disque système a une taille qui le permet, pourquoi ne pas la mettre là-dessus ? Mais dans un emplacement bien distinct du système, par exemple un dossier Sauvegarde que l'on créé et où l'on recopie nos dossiers. En même temps, en général on aura tendance à choisir un disque système plus performant, il serait donc dommage de gâcher l'espace disque pour une sauvegarde qui ne sera quasiment jamais utilisée si on a vraiment une place importante à immobiliser.


Donc un support amovible, DVD, clé usb, disque dur externe, fera également très bien l'affaire. J'entends certaines souris qui me parlent de sauvegarde dans le Nuage, cloud pour les intimes, nous n'allons pas entrer dans les détails pour ne pas perdre le fil de notre dossier, mais il est bien prévu qu'on aborde cette polémique un jour ou l'autre. Pour le moment, une petite sauvegarde que l'on garde au chaud au fond de son tiroir suffira amplement. D'ailleurs, dans la logique des choses, le support de sauvegarde, qui n'est presque jamais utilisé, est le moins onéreux possible. Evidemment, vous ne serez pas protégé en cas de sinistre de votre bureau ; qu'à cela ne tienne, mettez le tout chez votre tante Germaine. Mais si sa maison brûle aussi ? Quand on commence à rentrer dans ces considérations, la spirale paranoïaque nous fait vite perdre la mesure et on commence à s'inventer des avions à réaction pour faire voler une plume. Sachons garder la tête froide, et considérer qu'on va se prémunir d'un risque courant et somme toute facilement évitable (la défaillance d'un composant électronique), pas d'une guerre mondiale thermonucléaire consécutive à l'éruption d'un volcan issue de la tombée d'une météorite sur votre quartier. Dans ce cas-là, on s'assoira sur la perte de nos données en considérant qu'il y a des problèmes plus graves dans la vie.


Il y a tout de même un aspect qu'il faut bien avoir en tête quand on parle de sauvegarde, c'est qu'il faut tout de même réappliquer l'opération régulièrement. C'est très bien d'avoir recopié vos dossiers illico après avoir lu cet article avec émotion, mais si vous ne recommencez pas l'opération dans les cinq prochaines années, il y a fort à parier que vous ne serez pas très content d'avoir perdu tout ce que vous avez produit dans l'intervalle si la catastrophe survient. Il est donc préférable, c'est même plus qu'une bonne idée, d'accomplir régulièrement cette opération de sauvegarde, soit de manière manuelle en se disciplinant un peu, soit de manière automatique en utilisant un outil approprié. Il est également de bon ton, pour ne pas y passer à chaque fois des nuits entières, d'utiliser un outil qui travaille de manière incrémentale, c'est-à-dire qui ne s'occupe que de ce qui a changé depuis la dernière sauvegarde. Le couteau suisse de la sauvegarde, tous systèmes confondus, est sans conteste Rsync, mais il est très brut de fonderie et vous aurez sans doute du mal à le manipuler si vous n'êtes pas un expert de la ligne de commande. Mais il existe des dizaines d'outils qui l'utilisent tout en vous proposant une interface plus simple, et des paramétrages plus avancés comme le fait de faire des sauvegardes hebdomadaires par exemple. Vous pourrez vous rendre sur la page wikipédia de notre ami pour en avoir une petite liste indicative. Comme aux souris vertes on se débrouille comme des grands avec la version nominale, on vous laissera faire votre marché et essayer. Gardez tout de même en tête qu'un utilitaire de sauvegarde est une des applications les plus utiles que vous puissiez installer sur votre système, donc ne comptez pas votre temps et vos efforts au moment d'arrêter votre choix.



Garder ou ne pas garder, telle est la question


Bien bien, après cette belle progression dans le sujet du jour, et avant d'aborder les questions qui fâchent, offrons-nous un court instant de contemplation :


"Protégé du vent

Caché aux regards

Un nid d'oiseau"


Midoriro no Mausu (la Souris Verte)


Il est plus que temps maintenant de s'intéresser au contenu même de ce que nous venons de mettre dans un joli paquet bien propre, entouré de rubans chamarrés et sauvegardé avec amour dix ou vingt fois par an/mois/semaine/jour/minute (rayer les mentions inutiles). Que faut-il garder vraiment dans nos données personnelles ? Car, on s'en doute, la quantité de données à conserver va être directement en relation avec les ressources à mobiliser pour les stocker et les gérer au quotidien, les sauvegarder, les restaurer le cas échéant, et Técé Terra.


Si l'on se réfère avec intérêt à notre excellent article sur le stockage, on voit immédiatement qu'il sera bien plus facile de conserver notre petit carnet d'adresses ou notre cahier de recettes de cuisine que l'intégralité de nos photos grand format depuis la formation de la terre, voire pire, l'horreur absolue, notre collection complète de trois cent mille films en haute définition dont pas un ne saurait nous manquer sur une île déserte. Il n'est pas question de trancher à votre place ce qui est essentiel de ce qui est accessoire dans votre vie numérique, mais ayez tout de même conscience du poids et des ressources bien matérielles que vous consommez pour la conservation de ces données. De manière générale, moins vous en gardez, plus vous serez à l'aise pour transférer vos données sur un nouveau système et les sauvegarder les doigts dans le nez, avec de multiples possibilités qui vous seront fermées si vous manipulez les octets à la pelleteuse par tera entiers. Rappelons également que la production permanente de nouvelles données pas franchement vitales, et leur échange désordonné à travers le réseau est ce qui engorge aujourd'hui les serveurs mondiaux de messagerie, de réseaux sociaux, de partage de fichiers et autre. Inutile ensuite de s'étonner, ni de s'indigner, que des millions de serveurs fonctionnent à plein régime en consommant autant que des villes de taille respectable pour tenir à disposition ces données dont personne ne veut questionner l'utilité réelle.


Donc on trie, s'il vous plaît, on écrème, on rabote, et les éléphants d'Afrique nous en remercient platement. Cependant, et pour donner raison à la souris verte à lunettes qui revient à la charge, il ne faut pas considérer que seules les données que nous avons produites de nos petites mains sont importantes à garder. Il y a en effet tout un tas de fichiers qu'il est de bon ton de conserver aussi car il serait bien pratique de pouvoir les remettre en cas de réinstallation du système. Par exemple :

- notre carnet d'adresse de messagerie

- nos favoris de navigateur

- les préférences de nos programmes principaux

- les mails, si on souhaite en conserver une archive locale, à condition qu'ils ne soient pas truffés de pièces jointes (le texte lui-même n'est pas volumineux, vous pouvez tranquillement conserver 30 ans de messages dans un dé à coudre)

- plus fort encore, mais pas donné à tout le monde, la configuration du système, comme les options, la disposition des menus, les applications installées, etc.


La complexité de sauvegarder, puis restaurer, ce type de données est inhérente aux applications et au système que vous utilisez, et il ne sera pas toujours facile de tout remettre d'aplomb. Sachez que sous Linux, c'est une bonne raison d'essayer ce système, c'est d'une simplicité enfantine car absolument toutes les préférences des programmes sont stockées au même endroit, et de manière relativement économe en espace disque. Il vous suffit donc de conserver ce répertoire dans un coin, pour qu'après réinstallation vous ayez retrouvé la quasi intégralité de votre système à l'identique d'un seul coup de baguette magique, ce qui inclut absolument tout de la messagerie au navigateur, en passant par le bureau ou le logiciel de retouche d'images.
 
Sous Windows, les choses sont comme toujours bien moins simples, mais il faut savoir que c'est tout de même possible, car la plupart des programmes stockent leurs données dans un répertoire caché de votre utilisateur nommé AppData (souvent ensuite dans le sous-répertoire Roaming, mais pas toujours, ça serait trop facile). Si vous sauvegardez le dossier qui correspond à votre application favorite, par exemple Mozilla Firefox, vous devez pouvoir retrouver l'ensemble de votre configuration personnelle simplement en le recopiant. Ceci vaut aussi pour les mails si vous utilisez Thunderbird, pour votre éditeur de texte préféré, etc. Il n'est pas forcément indispensable de conserver les préférences d'absolument toutes les applications, mais au moins celles qui vous avez le plus personnalisées. Si vous passez par exemple vos journées à utiliser le traitement de texte LibreOffice, et que vous avez vos petites barres de raccourcis personnelles, vos styles tout prêts, etc, ça serait une bonne idée de voir comment garder tout cela pour ne pas perdre tout ce travail. En plus, cela vous permet également de porter ces préférences sur un autre ordinateur, par exemple celui de votre travail ou le portable d'oncle Nestor que vous utilisez en vacances.



A la recherche des données perdues


Notre petit article ne serait pas complet sans un petit peu de dépannage express pour les âmes en peine. Les conseils qui précèdent vous ont donné quelques clés pour ne pas vous retrouver dans la grosse mouise de la perte irréparable de données sans lesquelles l'existence n'a plus aucun sens. Mais comme il n'est pas toujours possible d'éviter le pire, il serait sympathique qu'une souris verte volontaire nous explique comment récupérer nos données si notre ordinateur devient tout à coup très vilain et ne veut par exemple plus démarrer. Qui se lance ? Ah, une candidate à ma droite, parfait. Oh oh ! Et une proposition tout à fait pertinente, l'utilisation d'un Live CD, c'est une très bonne idée.


Un Live quoi ? Ah ma bonne dame, vous ne connaissez pas encore cette botte secrète qui vous rendra aussi efficace, voire davantage, que la plupart des dépanneurs informatiques : il s'agit d'un système d'exploitation autonome qui fonctionne entièrement sur un support amovible, c'est-à-dire un CD-ROM, ou plus souvent une clé usb, ce qui est bien plus pratique. Comment donc, comment donc ? Eh oui, c'est incroyable mais ça existe bel et bien, et à vrai dire c'est d'une utilité redoutable. Nous consacrerons sans doute un article complet à ces outils et à leurs nombreuses qualités, mais pour le sujet qui nous occupe c'est le couteau suisse de la récupération de données : puisqu'on ne sait pas ce qui fait flancher le système, on insère notre petite clé, on démarre sur le système qu'elle contient, et de lui on peut accéder normalement à tous les disques, y compris celui du système, et y récupérer nos précieuses données. Bien sûr, ceci suppose tout de même une coopération minimale de la part de notre ordinateur, autrement dit que le matériel en défaut ne soit pas la carte mère ou l'écran, sans lesquels on ne pourra rien faire du tout.


Comment donc se procurer un Live CD ? Rien de plus simple, un grand nombre de distributions Linux viennent maintenant sous cette forme, pour vous permettre de les essayer avant de les installer. Une de nos préférées aux souris vertes est Linux Mint, un système simple, élégant, qui convient aux petits comme aux grands, et qui en plus a de superbes reflets vert menthe. Simple d'utilisation, reconnaissant tout votre matériel sans sourciller et sans nécessité d'installer des pilotes à tour de bras comme pour l'affreux Windows, sachant lire des données sur à peu près n'importe quel type de système de fichiers, bref un compagnon bien utile à fréquenter. Peut-être même aurez-vous ainsi le goût d'essayer ce système différent et nettement plus puissant que la plupart de ceux qu'on destine au grand public qui, c'est bien connu, doit être protégé de sa propre ineptie en l'empêchant de faire ce qu'il souhaite si ça n'est pas immédiatement en rapport avec la stratégie commerciale de quelques multinationales qui nous veulent du bien.


Nous divergeons, divaguons et partons dans des chemins de traverse, aussi revenons au cap et résumons la procédure de dépannage en cas de non allumage de notre ordinateur :
- on insère une petite clé USB sur laquelle on a préalablement installé un Live CD Linux de notre choix. On s'assure que notre ordinateur est en mesure de démarrer sur la clé en question. Pour cela, si ça ne fonctionne pas tout seul et qu'on n'a aucune idée de comment procéder, on consultera l'internet mondial pour connaître les options du BIOS qui équipe notre modèle d'ordinateur. En général il y a une touche à l'allumage, F2 ou Suppr ou autre, qui permet de choisir sur quel périphérique démarrer.
- on attend bien gentiment que le système Linux démarre. Ensuite on va consulter les disques durs qui sont visibles dans l'explorateur de fichier, on recopie ce qu'il faut où il faut, et tout va bien, nos données sont à nouveau là. La suite du programme est à votre charge, réparation d'ordinateur, danse de la pluie et offrandes au boudha pour lui redonner la santé, mise au rebut et investissement dans un nouveau modèle neuf, etc.

Malheureusement il se peut que ce scénario idyllique ne se déroule pas comme dans le film, et que vous ne voyiez pas le disque dur qui contient vos précieuses données quand vous arrivez dans votre système de dépannage. Si en plus vous ne le voyez pas dans le BIOS, encore lui, au moment du démarrage, ne cherchez plus : le disque est mort de sa belle mort, il a rejoint le paradis des disques durs et vos données avec. Vous pouvez vous acharner à transmettre l'ordinateur à un professionnel qui possède du matériel spécialisé de spécialiste, mais très honnêtement ça va vous coûter un bras et les chances de succès sont bien minces.

Autre cas de Grosse Scoumoune, c'est si l'ordinateur refuse obstinément de vous donner le moindre signe de vie, et qu'il ne s'allume tout simplement plus du tout. Dans ce cas, il ne nous restera que l'opération à coeur ouvert, autrement dit l'extraction à grand coup de tournevis de notre disque dur, pour le remettre dans un boîtier externe et y récupérer les fameuses données depuis un autre ordinateur. Pas des plus faciles, il vous faudra patienter jusqu'à la suite de ce dossier pour être en mesure de reconnaître le disque dur du foie ou de la rate et savoir le démonter sans tout arracher sauvagement.

Ceci dit, avant d'en arriver à toutes ces procédures d'urgence, il est toujours mieux d'être attentif aux signes de fatigue chronique de votre matériel qui vous indique qu'il est temps de faire une sauvegarde : écrans bleus à répétition, disque qui a du mal à être reconnu au démarrage de la machine, fichiers corrompus qui s'accumulent, bref tout ce que le système vous indique en clignotant d'une petite loupiote rouge et qui pourrait vous faire envisager que peut-être il y aurait anguille sous roche, ou fennec sous cactus, voire souris sous platane.




Nous voici désormais plus sages et prêts à affronter l'existence d'un oeil neuf et serein, fort de la certitude de ne plus jamais perdre nos données. Enfin débarrassés de ces tourments,  nous pouvons enfin nous offrir un moment de calme loin des écrans et de l'agitation numérique. Un grand merci à toutes les souris vertes qui nous aidé à la préparation de cet article, et on leur dit à bientôt pour la suite de notre dossier qui n'en finit pas de continuer !





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Au secours, mon ordi est lent ! (4) : Je nettoie Windows à grands jets
Date 30/12/2016
Ico Dossier
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Une petite souris arrose à grands jets


"Commencement de l’hiver –

Le soleil léger du matin

Naît de l’arrosoir"


Uejima Onitsura (1660-1738)


Je vois déjà nos fidèles lecteurs soupirer d'aise à la lecture de ce titre accrocheur. Enfin ! Il était plus que temps qu'on prenne le soin de régler son compte une bonne fois pour toutes à ce scregneugneu d'importun de système Windows, celui-là même qui fait régner la terreur jusqu'au fond des bureaux et des terminaux de gare, et a fait périr sans merci des générations d'ordinateurs personnels pourtant encore dans leur prime jeunesse.


Avant d'appeler le professeur Souriso à la barre pour nous témoigner de ses recherches très avancées en matière de lutte contre l'encrassement windowsal (un adjectif qui vient tout juste de rentrer dans le Larousse après des débats houleux à l'académie française), nous nous devons de renvoyer vers notre précédent article les nouveaux venus sympathiques qui nous rejoindraient en route et n'auraient pas pris le temps de le parcourir, puisqu'il dénombrait l'ensemble des méfaits à ne pas commettre pour achever sa petite machine d'un seul coup d'index. En effet, cet article va vous expliquer comment nettoyer votre système, mais le minimum syndical est tout de même de ne pas l'inonder sans arrêt de nouveaux Virus de La Mort par des négligences répétées, sans quoi il finira par être difficile de faire quoi que ce soit pour ranimer votre machine sans passer par une réinstallation complète.


Nous nous excusons également auprès du pourcentage infinitésimal de personnes qui vivent à l'abri des vicissitudes que nous allons tâcher de soulager aujourd'hui, car ayant le loisir de pâturer quotidiennement et gaiement dans des systèmes d'exploitation plus verdoyants. Mais, s'il est toujours possible de se passer de l'affreux Windows sur votre ordinateur personnel, même si cela demandera quelques efforts si vous n'êtes pas l'Oncle Picsou et que vous ne résolvez pas le problème à coup de millions de dollars en vous orientant vers du matériel à la pomme qui clignote, il est peu probable que vous ayez cette latitude dans un contexte professionnel où la quasi majorité des entreprises ont décidé d'engraisser sans vergogne le Big Brother de l'informatique bureautique. Et cet état de fait grave pour la santé mentale des populations au travail se perpétue par simple principe d'habituation au pire, et aussi suivant le fameux comportement moutonnier qui veut qu'on fasse comme le voisin, le voisin du voisin et son prédécesseur. Aux souris vertes, on aime bien les moutons, surtout s'ils sont verts, mais il est tout de même affligeant de voir que même nos petites souris ne peuvent échapper à ce raz-de-marée et se retrouvent à devoir sauver l'humanité des conséquences de décennies de politique indigente en matière d'équipement logiciel.


Or donc, nous avons dispensé dans les premiers articles de notre fantastique dossier des conseils bien utiles pour la survie en milieu informatique hostile, mais il faut tout de même reconnaître que, vu l'état de désertion de la pensée qui préside à la conception des systèmes Windows, même l'application la plus scrupuleuse de tous les principes estampillés d'un petit muridé vert ne pourra vous prémunir complètement d'un empâtement progressif de votre système. Il faudra donc se résoudre à lui faire subir périodiquement une petite cure aux extraits de plantes si vous ne souhaitez pas qu'il se transforme à terme en un bibendum joufflu incapable de répondre à la moindre sollicitation sans s'endormir entre deux instructions. Et, bien sûr, il faut aussi répondre à toutes ces personnes courageuses qui ont soigneusement noté leurs bonnes résolutions pour la prochaine année, mais ne savent pas comment se dépatouiller d'un système aujourd'hui en piteux état.


Nous allons donc présenter ici notre petite pharmacopée de remèdes totalement respectueux de la faune et de la flore, garantis sans bisphénol A et sans diméthylbenzène, mais dont l'efficacité n'est plus à démontrer quand il s'agit de botter le derrière au vilain Windows.



Nettoyer les applications à coup d'éponge

"Cette tache que j'aperçois

Est-ce de la boue ?

Est-ce du chocolat ?"


Midoriro no Mausu (la Souris Verte)


Si vous avez lu l'article précédent, vous avez compris que l'installation compulsive d'applications inutiles augmente significativement le risque d'infarctus chez votre belle machine. Si l'on souhaite lui redonner un nouveau coup de jeune, on commencera donc impérativement par désinstaller tout ce qui dépasse. A ce titre, on s'occupera bien entendu de ces applications déposées par vos soins dans un moment d'euphorie et reléguées depuis dans un néant profond, mais aussi et sutout de ces applications sournoisement tapies dans l'ombre qui sont présentes dans votre système à l'insu de votre plein gré.

Si vous avez un ordinateur portable, il est probable qu'elles fourmillent déjà par milliers avant même son premier lancement, pseudo-utilitaires parasites de la marque associée, versions d'évaluations de logiciels préinstallées pour vous en faire acheter la licence, et toutes sortes d'autres belles inventions d'équipes commerciales survitaminées. Les anglophones ont même créé un concept pour désigner ce type de programmes malotrus, qu'ils baptisent sous le joli vocable de bloatware (du verbe gonfler, donc en quelque sorte le logiciel qui rend obèse).

Attention cependant à ne pas trancher trop rapidement dans le vif, car vous risquez de retirer certains programmes qui sont réellement nécessaires, notamment ceux qui pilotent le matériel particulier que Windows ne sait pas reconnaître tout seul. La procédure à appliquer en la matière est de parcourir toute la liste des applications installées et, à chaque fois qu'une ne vous est pas connue, de chercher rapidement sur internet à quoi elle correspond et d'aviser en conséquence. Dans le doute, il vaudra mieux s'abstenir, ou recourir à l'avis d'une personne éclairée qui pourra vous conseiller sur ce qu'il faut faire ou non.

On ne donne pas ici de procécure détaillée pour désinstaller une application sous Windows, si vraiment vous n'avez aucune idée de comment faire vous trouverez aisément votre bonheur en consultant un des millions de tutoriels pailletés et remplis de vidéos qui parsèment l'internet mondial sur le sujet.


Passer la base de registre au savon noir

"Dans le petit carnet à spirales
Notés avec soin
Des noms de fleurs"

Midoriro no Mausu (la Souris Verte)

Phénomène moins connu du grand public, notre ami Windows intègre dans son fonctionnement particulier une base de registre qui est un ensemble de valeurs censées refléter sa compréhension de l'état courant du système. Vous installez quelque chose, hop, une ou plusieurs clés de registre sont ajoutées, vous changez un paramètre, bim ça modifie des clés. Fort bien, vous dites-vous, mais qu'est-ce que ça peut bien nous faire de savoir tout cela ? Le système gère sa cuisine interne, et l'utilisateur peut continuer sa vie bienheureuse sans s'en préoccuper. Malheureusement ceci serait vrai dans un monde idéal où les programmeurs utilisent leurs mains, et non d'autres parties moins agiles généralement chaussées, pour coder. La triste réalité est que, la moitié du temps, notre système s'emmêle les crayons tout seul et fait n'importe quoi dans sa base de registre. Pour tout dire, même après une réinstallation complète du système et sans avoir encore fait la moindre action sur votre machine, le registre comporte déjà des incohérences, certes minimes, mais qui montrent bien la robustesse de ce mécanisme aussi solide qu'un carton mouillé.

Il est donc nécessaire de passer un petit coup de nettoyant de temps en temps pour remettre ce fameux registre d'aplomb et s'éviter ainsi quelques mauvaises surprises, comme des plantages inopinés ou des ressources consommées de manière anormale dans votre dos. Pour cela, nous utiliserons un petit utilitaire bien pratique, qui s'appelle CCleaner. Vous êtes libre d'en chercher un autre, mais c'est celui qu'on utilise aux souris vertes et qui ne nous a jamais fait défaut ; on choisira la version gratuite, amplement suffisante pour nos besoins.

Ce petit outil ne fait pas que nettoyer la base de registre, il permet également de vider les répertoires temporaires de quelques applications pour récupérer un peu d'espace, et c'est également celui qui va nous servir au paragraphe suivant à gérer les programmes qui démarrent avec le système. Vous pouvez même désinstaller directement les programmes dans un menu ad-hoc si vous n'aimez pas passer par celui du système.

Attention cependant, malgré son utilité indéniable, ce logiciel cumule à peu près tous les travers que l'on a dénoncés dans l'installation d'un programme : logiciels ajoutés d'office, scans automatiques, mises à jour automatiques et autres vacheries destinées à l'utilisateur distrait. Mais nous gageons que vous savez désormais déjouer ces pièges diaboliques et que vous installerez tout ça bien proprement et sans faillir. Précisons également qu'il n'est pas open-source, mais c'est malheureusement le cas de la plupart des outils qui ne s'occupent que de la gestion du système Windows, les programmeurs du monde libre ne se bousculant pas au portillon pour travailler sur ce genre de projets quand il est si simple d'utiliser un système lui-même open-source comme Linux. Damned.

Bien, vous avez votre petit Ccleaner sous le bras, et maintenant c'est tout simple : vous allez dans l'option registre, vous lancez un nettoyage, il vous montre les 2 millions d'entrées incorrectes, vous demandez de les corriger, et zou, votre registre est maintenant propre comme un sou neuf. Il est parfois nécessaire de répéter cette opération une ou deux fois supplémentaires lorsque la crasse est fortement accumulée. Ensuite, vous pourrez refaire la même chose une à deux fois par an, ou lorsque vous percevez des signes de  faiblesse, ça ne peut pas faire de mal de toute manière.


Gratter le démarrage au papier de verre

"Nouveau départ
Le petit oisillon s'envole
Et ne posera plus"

Midoriro no Mausu (la Souris Verte)

Ca tombe bien qu'on ait gardé notre petit Ccleaner sous la main, puisque dans la foulée on va s'en resservir pour une tâche bien utile, je dirais même franchement indispensable. Il nous permet en effet de voir, et surtout d'activer et désactiver les programmes qui se lancent au démarrage de la machine. Et c'est là qu'il s'agit de faire un ménage bien senti, car c'est la cause principale de ralentissement de votre ordinateur : tous ces logiciels qui ont cru bon de se lancer sans qu'on leur demande rien, et tournent en permanence pour faire on ne sait quoi même quand on ne s'en sert jamais qu'une fois l'an.

On va donc aller dans l'option qui gère le démarrage des programmes et regarder d'un peu plus près la liste qui nous est proposée. Déjà, on peut mesurer l'étendue des dégâts à la longueur de la liste. Normalement tout système correctement configuré a besoin de deux-trois entrées pour le système, deux-trois entrées pour certains périphériques (gestion du son, de la vidéo, des touches spéciales du clavier par exemple) et basta. Si vous avez 40 programmes listés vous savez que vous avez ce qu'on appelle communément un Gros Bordel sur les bras, peut-être même quelques virus qui se sont placés là bien gentiment pour faire un maximum de dégâts avant même que vous ne puissiez agiter la souris.

On procèdera avec la même prudence que précédemment pour retirer les programmes du démarrage, car il ne s'agirait tout de même pas d'empêcher votre machine de tourner, certains processus sont absolument légitimes et indispensables. On parcourera donc la liste en recherchant sur internet, ou auprès d'un ami bienveillant, la destination des entrées inconnues et on désactivera tout ce qui n'est pas essentiel sans faiblir. Précisons pour soulager tout le monde que tout ceci ne vous empêchera pas de lancer votre programme vous même au moment de votre choix, cela ne fait que le retirer de la liste des applications qui tournent dès que le système démarre. On choisira également de désactiver l'entrée, plutôt que de la supprimer carrément, comme cela on peut toujours la remettre si on constate un dysfonctionnement après une purge un peu trop sévère. Rien n'empêche de faire des essais si vous êtes motivé pour éradiquer tout ce qui bouge : on enlève, on relance, on regarde si tout marche, etc, mais c'est parfois un peu compliqué quand on ne sait pas forcément ce qu'on a désactivé, il est possible qu'on ne se rende compte que 2 mois plus tard que le pavé tactile ne répond plus par exemple.


Récurer les programmes malveillants à la soude caustique


"Ce rire
Si rempli de fiel

Me perce le coeur"

Midoriro no Mausu (la Souris Verte)

Ah ah ! Je vois plus d'une souris verte prête à me tirer l'oreille pour cette contradiction flagrante avec notre premier article du dossier. On a demandé de supprimer toute trace d'antivirus de notre ordinateur ! Comment donc faire la chasse aux vilaineries toutes sales qui nous encombrent maintenant ? Je réponds que c'est très simple : nous allons installer... un antivirus ! Attendez, je précise avant de me faire lyncher par une foule justement déchaînée, que nous allons nous tourner vers la version homéopathique de ce type de programme, qu'on appellerait dans la langue du Cheikh Spire un anti-spyware. Il existe une multitude de logiciels de ce type dont la plupart sont bien peu recommandables ; le choix est même tellement exécrable qu'aux souris vertes on utilise une version très ancienne et plus mise à jour d'un logiciel appelé Spybot. Les dernières versions de ce logiciel sont devenues innommables et ont ainsi suivi la trajectoire des autres logiciels poubelle de la même catégorie, mais on trouvera encore ici par exemple  cette ancienne version sympathique qui, bien qu'horriblement datée, était bien efficace pour détecter tout un tas de cochonneries et vous les retirer à la javel.

Une alternative possible est MalwareBytes, un programme qui jouit d'une certaine notoriété et a l'avantage d'être maintenu et de se tenir à peu près correctement, mais dans mon expérience il laisse passer un tas de choses que Spybot le vieux arrivait à dénicher dans sa grande sagesse. Bref, à vous d'aviser, je me contente de vous donner les choix de la rédaction des Souris Vertes.

Dans tous les cas, ce type de logiciel suit une logique bien différente d'un antivirus : au lieu d'essayer de tout contrôler pour attraper l'intrus au moment où il se présente, ce dont on a déjà discuté toute l'inefficacité chronique, il se contente de faire à la demande un scan de votre machine, qui va repérer les éventuels éléments malveillants qui s'y seraient collés depuis la dernière fois, et vous proposer de les supprimer. Ceci à condition, bien entendu, que vous ayez appliqué notre règle essentielle du savoir-vivre informatique et pensé à décocher toutes ces options de vaccination automatique, scan automatique, protection avancée et autres niaiseries qui vous sont offertes lors de l'installation.

Donc pour nettoyer le système, on lance un petit scan, et on attend gentiment. Il faut le savoir, il faudra plus qu'une pause café pour arriver au bout, autant prévoir une bonne promenade à l'air frais car tout cela va vous prendre plusieurs heures. Et, en prime, si vous avez effectivement un tas de saletés à enlever, il faudra sans doute en remettre une, voire plusieurs couches jusqu'à ce que le scan ne trouve plus rien, car il n'arrive pas toujours à tout détecter ou retirer du premier coup en cas d'infection généralisée. Il arrive même qu'il ne soit pas en mesure de supprimer un élément car il est actif dans le système, le méchant, et qu'il vous propose de recommencer le scan immédiatement après un redémarrage de la machine. C'est le mieux à faire. Idéalement, pour une blancheur parfaite, il faudrait systématiquement lancer le scan en mode sans échec et sans accès au réseau, si vous savez comment faire démarrer Windows dans ce mode. Mais bon généralement seuls les cas les plus récalcitrants obligent à recourir à de telles extrémités.


Faire briller le système à la cire d'abeille

"Le monde se reflète
Sur l'aile d'une abeille -
Je me vois si petit !"

Midoriro no Mausu (la Souris Verte)

En vérité, nous en avons terminé avec nos conseils du jour, et ce paragraphe s'adresse à ceux qui souhaiteraient aller plus loin encore dans le nettoyage de Windows en proposant une série de mesures avancées pour mettre au pas un peu plus le système. Attention, on vous prévient, ceci n'est pas à mettre entre toutes les mains car il va s'agir de changer le paramétrage de votre système, et si ça ne présente a priori aucun risque, il vaut mieux avoir conscience que les choix retenus dépendent tout de même de l'utilisation que vous en faites, donc n'allez pas désactiver une option et vous plaindre ensuite qu'elle n'est plus disponible.
 
Tout d'abord, il est possible dans une moindre mesure de contrôler un peu les composants Windows qui sont installés sur votre machine. Ne rêvons pas trop, 99% du joyeux merdier restera en place mais on peut tout de même retirer quelques petites choses inutiles. Pour cela, on cherchera dans le menu qui affirme "installer ou désinstaller des fonctionnalités Windows", ou quelque chose comme ça, je vous laisse faire de la spéléologie dans les menus pour trouver ça (je vous avais prévenu que cette section est pour les motivés, ceux qui aiment ramper dans la gadoue par une froide nuit pluvieuse). On se trouve ensuite en face d'une liste que l'on peut à loisir cocher ou décocher. On pourra par exemple retirer avec bonheur Internet Explorer, cet horrible navigateur, à condition toutefois d'en avoir préalablement installé un remplaçant. On pourra aussi enlever les programmes multimédias parfaitement indigents, ainsi que tout ce qu'on voudra d'autre. Aux souris vertes, on y va sans gants et on dégage tout sans ménagement, à part la librairie .NET qui est nécessaire à l'exécution de certains programmes, et la fonction Windows Search qui permet de localiser les programmes et les fichiers à travers les barres de recherche.

Si on se sent costaud comme Popeye après un bon repas d'épinards, on peut se lancer dans la trituration d'options systèmes très avancées, par exemple désactiver le mécanisme de restauration de Windows, ce qui signifie, oui, que l'on ne pourra plus restaurer son système, mais également qu'on récupèrera d'un coup un gros tas d'espace sur notre disque et qu'on s'évitera les lourdeurs liées à la création des points de restauration. Il s'agit d'un choix que chacun doit faire en conscience, personnellement aux souris vertes on préfère de loin s'occuper nous-même de sauvegarder et réinstaller notre système au besoin, plutôt que de laisser Windows faire ça n'importe comment, puisque neuf fois sur dix le système restauré aura perdu de précieuses données ou bien plantera horriblement. Cette option est bien cachée au fond des menus, il faudra aller la chercher dans le menu "protection du système" (j'écris ça de mémoire, donc désolé si ça n'est pas exact), configurer, puis choisir de "désactiver la protection du système", comme c'est joliment tourné.

Encore plus fort, on peut taper au fond du fond et réduire la taille du fichier de mémoire virtuelle, en gros l'espace disque que le système immobilise en permanence pour fonctionner sur le disque dur si vous arrivez à saturer votre mémoire vive. Croyez-moi, lorsque le système en est à réduit à cette extrémité vous pouvez d'ores et déjà éteindre votre machine, car elle sera tout bonnement inutilisable. C'est pourquoi nous faisons systématiquement le choix de prendre la plus petite valeur possible, à savoir 256MB, et de récupérer l'espace disque gagné à des usages plus utiles, comme des dessins de souris vertes. L'option se trouve encore mieux cachée, dans les propriétés avancées du menu Système, dans l'option avancée de l'option Performance, c'est vous dire. Je vous laisse chercher un peu, c'est une course d'orientation rigolote dans les menus Windows, le premier arrivé remporte un haïku rien que pour lui.

Pour ceux qui ont un ordinateur portable, ils auront tout intérêt à désactiver le mode hibernation, qui lance votre ordinateur dans un coma profond lorsque vous ne l'utilisez plus pendant un certain temps, pour éteindre les disques mais tout de même pouvoir les redémarrer sans rien perdre de votre session en cours. Cette idée géniale va avoir la fâcheuse conséquence de créer des fichiers énormes qui vont gentiment occuper la place normalement dévolue à vos activités favorites sur votre disque dur. Et, franchement, qui se soucie de ce genre de chose ? Si on n'utilise pas son ordinateur pendant plus d'une demi-heure, on l'éteint soi-même et c'est tout. Faudra-t-il donc soulager l'humanité de cet effort insupportable d'appuyer sur un bouton ? La marche à suivre si vous souhaitez vous lancer : il faut aller dans un terminal administrateur, hum oui, ça devient complexe n'est-ce pas, mais là encore je vais vous laisser faire vos devoirs tout seuls comme des grands. Une fois que vous y serez vous tapez "powercfg.exe -h off" et vous pouvez être fier de vous.



Pfioui, il est temps qu'on termine cet article car on commençait à concurrencer sérieusement SuperGeek.fr avec nos derniers conseils. En même temps, on a ainsi donné du grain à moudre aux petits comme aux grands, et conscients d'avoir aidé à sauver des millions d'ordinateurs en peine, nous nous retirons sereinement dans les bois après une révérence gracieuse. Mais revenez bien vite, car nous sommes loin d'avoir fait le tour de notre grand dossier, et nos souris vertes ont encore un tas de belles choses à nous raconter !







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