Ico Chamois d"or
Ico Polémiquons
Ico Le saviez-vous ?
Ico Dossier
Ico Club de lecture
Ico Le Petit Geste du Jour
Ico Réseau
Ico Messagerie
Ico Navigateur
Ico Système
Ico Multimedia
Ico Divers

Résultat de votre recherche


1 2 3 4 ... 7
La Programmation Responsable (2) : de ricaner en cours d'algorithmique tu arrêteras
Date 04/11/2017
Ico Dossier
Comms Aucun commentaire


"Devrait-on rire ou pleurer

Quand ma belle-de-jour

Se fane ?"


Matsuo Bashõ (1644-1695)


On entame aujourd'hui notre belle croisière dans les eaux de la programmation estampillée souris verte, et sans se prélasser sous les cocotiers, on franchit tout de suite le Cap Horn en bravant la tempête, et en attaquant de front et par vent de face le sujet le plus austère de tout le dossier, j'ai nommé l'Algorithmique. Rien qu'à lire ce mot, je vous vois plisser des yeux, mais qu'est-ce que c'est que ce truc ? C'est bien simple, sa seule mention fera sortir aussitôt de la salle tout étudiant en informatique qui n'est pas assoupi, ainsi sans doute que des hordes entières de lycéens qui sont désormais sommées de se farcir une version édulcorée de cette matière peu réjouissante.


Car oui, bien qu'on nous rebatte les oreilles à longueur de journal télévisé sur les merveilles réalisées par les incroyables algorithmes qui changent le monde, il ne se trouve pas grand monde en vérité pour défendre cette science des algorithmes qui exerce le même entrain guilleret qu'une marche funèbre sous un crachin hivernal. Les algorithmes changent peut-être le monde (inutile de me mordiller l'orteil, chère souris sous le bureau, nous remettrons la discussion de ce point à un autre article percutant, pour aujourd'hui on tient notre cap), mais c'est avant tout en distillant un ennui profond à notre jeunesse désabusée. Et alors ? L'informatique n'est-elle pas censée être ludique ? Où sont les couleurs qui clignotent, les rires qui fusent, les images qui percutent ?


Eh bien non, c'est malheureux, vraiment, mais l'algorithmique appartient à la face cachée théorique de l'informatique, avec par exemple la logique qui est une autre matière qui fait bien mal au slip, pour le dire poliment, mais qu'on passera sous silence pour ne pas achever de terroriser nos lecteurs. Donc, effectivement, on ne s'amuse pas autant en cours d'algorithmique qu'à programmer Lance Ton Pingouin sur son téléphone mobile, et pourtant c'est un prérequis fondamental à tout programmeur digne de ce nom, c'est-à-dire tout programmeur qui souhaite maîtriser la Programmation ResponsableTM et sauver la planète tous les jours devant son clavier.


Allez, on plonge tout nu dans le grand bain glacé, puisque c'est pour notre bien et celui de l'humanité. Snif.



Avoir le sens du algorithme


Mouais, les souris, on nous enjoint d'aller en cours (un scandale !), mais encore faudrait-il nous dire ce qu'on est censé y apprendre, vu que le prof a l'air de débarquer directement de l'espace et de parler dans un patois martien que même les petits hommes verts (tiens, tiens, nos copains de l'autre bout du système solaire seraient-ils des écologistes convaincus ?) doivent avoir du mal à suivre. On y vient, justement. L'algorithmique est la science des algorithmes. Donc on y apprend des algorithmes. Et voilà ! Bon, ne partez pas, on va essayer d'en dire un peu plus quand même.


Tout d'abord, qu'est-ce qu'un algorithme ? Bigre, la souris verte à lunettes a levé le doigt avant même que je n'aie commencé à formuler ma question. Quelle fayote celle-là, vraiment. Allez, on lui laisse la parole : "un algorithme est une séquence ordonnée d'instructions dans un langage compréhensible par un humain, ou une souris". Pas mal, même si on aura du mal à garantir que TOUS les humains (ou toutes les souris aussi d'ailleurs) seront capables de le lire, puisqu'il faut tout de même maîtriser un minimum le vocabulaire utilisé pour décrire les instructions, qui peut être assez spécialisé.


En tout cas il y a quelques caractéristiques de notre algorithme qu'il faut souligner :

- il doit être sans ambiguité, donc si deux personnes le mettent en oeuvre, le résultat doit être rigoureusement le même.

- les instructions sont bien des notions élémentaires manipulables par un être humain, pas par une machine, donc il y a un certain niveau d'abstraction par rapport à la programmation, pas question de sombre manipulation d'octet ou d'adressage mémoire ici.


A vrai dire, que vous soyez chamois d'or de la programmation acrobatique ou simple citoyen, vous avez déjà eu maille à partir avec pas mal d'algorithmes dans votre vie, et tel monsieur Jourdain qui fait de la prose sans s'en rendre compte, vous mettez en oeuvre des algorithmes quasi quotidiennement, en ignorant simplement de le savoir. Suivre une recette de cuisine, participer à un exercice incendie, même conduire en respectant le code de la route, tout cela peut plus ou moins être associé à la mise en oeuvre d'algorithmes dans des domaines divers. Pour rester dans un domaine un poil plus scientifique, l'addition posée que vous avez apprise à coup de baguette sur les doigts dans votre enfance est un bel exemple d'algorithme mathématique. Si vous appliquez à la lettre les instructions, vous réalisez votre opération sans faillir, que vos nombres aient 2 chiffres ou bien 300.


On voit tout de suite une des raisons de la désaffection pour la matière pointer son nez : l'application d'un algorithme est totalement mécanique, et on ne pourra pas se féliciter de bien d'autre chose que d'être un gentil petit robot si on le met en oeuvre avec brio. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle on cherche à déléguer un maximum de ce travail fastidieux à nos amis les ordinateurs. Bien que la répétition de certaines tâches ait une vertu pédagogique indéniable, et soit partie intégrante de l'apprentissage, il est clair que si l'on reste strictement cantonné à l'exécution d'algorithmes, on va vite sombrer dans une déprime et une apathie généralisées. Non, l'intérêt de l'algorithmique est de concevoir des algorithmes, ce qui est une autre paire de manches et nous fait tout de suite basculer du côté de l'intuition et de la créativité les plus débridées.


Et à vrai dire, même si tu te cures le nez en affichant un air de profond ennui devant nos propos, cher lecteur-programmeur, de l'algorithmique tu en fais, en fis et en feras que tu le veuilles ou non. Car qu'est-ce que c'est finalement que d'écrire un programme informatique, sinon enchaîner une série d'algorithmes qui résolvent chacun à leur manière un petit problème isolé ? Je dois isoler une valeur au milieu d'un gros tas de données ? Je dois traiter une information en provenance d'un utilisateur ? Je dois calculer comment afficher correctement un texte à l'écran ? Que des algorithmes, tout cela. Les seules questions qui se posent sont : est-ce que j'écris mes propres algorithmes, ou est-ce que j'utilise ceux des autres ? Est-ce que je maîtrise leur impact en terme de temps de calcul et de ressources machine utilisées ?



Ne soyons pas trop décomplexés


Avec toutes ces belles considérations, on n'a pas encore vraiment dit ce que l'on apprenait concrètement dans notre cours de gymnastique algorythmique  (sans les collants ridicules, vous voyez qu'il y a du bon dans cette matière tout de même). En général, on étudie des classes d'algorithmes existants de plus en plus complexes, et si tout va bien on apprend comment concevoir les nôtres. On commence par exemple par trier des tableaux dans tous les sens (une grande joie du programmeur débutant, l'équivalent du rite initiatique dans les sociétés traditionnelles), et quand on devient Jedi on peut étudier les algorithmes super monstrueux utilisés par GoogleBook pour coloniser l'internet mondialisé.


Mais surtout, surtout, surtout, on apprend à évaluer les performances d'un algorithme, et c'est bien ce à quoi nous voulions en venir, la compétence clé du Programmeur Responsable qui a son petit badge couleur éméraude. Ce que nous enseigne l'agorithmique, c'est que toute méthode doit être évaluée non par le temps qu'elle prend (qui dépend de conditions locales d'exécution qui peuvent varier), le nombre de litres de pétrole qu'elle consomme ou son signe zodiacal, mais par sa complexité, qui est un ordre de grandeur du nombre d'instructions réalisées en fonction de la taille des entrées de ladite méthode. Et oui, les souris, je sais bien que c'est formulé de façon aussi claire que le fond du ruisseau saturé de boues d'épandage qui court à côté de notre jardin. On va tâcher de prendre un exemple pour éviter de se fouler le néo-cortex.


Attention, cependant, rien à voir avec la soi-disant complexité du monde réel qu'on invoque à toutes les sauces pour nous demander poliment de passer notre chemin et nous signifier de laisser penser les éditorialistes parisiens à notre place, ici il s'agit d'une théorie tout ce qu'il y a de plus sérieux et et scientifique. La complexité ne désigne pas les profondeurs insondables d'une pensée qui nous échappe, pauvres mortels débiles que nous sommes, mais la complexité en nombre d'étapes de calculer un résultat pour une machine qui ne dispose que d'opérations élémentaires pour le mener à bien.


Avant d'aller plus loin, je sens qu'il est urgent d'opérer une petite pause contemplative salutaire, méditons donc un instant sur un petit haïku : 

"Si difficile

De dire ce que voit

Cette souris tournée vers moi"


Midoriro no Mausu (la Souris Verte)


Notre vraiment super exemple


Ouf. Puisque nous voici à nouveau frais, dispos, et prêts à en découdre avec les concepts les plus tarabiscotés, revenons à nos moutons virtuels et à notre fameuse complexité, et prenons un exemple issu de la Vraie Vie, comme on dit dans les salons. Donnons nous par exemple la tâche bien utile de dénombrer les feuilles d'un arbre. Pours nos lecteurs qui passent trop de temps devant un écran à coder et ne savent pas ce qu'est un arbre, nous les enjoignons à sortir prendre un peu l'air jusqu'à apercevoir un grand truc marron en bas, et vert au dessus qui semble pousser dans le sol, ou à tout le moins à se renseigner sur internet.


Bon, comptons donc. Ca paraît bête, comme cela, mais déjà trouver une méthode qui permette de le faire sans se tromper n'est pas si aisé, vu que vous avez pu remarquer qu'un arbre n'a pas forcément une structure bien régulière, qu'il y a des feuilles dans tous les sens, et en plus s'il y a du vent au secours. Si l'on suppose que l'on a quand même accès à toutes les feuilles, quitte à se munir d'une échelle bien costaude, il va falloir se débrouiller pour ne pas perdre le fil et ne pas compter les mêmes feuilles plusieurs fois.


Une bonne idée pour ce faire nous est donnée par le professeur Souriso lui-même, qui adore ce genre d'expérience : on compte une feuille, puis on fait une petite marque (discrète et qui partira à l'eau de pluie, hein, on n'est pas des sauvages) pour ne pas la compter à nouveau. On continue à énumérer les feuilles de l'arbre jusqu'à ce que toutes les feuilles soient marquées, et zou, on a notre total.


C'est formidable, mais il ne vous aura pas échappé que ceci risque de prendre un certain temps, voire un temps certain, et de vous faire mourir d'épuisement avant d'arriver même à la moitié du quart du dixième de votre tâche. Peut-on optimiser un peu notre algorithme, avant d'y passer notre vie ? Cest là que le Programmeur Lambda, celui qui n'a pas suivi de cours d'algorithmique ou y a trop roupillé pour en avoir retiré quelque chose d'utile, va se tourner vers la solution standard de l'informatique en panique : on offre une paire de lunettes à la personne qui fait le décompte, ou bien on lui donne une échelle plus longue, ou même une paire de jumelles si on ne compte pas à la dépense. Bref, on augmente le matériel. Pour un vrai programme informatique on mettra plus de mémoire, un plus gros disque, du SSD, etc. Super, mais vous voyez qu'au lieu d'y passer 107 ans, notre fidèle collaborateur en passera 105 ou 106, bref c'est bien gentil de votre part mais ça ne résout strictement rien.


Qu'à cela ne tienne, on va sortir les grands moyens et paralléliser les calculs, on va mettre non pas une, mais deux personnes qui comptent. Et bim ! C'est aussi une très belle promesse, mais il faut compter que les deux personnes vont se marcher un peu sur les pieds, donc on n'ira pas strictement deux fois plus vite. Mais même comme ça, on mettra 50 ans environ, c'est mieux mais pas franchement jouable quand vos crédits de recherches sont alloués sur 10 mois. Et même en mettant 10 personnes en même temps, bof bof, vous restez toujours avec le même ordre de grandeur, donc si c'était franchement impossible ça deviendra juste-un-peu-moins-impossible mais toujours pas raisonnablement réalisable. Donc ici encore, la fameuse méthode de la parallélisation, si souvent dégainée pour se sortir d'une ornière informatique, outre qu'elle demande un doigté particulier dans la manière de programmer sans se prendre des problèmes de processus concurrents à tous les étages, ne fera jamais gagner significativement en performance.


Deux solutions s'offrent alors à nous : soit on renonce à notre projet, en le repoussant à une époque où la technologie viendra nous aider à le résoudre en un temps raisonnable (avec un ordinateur quantique, pourquoi pas ? On peut toujours rêver), soit on sort une feuille blanche, sa plus belle plume et on change d'algorithme pour réduire sa complexité.


Ici, une suggestion tout à fait passionnante d'une souris débrouillarde nous permet de nous sortir d'affaire : on simplifie le problème, en fait on ne veut pas vraiment le nombre exact de feuilles dans notre arbre, une bonne estimation nous suffira. Nous allons donc estimer le nombre de feuilles sur une branche, et simplement compter le nombre de branches au lieu du nombre de feuilles. Et il y en a beaucoup beaucoup moins, c'est l'affaire d'une heure tout au plus. Et voilà comment un travail qui aurait pu nous prendre jusqu'à l'extinction du soleil est terminé en une petite après-midi de travail, sieste incluse.


Dans notre petit exemple, nous sommes passé d'une complexité qui était proportionnelle au nombre de feuilles dans l'arbre, à une complexité proportionnelle au nombre de branches dans l'arbre. Alors ici c'était facile, mais il n'est pas toujours facile de calculer la complexité d'un algorithme, et encore moins de la faire baisser ; surtout quand ledit algorithme avance masqué dans plusieurs milliers de lignes de code qui semblent parler d'autre chose que de ce que vous raconte le prof martien.


Mais une valeur sûre pour repérer de la complexité sauvage et déchaînée est de repérer de multiples structures de boucles imbriquées dans un programme. Pour chaque niveau de boucle, hop, un ordre de grandeur supplémentaire. Et se souvenir aussi que le meilleur endroit pour améliorer les performances est TOUJOURS au milieu du code et de la logique qu'il déroule, et non dans les solutions de facilité de toujours plus de matériel, ou encore de programmes tiers censés booster les performances, comme des systèmes de cache tout-terrain qui ne savent pas sur quoi ils travaillent, et n'amélioreront donc jamais la complexité intrinsèque d'une méthode.



Savoir s'abstenir de ne pas faire


S'il y a une chose que nous enseigne l'algorithmique et qui doit nous marquer à vie, c'est que ce n'est pas parce que l'on sait écrire un programme qui résout une certaine tâche que l'on est capable de le mettre en oeuvre. Je peux écrire un programme qui sait calculer la factorielle d'un nombre à 130 chiffres, qui fera les mêmes trois lignes que pour la factorielle de 5, mais il n'a aucune chance d'aller jusqu'au bout, vu qu'il lui faudra réaliser plus d'opérations qu'il n'y a d'atomes dans l'univers.


Aussi, si on me demande d'écrire un tel programme, je me dois de refuser car ce serait un gaspillage de ressources éhonté pour un résultat qui n'a aucune chance d'aboutir. Et toi aussi, ami programmeur, refuse de mettre en oeuvre des méthodes à la complexité trop élevée : soit tu trouves une meilleure façon de procéder, soit on dit au client, tant pis, il n'a qu'à se trouver des besoins plus modestes auxquels l'informatique saura répondre sans y sacrifier l'énergie d'une supernova.


Précisons tout de même que toutes ces considérations ne s'appliquent que lorsque l'on traite un volume conséquent de données ; en fonction du type de traitement que l'on cherche à faire, on commencera à se poser de sérieuses questions de complexité au-delà de 1000 à 10000 entrées à gérer d'un coup. En deçà, on peut bien se permettre de privilégier une programmation simple, naturelle et sans nécessité de stockage massif de boîtes d'aspirine sous le bureau.


Et dans le cas où il nous faut optimiser les performances d'une application, on procèdera toujours dans l'ordre d'efficacité croissant, en appuyant d'abord là où ça peut faire le plus de différence :

1 - on étudie complexité générale du ou des algorithmes sous-jacents, et on essaie d'améliorer cela. Plus facile à dire qu'à faire, n'est-ce pas.

2 - on applique les formidables conseils qui vont suivre dans ce dossier, et on optimise donc en particulier les appels aux bases de données, aux disques, etc.

3 - on utilise un système de cache ou des outils d'optimisation de code écrits par d'autres. Si on est en rendus là, c'est que soit on est désespéré, soit on a déjà atteint un niveau d'optimisation tellement énorme qu'on ne peut plus rien faire simplement au niveau du code.

4 - on rajoute des ressources matérielles, et, si on le peut, on parallélise les étapes qui prennent le plus de temps. Ca c'est la solution qui apporte le moins de gain pour le plus de ressources consommées, autant dire qu'on ne la dégainera qu'à bon escient.



Une lueur d'espoir au fond du tunnel


Bon, disons le tout net, il est bien difficile de comprendre quel algorithme vous mettez en oeuvre quand vous programmez au quotidien, même si vous faites à votre insu des parcours d'arbres ou de graphes, des tris de tableaux, etc. Autrement dit, à moins que vous n'ayez une application très spécialisée qui fait du calcul intensif De Maboul, par exemple une méthode d'apprentissage sur un grand nombre de données, vous aurez peu de chances d'arriver à utiliser directement les notions algorithmiques chèrement  apprises. Il n'en reste pas moins qu'elles sont essentielles pour donner des points de repère, et surtout pour vous faire sentir à quel point la méthode de programmer tout ce qui vous vient à l'esprit sans jamais analyser le nombre d'opérations en jeu est délétère, et à l'origine d'une part non négligeable de ces superbes applications Programmées Avec Les Pieds (TM) qui font tant ramer nos belles puces de silicium.

Mais, pour être tout à fait honnête, vous vous en sortirez très bien sans un doctorat en algorithmique si vous mettez en oeuvre les petites astuces et mises en garde qui vont suivre dans cet épatant dossier. Alors surtout ne ratez pas la suite !

D'ici là, nous avons tous gagné le droit à une bonne promenade automnale sous les feuilles d'arbre qui tombent (non non, vous n'êtes pas obligé de les compter). Youpi !









>Voir le billet et ses commentaires...
 

Au secours, mon ordi est lent ! (8) : J'apprends à reconnaître et changer le matériel
Date 26/09/2017
Ico Dossier
Comms Aucun commentaire


"Neige légère

Si je souriais

Je me changerais aussitôt en lapin de garenne"


Uejima Onitsura (1660-1738)


Enfin ! Nous voilà rendu au terme de l'aventure épique de notre Dossier Sans Fin qui, paradoxalement, a une fin. Et, après des articles tous plus ébouriffants les uns que les autres traitant essentiellement du système d'exploitation et des applications installées, nous abordons aujourd'hui le cas du dernier sujet qui fâche, qui fâche tout rouge même quand ça dysfonctionne gravement dans les chaumières, à savoir celui du matériel.


Alors, commençons tout net par une mise en garde ferme et sans ambiguité, sachez que le matériel n'est que très rarement la cause des crises de nerf à caractère informatique, sauf pour ceux qui se font un devoir de laisser régulièrement tomber leur appareil portable par terre. Dans l'écrasante majorité des cas, c'est bien votre utilisation de l'appareil qui créé les problèmes, pas la mort atroce d'un composant électronique. De ce point de vue, lesdits composants sont d'une étonnante robustesse au regard de la durée de vie qu'on accorde généralement aux ordinateurs avant de les considérer sans égard comme de vils déchets qu'il faut vite ôter de notre regard.


Mais bon, la panne matérielle survient malgré tout de temps à autre, et puis on peut avoir envie aussi de changer un petit quelque chose pour donner un coup de neuf à notre machine, qu'il s'agisse d'un disque plus rapide ou plus gros, de davantage de mémoire vive, d'une carte réseau intégrant les derniers protocoles, etc. Donc "savoir changer son matériel à la marge parfois il faut", comme l'énoncerait le-grand-maître-sur-la-montagne-qui-parle-toujours-à-l'envers.


Et c'est précisément ce que l'on se propose de faire, enfin modestement et comme d'habitude dans un article où toute ressemblance avec un tutoriel informatique détaillé serait purement fortuite. Nous allons ensemble tâcher d'apprendre à identifier les organes vitaux de nos petits ordinateurs. Sans surprise, cet article ne s'étendra pas aux petits appareils mobiles qui, pourtant, sont équipés rigoureusement des mêmes composants, simplement dans une version miniaturisée et chaque fois différente en fonction de la marque et du produit, de manière à ne surtout pas pouvoir être remplacée par un amateur éclairé. Pour ces petites bêtes, on oubliera donc bien vite le fait de réparer ou augmenter soi-même son matériel défaillant, et on enverra le tout directement au constructeur qu'il s'en débrouille, c'est bien triste mais c'est la vie.


En ce qui concerne les ordinateurs, la situation est nettement plus sympathique, mais à vrai dire seuls les possesseurs d'une horrible unité centrale disgracieuse pourront bénéficier de l'ensemble des possibilités de manipulation du matériel. Pour les ordinateurs portables, les ultra mini-pc ou les marques au design minimaliste si élégant, on aura déjà de la chance si on peut accéder à la barette mémoire sans sortir notre attirail complet de soudure à l'arc.


Pour achever de mettre l'eau à la bouche de nos lecteurs alléchés par de belles promesses qui n'engagent qu'eux, décrivons tout de suite le niveau de bricolage et le matériel requis par les délicates opérations à coeur ouvert du matériel informatique : néant. Rien. Zéro. Nul. Changer un composant informatique est aussi simple que de changer une ampoule, généralement nettement moins dangeureux, et nécessite essentiellement deux doigts et un petit tournevis cruciforme pour tout matériel. Autant dire que vous auriez pu vous y mettre bien avant ! Allez, on rattrape le temps perdu et on s'y met de ce pas.



Les premiers pas sans trébucher


Sur les conseils de quelques souris vertes inquiètes de notre manque de précaution verbale, lançons quelques remarques liminaires indispensables à l'évitement d'un sabotage généralisé de votre bel ordinateur.


Tout d'abord, quel que soit le type d'appareil sur lequel vous souhaitez intervenir, il va vous falloir examiner avec prudence la manière de lui exposer les entrailles, plus précisément la manière de l'ouvrir pour accéder aux composants internes. Sur les unités centrales, en général quelques vis à l'arrière, parfois prévues même pour être retirées sans tournevis, permettent de retirer un panneau latéral qui donne accès à l'ensemble. Sur les ordinateurs portables, la situation est nettement moins simple car chaque constructeur a ses petites (ou grosses) lubies, et il vous faudra sans doute, pour réussir à l'ouvrir, étudier la documentation fournie, ou l'un des milliards de tutoriels dédiés sur des sites de diffusion de vidéos en ligne que nous ne nommerons pas.


Dans tous les cas, il faut impérativement éteindre et débrancher l'appareil, retirer la batterie aussi pour un portable, avant toute intervention.


Autre conseil qui s'applique universellement à toute vélléité de changement de matériel, bien s'assurer, toujours à l'aide d'une consultation attentive des notices techniques, de connaître les composants compatibles avec le matériel. Vous ne pourrez pas mettre n'importe quel processeur sur une carte mère donnée, de même que vous ne pourrez pas mettre n'importe quel type ou taille de barette mémoire dans un ordinateur portable, et ainsi de suite. Il faut donc bien s'assurer que le matériel que l'on souhaite installer est :

- de la bonne taille (il y a différentes tailles de disque dur, de barettes mémoire, de carte graphiques, etc)

- de la bonne catégorie ou génération pour être reconnu par les autres composants (essentiellement par la carte mère).


Il peut être de bon ton d'aller consulter les caractéristiques techniques précises des composants sur des sites marchands assez complets, même si vous ne comptez par passer par eux pour vous les procurer. On pourra par exemple aller voir celui-ci ou encore celui-là.


Comme pour la plupart des opérations informatiques, quelques minutes de préparation et l'usage d'un papier et d'un crayon peut vous éviter bien des tracas, par rapport à la méthode du fonce-dans-le-tas-sans-lever-les-yeux.



L'ordinateur portable, au scalpel et sous un microscope


Bon, comme on l'a dit, l'ordinateur portable constitue un univers particulier dans le domaine du matériel, en ce qu'il n'est pas assemblé du tout de la même manière que son grand papa l'unité centrale de base. On pourra trouver ici un schéma montrant tous les petits composants qui équipent la bestiole. 


Voilà qui peut faire peur au premier abord, mais à vrai dire nous allons nous contenter de regarder deux composants qui sont généralement facilement accessibles et remplaçables par nos propres moyens : la mémoire et le disque dur.


Perte de mémoire momentanée


En ce qui concerne la mémoire, il est presque impensable que le composant décède, la quasi totalité des barettes mémoires d'il y a des décennies continuant à ma connaissance à fonctionner sans sourciller quelle qu'ait été leur degré d'utilisation dans leur longue carrière de mémoire vive. La seule bonne raison valable de triturer la mémoire est pour en mettre davantage, soit sous la forme d'une seule barette plus grosse, soit en en ajoutant une deuxième si votre ordinateur le permet. On rappelle à toutes fins utiles que, hors utilisation spécifique comme un calcul intense de la position des étoiles ou le montage vidéo à grande échelle, bénéficier de plus de 3 ou 4 Go de RAM sur un appareil n'a pratiquement aucun sens et ne rendra JAMAIS votre ordinateur plus rapide. Aucun intérêt non plus à essayer un modèle plus récent, parce que les différences constatées au niveau d'une utilisation pépère seront infinitésimales, à moins de sauter 4 ou 5 générations de composants d'un grand pas alerte, et dans ce cas votre ordinateur sera tout bonnement incapable de faire fonctionner ce matériel qui lui semblera venu d'une autre galaxie.


Une fois cette mise en garde bien en tête, avisons-nous donc d'apprendre à reconnaître la fameuse barette mémoire dans la jungle des composants. Attention, c'est à ne pas confondre avec les minuscules cartes mémoires Flash qui équipent vos appareils photos et autre tablettes, dans des formats aussi évocateurs que SD ou Micro SD. Ici nous parlons de la vraie mémoire vive des ordinateurs, dite RAM par les anglophones pour Random Access Memory. Vous en trouvez une belle illustration ici par exemple, avec en prime l'étiquette qui permet de voir qu'elle n'est pas fabriquée en Poitou ou en Normandie. Cette version courte mais un peu grosse correspond à ce qui est utilisé dans les portables, à ne pas confondre avec la version plus longue et plus fine qui équipe généralement les ordinateurs fixes.


Bon, ben voilà le composant qu'il nous faut repérer dans votre belle machine, ouverte par vos soins sans trop tirer sur le capot. Même chez les constructeurs d'ordinateurs portables les plus récalcitrants, il est prévu qu'il soit très simple d'y accéder, et généralement la barette elle-même se clipse et se déclipse sans même besoin d'un outil.


Dernier petit conseil, si vous souhaitez ajouter une barette (pour les chanceux qui ont deux emplacements, donc souvent un portable aussi encombrant qu'un lave-linge), ou remplacer l'existante pour du Plus Gros, vérifiez bien dans votre notice le maximum de Go que vous pouvez embarquer sur votre modèle, car souvent la limite est sévère. Et vérifiez au passage par une petite recherche internet que votre système d'exploitation est bien capable d'utiliser toute cette formidable manne de mémoire vive, car lui aussi a ses limites figurez-vous. Par exemple, Windows XP, bon d'accord c'est vieux mais quand même, ne supporte pas plus de 2Go de mémoire, au-delà il ne voit même pas que ça existe.


Change de disque papy


Le deuxième composant que l'on peut triturer joyeusement dans un ordinateur portable, sauf sur certains modèles récalcitrants, est le disque dur. Et cela tombe très bien, souvenez-vous que nous avons déjà expliqué que c'est LE composant qu'il faut changer en priorité si vous voulez de la performance.


Que vous vouliez mettre un disque SSD, ou un disque dur à plateau traditonnel (format 2,5 pouces pour les portables, attention à ne pas prendre le gros machin de 3,5 pouces qui équipe les ordinateurs fixes), l'emplacement est le même et la manière de le brancher identique. Il existe plusieurs types de connectique, mais à moins d'avoir un ordinateur datant d'avant la domestication du feu, vous pouvez à coup sûr vous diriger vers un disque dur de norme SATA. En général, quelques petites vis à retirer puis un petit bout de câble à déclipser sont tout ce qui vous sépare du bonheur du nouveau disque dur fringant et alerte.


On ne s'étend pas davantage sur le sujet, c'est super facile, aucun risque ni pour vous ni pour le matériel qui n'est pas spécialisement fragile. Evitez simplement les décharges sauvages d'électricité statique si vous avez un pull en laine de mouton tressé.  Lancez-vous et vous verrez, vous nous remercierez, on doit même pouvoir le faire en famille avec des enfants.




L'ordinateur fixe enfin à nu


Bien bien bien. Comme nous l'avons fait remarquer tant et plus, c'est véritablement avec ce type d'ordinateur, conspué par l'ensemble des médias pour de soi-disant atteintes au sens esthétique et écologique des foules, que nous allons pouvoir dérouler l'ensemble des petits travaux du Faire-le-soi-même qui permet autonomie, réparation, choix personnel des composants et tout ce qui s'ensuit.


Précisons au passage qu'il y a deux directions bien intéressantes à suivre si l'on souhaite remettre à neuf son équipement, c'est de s'efforcer de réduire :

- les nuisances sonores

- la consommation électrique

Ca tombe bien, généralement les deux vont de pair, vu que ce sont les composants énergivores qui sont généralement équipés de turbines d'avion pour les refroidir, quand les composants économes ne nécessitent en général qu'une lègère brise, voire rien du tout pour des éléments qu'on dit passifs (sans ventilation).


Allez, on y va pour un petit tour d'horizon de tout ce qu'on peut remplacer nous-même et sans aide dans notre petite boîboîte.


La mémoire courte


Sans surprise, on peut ajouter, remplacer, enlever, remettre, bref faire tout ce que l'on veut avec la mémoire vive de son ordinateur. On prendra juste garde à bien prendre la bonne taille, souvent la taille standard, et une fréquence (xxx Mhz) acceptée par votre carte mère.


D'ordinaire il y a bien plus d'emplacements pour la mémoire dans un ordinateur fixe, jusqu'à 4 barettes possibles, donc vous serez beaucoup moins contraints que sur les portables. On conseille généralement de ne prendre que des barettes identiques, et par paires, pour des performances optimales, mais je ne suis pas sûr que vous preniez de gros risques à faire un peu comme bon vous semble.


Comme sur les portables, il y a un système de clipsage excessivement simple à manipuler pour enlever et poser une barette mémoire, la seule difficulté éventuelle étant de passer à travers les méandres de câbles ou le bloc de refroidissement géant du processeur, mais a priori vous n'aurez pas besoin d'une formation poussée pour mener votre mission à bien.


Un disque toujours plus dur


Ici encore, vous bénéficiez d'une myriade de possibilités incroyables, quelle chance vraiment. En effet, les unités centrales des ordinateurs fixes vous permettent d'accueillir entre deux et une douzaine de disques durs en même temps en fonction du modèle. Evidemment, aux souris vertes on ne va pas pousser à la surconsommation de stockage, mais avoir deux disques différents est une idée fameuse pour tout un tas de bonnes raisons qui sont énoncées dans notre très bel article sur la perte de données. Et si vous avez l'occasion de récupérer des disques un peu anciens qui n'ont pas la capacité pléthorique des modèles actuels, en mettre plusieurs pour avoir une capacité globale raisonnable est une option parfaitement économique autant qu'écologique.


Concernant la taille des disques durs, ils sont le plus souvent mesurés à l'anglo-saxonne à 3,5 pouces, donc assez volumineux. Les 2,5 pouces à taille plus réduites sont historiquement plutôt dédiés aux ordinateurs portables. Cependant, votre matériel est tout à fait capable de gérer les deux formats si vous pouvez les faire entrer dans votre petite tour, c'est pourquoi nous vous conseillons sans hésiter d'opter pour le format 2,5 pouces même pour un ordinateur fixe : ces petites bêtes sont nettement plus petites, plus économes en énergie , nettement moins bruyantes aussi le plus souvent, tout en ayant de nos jours une capacité tout à fait comparable à celle de leurs copains plus larges. Il existe des petites plaques de métal qui permettent de visser ces disques dans une baie 3,5 pouces, mais sinon même un petit système maison à base d'élastiques tendus vous permettra de suspendre vos disques tout en réduisant les vibrations sur le boîtier, et donc les nuisances sonores parfois bien pénibles de gratte-gratte.


Dans tous les cas et quel que soit le disque à installer, un peu de patience et un petit tournevis cruciforme suffiront à vous sortir d'affaire.


Bien s'alimenter


Ah tiens, voilà un composant de la machine que nous avons très peu abordé jusqu'à présent aux Souris Vertes. Pourtant il est de première importance pour notre Thème Principal, vu que c'est lui qui alimente en énergie débonnaire tout le reste des composants : c'est l'alimentation, justement. Dans un ordinateur portable, le bloc d'alimentation est irrémédiablement lié à la batterie, absolument particulier à votre modèle et aux choix arbitraires du constructeur, et parfaitement hors périmètre de tout bricolage amateur.


Ce n'est pas du tout le cas des ordinateurs fixes, où l'alimentation peut être changée exactement comme le reste des composants, et avec la même facilité : on dévisse l'ancien, on revisse le nouveau, et hop. Bon, il faudra tout de même remettre tous les câbles qui courent sans vous tromper, donc autant dire faire un minimum attention et consulter abondamment la notice avant d'allumer le tout, mais honnêtement ça se fait très bien et sans panique excessive.


Pourquoi donc voudrait-on toucher à ce composant ? C'est que toutes les alimentations ne se valent pas, voyez-vous, et certaines pompent sans arrêt sur leur prise pour n'en restituer qu'une partie minuscule à leurs amis. On dit qu'elles ont un mauvais rendement. Certaines alimentations éhontées ont des pertes de près de 50% de l'eléctricité qu'elles prélèvent, alors que d'autres affichent un rendement de plus de 90%, autant dire que la différence de consommation finale est énorme. Sans compter qu'une mauvaise alimentation va chauffer, faire un maximum de bruit avec son gros ventilateur disgracieux, et en prime entamer sérieusement la durée de vie des autres composants en ne délivrant pas des tensions stables.


Autant dire que s'il est UN composant sur lequel il vaut la peine d'investir, c'est bien l'alimentation. Donc, si vous le pouvez, le mieux est encore de choisir une alimentation efficace, peu gourmande, passive, c'est-à-dire sans ventilateur, et très robuste. Même si nous nous refusons en général à tout forme de publicité déguisée, nous allons tout de même vous faire connaître  la marque que nous chérissons aux souris vertes, une petite championne des alimentations écologiques et qui durent. Après, ne vous méprenez pas, il y a plein d'alternatives viables, et non, nous ne touchons pas de subsides de la société en question pour ce petit encart publicitaire sournoisement tapi au beau milieu de l'article.


Le vroum vroum du ventilo


Ah, le doux bruit de la caresse du vent sur la mer, ou encore des feuilles d'arbres qui tremblent d'un léger souffle... Rien à voir malheureusement avec les nuisances sonores liées à nos belles machines, diantre non. Sachez-le, les composants électroniques n'émettent absolument aucun bruit, en tout cas aucun audible par une oreille humaine non dotée de super-pouvoirs (Superman serait peut-être d'un autre avis sur la question). Alors pourquoi diable nos ordinateurs sont-ils si bruyants ? Oui, pourquoi me demandent les souris vertes d'un air hagard ? Eh bien, à vrai dire lesdits composants engendrent leur propre petite nuisance locale sous la forme d'une dissipation de chaleur totalement incontrôlée, ce qui les rend inutilisable sans un bon système de refroidissement qui, lui, n'a pas l'heur d'être silencieux.


Et, pour le commun de mortels, le refroidissement viendra sous la forme de petits ventilateurs parsemant gentiment l'intérieur douillet de la machine. Il existe bien des solutions alternatives, comme le refroidissement à eau, ou watercooling, qui malgré son nom très cool se montre très coûteux, encombrant et totalement inadapté à des ordinateurs portables. Bref, il n'y a pas à y couper, il faut passer par le ventilateur. Evidemment, tout cela ne serait pas un problème en soi si ces petits appareils n'émettaient des sifflements, bourdonnements et autres crachotements qui empestent le quotidien.


La souris verte à lunettes me fait remarquer, à juste titre même si je grince des dents, qu'il existe un autre grand responsable des bruits des ordinateurs : le disque dur, ouh le méchant, qui gratte, qui gratte, et parfois aussi provoque des bruits aigus à cause de la rotation de ses plateaux. Mais, honnêtement, seuls les modèles vraiment moisis sont capables de nuisances dignes de ce nom, dans ce cas on changera bien vite l'importun pour une version discrète. Les disques SSD ou la mémoire flash, cartes SD, clés USB, et autres, sont eux totalement silencieux. Et en plus ils chauffent très peu ! Comme quoi il y a du bon dans ces petites bêtes.


Pour continuer dans cet accès d'optimisme qui nous saisit, il y a tout de même des raisons de se réjouir, car la course à la miniaturisation et à l'autonomie des petits appareils a obligé les constructeurs à embarquer toujours moins de ventilateurs, et donc à créer des composants de moins en moins énergivores, puisque la dissipation de chaleur est directement liée à l'énergie consommée. Autrement dit, on trouve aujourd'hui des composants tellement gentils qu'ils n'ont plus besoin d'être refroidis, ou si peu. C'est la raison pour laquelle les smartphones par exemple, qui embarquent pourtant processeur et compagnie, sont silencieux car absolument pas refroidis. Ce qui n'empêche pas certains modèles bien peu soignés de chauffer délicatement vos fesses ou la poche de votre sac. 


Avec les ordinateurs l'équation est un peu plus compliquée, car évidemment on ne saurait renoncer à la promesse du Toujours Plus, de puissance, de mémoire, de composants, etc, si bien qu'il est quasiment impossible de monter un système totalement passif. Le processeur en particulier ne pourra jamais de passer de ventilation, itou l'alimentation si elle est costaude, et la carte graphique si elle permet de tuer des zombies en rafale en plusieurs millions de pixels.


Bon, il est temps d'en venir au fait, pas trop tôt même, à savoir peut-on changer ces satanés ventilos qui nous pourrissent la vie ? La réponse est oui, comme pour tout le reste

quelques vis ou systèmes de clipsage élémentaires vous séparent de la tranquillité d'esprit retrouvée. Cela dit, il est important de prendre conscience que le bruit est inhérent à toute ventilation. Au minimum, le déplacement de l'air produira toujours un son audible. Au pire, un léger jeu au niveau de l'axe du ventilateur produira les bruits irréguliers et parfaitements insupportables de vrombissement, sifflements aigus et autres. Mais ces bruits apparaîtront forcément avec l'usure mécanique, aucun ventilateur ne pourra rester silencieux éternellement.


Par ailleurs, les sons aigus sont nettement plus insupportables que les sons graves. Et plus le ventilateur a un diamètre important, plus il peut tourner lentement (donc générer moins de bruit de souffle) et produit des sons graves. Or la miniaturisation rampante fait que souvent on équipe les machines de ventilateurs minuscules qui deviennent infernaux une fois leur prime jeunesse derrière eux. C'est encore plus le cas avec les ordinateurs portables, longue vie à eux. Fort heureusement, les possesseurs d'une unité centrale de bonne taille auront eux toute latitude pour choisir des modèles de ventilateur plus gros, et ainsi non seulement améliorer notablement la durée de vie de leur matériel par un refroidissement adéquat, et s'épargner les tourments sonores qui traumatisent le bon peuple.


Attention, bien qu'entièrement mécanique et d'allure nettement moins fragile que la plupart des petits composants délicats qui équipent une machine, tout ventilateur doit être manipulé avec précaution. En effet, la moindre maladresse pourrait endommager le beau roulement à bille et risquer de rendre le ventilateur bruyant, voire pire, totalement inefficace, ce qui signe la mort assurée de ce qu'il était censé refroidir. Un processeur puissant laissé sans aucun refroidissement et à plein régime a une durée de vie qui se compte en heures, peut-être moins encore.


Pour conclure, vous apprendrez donc à changer avec bonheur vos ventilateurs en respectant quelques règle d'usage :

- choisir autant que possible des ventilateurs de diamètre important, et des vitesses de rotation faibles. Il existe des systèmes permettant d'adapter des diamètres plus importants sur de petits composants.

- ne pas se priver d'un système de refroidissement maousse costaud pour le processeur ou la carte graphique. Un bon gros radiateur bien efficace vous dispensera d'une ventilation importante.

- prendre le soin de réfléchir à la ventilation complète du boîtier, pas seulement d'un composant particulier. Des flux d'air combinés permettront de refroidir mieux avec moins de bruit total. Si ce travail vous paraît totalement grotesque, sachez qu'un bon système de refroidissement est sans doute plus important que le choix de tel ou tel Supercomposant plus technologique : vous verrez peut-être fonctionner ledit composant à pleine capacité 1% du temps, par contre vous subirez en permanence les assauts d'une ventilation mal conçue. Sans compter les risques de voir la durée de vie de ces fameux Supercomposants fondre comme neige au soleil. Et dieu sait que la ventilation est un domaine où les fabricants investissent bien peu d'efforts, donc se contenter du tout venant est généralement une mauvaise idée.

- essayez de vous équiper au maximum en composants passifs et peu gourmands. Attention cependant à conserver une ventilation minimale pour ne pas transformer le tout en réacteur à fusion en un clin d'oeil, avec décès massif des composants à la clé.


Au fait, avant de passer à la suite, jetons un coup d'oeil pour voir à quoi ressemble un ventilateur d'ordinateur. Drôle de tête, hein, heureusement qu'il reste caché dans sa boîte celui-là.

Repeindre sa carte graphique en vert fluo


Tiens, voilà une transition idéale maintenant que nous savons tout des ventilateurs, nous pouvons enfin régler son compte à la carte graphique qui turbine comme un hélicoptère de combat. Cela dit, sachez qu'au-delà du ventilateur qu'elle embarque, qui est toujours démontable et remplaçable, on peut vouloir remplacer carrément le tout pour choisir son modèle soi-même. Libre à vous de chercher du Gros, voire du Très Gros, si avez des envies de jeux vidéos importantes, mais dans tous les cas on s'assurera que la carte en question a une consommation minime en faible charge, de manière à ne pas voir sa facture d'électricité grimper au plafond, sans parler du volume sonore qui fait qu'on ne s'entend plus dans le salon. Cela vous dispensera de consommer à tout crin même pour ouvrir un document texte ou visionner le prochain article des souris vertes.


Sachez également qu'il existe un grand nombre de cartes graphiques totalement passives, donc totalement silencieuses (on pourra en voir un exemple ici), voire de nombreux modèles intégrés à la carte mère, ce qui est l'idéal si vous avez de petits besoins : consommation ridicule, encombrement inexistant, le seul défaut étant que vous ne pourrez pas la remplacer plus tard, mais on a dit petits besoins n'est-ce pas ?


Si vous choisissez de vous équiper d'une carte graphique non intégrée et de la changer par vos soins, aucune difficulté, mais attention à bien regarder la place dans votre boîtier avant de vous lancer. Ces bestioles existent dans toutes les tailles (et tous les budgets aussi, on peut y laisser sa fortune sans y prendre garde) et vous seriez surpris de voir que certains modèles pour joueurs invétérés auront bien du mal à passer par la porte d'entrée.


Les autres composants mystères


Il existe encore toute une pléthore de composants qui peuvent être ajoutés et remplacés à l'envie. En l'espèce, l'informatique est un peu comme la réparation de vélo, aucune pièce ne saurait échapper à la sagacité de l'amateur éclairé : carte réseau, carte audio, adaptateur bluetooth, bloc usb, lecteur DVD-ROM, lecteur de disquette, antenne de souris portative, tout y passe. Nous n'allons pas nous attarder davantage sur toutes ces possibilités, d'autant que la mode des ordinateurs portables fait que l'on trouve de plus en plus de composants de ce type sous forme de petits adapateurs USB et de moins en moins de composants internes à trifouiller dans le ventre de la machine. Mais les curieux trouveront toujours leur bonheur, car nous le répétons, le martelons et le rabâchons, absolument aucune pièce équipant un ordinateur n'est hors de portée d'un petit coup de tournevis du dimanche.


La totale complète de l'expert absolu : le bloc processeur / carte mère


Nous avons gardé le meilleur pour la fin, enfin le meilleur si on a les nerfs solides, un moral d'acier et une impertubabilité de moine tibétain. En effet, si changer le processeur et/ou la carte mère de votre machine est tout à fait possible tout seul dans votre salon, votre garage, votre jardin, ou toute autre pièce qui vous fera plaisir, c'est loin d'être la vie de croisière que nous avons décrite précédemment. Si vous trouviez que remplacer le bloc d'alimentation relevait déjà du casse-tête avec tous ces câbles à débrancher et rebrancher à l'identique, vous pouvez déjà prévoir une bonne provision d'aspirine, car vous vous apprêtez sans le savoir à démonter tous les composants et à vider l'intégralité du boîtier, rien de moins. Et côté milliers de vis à retirer, on est servi, sans parler du fait que malgré tout ces plaques de plastiques embarquent des composants minuscules et qui supporteront mal un gros coup sur la tête. Autrement dit, rigueur, patience et minutie sont les bienvenues pour l'occasion.


En fonction de votre type de refroidissement, il se peut que remplacer le processeur seul soit d'une simplicité enfantine : soit tout est accessible par le dessus, on dévisse le système de refroidissement, on déclipse et youpi. En faisant attention au remontage quand même, le moindre millimètre de contact en moins sur la ventilation serait fatal. Mais si vous avez la malchance de vous retrouver avec un système de radiateur du processeur fixé des deux côtés de la carte mère pour une meilleure stabilité, patatras, il vous faudra démonter entièrement la carte en question même si vous n'avez pas prévu de la remplacer.


Bref, on ne se lancera dans ce type d'aventure qu'armé d'un solide enthousiasme, d'une bonne préparation et de préférence accompagné de quelques souris vertes si c'est la première fois que vous tentez l'expérience. En même temps, vu la durée de vie de plusieurs décennies de ces composants, si l'on ne s'invente pas de nouveaux besoins tous les matins, on devrait pouvoir se dispenser de ce type de bricolage expert plus d'une fois ou deux dans sa vie.


Avant de partir, cependant, jetons tous un coup d'oeil à ces composants si énigmatiques : avez-vous déjà vu de vos yeux vu une carte mère, un processeur avec sa petite ventilation ou même un processeur tout nu ? Renversant.



Bye bye le dossier : ce n'est qu'un au revoir...


Pfiou, eh bien je dois dire qu'aux souris vertes nous sommes bien contents de clôturer ce formidable dossier qui n'en finissait pas de continuer. Grâce à l'énergie débordante de nos petites souris et à leurs conseils avisés, vous êtes désormais en mesure de reprendre un peu de pouvoir sur ces satanés appareils électroniques qui peuplent votre quotidien. Le minimum, tout de même, restant de savoir qui commande et qui obéit dans cette affaire. Non, nous ne serons pas esclave de ces configurations ineptes pensées la tête à l'envers par des armées de fabricants plus soucieux du taux de remplacement de leur camelote que de l'épanouissement réel de leurs clients. Même face à de la dite haute technologie, nous conservons une marge de manoeuvre et des possibilités d'autonomie importantes qu'il s'agit de cultiver.


C'est ce que nous vous enjoignons de faire pendant que nous regagnons notre tanière, bien fourbus de tous ces articles à rallonge et qui s'obligent à nous mettre le nez dans le cambouis. Mais qu'on se rassure, nous n'avons pas épuisé nos propos, oh que non, et nous avons même en réserve quelques autres Gros Dossiers bien sentis pour les longues soirées d'hiver. On dit donc au revoir à notre grand dossier sans tristesse, car ce n'est que le début du reste de formidables aventures !


>Voir le billet et ses commentaires...
 

Au secours, mon ordi est lent ! (7) : Je réinstalle mon système tout seul comme un grand
Date 11/05/2017
Ico Dossier
Comms Aucun commentaire

Une sçuris verte qui réinstalle le système. Boum !

"Si seulement venait le printemps -

Dans mon coeur déjà

Fleurit le cerisier"


Takarai Kikaku (1661-1707)


Nous reprenons aujourd'hui le fil de notre Grand Dossier du Moment pour aborder un thème qui manquait à notre collection de services à se rendre soi-même en matière informatique. Mainte fois abordée, jamais vraiment traitée, la réinstallation d'un système est un nerf vital de notre savoir-faire numérique, celui par lequel nous pouvons nous affranchir de la grosse industrie du matériel qui brille, autant que des rituels d'exorcisme complexes des professionnels du dépannage informatique.


Vous l'aurez deviné à la présentation générale de cette modeste entreprise de partage de connaissance que constitue notre espace de discussion (à sens unique, il faut le dire, mais nous discutons avec nous-même et polémiquons à toute force entre souris vertes aussi), il n'entre pas dans notre projet de conquérir l'univers dans le domaine prolifique du tutoriel informatique. Aussi, bien que le sujet mériterait amplement force explications pédagogiques et détaillées, captures d'écran et astuces pour les néophytes, nous allons assumer le caractère excessivement lacunaire de cet article en vous référant pour les opérations de clic-clic à la vaste littérature disponible dans l'internet mondial et traitant du sujet, avec plus ou moins de bonheur il faut le dire.


De quoi diable allons nous bien pouvoir parler si l'on est résolument décidé à ne pas mettre les mains dans le cambouis pour soulever le capot et commencer à triturer les soupapes à grand coup de clé de douze ? C'est que, figurez-vous, réinstaller un système est une opération que tout le monde peut faire chez soi et sans risque pour la santé, mais à condition tout de même de ne pas s'y prendre n'importe comment et sans un minimum de préparation. Nous allons donc dispenser au bon peuple quelques menus conseils qui lui éviteront d'y passer une semaine ou de commettre quelques bévues irréparables dans l'opération.



Etape 1 : je me procure un support contenant le système à installer


Ne riez pas, car cette étape est de loin celle qui consomme le plus de temps lorsque l'on ne l'a pas anticipée. Quel que soit le système que vous choisissez, et l'on se rappellera à cet égard la longue liste des possibilités déjà énoncées dans nos articles précédents, il va bien falloir vous procurer le média d'où on l'extraira pour le mettre dans votre belle machine.


Le temps de la disquette et des films magnétiques étant révolu, ce fameux support sera soit un CD-ROM, ou DVD-ROM (quelqu'un fait encore la différence à part la souris à lunette qui me tape sur l'épaule ?), soit une clé USB, soit une partition dédiée de votre disque dur.


Commençons par l'option la plus simple : vous possédez un CDVD-ROM qui vous a été fourni, avec la petite licence qui l'accompagne gentiment, et pour couronner le tout votre ordinateur possède un lecteur de CDVD. Heureux élu, vous voilà paré pour passer au paragraphe suivant et vous éviter ainsi maints tracas. Malheureusement, cette situation est à peu près aussi probable de nos jours que le fait de remporter la grosse cagnotte du loto en ayant omis d'acheter son billet, étant donné que la plupart des ordinateurs portables sont trop minces pour être équipés d'un lecteur CD, et de toute manière ce type de support est désormais tellement en désuétude que plus aucun fabricant ne s'embarrasse de vous en fournir un exemplaire avec votre machine.


Toutefois, si vous avez acquis votre ordinateur tout fait-tout prêt avec le système préinstallé, et les tonnes de merdouilles imposées au passage, il y a fort à parier que le fabricant ait installé une partition de votre disque dur permettant de réinstaller le système à neuf. Cette partition peut être cachée, donc pour y accéder il faudra soit être attentif aux messages qui sont affichés au démarrage de la machine, soit vous tourner vers la documentation de votre appareil qui doit vous indiquer la marche à suivre pour l'activer. Bien évidemment, ceci suppose que vous n'avez pas supprimé purement et simplement cette partition en jouant à partitionner votre disque sur les conseils avisés des souris vertes. Personnellement, nous préférons généralement dégager ce genre de béquille qui vous mange une portion non négligeable d'espace disque, mais c'est aussi parce que savons nous en passer, nous ne conseillons pas ces attitudes radicales à tout un chacun qui ne souhaite pas s'instruire plus que de raison dans l'art délicat de réinstaller 76 fois son système d'affilée.


Si vous êtes toujours à lire ce paragraphe, c'est que vous voilà forcé d'aller courir la pampa à la recherche d'une copie de votre système. S'il s'agit d'un système open-source comme Linux ou BSD, aucun problème, on pourra sans problème télécharger une image et la graver nous-même. Vous avons-nous déjà vanté les mérites de Linux Mint par exemple ? Oui, trois fois oui, eh bien voici toujours un exemple de ce que ces systèmes sympathiques font pour vous simplifier la vie. Pour ceux qui utilisent un système propriétaire comme Mac Os ou Windows, eh bien là il faudra passer par des alternatives douteuses sur lesquelles nous ne nous étendrons pas. Quand bien même vous auriez une licence en bonne et due forme, il vous faudra travailler un peu pour trouver une image de la version qui correspond à ce que vous aviez initialement, car bien que tout se ressemble furieusement entre la SuperPro et la YoupiFamily Edition, votre clé refusera obstinément de fonctionner si vous n'avez pas exactement le bon label.


Bon, mais même à supposer que nous finissions par trouver une image disque de notre système (en général au format ISO, un format de disque virtuel que l'on peut graver sur DVD), comment allons-nous utiliser ce gros fichier si nous ne disposons pas d'un lecteur-graveur pour finir l'opération ? Pas de panique, il est possible, et réjouissez-vous sans frein car cela n'a pas toujours été le cas, de graver ledit système sur une clé USB, chose que vous aurez probablement sous la main ou que vous pourrez vous procurer à moindre frais. Un disque dur externe fait aussi l'affaire, mais ça serait dommage de l'utiliser à cette fin car on n'a en général pas besoin d'un aussi gros outil pour un petit CD d'installation de rien du tout.


Cela dit, vous n'êtes pas encore tout à fait au bout de vos peines car graver une image disque sur une clé USB n'est pas aussi simple qu'il y paraît : copier le fichier ne fonctionnera pas, tout simplement. Il faut en fait que la clé soit reconnue comme un système démarrable, ce qui nécessite d'utiliser un logiciel qui sait écrire ce qu'il faut où il faut, et comme il le faut. Et, il faut le dire, cette catégorie de logiciels étant rien moins que fiable, vous aurez parfois des déconvenues. Si le système installé sur la clé refuse avec entêtement de démarrer, recommencez avec un autre logiciel jusqu'à ce que cela fonctionne. Le choix ne manque pas, citons Unetbootin sous toute plateforme, LinuxLive USB Creator si vous êtes sous Linux, ou encore Win32 Disk Image sous Windows. Les plus aventuriers pourront aller saluer MultiBootUSB, qui permet de mettre plusieurs installeurs sur la même clé. C'est très pratique pour faire une clé USB couteau suisse qui contient différents installeurs, live CDs et autres fichiers de dépannage, mais soyez prévenu que tous les systèmes d'exploitation ne fonctionneront pas nécessairement par cette méthode.


Vous avez dû remarquer que, pour pouvoir résintaller votre système, il vous faut un accès à une autre machine ? Pour télécharger l'image, la graver, etc. De manière générale, il est nécessaire de toujours vous munir d'un ordinateur de secours, quitte à vous en faire prêter un le temps de l'opération, ne serait-ce que pour consulter internet en cas de grosse hésitation sur la marche à suivre.


Bon, maintenant que vous avez le support approprié prêt à l'emploi (je vous avais prévenu que c'était du boulot), on va pouvoir se lancer dans la réinstallation en deux temps trois mouvements. Mais pas si vite ! Déjà il vous faudra vous assurer que la machine démarre bien sur ledit support, ce que vous devrez sans doute faire en allant dans le BIOS, le programme tout moche qui s'affiche en premier au démarrage de la machine et vous invite à appuyer sur une combinaison de touches quelconque, F2, F8, Suppr ou je ne sais quoi. Une fois là-dedans, surtout on ne touche à rien, on cherche simplement les options de boot et on met en premier le lecteur DVD ou la clé USB chérie, on redémarre et hop c'est parti. Mais, de toute manière, avant d'en arriver là, il va nous falloir nous assoir un moment au calme avec un papier et un crayon, si si, non pas pour dessiner des souris vertes mais bien pour réfléchir un peu calmement avant d'envoyer le bulldozer au milieu du jardin.



Etape 2 : je liste les programmes installés


Arrivé à cette étape cruciale, on peut remercier chaleureusement les souris vertes de ne pas nous laisser foncer dans la mêlée la tête baissée et sans préparation. En effet, il est important de bien penser que vous n'allez pas simplement devoir réinstaller le système, mais aussi les applications que vous utilisez régulièrement. Et il est généralement bien difficile de se rappeler après coup de tous les mirifiques petits programmes dont on se sert sans en avoir conscience, mais qui vous manqueront cruellement sur un système vierge.


On prendra donc un peu de temps pour dresser la liste des programmes installés sur votre machine, et je suis sûr que vous saurez le faire sans notre aide. On pourra même en profiter pour faire un peu de ménage et ne pas réinstaller des choses manifestement inutiles ou périmées. Et c'est tout. Si si. Quand je pense qu'on me dit qu'on ne sait pas faire court aux souris vertes. Paragraphe suivant !



Etape 3 : je sauvegarde mes données


Cette étape est tout spécialement réservée aux personnes qui n'ont pas encore mis en oeuvre les avalanches de bon conseils sur le sujet dont est parsemé notre dossier. Si vous n'aviez pas encore sauvegardé vos précieuses données, il est plus que temps de le faire. Et pas sur le disque ou la partition du disque que vous allez effacer, cela va sans dire. Si vous pouvez vous en procurer un même temporairement, un disque dur externe serait votre compagnon idéal pour prévenir tout risque de Grosse Bêtise Irréparable. A vous de voir en fonction de votre confiance et de votre niveau d'expertise.


On rappelle tout de même à bon entendeur que les données en question concernent aussi les préférences des applications que l'on utilise de manière un peu intensive, souvent stockées dans un répertore à identifier et mettre dans un petit coin. On ne traîne pas davantage sur cette étape, vu les tartines que nous lui avons déjà consacrées, mais n'oubliez pas d'aller relire l'excellent article qui en traite !



Etape 3 bis : je récupère programmes d'installation et pilotes


Cette étape est faculative pour la plupart des systèmes qui reconnaissent facilement votre matériel et proposent des procédures d'installation standardisées, mais vous sauvera la vie si vous utilisez un système récalcitrant comme Windows, encore lui. En effet, une fois réinstallé, il est plus que probable qu'il aura du mal à faire fonctionner autre chose que la souris, et qu'il vous faudra vous assoir temporairement sur l'accès au réseau ou l'affichage de votre écran en caractères de moins de 10cm de large. Plutôt que de vous arracher copieusement les cheveux à ce stade et devoir appeler à l'aide, il vaut mieux avoir anticipé cette petite rigolade et avoir récupéré au préalable tous les pilotes de votre ordinateur, ainsi que les programmes d'installation de quelques logiciels bien utiles, comme le navigateur ou le décompresseur d'archives, voire de toutes vos applications si vous ne voulez pas vous embêter à les chercher plus tard.


Il en va pour les pilotes comme pour le système lui-même : soit vous avez la chance de les avoir sur un support déjà prêt, soit il va vous falloir courir l'internet pour essayer d'en récupérer une version à jour et correspondant à votre matériel. Bonne chance ! Les souris vertes recommandent fortement de les garder bien au chaud et pour longtemps une fois que vous avez le tout sous la main, car plus votre matériel prend de l'âge et moins vous aurez de chance de trouver facilement, voire tout court, les pilotes nécessaires à son fonctionnement.



Etape 4 : je lance l'installeur et zou


Eh bien, nous voilà enfin parés pour entrer dans le vif du sujet. En vérité, cette étape qui effraie tant de monde est simple et sans ambage, c'est tout le reste qui est compliqué. Clic, je choisis ma langue, clic j'annonce que je m'appelle Tintin et ma machine Milou, et que oui, je veux bien réinstaller le système, oui vraiment oui. Clic.


La seule étape où il faut être parfaitement réveillé est celle du choix du disque ou de la partition d'installation. Si vous avez un seul disque et juste le système dessus, vous pouvez y aller sans crainte, mais si vous avez adopté les pratiques des souris vertes, et que vous avez des disques ou des partitions supplémentaires avec vos belles données bien proprement rangées, il faudra prendre bien garde à ne surtout rien installer dessus. Pas de panique, mais ne vous endormez pas en cliquant machinalement écran après écran pendant l'installation, c'est tout.


Bon, le système est en train de s'installer, ça peut être long mais on peut en profiter pour se faire une petite séance de haïkus par exemple. Tiens, en voilà un rien que pour vous :


"Feu de forêt

Tout un monde qui meurt

Appelé à renaître"


Midoriro no Mausu (la Souris Verte)


Etape 5 : je remets bon ordre dans le bazar


Bon, le système est réinstallé, c'est là que les choses sérieuses commencent. Afin de retrouver rapidement notre environnement de travail habituel, et de ne pas pester pendant des semaines qu'il manque gnagna à tructruc, on va finir le travail proprement et une bonne fois pour toutes.


Pour ce faire, on procède par étapes et sans aller trop vite :


- on commence par réinstaller les pilotes de notre matériel si c'est nécessaire. C'est le minimum vital, sans eux, l'écran est tout flou, on n'a pas d'accès internet, les clés usb ne sont pas correctement reconnues, et tout un tas d'autres petites surprises joyeuses qui vous donneront envie de lancer le tout par la fenêtre. On n'oublie pas de redémarrer, n'est-ce pas.

- si l'on est une petite souris de niveau ceinture verte, et qu'on l'a bien assimilié les précédents articles de notre dossier, on profite du fait que le système est encore tout frais pour le reconfigurer aux petits oignons en désactivant tout un tas d'options par défaut consommatoires et inutiles. On peut encore redémarrer, allez zou.

- on lance les mises à jour du système, s'il y en a. Il faudra sans doute un peu de patience, des fois cette étape est bien plus longue que l'installation proprement dite. Bon, en même temps on n'est pas obligé de rester devant son écran non plus, rien n'interdit d'aller regarder quelques fleurs en attendant. Et devinez quoi ? Oui, on redémarre...

- on réinstalle les programmes. C'est là que notre petite liste précédente nous est bien utile, ainsi que les installeurs tout prêts si vous les avez téléchargés à l'avance. On en profite pour remettre également les préférences pour les applications quand on a prévu le coup (souvent juste un dossier à recopier au bon endroit). On peut se passer de redémarrer, mais si vous y avez pris goût ne vous privez surtout pas, nous n'allons pas vous frustrer pour si peu.

- on réinstalle les données s'il y a lieu. Si elles sont sur un autre disque ou un autre partition, normalement elles sont déjà là à vous accueillir les bras ouverts.


Et voilà, notre machine est maintenant propre comme un sou neuf, guillerette comme au premier jour, et en plus tout est là pour nous permettre de mener nos activités quotidiennes comme avant. Youpi !



Etape 6 : je recommence l'étape 4

Bienvenue dans l'univers magique de la réinstallation des systèmes ! Vous venez de tomber dans une phase spatio-temporelle qui vous fait recommencer encore et toujours les mêmes gestes, comme Sisyphe faisant rouler inlassablement son rocher. Non, sérieusement, si vous n'êtes pas un expert patenté de la réinstallation de système, il ne faut surtout pas s'interdire de reprendre tout calmement depuis le début. Il est très courant qu'on laisse passer des choses pas nettes à la première installation, qu'on ait oublié une option ou que le système nous jette des regards mauvais dès le premier démarrage.

Puisqu'on a fait tous ces beaux efforts pour en arriver là, il faut vraiment n'avoir aucune hésitation à recommencer l'étape 4 et les suivantes autant de fois que nécessaire pour que le système installé nous donne toutes les garanties de fiabilité, de stabilité et de gentille obéissance que l'on attend de lui. Vous perdrez quelques dizaines de minutes supplémentaires, pas bien épuisantes, à faire travailler la machine en faisant un sudoku ou en allant prendre une tasse de thé, mais vous vous éviterez de futurs maux de tête et force gesticulations agacées si vous avez laissé une réinstallation bancale par pure flemme. Allez, on y retourne !


Etape 7 : j'éteins mon ordinateur et je vais faire un tour


Si vous êtes arrivés à cette étape, c'est que vous êtes sorti de la boucle infinie de la mauvaise réinstallation qu'il faut sans cesse recommencer, et que vous êtes content de votre travail. Félicitations ! Vous voilà au terme de notre petit périple de réinstallation.


Simple, sans difficulté excessive ni risque de tour de rein, cette petite gymnastique est à la portée de tous et devrait faire partie du programme d'hygiène régulier de tout matériel informatique, au minimum une fois tous les deux ou trois ans, voire avec une période bien plus courte si l'on n'est pas encore passé expert dans l'art d'éviter les gestes imprudents qui plombent le système à coup sûr.


Nous voilà ainsi prêts à aborder la suite du programme, à savoir aller faire un tour pour se détendre, puis revenir bien vite consulter la suite de notre passionnant dossier. Hum, les souris autour de moi arborent un air exaspéré : ce n'était donc pas le dernier article du lot ? Eh bien non, pas du tout, mais nous l'annonçons solennellement et à la cantonnade, le prochain article signera la fin de l'Enorme Dossier de super secours aux ordis en peine. Et, pour maintenir le suspense, nous n'en dévoilons pas le contenu. On a hâte d'y être !

>Voir le billet et ses commentaires...
 

1 2 3 4 ... 7

Infos blog

Des Souris Vertes

Derniers billets

Polémiquons   06/03/2018
A bas le 'c'est pratique'
Le Petit Geste du Jour   04/02/2018
Le Petit Geste Du Jour : je me dirige sans GPS
Club de lecture   21/01/2018
Les souris vertes ont lu pour vous : l'économie symbiotique, d'Isabelle Delannoy
Le Petit Geste du Jour   05/01/2018
Les 5 gestes totalement vraiment incontournables de l'écologie numérique
Le Petit Geste du Jour   22/12/2017
Le Petit Geste de Noël : je ne renouvelle pas ma panoplie numérique
Dossier   16/12/2017
La Programmation Responsable (6) : des sites webs écologiques tu concevras
Dossier   07/12/2017
La Programmation Responsable (5) : les structures de données tu maîtriseras
Dossier   28/11/2017
La Programmation Responsable (4) : de spammer ta base de données tu cesseras
Dossier   18/11/2017
La Programmation Responsable (3) : de déléguer la programmation tu éviteras
Dossier   04/11/2017
La Programmation Responsable (2) : de ricaner en cours d'algorithmique tu arrêteras
Le Petit Geste du Jour   24/10/2017
Le Petit Geste Du Jour : je nettoie ma boîte de messagerie
Dossier   16/10/2017
La Programmation Responsable (1) : Ce dossier tu liras
Réseau   05/10/2017
Mes données dans le cloud : écologique ou pas ?
Dossier   26/09/2017
Au secours, mon ordi est lent ! (8) : J'apprends à reconnaître et changer le matériel
Le Petit Geste du Jour   10/09/2017
Le Petit Geste De La Rentrée : j'arrête le streaming
Divers   25/05/2017
Les souris vertes s'invitent à la radio
Le Petit Geste du Jour   20/05/2017
Le Petit Geste Du Jour : je change les réglages de mon appareil photo
Dossier   11/05/2017
Au secours, mon ordi est lent ! (7) : Je réinstalle mon système tout seul comme un grand
Le Petit Geste du Jour   06/05/2017
Le Petit Geste Du Jour : j'écris un haïku pour me détendre
Divers   14/04/2017
Cultiver l'attente...
Club de lecture   25/03/2017
Les souris vertes ont lu pour vous : la convivialité d'Ivan Illich
Le Petit Geste du Jour   09/03/2017
Le Petit Geste Du Jour : j'enlève la signature automatique des messages
Polémiquons   27/02/2017
L'inquiétant mariage de la science et du numérique
Dossier   17/02/2017
Au secours, mon ordi est lent ! (6) : J'adapte mon système à mes besoins
Club de lecture   12/02/2017
Les souris vertes ont lu pour vous : une question de taille, d'Olivier Rey
Le saviez-vous ?   21/01/2017
Le saviez vous ? La voiture est un ordinateur sur roues
Dossier   10/01/2017
Au secours, mon ordi est lent ! (5) : J'apprends à ne pas perdre mes données
Dossier   30/12/2016
Au secours, mon ordi est lent ! (4) : Je nettoie Windows à grands jets
Polémiquons   23/12/2016
Le Petit Geste de l'Année : je ne commande rien d'électronique au père noël
Le Petit Geste du Jour   11/12/2016
Le Petit Geste Du Jour : j'utilise un bloqueur de publicités
Dossier   27/11/2016
Au secours, mon ordi est lent ! (3) : J'apprends à ne pas polluer mon ordinateur
Dossier   14/11/2016
Au secours, mon ordi est lent ! (2) : Je dégage l'antivirus à coup de pied
Dossier   05/11/2016
Au secours, mon ordi est lent ! (1) : les souris vertes à la rescousse
Le Petit Geste du Jour   23/10/2016
Le Petit Geste Du Jour : j'utilise le mode avion même à pied
Système   16/10/2016
L'ordinateur portable est-il plus écologique ?
Le Petit Geste du Jour   02/10/2016
Le Petit Geste Du Jour : je gère la durée de vie de ma batterie
Club de lecture   17/09/2016
Les souris vertes ont lu pour vous : l'âge des low tech, de Philippe Bihouix
Système   21/08/2016
J'apprends à gérer mes mots de passe
Le Petit Geste du Jour   08/08/2016
Le Petit Geste Du Jour : j'arrête d'inclure les messages quand je réponds
Polémiquons   30/07/2016
Ecole et numérique font-ils bon ménage ?
Le Petit Geste du Jour   19/07/2016
Le Petit Geste du Jour : j'arrête d'écrire mes mails en HTML
Chamois d"or   10/07/2016
Le saviez vous ? Il est possible d'être informaticien sous Windows sans se pendre
Messagerie   04/07/2016
L'incarnation du mal : la pièce jointe dans les mails
Le Petit Geste du Jour   26/06/2016
Le Petit Geste Du Jour : Je réduis la luminosité de mon écran
Divers   18/06/2016
Stop à l'imprimante jetable
Dossier   12/06/2016
Grandeurs du monde numérique (6) : Réseaux en folie
Le Petit Geste du Jour   05/06/2016
Le Petit Geste du Jour : j'éteins ma box quand je ne m'en sers pas
Le saviez-vous ?   31/05/2016
Le saviez-vous : Google n'est pas le seul moteur de recherche ?
Dossier   25/05/2016
Grandeurs du monde numérique (5) : Dans la jungle des écrans
Le Petit Geste du Jour   20/05/2016
Le Petit Geste du Jour : je mets mes sites favoris... en favoris
Le Petit Geste du Jour   15/05/2016
Le Petit Geste du Jour : je change la page de démarrage de mon navigateur
Dossier   14/05/2016
Grandeurs du monde numérique (4) : Les spectaculaires performances des jeux vidéos
Le saviez-vous ?   12/05/2016
Le saviez-vous : à quoi sert l'économiseur d'écran ?
Dossier   08/05/2016
Grandeurs du monde numérique (3) : Monsieur Herz mesure la solitude du processeur
Dossier   06/05/2016
Grandeurs du monde numérique (2) : Octets et compagnie, les rois du stockage
Dossier   05/05/2016
Grandeurs du monde numérique (1) : c'est gros, c'est petit ?
Divers   04/05/2016
Les souris partent à l'aventure


MP  Mighty Productions
> Blogs
> Des Souris Vertes
 
RSS       Mentions légales       Comms  Haut de la page