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Au secours, mon ordi est lent ! (5) : J'apprends à ne pas perdre mes données
Date 10/01/2017
Ico Dossier
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"Il a perdu son chapeau

L’épouvantail

Il a perdu la face"


Yosa Buson (1716-1783)


On poursuit aujourd'hui notre fantastique dossier avec un article qui va nous permettre de réfléchir sur le sens de la vie, notre place dans l'univers, et plus particulièrement sur cette peur incontrôlable de la perte du soi qui nous glace le sang. Comment, en effet, expliquer autrement notre hystérie instinctive à l'idée de perdre notre - insérer ici l'appareil de votre choix - qui contient bien plus que notre carnet d'adresses, nos photos, nos messages, mais bien la substance même de notre moi profond, notre identité secrète enfin numérisée ?


En conséquence, il sera parfaitement intolérable, voire vu comme une violation élémentaire à la liberté d'exister, de demander à une majorité de la population de délaisser ne serait-ce qu'une minute son - ici le même que précédemment, ou bien un autre si vous êtes multi-récidiviste de l'attachement électronique -, et bien plus encore d'envisager sereinement sa perte irrémédiable. C'est pourquoi nous nous attelons à la tâche salutaire d'essayer d'accéder à l'immortalité numérique, rien que ça, et de ne jamais perdre ces octets si précieux qui nous définissent autant que nos paires de chromosomes.


Nous avons vu, voyons et verront encore bien des astuces pour maintenir en vie le plus longtemps possible nos petits appareils préférés, mais il faut s'avouer que même la plus habile souris verte ne pourra pas déjouer les lois de la nature et empêcher la mort ultime du matériel que vous utilisez. Pour vaincre le destin, il nous faut donc utiliser la parade bien connue des livres de science-fiction : transmutation ! réplication !  On jette ce vieux corps rabougri pour réinjecter notre esprit dans un nouveau corps d'adolescent prêt à nous faire connaître à nouveau les joies de la vie jeune et en bonne santé. Plus simplement, dans le domaine numérique, on se contentera de reprendre un nouvel - encore votre appareil préféré, mais vous avez le droit de choisir une version improbable ou pas encore existante pour rêver un moment - qu'on mettra sous perfusion pour lui réinjecter le contenu de l'ancien. Mais quel contenu donc ? C'est tout l'enjeu de cet article.


La plupart des gens se désespèrent de voir leur système lent, plein de sales virus malodorants, parfois même rebelle à ce qu'ils essaient de lui faire faire, et en concluent immédiatement qu'il faut vite remiser l'ensemble à corbeille. Pourtant qui se soucie du système réellement ? Est-ce vraiment ces fichiers qui gèrent les menus, la barre des tâches, les programmes même que nous souhaitons conserver comme la prunelle de nos yeux ? Certainement pas, et il y a fort à parier que vous avez déjà usé un certain nombre de systèmes d'exploitation dans votre longue carrière d'utilisateur patenté, voire que vous en utilisiez un nombre important sans même vous en rendre compte (téléphone, tablette, GPS, drone souris, etc). Le système donc, on s'en contrefiche, on peut et on doit même pouvoir le réinstaller ou le changer en un tournemain ; mais si l'on s'accroche désespérement à lui et que l'on ne veut pas qu'il s'en aille, non, surtout pas, c'est parce qu'il contient nos précieuses données.


Et ce sont bien nos données personnelles que nous devons conserver, recopier, entourer d'affection et de sollicitude, celles que nous ne voulons surtout pas perdre même si un raz-de-marée s'abat sur notre jardin. Evidemment, pour que ceci soit rendu possible, il va tout de même être nécessaire de bien distinguer de quoi elles sont faites ; si tout est incrusté dans le système, avec aucune notion de ce qui est vraiment unique et important, autant dire qu'on ne pourra rien faire pour vous sauver si le système se met à tanguer fébrilement. Nous allons discuter tout cela en détail, mais commençons d'entrée de jeu par quelques Bons Conseils bien sentis qui s'appliqueront au nord, au sud, à la montagne et au bord de mer, bref quelles que soient les données que vous souhaitez garder.



Bien suivre la partition


Un premier pas tout simple, mais qui va nous rendre pas mal de services ensuite, va être d'isoler nos données du reste du système. Je réponds tout de suite à la souris verte à lunettes que non, je ne définis pas encore ce que j'entends pas données, pour le moment on reste vague et consensuel pour ne pas se perdre dans des considérations existentielles profondes, et ça n'est pas la peine d'insister, ah mais vraiment. Pourquoi donc s'embêter à mettre un peu d'ordre dans le fourbi, et mettre nos petits objets à nous à part du système ? C'est bien simple, même si vous connaissez sur le bout des doigts le système d'exploitation que vous utilisez, après un certain temps et plusieurs dizaines d'applications installées, vous serez bien incapable de dire si le fichier x ou le répertoire y vous appartient en propre, et encore plus à la question corollaire : est-il indispensable pour faire fonctionner le système si vous devez le réinstaller ?


Bref, une seule solution si on souhaite anticiper le gros mal de crâne que nous vaudra le fait de devoir ranger notre chambre une fois que ce sera le Bazar Généralisé, on met tout ça dans un coin bien propre et bien secret, là où personne d'autre que nous n'aura l'idée d'aller fourrer ses gros doigts. Très généralement, les systèmes d'exploitation modernes essaient de vous faire adopter ces pratiques en vous fournissant des emplacements codifiés comme 'Mes documents', 'Mes images', 'Mes Super Photos de Vacances', mais comme justement ces emplacements sont connus de tous, il se trouvera généralement des applications peu scrupuleuses qui viendront y ranger leurs petites affaires, voire pour les plus indélicates y regarder un peu ce qui vous y avez placé.


Tout ceci ne nous convient donc pas, il nous faut nous faire une nouvelle place au soleil. D'autant que cela ne lève pas un inconvénient majeur : si vous mettez vos données sur le même disque que le système, elles vont disparaître irrémédiablement si vous devez réinstaller ledit système. Et vous aurez également bien du mal à y accéder s'il est corrompu. Le mieux, et la seule vraie solution même, est donc d'y aller franchement et de prévoir tout de suite deux emplacements bien distincts : un disque pour le système (celui-là, on peut le jeter quand on veut), un disque pour les données que l'on garde et sauvegarde. Cela permet également de mieux contrôler ce qu'on stocke, de mieux ranger les choses, bref cette approche magnifique n'a que des qualités.


Mais comment donc faire donc, me demanderez-vous (vous pourriez faire un effort pour mieux construire vos questions, cela dit, l'angoisse n'excuse pas tout), si l'on ne possède qu'un seul disque dur, ce qui est malheureusement le lot commun de la plupart des appareils portables ? Tsk tsk, ceci est tout de même une violation assez grave du savoir-vivre numérique, il faut que vous en ayez conscience. En vérité, vous devriez toujours acheter un appareil qui vous permet d'avoir deux disques, qu'il s'agisse d'une carte mémoire supplémentaire pour les téléphones par exemple, ou d'un deuxième disque dur sur un ordinateur portable. Alors oui, il y a assez peu de modèles qui proposent ce type de choix, eh bien maintenant vous avez enfin un critère pour choisir en dehors du design ultramoderne et de la note d'ergonomie de YoupiNumérique.fr. Pour les ordinateurs portables, vous vous en sortirez toujours en ayant avec vous une clé usb ou un disque dur externe, mais franchement c'est pénible d'avoir toujours à les transporter, sans compter un peu dispendieux en énergie d'alimenter en permanence ces périphériques externes, donc l'idéal sera toujours d'avoir deux disques, si si. En plus cela permettra d'avoir un disque plus petit, mais plus performant, pour le système d'exploitation qui travaille souvent, et un bon gros disque de stockage rustique pour mettre nos données.


Donc si vous avez deux disques, tout va bien, disque Z pour le système et disque W' pour les données, hop là, paragraphe suivant. Mais que se passe-t-il pour les deux cent milliards d'invididus qui ont acheté sans se soucier un appareil qui ne permet pas cette magnifique combinaison ? Dans ce cas, on va tout simplement éclater notre disque unique en petits bouts. Paf pif. Enfin sans y aller trop fort quand même. Nous allons faire ce que l'on appelle un partitionnement, c'est-à-dire une opération qui permet de dire au système de considérer votre disque comme une collection de disques plus petits. Ceci ne vous sauve pas de la panne de disque, qui si elle se produit vous fait tout perdre d'un coup, mais par contre c'est radical pour le système d'exploitation qui, lui, n'y verra que du feu et ne se permettra jamais d'écrire sur une partition qui n'est pas la sienne propre sans autorisation expresse. On peut même utiliser ce petit mécanisme pour faire cohabiter plusieurs systèmes sur un même disque dur, oui, hop je partitionne en quatre et me voilà avec un système Windows, un système Linux, un système Android pourquoi pas, et ma partition de données. Et tous les systèmes peuvent accéder aux données, au passage. Sympathique, non ? Bon ça reste un peu compliqué à configurer, donc on ne s'étendra pas sur ces merveilleuses possibilités.


Pour les téléphones, tablettes et autres appareils formidables où on ne vous laisse rien faire tout seul de vraiment utile, vous passerez votre chemin, et vous subirez le fait de n'avoir qu'une partition unique et tout en vrac, mais comme de toute manière vous n'avez aucun droit d'administration sur votre appareil, oui je sais c'est un comble, vous devrez faire avec si vous n'avez pas d'accès à une carte mémoire supplémentaire pour ranger vos données proprement dans un coin.


Pour les ordinateurs, en revanche, on peut partitionner gaiement si ça n'est pas déjà prévu par défaut, certains fabricants vous installant votre disque déjà prêt à accueillir séparément système et données, même si la plupart des gens l'ignorant, ils auront soigneusement délaissé la partition supplémentaire pour tout mettre dans le gros tas commun. Si vous avez le malheur d'être sous Windows, vous devrez impérativement utiliser l'utilitaire de partition de disque fourni par le système, sous peine de vous retrouver avec un tas de misères si vous modifiez la taille de la partition qui contient le système sans lui demander son avis. Pour tous les autres cas, et même pour Windows tant que vous ne touchez pas à sa partition système (vous pouvez à loisir éclater ou agréger les autres partitions sans toucher à celle qui contient Windows), vous pourrez utiliser Gparted, un utilitaire open-source et multi-plateforme drôlement gentil qui fait tout ce qu'il faut et bien plus encore.


Autant vous prévenir tout de suite, le partitionnement est une opération risquée si vous avez déjà des données sur votre disque, donc prenez vos précautions avant, ne formatez surtout pas les partitions qui ont déjà des données, et abstenez-vous ou demandez de l'aide si vous sentez que vous allez faire une Grosse Ânerie. Les deux effets secondaires malencontreux sont un, la perte définitive des données présentes avant l'opération, et deux, l'impossibilité de redémarrer le système une fois le partitionnement terminé. Ce dernier cas est en général facilement rattrapable, même si ça demande un peu de doigté et parfois pas mal de patience. Donc, si vous ne voulez prendre aucun risque, soit vous faites appel à un ami compétent pour vous aider, soit vous revenez au paragraphe précédent et vous trouvez une solution pour avoir deux disques durs différents, vin diou de vin diou.



Sauve qui peut


Bien, nous avons isolé nos données sur leur petit espace réservé, ou sur leur disque dur titanesque si vous avez des gros besoins en la matière, et nous voilà paré pour accomplir la deuxième étape de notre petit périple, à savoir les sauvegarder. En effet, il est bien utile d'avoir assuré que le système, quel que soit sa faillibilité, ne viendra jamais pourrir notre disque ou notre partition de données, mais cela ne nous prévient pas du coup de bambou du disque qui lâche. Et si ça se produit, grand malheur, désespérance et fin du monde s'ensuivent car il ne nous reste aucune solution à part débourser des millions de dollars auprès de spécialistes de la NASA qui vont autopsier notre disque et tenter d'y extraire les octets à la pince à épiler, tentative qui se soldera de toute manière par un échec retentissant dans la quasi totalité des cas. Bref, mettons-nous à l'abri tout de suite de ces perspectives peu réjouissantes en assurant nous-même notre tranquillité mentale par des dispositions simples.


On sauvegarde, donc, c'est-à-dire en langage plus simple on recopie tout le bazar sur un autre disque, ou même plusieurs autres si on pense qu'on le vaut bien. Normalement les probabilités de panne de deux disques en même temps sont infimes, donc une seule sauvegarde devrait nous suffire. Mais où donc la placer ? Eh bien, si vous avez opté pour la solution à deux disques, et que le disque système a une taille qui le permet, pourquoi ne pas la mettre là-dessus ? Mais dans un emplacement bien distinct du système, par exemple un dossier Sauvegarde que l'on créé et où l'on recopie nos dossiers. En même temps, en général on aura tendance à choisir un disque système plus performant, il serait donc dommage de gâcher l'espace disque pour une sauvegarde qui ne sera quasiment jamais utilisée si on a vraiment une place importante à immobiliser.


Donc un support amovible, DVD, clé usb, disque dur externe, fera également très bien l'affaire. J'entends certaines souris qui me parlent de sauvegarde dans le Nuage, cloud pour les intimes, nous n'allons pas entrer dans les détails pour ne pas perdre le fil de notre dossier, mais il est bien prévu qu'on aborde cette polémique un jour ou l'autre. Pour le moment, une petite sauvegarde que l'on garde au chaud au fond de son tiroir suffira amplement. D'ailleurs, dans la logique des choses, le support de sauvegarde, qui n'est presque jamais utilisé, est le moins onéreux possible. Evidemment, vous ne serez pas protégé en cas de sinistre de votre bureau ; qu'à cela ne tienne, mettez le tout chez votre tante Germaine. Mais si sa maison brûle aussi ? Quand on commence à rentrer dans ces considérations, la spirale paranoïaque nous fait vite perdre la mesure et on commence à s'inventer des avions à réaction pour faire voler une plume. Sachons garder la tête froide, et considérer qu'on va se prémunir d'un risque courant et somme toute facilement évitable (la défaillance d'un composant électronique), pas d'une guerre mondiale thermonucléaire consécutive à l'éruption d'un volcan issue de la tombée d'une météorite sur votre quartier. Dans ce cas-là, on s'assoira sur la perte de nos données en considérant qu'il y a des problèmes plus graves dans la vie.


Il y a tout de même un aspect qu'il faut bien avoir en tête quand on parle de sauvegarde, c'est qu'il faut tout de même réappliquer l'opération régulièrement. C'est très bien d'avoir recopié vos dossiers illico après avoir lu cet article avec émotion, mais si vous ne recommencez pas l'opération dans les cinq prochaines années, il y a fort à parier que vous ne serez pas très content d'avoir perdu tout ce que vous avez produit dans l'intervalle si la catastrophe survient. Il est donc préférable, c'est même plus qu'une bonne idée, d'accomplir régulièrement cette opération de sauvegarde, soit de manière manuelle en se disciplinant un peu, soit de manière automatique en utilisant un outil approprié. Il est également de bon ton, pour ne pas y passer à chaque fois des nuits entières, d'utiliser un outil qui travaille de manière incrémentale, c'est-à-dire qui ne s'occupe que de ce qui a changé depuis la dernière sauvegarde. Le couteau suisse de la sauvegarde, tous systèmes confondus, est sans conteste Rsync, mais il est très brut de fonderie et vous aurez sans doute du mal à le manipuler si vous n'êtes pas un expert de la ligne de commande. Mais il existe des dizaines d'outils qui l'utilisent tout en vous proposant une interface plus simple, et des paramétrages plus avancés comme le fait de faire des sauvegardes hebdomadaires par exemple. Vous pourrez vous rendre sur la page wikipédia de notre ami pour en avoir une petite liste indicative. Comme aux souris vertes on se débrouille comme des grands avec la version nominale, on vous laissera faire votre marché et essayer. Gardez tout de même en tête qu'un utilitaire de sauvegarde est une des applications les plus utiles que vous puissiez installer sur votre système, donc ne comptez pas votre temps et vos efforts au moment d'arrêter votre choix.



Garder ou ne pas garder, telle est la question


Bien bien, après cette belle progression dans le sujet du jour, et avant d'aborder les questions qui fâchent, offrons-nous un court instant de contemplation :


"Protégé du vent

Caché aux regards

Un nid d'oiseau"


Midoriro no Mausu (la Souris Verte)


Il est plus que temps maintenant de s'intéresser au contenu même de ce que nous venons de mettre dans un joli paquet bien propre, entouré de rubans chamarrés et sauvegardé avec amour dix ou vingt fois par an/mois/semaine/jour/minute (rayer les mentions inutiles). Que faut-il garder vraiment dans nos données personnelles ? Car, on s'en doute, la quantité de données à conserver va être directement en relation avec les ressources à mobiliser pour les stocker et les gérer au quotidien, les sauvegarder, les restaurer le cas échéant, et Técé Terra.


Si l'on se réfère avec intérêt à notre excellent article sur le stockage, on voit immédiatement qu'il sera bien plus facile de conserver notre petit carnet d'adresses ou notre cahier de recettes de cuisine que l'intégralité de nos photos grand format depuis la formation de la terre, voire pire, l'horreur absolue, notre collection complète de trois cent mille films en haute définition dont pas un ne saurait nous manquer sur une île déserte. Il n'est pas question de trancher à votre place ce qui est essentiel de ce qui est accessoire dans votre vie numérique, mais ayez tout de même conscience du poids et des ressources bien matérielles que vous consommez pour la conservation de ces données. De manière générale, moins vous en gardez, plus vous serez à l'aise pour transférer vos données sur un nouveau système et les sauvegarder les doigts dans le nez, avec de multiples possibilités qui vous seront fermées si vous manipulez les octets à la pelleteuse par tera entiers. Rappelons également que la production permanente de nouvelles données pas franchement vitales, et leur échange désordonné à travers le réseau est ce qui engorge aujourd'hui les serveurs mondiaux de messagerie, de réseaux sociaux, de partage de fichiers et autre. Inutile ensuite de s'étonner, ni de s'indigner, que des millions de serveurs fonctionnent à plein régime en consommant autant que des villes de taille respectable pour tenir à disposition ces données dont personne ne veut questionner l'utilité réelle.


Donc on trie, s'il vous plaît, on écrème, on rabote, et les éléphants d'Afrique nous en remercient platement. Cependant, et pour donner raison à la souris verte à lunettes qui revient à la charge, il ne faut pas considérer que seules les données que nous avons produites de nos petites mains sont importantes à garder. Il y a en effet tout un tas de fichiers qu'il est de bon ton de conserver aussi car il serait bien pratique de pouvoir les remettre en cas de réinstallation du système. Par exemple :

- notre carnet d'adresse de messagerie

- nos favoris de navigateur

- les préférences de nos programmes principaux

- les mails, si on souhaite en conserver une archive locale, à condition qu'ils ne soient pas truffés de pièces jointes (le texte lui-même n'est pas volumineux, vous pouvez tranquillement conserver 30 ans de messages dans un dé à coudre)

- plus fort encore, mais pas donné à tout le monde, la configuration du système, comme les options, la disposition des menus, les applications installées, etc.


La complexité de sauvegarder, puis restaurer, ce type de données est inhérente aux applications et au système que vous utilisez, et il ne sera pas toujours facile de tout remettre d'aplomb. Sachez que sous Linux, c'est une bonne raison d'essayer ce système, c'est d'une simplicité enfantine car absolument toutes les préférences des programmes sont stockées au même endroit, et de manière relativement économe en espace disque. Il vous suffit donc de conserver ce répertoire dans un coin, pour qu'après réinstallation vous ayez retrouvé la quasi intégralité de votre système à l'identique d'un seul coup de baguette magique, ce qui inclut absolument tout de la messagerie au navigateur, en passant par le bureau ou le logiciel de retouche d'images.
 
Sous Windows, les choses sont comme toujours bien moins simples, mais il faut savoir que c'est tout de même possible, car la plupart des programmes stockent leurs données dans un répertoire caché de votre utilisateur nommé AppData (souvent ensuite dans le sous-répertoire Roaming, mais pas toujours, ça serait trop facile). Si vous sauvegardez le dossier qui correspond à votre application favorite, par exemple Mozilla Firefox, vous devez pouvoir retrouver l'ensemble de votre configuration personnelle simplement en le recopiant. Ceci vaut aussi pour les mails si vous utilisez Thunderbird, pour votre éditeur de texte préféré, etc. Il n'est pas forcément indispensable de conserver les préférences d'absolument toutes les applications, mais au moins celles qui vous avez le plus personnalisées. Si vous passez par exemple vos journées à utiliser le traitement de texte LibreOffice, et que vous avez vos petites barres de raccourcis personnelles, vos styles tout prêts, etc, ça serait une bonne idée de voir comment garder tout cela pour ne pas perdre tout ce travail. En plus, cela vous permet également de porter ces préférences sur un autre ordinateur, par exemple celui de votre travail ou le portable d'oncle Nestor que vous utilisez en vacances.



A la recherche des données perdues


Notre petit article ne serait pas complet sans un petit peu de dépannage express pour les âmes en peine. Les conseils qui précèdent vous ont donné quelques clés pour ne pas vous retrouver dans la grosse mouise de la perte irréparable de données sans lesquelles l'existence n'a plus aucun sens. Mais comme il n'est pas toujours possible d'éviter le pire, il serait sympathique qu'une souris verte volontaire nous explique comment récupérer nos données si notre ordinateur devient tout à coup très vilain et ne veut par exemple plus démarrer. Qui se lance ? Ah, une candidate à ma droite, parfait. Oh oh ! Et une proposition tout à fait pertinente, l'utilisation d'un Live CD, c'est une très bonne idée.


Un Live quoi ? Ah ma bonne dame, vous ne connaissez pas encore cette botte secrète qui vous rendra aussi efficace, voire davantage, que la plupart des dépanneurs informatiques : il s'agit d'un système d'exploitation autonome qui fonctionne entièrement sur un support amovible, c'est-à-dire un CD-ROM, ou plus souvent une clé usb, ce qui est bien plus pratique. Comment donc, comment donc ? Eh oui, c'est incroyable mais ça existe bel et bien, et à vrai dire c'est d'une utilité redoutable. Nous consacrerons sans doute un article complet à ces outils et à leurs nombreuses qualités, mais pour le sujet qui nous occupe c'est le couteau suisse de la récupération de données : puisqu'on ne sait pas ce qui fait flancher le système, on insère notre petite clé, on démarre sur le système qu'elle contient, et de lui on peut accéder normalement à tous les disques, y compris celui du système, et y récupérer nos précieuses données. Bien sûr, ceci suppose tout de même une coopération minimale de la part de notre ordinateur, autrement dit que le matériel en défaut ne soit pas la carte mère ou l'écran, sans lesquels on ne pourra rien faire du tout.


Comment donc se procurer un Live CD ? Rien de plus simple, un grand nombre de distributions Linux viennent maintenant sous cette forme, pour vous permettre de les essayer avant de les installer. Une de nos préférées aux souris vertes est Linux Mint, un système simple, élégant, qui convient aux petits comme aux grands, et qui en plus a de superbes reflets vert menthe. Simple d'utilisation, reconnaissant tout votre matériel sans sourciller et sans nécessité d'installer des pilotes à tour de bras comme pour l'affreux Windows, sachant lire des données sur à peu près n'importe quel type de système de fichiers, bref un compagnon bien utile à fréquenter. Peut-être même aurez-vous ainsi le goût d'essayer ce système différent et nettement plus puissant que la plupart de ceux qu'on destine au grand public qui, c'est bien connu, doit être protégé de sa propre ineptie en l'empêchant de faire ce qu'il souhaite si ça n'est pas immédiatement en rapport avec la stratégie commerciale de quelques multinationales qui nous veulent du bien.


Nous divergeons, divaguons et partons dans des chemins de traverse, aussi revenons au cap et résumons la procédure de dépannage en cas de non allumage de notre ordinateur :
- on insère une petite clé USB sur laquelle on a préalablement installé un Live CD Linux de notre choix. On s'assure que notre ordinateur est en mesure de démarrer sur la clé en question. Pour cela, si ça ne fonctionne pas tout seul et qu'on n'a aucune idée de comment procéder, on consultera l'internet mondial pour connaître les options du BIOS qui équipe notre modèle d'ordinateur. En général il y a une touche à l'allumage, F2 ou Suppr ou autre, qui permet de choisir sur quel périphérique démarrer.
- on attend bien gentiment que le système Linux démarre. Ensuite on va consulter les disques durs qui sont visibles dans l'explorateur de fichier, on recopie ce qu'il faut où il faut, et tout va bien, nos données sont à nouveau là. La suite du programme est à votre charge, réparation d'ordinateur, danse de la pluie et offrandes au boudha pour lui redonner la santé, mise au rebut et investissement dans un nouveau modèle neuf, etc.

Malheureusement il se peut que ce scénario idyllique ne se déroule pas comme dans le film, et que vous ne voyiez pas le disque dur qui contient vos précieuses données quand vous arrivez dans votre système de dépannage. Si en plus vous ne le voyez pas dans le BIOS, encore lui, au moment du démarrage, ne cherchez plus : le disque est mort de sa belle mort, il a rejoint le paradis des disques durs et vos données avec. Vous pouvez vous acharner à transmettre l'ordinateur à un professionnel qui possède du matériel spécialisé de spécialiste, mais très honnêtement ça va vous coûter un bras et les chances de succès sont bien minces.

Autre cas de Grosse Scoumoune, c'est si l'ordinateur refuse obstinément de vous donner le moindre signe de vie, et qu'il ne s'allume tout simplement plus du tout. Dans ce cas, il ne nous restera que l'opération à coeur ouvert, autrement dit l'extraction à grand coup de tournevis de notre disque dur, pour le remettre dans un boîtier externe et y récupérer les fameuses données depuis un autre ordinateur. Pas des plus faciles, il vous faudra patienter jusqu'à la suite de ce dossier pour être en mesure de reconnaître le disque dur du foie ou de la rate et savoir le démonter sans tout arracher sauvagement.

Ceci dit, avant d'en arriver à toutes ces procédures d'urgence, il est toujours mieux d'être attentif aux signes de fatigue chronique de votre matériel qui vous indique qu'il est temps de faire une sauvegarde : écrans bleus à répétition, disque qui a du mal à être reconnu au démarrage de la machine, fichiers corrompus qui s'accumulent, bref tout ce que le système vous indique en clignotant d'une petite loupiote rouge et qui pourrait vous faire envisager que peut-être il y aurait anguille sous roche, ou fennec sous cactus, voire souris sous platane.




Nous voici désormais plus sages et prêts à affronter l'existence d'un oeil neuf et serein, fort de la certitude de ne plus jamais perdre nos données. Enfin débarrassés de ces tourments,  nous pouvons enfin nous offrir un moment de calme loin des écrans et de l'agitation numérique. Un grand merci à toutes les souris vertes qui nous aidé à la préparation de cet article, et on leur dit à bientôt pour la suite de notre dossier qui n'en finit pas de continuer !





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Le Petit Geste Du Jour : j'utilise un bloqueur de publicités
Date 11/12/2016
Ico Le Petit Geste du Jour
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Une petite souris bloque une publicité


"Dois-je arrêter de boire ?

Et à quel instinct

Vais-je me livrer ?"


Yokoi Yayu (1701-1783)

Il n'aura sans doute échappé à personne, pas même aux souris vertes tapies au fond du jardin, que nous sommes en plein dans la période de préparation des fêtes de noël. Il faut dire que j'aurais pu tout aussi bien écrire cet article il y a 3 mois, tant il est vrai que cette période s'étend chaque année dans des proportions étonnantes, même si'on l'attend toujours qu'une âme courageuse la fasse enfin commencer juste après les ingurgitations de chocolat pascal pour qu'il ne soit plus nécessaire de ranger l'attirail festif qui envahit rues et commerces.


Nous proposons donc de nous reposer un peu de toute la frénésie d'achat ambiante par un petit geste de détente salutaire. Si le monde est inondé de signaux publicitaires et d'appels à la consommation compulsive, il est au moins un petit havre de paix qu'il est facile de protéger de ce type d'agression marchande : votre ordinateur.


Tout cela pourra paraître étonnant à tous ceux qui constatent quotidiennement le taux de pénétration avancé des publicités sur internet, qui rendent difficile de naviguer sur un site qui n'a pas l'éthique des souris vertes sans slalomer entre les popup intempestives et les bandeaux de publicités qui clignotent. Et pourtant, bien que peu de gens en aient conscience, sur votre ordinateur vous êtes le seul maître à bord et rien ne peut vous obliger à subir les assauts commerciaux de personnes dont la raison de vivre est de vous vendre une camelote quelconque.


Il est même élémentaire de s'en prémunir. Comment donc ? En utilisant tout simplement un bloqueur de publicités, c'est-à-dire une petite extension de votre navigateur qui va bien gentiment vous retirer les images de père noël et de demoiselles en slip de bain pour n'afficher que le vrai contenu des sites que vous consultez. Etant donné que la publicité sur internet est généralement gérée par quelques entreprises qui agrègent les annonces et se chargent de les ajouter sur les pages, il suffit à ce petit programme de référencer ces gros vilains dans une liste maintenue à jour régulièrement, et de dire au navigateur d'interdire tous les contenus qui en proviennent, et hop le tour est joué.


Le champion toute catégorie en matière de lutte contre la vermine publicitaire, mainte fois copié mais jamais égalé, est sans conteste AdBlockPlus, une extension du navigateur Firefox d'une efficacité redoutable. Devant sa popularité, il est maintenant disponible pour tout un tas d'autres navigateurs, et étant donné qu'il a reçu plusieurs années de suite la très prestigieuse Palme Des Souris Vertes, nous ne pouvons que vous inviter à l'utiliser, sauf si vous tenez à faire votre marché vous même, car ce n'est pas le choix qui manque en matière d'alternative.


Résumons donc dans un grand souci de pédagogie notre petit geste du jour, simple et de bon aloi : je vais dans mon navigateur, j'installe l'extension AdBlockPlus, ou toute autre extension de mon choix qui lave plus blanc, je relance le navigateur et miracle, plus de publicités à l'horizon. Et en prime vous venez de profiter d'Effets Bénéfiques Majeurs, mis à part l'évidente satisfaction de pouvoir enfin lire convenablement sans avoir votre attention attirée dans tous les coins de l'écran :
- les pages s'affichent plus rapidement. Eh oui, plus besoin de charger toutes ces paillettes numériques bardées de vidéos et autres images bien dispendieuses
- vous avez renforcé la sécurité de votre ordinateur. En effet, de nombreuses attaques informatiques s'appuient précisément sur les fenêtres de publicités insérées dans les sites qui, s'ils sont mal conçus, seront capables de donner lieu à des actions que la morale réprouve. En bloquant les publicités, on jugule donc ce danger potentiel.
- vous avez sauvé sans le savoir quelques bébés phoques, puisqu'en réalité vu la manière dont sont faites les pages webs, vous ne bloquez pas réellement les publicités en les examinant, vous n'allez tout simplement pas les chercher. Autrement dit le bloqueur de publicité vous fait économiser des appels à des serveurs distants et l'envoi de contenu inutile à travers le réseau. N'est-ce pas magnifique ? On comprend que les souris vertes sautent de joie à l'idée de vous faire découvrir ce nouvel ami.

Alors, ne nous exagérons pas les super-pouvoirs de notre petit bloqueur, malheureusement il ne pourra pas couper absolument toutes les popups intempestives, car pour faire cela il devrait amputer aussi les sites qui en font des utilisations légitimes. Il arrivera donc parfois qu'une publicité savamment déguisée réussisse à s'introduire sur votre écran, mais franchement c'est tellement rare que vous oublierez bientôt que la publicité existe sur internet. J'ai moi-même du mal à reconnaître certains sites quand je les vois affichés sur un navigateur qui ne bloque pas les publicités, c'est une vraie plongée dans un univers parallèle mystérieux et déroutant. Je vous invite à faire le test sur mon site de référence en matière de sacs à pub, le site du journal Le Monde. Un coup avec, un coup sans. Crénom di diou ! Ca décoiffe. Merci le bloqueur de publicités, quand même, quand on voit ce qu'il nous épargne.

Il nous faut également préciser que, atterrés par l'efficacité de ces petits dispositifs qui brident ainsi la liberté élémentaire de vous prodiguer des informations inutiles contre votre gré, certains sites commencent à réagir en détectant le fait que vous utilisez un bloqueur de publicités, et soit vous affichent un message larmoyant expliquant que vous privez ainsi de leur pain la veuve et l'ophelin et que vous devriez avoir honte, soit carrément vous empêchent d'accéder à certaines fonctionnalités de leur site en pure représaille mesquine. Il ne serait pas bien difficile de répondre à ces mesures par des contre-mesures de contournement, comme une petite extension qui désactiverait le code chargé de tester la présence du bloqueur de publicités, mais franchement il est temps d'arrêter les frais dans cette course à l'armement qui oppose la pub à l'anti-pub. Aux souris vertes on se contente d'ignorer ces sites qui ne méritent que notre mépris, et d'aller trouver une herbe plus verte ailleurs.

Avant de nous quitter pour un repos bien mérité, un petit mot tout de même pour ceux qui souhaiteraient aller plus loin dans le débranchement des contenus multimédias qui parsèment l'internet : il est possible de bloquer carrément l'exécution de tout script sur votre machine, ce qui est radical côté sécurité aussi bien que pour enlever tout ce qui bouge ou clignote. On pourra utiliser par exemple l'extension NoScript pour Firefox (désolé pour les autres navigateurs, mais aux souris vertes on utilise principalement Firefox, donc il vous faudra chercher l'équivalent si vous êtes intéressé). Mais sachez que de nombreux sites ne fonctionneront pas sans activer le javascript, donc vous risquez de passer beaucoup de temps au début à autoriser les sites que vous utilisez souvent, car on ne se doute pas le nombre de choses que peut faire un site dans votre dos : vous affichez innocemment votre site Lambda, et vous découvrez avec stupeur qu'on vient de bloquer un appel à Google, un autre à Facebook, deux à SuperPub.com et une cinquantaine d'autres que vous ne connaissez pas.

Cette option radicale mais parfaitement écologique sera donc réservée aux plus maniaques ou à ceux qui ne comptent pas leur énergie pour empêcher les sites web de venir mettre n'importe quoi sur leur écran. Pour les autres, notre petit geste du jour sera déjà un grand pas pour l'humanité, et ils pourront aller se promener l'esprit libre et tranquille loin des vitrines et des marchés de noël.
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L'ordinateur portable est-il plus écologique ?
Date 16/10/2016
Ico Système
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Portable écologique

"Pour chanter
Le rossignol
N’ouvre qu’un petit bec"

Yosa Buson (1716-1783)


Il faut reconnaître qu'il est bien difficile d'introduire l'article du jour par un haïku approprié. S'il est toujours aisé de choisir un petit poème magnifique, la technique du doigt pointé sur une page les yeux fermés suffisant en général à notre bonheur, force est de constater que les grands maîtres japonais ne se sont pas pressés au portillon pour aborder un problème pourtant essentiel à la vie sur terre.


Car nous allons soulever aujourd'hui une question existentielle renversante, qui engage tout à la fois l'avenir de l'humanité, notre compréhension du monde et notre rapport à l'univers, rien que ça. Allons nous donc nous interroger sur le sens de la vie ? La manière de résoudre la faim dans le monde ? Le propre de l'homme ? Ou plus compliqué encore, le propre de la souris verte ? Foin de toutes ces questions secondaires, il s'agit très sérieusement de savoir enfin et pour toujours si oui, non ou peut-être, l'ordinateur portable est plus écologique que son cousin pas portable (on dira fixe donc).


Pourquoi diantre faudrait-il mettre cela en débat ? Il semblerait en effet que la question soit tranchée depuis des années, puisque la terre entière semble unanime pour condamner les vilains ordinateurs fixes sales, polluants et franchement repoussants, pour encenser les ordinateurs portables qui sont si propres et écologiques. Même l'ADEME, l'Agence De l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie, qui propose de nombreuses analyses et rapports sur la manière de mieux consommer l'energie, évacue la question d'un revers de Gros Chiffre : les ordinateurs portables consomment de 50 à 80% d'électricité en moins, donc circulez, problème réglé.


Outre que les souris vertes disposent d'équipes scientifiques de pointe qui sont tout à fait capables de rivaliser dans le domaine de l'Etude à l'Emporte Pièce, elles partagent toutes cette fibre compassionnelle innée qui les incite à prendre la défense de la veuve et de l'orphelin même contre vents et marées. Nous allons donc tenter de redorer un peu le blason de notre pauvre ordinateur fixe tombé en disgrâce, et victime malgré lui d'une crise de ringardise aïgue. Mais, une fois n'est pas coutume, nous allons nous acheter une conduite et appliquer la règle cardinale de la démocratie médiatique qui permet d'obtenir une information mièvre, sans saveur, sans odeur mais à forte teneur en principes moraux, à savoir organiser un Débat Contradictoire.


A ma droite, donc, l'équipe des souris vertes à rayures jaunes (toute ressemblance avec un pyjama serait purement fortuite), qui va nous proposer un plaidoyer émouvant en faveur de notre ami l'ordinateur portable. A ma gauche, les souris vertes à pois orange (très élégantes) vont au contraire nous défendre ce paria de la société qu'est l'ordinateur fixe. Le professeur Souriso et moi-même arbitrerons les débats dans un souci d'équité, de respect de l'autre et tout de même, avouons-le, d'imposer à la fin la conclusion que nous avons déjà en tête, ce qui est la moindre des choses dans un débat dit démocratique.


Allez on entame notre débat hyper sérieux pas pour de rire, et n'insistez pas, non non, pas d'animation rappelant le regretté Intervilles à coup d'avalanche de mousse, de course en sac troué et de ballons géants flottant dans une piscine à bulles. Enfilons notre plus belle cravate et clamons donc du haut des toits les mérites innombrables de notre ordinateur portable si gentil, si beau et si écologique, à vous les souris.



Ordinateur portable mon ami


(Bzzz pop, bruit de coupure de micro)


Ouh là là les souris se sont lancées à corps perdu dans le panégyrique dégoulinant de guimauve avec 23 adjectifs par subordonnée, les odes au président Mao font vraiment pâle figure en comparaison. Vous m'excuserez platement, mais pour ne pas avoir l'oreille qui colle, conserver une empreinte écologique raisonnable du site, et ne pas altérer durablement votre santé mentale, je vais assurer la traduction en direct et avec force censure, réécriture et interprétation biaisée.


Premier argument de taille, ou de poids comme vous voudrez, de notre ordinateur portable : sa taille, ou son poids, bref son faible encombrement. C'est un fait incontestable, même s'il existe quelques modèles exotiques à l'écran 17 ou 19 pouces dont on se demande bien comment on peut les soulever sans louer une grue, et les transporter sans louer un semi-remorque. De manière générale, l'ordinateur portable occupe donc une surface minimale sur son petit bureau, c'est propre et ça sent bon. Surtout si on ajoute l'absence apaisante de câbles, le détail qui dérange et rend fou les maniaques du rien qui dépasse quand on leur montre une unité centrale avec ses 200 câbles tentaculaires. Bref c'est la qualité principale du portable : il est portable ! Petit, sympathique, discret, il saura se faire oublier d'une pièce à l'autre, au point que vous pourrez vous assoir dessus lorsqu'il traînera au milieu de votre canapé.


Je me permets de mettre un petit bémol à ce tableau bucolique, car enfin ceci n'est vrai que si l'on omet la demi-douzaine de petits accessoires indispensables qui vont s'empiler gentiment autour de votre ordinateur, souris, clé usb, disque dur externe, clé wifi, chargeur de bidule truc, lecteur de carte pour l'appareil photo, casque, micro, webcam, presse purée bluetooth  et tout ce que vous voulez d'autre. Une fois que vous avez transformé votre bureau en cockpit de fusée intersidérale, vous conviendrez que le gain d'espace n'est pas flagrant, surtout si on se rappelle que l'ordinateur fixe, lui, consigne son gros bonhomme pataud et ses câbles disgracieux au fond du placard ou sous le bureau, pour le plus grand bonheur des souris vertes qui aiment se cacher derrière, et bien loin de l'ordinateur portable qui vous offre tout ce merveilleux barda au beau milieu de la table du salon. Fin de l'interruption, je repasse la parole à notre équipe à rayures jaunes.

Alors oui, évidemment et bien sûr bien sûr, tout le monde sait que l'ordinateur portable a une haute valeur esthétique. Je n'essaierai même pas de nuancer cette affirmation tant les unités centrales ont, pour les plus sobres d'entre elles, la subtilité d'une construction soviétique en pur béton armé alliée à l'élégance naturelle de tout élément de décor qui semble directement conçu par et pour des hordes d'adolescents chevelus à l'hygiène corporelle douteuse. Pas de discussion de ce côté, même si en vérité c'est rarement l'argument principal invoqué quand il s'agit de glorifier l'ordinateur portable, il faut dire que la mode change sans arrêt sur le design de ces petits objets, et que tout appareil d'il y a plus de 2 ans donne immanquablement l'impression qu'il a précédé l'invention du minitel.

Encore un argument qui fuse du côté de nos souris super zélées, à croire qu'elles n'ont pas compris dans quel sens allait cet article, il y en a qui vont finir de corvée de ramassage de petit bois pour l'hiver. Je cite directement : "l'ordinateur portable c'est super pratique car on peut se connecter partout, tout est sans fil". Hmm c'est vrai que, même si ça n'est pas du niveau d'un smartphone ou d'une tablette, on nage avec bonheur dans l'univers du Oui-Fils, bluetooth (mais rappelons que les dents bleues ne sont généralement pas le signe d'un état de santé très rassurant), et autre technologies sans fil. Alors oui, c'est peut-être pratique, mais si vous avez lu le formidable article sur les réseaux vous aurez peut-être compris que les technologies sans fil offrent généralement une fiabilité et des performances moins bonnes que les bons gros câbles vu les déperditions de signal, sans compter toutes les ondes maléfiques qu'elles vous envoient à la figure pour ce petit confort. En tous les cas, si on souhaite mettre cet argument en avant, on fera bien de taire l'argument d'économie d'énergie, parce qu'il est certain que toute technologie sans fil est plus consommatrice de ressources qu'une technologie filaire correspondante. Il suffit de voir que votre souris sans fil par exemple consomme une pile en plus de son petit récepteur branché sur un port USB, ne parlons pas du wifi qui demande d'alimenter en permanence des antennes côté émetteur comme récepteur, d'ailleurs la consommation de l'émetteur est en général oubliée quand on fait le bilan écologique de nos petits appareils.

Mais il se trouve que c'est justement l'argument principal soulevé par les partisans de l'ordinateur portable : il est incroyablement économe en énergie. Reconnaissons que dans ce domaine, des progrès immenses ont été faits ces dernières années, non pas pour sauver la planète, mais plutôt pour alimenter un effet rebond bien sympathique : continuer à faire augmenter le gabarit des machines (plus de processeurs, plus de mémoire, plus de composants réseaux de tout poils) et la densité en Programmation Avec Les Pieds au mètre carré sans faire fondre l'autonomie de ces petites bêtes comme neige au soleil. Donc, sans surprise, les portables n'ont qu'une autonomie marginalement meilleure d'année en année et, au prix de prouesses énergétiques démesurées, vous pouvez les utiliser pour faire la même chose qu'avant, mais en Super HD ou avec un processeur qui bat Deep Blue à plate couture avec les yeux bandés et une main dans le dos.

Pour en rester là momentanément, oui, il faut l'affirmer haut et fort, les ordinateurs portables sont devenus des modèles de sobriété et de décroissance, avec une consommation en watts minuscule, youpi pour eux. Mais il est plus que temps de voir ce qui se passe du côté de notre mésestimé ordinateur fixe, car lui aussi ne manque pas de qualités, loin s'en faut. On ouvre grand les oreilles pour donner la parole à nos souris vertes à pois orange, c'est parti.



Ordinateur fixe mon copain


Bon, on a déjà donné discrètement et avec une objectivité irréprochable quelques qualités des ordinateurs fixes, alors on va attaquer directement et de front l'argument de l'économie d'énergie. Ici nos souris le disent sans ambage : "c'est n'importe quoi cette discrimination honteuse".  En effet, si oui, les ordinateurs portables sont devenus plus économes en énergie, comment peut-on penser que les ordinateurs fixes n'ont pas bénéficié eux aussi des ces évolutions ? N'en déplaise à nos experts de l'ADEME, tous les ordinateurs fixes ne sont pas nécessairement des machines de guerre refroidies par des turbines d'avion, ce qu'on pourrait déduire hâtivement du fait que la plupart des unités centrales sont aujourd'hui dimensionnées pour la catégorie Gros Bourrin Du Lance Roquette, des joueurs raffinés qui souhaitent que les zombies se fassent massacrer en plusieurs millions de pixels et avec des effets de lumière d'un réalisme parfait. Evidemment dès qu'on dégaine la, voire les cartes graphiques qui vont permettre ces prouesses, ainsi que le reste des composants qui s'ensuit, notamment l'alimentation qui a la puissance d'une petite centrale thermique à elle toute seule, on fait monter bien vite la facture énergétique.


Mais, primo, la plupart des composants sont, comme ceux des portables, capables de gérer finement la consommation pour ne quasiment rien consommer au repos ou en faible charge. Deuxio, la comparaison n'est pas équitable car les ordinateurs fixes sont en général équipés d'éléments bien plus performants que les portables pour des gammes de prix équivalentes. A performance égale, je ne suis pas bien sûr que l'avantage soit très net en faveur de nos petits portables. Et tertio, et pif paf pouf, pour qui sait monter soi-même sa petite unité centrale, il est possible de choisir des composants extrêmement économes, de se passer même complètement de système de refroidissement, et finalement d'arriver à une facture énergétique totalement dérisoire qui ferait pâlir les bancs d'essai de SuperNumérique.fr.


Pour rester dans le registre de l'énergie et apporter le coup de grâce à l'argument écologique du portable, il faut aussi examiner le cycle de vie complet des appareils. Nos lecteurs les plus fidèles qui se seront précipités sur l'âge des Low Tech de Philippe Bihouix, un livre conseillé il y a peu dans un article ébouriffant que je ne peux que vous recommander chaudement (l'article comme le livre), auront compris bien vite ce qui dans le portable devrait soulever l'indignation générale, car cela viole tous les principes de la durabilité : une miniaturisation excessive qui signifie en début de chaîne gaspillage de matériaux et d'énergie (il faut des grosses machines bien puissantes pour faire des petits composants, eh oui), et en bout de chaîne difficulté, voire impossibilité de réutilisation et de recyclage.


Regardons au contraire l'unité centrale attentivement, et constatons ensemble avec stupeur qu'elle répond à tous les critères du Low Tech : les composants sont standardisés, facilement changeables, facilement réutilisables. C'est la raison pour laquelle vous pouvez sans crainte investir dans une unité centrale (sans super design propriétaire par contre, sous peine d'avoir des composants exotiques qui ne seront pas remplaçables) et la garder 10, 20 ans, voire plus, en changeant périodiquement un élément au besoin ou s'il défaille de sa belle mort. Je veux voir de la vidéo Super HD BlueDigital Display ? Je change ma carte graphique. Les normes réseau ont évolué ? Je change ma carte réseau (un tournevis et deux doigts sont nécessaires). Mon ordinateur fait un bruit de tracteur, je ne m'entends même plus l'invectiver ? Je change mon ventilateur (cette fois un seul doigt fera l'affaire). L'alimentation a cramé ? Je la remplace, tiens j'en profite pour en prendre une qui a un très haut rendement et une consommation minimale.


Alors que pour votre portable, la mort au choix de la prise casque, d'une touche du clavier, voire de l'écran quand tout le reste fonctionne parfaitement, sonnera à coup sûr son envoi immédiat à la casse. Et même si vous êtes un acharné de l'auto-réparation et prêt à ne pas compter vos efforts pour maintenir en vie et sous perfusion votre précieux ordi, vous buterez bien vite sur l"impossibilité de refaire des micro-soudures ou de remplacer des composants maison que le fabricant n'a jamais prévu de commercialiser à l'unité.


Alors, plus écologique vraiment le portable ?



Le super pote du futur : l'ordinateur fixe portable


On termine par une petite lueur d'espoir pour les gens qui décidément n'en veulent plus de ces grosses tours disgracieuses après toutes ces années de miniaturisation effrénée. Il existe des initiatives intéressantes qui font reconsidérer l'ordinateur portable même comme un gros patapouf. En effet, nonobstant le fait que l'on cherche toujours à nous refourguer des machines surdimensionnées pour regarder notre courrier ou aller consulter le site des Souris Vertes, si on analyse froidement les besoins de la grande majorité des gens en matière d'informatique on se rend rapidement compte que lesdits besoins sont couverts les doigts dans le nez par le premier téléphone venu. Pourquoi donc ne pas s'inspirer des composants les plus simples et les plus économes pour faire un pc minuscule, qui tient en fait sur l'équivalent d'une clé usb ? Autrement dit vous avez votre petite clé qui ne consomme rien, vous la connectez sur un écran, un clavier et une souris et zou vous voilà parti. Et ces petites bestioles existent déjà, pour tout vous dire, ça s'appelle PC-on-a-stick, comme ça se prononce.


Le problème, c'est qu'évidemment chacun y va de son petit design personnel et qu'on risque vite de retomber dans un schéma de miniaturisation extrême où rien n'est réparable. Heureusement il y a des projets qui tentent timidement de normaliser les designs et les composants embarqués pour rendre le tout plus robuste, et même des projets qui donnent un peu d'espoir de sortir de la spirale de la concurrence joyeuse à l'obsolesence généralisée, comme ce projet d'un ordinateur générique aux plans et au code entièrement libres lancé par l'excellent site de matériel ThinkPenguin, tenu par un pingouin très élégant qui vous fournit des composants génériques, libres, simples et fonctionnels. Espérons que ce genre d'initiative finira par percer et nous produire des ordinateurs plus simples et plus écologiques.


Allez, il est temps d'arrêter sur ce sujet, vous avez suffisamment de matière pour alimenter vos réflexions, et peut-être vous poser quelques questions au moment de remplacer l'ordinateur de tante Germaine qui vient de rendre l'âme. On félicite bien fort nos deux équipes de souris vertes qui ont mené ce débat dans les règles de l'art et l'esprit olympique et, vu la saison, on court avec elles chercher des champignons dans les bois !



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