Ico Chamois d"or
Ico Polémiquons
Ico Le saviez-vous ?
Ico Dossier
Ico Club de lecture
Ico Le Petit Geste du Jour
Ico Réseau
Ico Messagerie
Ico Navigateur
Ico Système
Ico Multimedia
Ico Divers

Résultat de votre recherche


1 ... 6 7 8
Grandeurs du monde numérique (3) : Monsieur Herz mesure la solitude du processeur
Date 08/05/2016
Ico Dossier
Comms Aucun commentaire

Une souris console un processeur seul au bord de l'eau

"Profonde solitude

Je bouge mon ombre

Histoire de voir."


Nakatsuka Ippekiro (1887-1946)


Ah le processeur, notre petite souris verte oubliée dans un coin de grenier, notre animal de compagnie toujours présent mais constamment ignoré. Pourtant il nous accompagne partout : dans nos téléphones, nos frigos, nos voitures, nos chaudières, nos barrières de péage, et j'en passe. Et, bien sûr, dans nos ordinateurs. Avec cette prolifération silencieuse, on peut légitimement se demander avec les artistes du banc d'essai, si vraiment oui vraiment nous avons le meilleur processeur du monde dans notre appareil x ? Est-ce qu'il est plus gros, plus rapide, plus malin, plus beau que celui du voisin ? Sinon retour au magasin direct, on ne va se complaire dans la ringardise et la viellerie.


Alors comment mesure-t-on les Super Pouvoirs d'un processeur ? C'est le herz, non pas la marque de location de voiture mais bien l'unité physique, qui sert ici de référence. Ceux qui auraient encore en tête leur cours de secondaire se souviendront que le herz (Hz pour les intimes) n'est pas une unité liée à l'informatique, mais à tous les phénomènes oscillatoires : c'est ce qui mesure la fréquence des oscillations, un herz correspondant tout simplement à un battement par seconde. On l'utilisera donc par exemple pour mesurer la fréquence des sons : on dira que l'oreille humaine perçoit les sons allant de 20Hz à 20kHz.


Quel rapport avec un processeur ? me demandent les souris. Eh bien le processeur fonctionne exactement comme une horloge, il a une pulsation élémentaire à laquelle il travaille, qu'on appelle justement la fréquence d'horloge. C'est en gros la fréquence à laquelle il est capable d'effectuer une instruction. Et le processeur est gentil mais pas bien malin : il n'est capable d'effectuer que quelques instructions très élémentaires; du genre additionner deux nombres ; ce n'est pas à lui qu'il va falloir demander de faire le café. Mais vous devinez déjà ce qui en fait un monstre de foire, une bête de course et notre meilleur ami tout à la fois, à savoir la vitesse vertigineuse à laquelle il sait travailler. Quelle est la fréquence indiquée sur la petite puce de mon téléphone portable dernier cri ? Eh oui, 1,3 Ghz, soit plus d'un milliard d'instructions par seconde ! Même avec un language rudimentaire, quelques grognements et un ou deux signes, il est probable que vous arriverez à faire faire le café à votre voisin si vous avez le droit à un milliard d'essai. C'est pareil avec le processeur, on peut lui faire faire à peu près n'importe en un temps record si on lui explique suffisamment bien les choses. Comme disait mon grand-père, il comprend vite mais il faut lui expliquer longtemps.


Donc le processeur travaille à des fréquences d'horloge très élevées, de l'ordre du Ghz. Mais damned ! Je vois que la fréquence n'est pas plus élevée sur mon Super Téléphone Dernier Cri (TM) que sur mon Pentium 4 d'il y a 15 ans. Que se passe-t-il donc ? On n'est pas capable de me faire un téléphone qui carbure au tera-herz, voire au peta-herz  ? Eh bien en fait non, on est un peu à la limite côté fréquence. Une fois qu'on commence à dépasser certains seuils, on voit apparaître des effets assez indésirables, notamment une élévation de chaleur pas forcément très sympathique : on commence à perdre l'intérêt des foules s'il faut transporter une climatisation de 2 tonnes pour refroidir un téléphone miniature. On s'est aussi rendu compte que la fréquence d'horloge n'était pas l'alpha et l'omega qui guidait les performances d'un processeur, et qu'on pouvait jouer sur d'autres caractéristiques pour améliorer les choses, comme par exemple lui donner plusieurs coeurs, c'est-à-dire plusieurs unités de calcul fonctionnant en parallèle. Donc qu'on soit rassuré, même à fréquence égale, les processeurs actuels sont bien plus performants que ceux d'il y a 15 ans. Mais bon ceux d'il y a 15 ans abattaient déjà pas mal de boulot, tout de même, surtout par rapport à ce qu'on leur demande de faire quotidiennement.


Fait suffisamment exceptionnel dans le domaine de l'informatique pour être remarqué, c'est surtout sur la consommation énergétique que les processeurs ont énormément gagné ces dernières années. Non pas que les fabricants ne soient devenus des écologistes convaincus du jour au lendemain, mais à vrai dire c'était la seule voie à emprunter pour permettre de réduire les systèmes de refroidissement très volumineux, donc miniaturiser les appareils, et d'augmenter leur autonomie. Evidemment, suivant le fameux effet rebond (boum), le plus gros de ces gains se retrouve dans une utilisation accrue de nos appareils qu'on éteint de moins en moins, ce qui fait que la facture énergétique totale est loin de baisser, mais de fait les avancées technologiques ont fait de nos processeurs actuels de petits modèles de sobriété énergétique.


Et alors, avec tout ça, il est rapide mon processeur ou pas ? On va se rassurer tout de suite, il est rapide oui. Il est même très très rapide. Trop rapide en fait, même celui qui fait tourner votre grille-pain. Pourquoi donc ? C'est que notre processeur est tellement dopé qu'il passe son temps à attendre tout le monde : le disque dur, le réseau, la mémoire vive aussi, et ne parlons pas de l'utilisateur qui est leeeeeeeent à lui demander ce qu'il veut. Donc au final, notre formule 1 passe son temps à s'arrêter aux feux rouges et fait du 10 km/h de moyenne.


On comprend la solitude du processeur, qui est comme le chien impatient et plein d'énergie qui saute contre les murs en attendant que son maître veuille bien finir son pastis pour l'emmener en promenade. Et quand il sort, c'est pour marcher à deux à l'heure, et aussi vite rentré. Pff. Résultat des courses, ça fait bien longtemps que les processeurs sont sous-utilisés dans nos machines. On peut affirmer sans trop de risque que la moyenne de consommation d'un processeur sur le temps d'utilisation d'une machine oscille entre 0 et 1%, plus proche du zéro, et il est bien rare qu'il soit sollicité à pleine capacité si vous ne passez pas votre temps à compresser des vidéos ou résoudre des systèmes d'équations à 16 inconnues. Déjà à la fin des années 1990 le projet SETI avait pris la mesure de ce phénomène et se proposait d'utiliser du temps de calcul de votre ordinateur pendant qu'il était en veille pour essayer de détecter des traces de vie extra-terrestre. Je pense qu'on découvrirait pas mal de martiens si on devait mettre sur le projet tous les appareils qui sont aujourd'hui dotés d'un processeur, vu que même votre montre de plongée a une puissance de calcul comparable à ces machines d'un autre âge.


Allez, on termine par le RPFL (Résumé Pour les Fatigués de la Lecture)


La fréquence des processeurs est mesurée en herz, et généralement cadencée entre 1 et 3 Ghz, ce qui équivaut à plusieurs milliards de calculs à la seconde.


Le processeur passe le plus clair de son temps à ne rien faire, donc ça fait bien longtemps que les générations de processeurs se succèdent sans apporter de différence notable dans les performances.


En revanche il est vrai qu'ils consomment de moins en moins d'énergie pour fonctionner, mais pas de quoi s'extasier non plus ni se précipiter en masse pour acheter absolument le tout dernier modèle de chez SourisVertesITProcessorBranch (pourtant une excellente marque). 


Pour conclure, les processeurs actuels sont tous très très balèzes, et feront sans doute saliver d'envie nos arrières petits-enfants quand on aura épuisé tous les éléments qui permettent de les construire et qu'il faudra revenir au boulier.

>Voir le billet et ses commentaires...
 

Grandeurs du monde numérique (2) : Octets et compagnie, les rois du stockage
Date 06/05/2016
Ico Dossier
Comms Aucun commentaire

Une souris stocke des petits bouts de papiers dans un carton

"Avec sa petite faucille

Comment pourra-t-elle

Faucher tout le champ?"


Paul-Louis Couchoud (1879-1959)


On parle de stockage numérique donc. Normalement pour bien faire il faudrait commencer par parler des bits, mais à vrai dire on s'en fiche pas mal du bit, c'est l'unité de langage de la machine mais ça fait bien longtemps qu'on ne parle plus à notre ordinateur avec ce genre de petit mot doux. Tout le monde sait qu'un bit c'est un 0 ou un 1, mais ça ne nous avance pas à grand chose de dire ça, surtout qu'on ne compte plus rien en bits, pour vous dire même en programmation on stocke généralement un 0 ou un 1 sur au moins un octet.


L'unité élémentaire pour stocker de l'information, c'est l'octet (byte en anglais, représenté avec un B). D'ailleurs quelle est la taille de ce fichier que je vois sur mon disque ? Eh oui, 10kB, soit 10 kilo-octets. Ou 10ko si vous avez un système qui francise aussi les unités.


Bon alors l'octet, c'est gros, c'est petit ? Ben c'est pas mal en fait, dans un octet on peut déjà mettre un chiffre, une lettre, minuscule ou majuscule, ou même une ponctuation. Bien sûr pour les accents ou les caractères cyrilliques on repassera, dans ce cas il faudra utiliser plusieurs octets (entre 2 et 4 généralement), mais bon ça nous donne déjà un ordre de grandeur assez simple. En gros un octet c'est un signe d'écriture, donc avec mon fichier de 10 kilo-octets j'ai déjà l'équivalent d'un texte de 10 000 signes. C'est déjà beaucoup sachant qu'un tweet c'est 140 signes maximum, et que dans la presse un feuillet contient 1500 signes, à peu près l'équivalent d'une page A4 dactylographiée. Autant dire que ça représente sans doute plus de mots que ce que je peux écrire par mail en un mois. Pourtant qui va vous dire qu'aujourd'hui un fichier de 10 kilo-octets c'est gros ? Sans doute pas grand monde, à part peut-être quelques rescapés de l'informatique des années 1980, qui ont connu cette grande période de privation où le kilo-octet restait bien la limite de stockage sur disque ou en mémoire et où le moindre octet comptait. On n'en est plus là, sans quoi croyez-moi je ferais des phrases moins longues.


Bien, l'octet, ça va, le kilo-octet aussi on a compris. Mais il y a plus gros non ? Ah ça oui, après on commence à énumérer les lettres grecques : le méga-octet (MB ou Mo), c'est mille fois plus qu'un kilo-octet, soit un million d'octets. Un million de caractères ! Ca commence à faire. Pour vous dire, l'intégrale des Misérables, de Victor Hugo est proposée sur l'excellent projet Gutenberg en un fichier texte qui pèse un peu plus de 3Mo. Avec 10Mo vous avez l'intégrale de Proust.


Mais il y a mieux : le giga-octet (GB ou Go), notre unité la plus répandue aujourd'hui (j'ai x gigas sur mon téléphone, sur mon baladeur mp3, voire sur mon GPS, mon frigo, etc), représente le milliard d'octets, rien que ça madame. Je pense qu'en prenant tout ce que j'aurai écrit durant ma vie, ce blog compris, on n'y arrivera pas : ça représente 100 fois A la recherche du temps perdu quand même.


Pourtant c'est en centaine de gigas qu'on compte maintenant, voire, puisqu'on finit toujours par aller plus loin, en tera-octets. Là on atteint des strates où personnellement moi je commence à perdre pied. Ca fait 1000 giga-octets, ça c'est d'accord, mais il y a un seuil à partir duquel plus gros que gros ça reste juste gros, si vous voyez ce que je veux dire. C'est du même ordre de grandeur que le nombre de cellules dans un corps humain par exemple.


Mais bon on ne peut pas s'arrêter là, en informatique industrielle, et ne doutons pas bientôt dans nos petites machines personnelles, on parle déjà de peta-octets, soit encore 1000 fois plus gros. Et pas de panique, on a encore quelques lettres grecques sous le coude pour ceux qui n'en auraient toujours pas assez (on se demande bien ce qu'ils peuvent avoir à se raconter, tout de même, pour avoir toute cette information à échanger ou stocker). Et si même l'alphabet grec n'y suffit plus, on pourra toujours rajouter le Très Gros Octet (TGo), le Vraiment Super Gros Octet (VSGo), et le plus géant de tous, plus gros que gros, le Grosse Souris Verte Octet (GSVo). Gageons qu'avec ça même les boulimiques effrénés de consommation numérique auront de quoi voir venir.


Et le multimédia dans tout ça ?


Je sens bien que les petites souris vertes ne sont pas convaincues. C'est bien beau de tout compter en kilos de Proust, mais on ne passe pas notre temps à s'échanger des livres ou des messages en pur texte. Ce qu'elles aiment les souris, c'est s'envoyer des photos de grenier ou des vidéos d'insectes. Et là tout de suite, on change d'échelle pour le stockage. Comment garder un point de comparaison avec ces types de fichier alors qu'on ne joue plus du tout dans la même catégorie ? Il faut dire que dès qu'on parle de multimédia on dégaine l'artillerie lourde côté stockage : on est tout de suite à quelques Mo pour la moindre photo ou le moindre morceau de musique, et des Go même pour des vidéos.


Ce qui nous inspire déjà une réflexion simple : parfois, il vaut mieux dire les choses avec des mots. Eh oui, plutôt que d'envoyer une photo de vous où vous avez marqué "Tu nous manques" ou "Joyeux anniversaire" sur photoshop, un bon vieux message peut faire l'affaire, et ça sera l'occasion de vous raconter davantage de choses, vu que vous avez le droit à autant de mots que les Misérables pour faire un fichier de même taille (et même davantage encore, car le texte peut se compresser de manière quasi magique).


Mais je reconnais qu'on ne peut pas toujours tout faire avec du texte, et des fois c'est bien pratique d'utiliser une photo ou une vidéo. C'est quand même déjà bien de prendre conscience de ce que ça représente en quantité d'information, ça permettra peut-être de considérer tout ça un peu moins à la légère, comme des objets vite créés et aussitôt oubliés.


La multiplication des formats de compression et d'encodage fait qu'on trouve un peu tout et n'importe quoi sur la taille des fichiers multimédia. Une image en format totalement brut peut peser plusieurs centaines de Mo, alors qu'elle peut peser moins d'un Mo si elle est correctement encodée. C'est la même chose avec les vidéos, en fonction de la qualité et du type d'encodage on peut varier d'un facteur 100. Il faudra revenir dans un autre article  sur la question de la compression des fichiers multimédias, mais en attendant on peut garder quelques ordres de grandeur en tête :

  • une photo correctement encodée (par exemple en jpeg ou en png), dans un format qui n'est pas destiné à être imprimé sur un mur de 30m de large, pèse quelque chose entre 500ko et et 2Mo. Quand on m'envoie une photo plus lourde, en général je commence à froncer les sourcils. Au delà de 5Mo je peste dans ma barbe, à 10Mo j'appelle la police.
  • une chanson encodée en mp3, ou encore mieux dans le format libre ogg, pèsera quelques Mo. Même si ça reste variable en fonction de la qualité, de la durée et du contenu, un album complet représentera souvent de l'ordre de 100 Mo. Si vous avez des albums de plus de 500Mo pour une heure de musique, consultez votre spécialiste.
  • une vidéo de deux heures dans un format pas trop gourmand (mpeg4 par exemple) pèsera 1 à 2Go maximum. C'est déjà énorme quand on pense à la quantité de texte, de photos ou de musique que ça représente pour un seul film. Disons le tout net, les vidéos sont ce qu'il y a de pire côté stockage, et là on parle de vidéos correctement encodées. Si vous faites une vidéo de deux heures avec votre téléphone en gardant les réglages par défaut, vous pouvez d'ores et déjà louer un espace de stockage dédié chez Amazon rien que pour votre petit film.


Evidemment on peut toujours vouloir la qualité maximale pour tout et tout le temps, comme de la Super Haute Définition de la Mort Qui Tue en 3D blue-ray intergalactique, pour voir nos petites souris vertes avec encore plus de détails. Moi personnellement je n'ai jamais trouvé que ça rendait le film ou la chanson meilleure (les petites souris restent chouettes quel que soit le format choisi), mais chacun est libre d'y trouver son compte, à condition tout de même de savoir que ce choix multiplie par 10, 20 ou même parfois 100 la quantité de données à stocker ou échanger pour un gain visuel ou auditif quasi nul au-delà d'un certain seuil. D'ailleurs ceci conditionne aussi la vitesse à laquelle vous allez remplir vos différents espaces de stockage. Si j'ai un disque de 100Go, je peux soit mettre une centaine de films bien compressés dessus, soit une dizaine de films en haute définition avant de retourner au magasin m'en trouver un plus gros.


Des troubles de mémoire ?


Tout ce qui vient d'être dit s'applique au stockage des fichiers, qui prennent donc une place plus ou moins grande sur les divers disques durs, clés USBs, CD-roms, DVD-roms, mémoire flash des téléphones, ou autres disquettes double-face. Tiens au passage, et pour rappel pour ceux qui vivraient encore au temps des cavernes et qui auraient encore des lecteurs de supports amovibles : une disquette contient 1,44 Mo, un CD 700Mo, un DVD 5Go environ.


Mais qu'en est-il de la mémoire vive, ou RAM, de nos petits appareils ? Vous aurez sûrement remarqué que, si on compte toujours avec les mêmes unités pour cette mémoire, en général on aura du mal à vous vanter des peta-octets de mémoire vive juste pour faire saliver le chaland ou par amour de débiter des Gros Chiffres. C'est que si la mémoire vive est netttement plus performante que les autres formes de stockage, elle est bien plus chère à produire et en quantité bien plus limitée pour pouvoir fonctionner à plein régime. On l'utilise donc avec parcimonie. On pourrait sans problème faire tourner un ordinateur avec un disque dur à la place de la mémoire, mais croyez-moi si on ne vous l'a jamais proposé (imaginez le discours des revendeurs de camelote numérique si on pouvait afficher 1To de mémoire !), c'est que c'est une très mauvaise idée, ça transforme votre carrosse en citrouille en un coup de baguette magique. Donc pour la mémoire vive, ceinture, on restera à quelques giga-octets, et pour supporter plus d'une dizaine de gigas il faudra même investir dans du matériel qui le supporte. Windows XP, par exemple, ne peut travailler qu'avec 2Go de mémoire maximum, au delà il ne se rendra même pas compte de toutes ces richesses que vous déversez à ses pieds, et la plupart des cartes mères pas trop récentes (rien à voir avec votre mère, il s'agit du composant qui fait dialoguer le processeur avec la mémoire, les disques durs, le réseau, etc) ne supporteront pas plus de 8Go de mémoire.


Mais alors c'est quoi cette machine qui n'a même pas assez de mémoire pour accueillir une vidéo digne de ce nom ? Qu'on se rassure, pour fonctionner un ordinateur n'a pas besoin de tout mettre en mémoire, sinon on serait mal, il suffit qu'il y écrive des petits bouts qui l'intéressent à chaque fois. C'est pourquoi la mémoire vive, si on excepte le processeur qui est l'objet de notre prochain article et qui joue vraiment dans une autre catégorie côté roulage de pouces, est sans doute un des composants les plus sous-utilisés dans nos appareils numériques. Même si, vu la course à l'armement numérique, les fabricants de logiciels ne prennent plus trop de gants et consomment des quantités astronomiques de mémoire pour nous afficher l'heure ou le temps qu'il fait dehors, on serait bien en peine de voir un système manquer de mémoire aujourd'hui si on n'est pas en train de lui faire séquencer un génome (de souris verte de préférence) ou autre chose du même ordre. Pour une utilisation purement bureautique, ou même pour des jeux, et quel que soit le système d'exploitation, on doit pouvoir fonctionner bien tranquillement avec 2Go de mémoire vive. Tenez, moi qui vous parle, j'ai 4Go de mémoire vive sur mon super ordi qui a de l'âge mais pas une ride. Je ne doute pas que pas mal de téléphones derniers cris auront davantage, mais en attendant même avec quantité de logiciels ouverts, qui s'allouent gentiment bien plus de mémoire que nécessaire au cas où parce qu'il y en a plein de disponible, eh bien même là j'utilise moins d'un tiers de la mémoire disponible. Et encore c'est parce que je suis bien dispendieux, j'utilise un système d'exploitation en 64 bits (tiens ? des bits ? eh oui des fois on en parle quand même), parce qu'avec un système en 32 bits, moins gourmand, c'était une vraie peine de voir 80% de ma mémoire jamais utilisée. Conclusion : n'écoutez pas ces sirènes qui vous disent que si votre machine ne tourne pas bien, c'est qu'elle manque de mémoire. Ou qu'il faut changer de machine. Soit vous changez de sirènes, soit vous installez un système d'exploitation moins gourmand. Ca sera l'objet d'une autre histoire sans doute.


Et pour finir, le RPFL (Résumé Pour les Fatigués de la Lecture)


  • un octet : un chiffre, une lettre ou plus généralement un signe en langage de presse
  • 1,5ko : environ 1500 signes, soit  un feuillet de journal ou une page A4 dactylographiée
  • 10Mo : tout Proust dans un seul fichier. Génial non ?
  • une photo de taille raisonnable et correctement encodée : 500ko à 2Mo
  • une chanson en mp3 ou équivalent : de 1 à 10 Mo. Un album complet correctement encodé : de 50 à 100Mo
  • une vidéo de deux heures correctement compressée : 1 à 2Go
  • une disquette : 1,44Mo
  • un CD-ROM : 700Mo
  • un DVD-ROM : 5Go
  • à partir de 2Go de mémoire vive, la mémoire n'est jamais un problème






>Voir le billet et ses commentaires...
 

Les souris partent à l'aventure
Date 04/05/2016
Ico Divers
Comms Aucun commentaire

"Départ pour le front

Dans la neige profonde

Il n’y a qu’un chien assis."


Mukai Kyorai (1651-1704)


Comment débuter ce blog ? Après plusieurs années passées à tergiverser, après avoir envisagé d'écrire un livre sur l'écologie du numérique, voilà que j'emprunte un chemin de traverse totalement intattendu pour moi. C'est que je suis spontanément méfiant de la liberté prétenduement absolue que nous procure internet, et que même si je m'en sers avec grand plaisir je n'y interviens qu'avec parcimonie, voire beaucoup de réticence.


Alors pourquoi commencer un blog ? Pourquoi aujourd'hui ? Cela fait un bon moment que je sens que quelque chose ne tourne pas rond dans notre rapport aux objets numériques, que l'on utilise quotidiennement, voire à outrance, sans en apercevoir les limites matérielles et les implications finales sur l'environnement. Je suis toujours très étonné que, parallèlement à la multiplication des discours sur l'écologie qui touchent presque toutes les facettes de la vie en société, du transport à l'alimentation en passant par l'habitat, aucun regard critique ne semble émerger sur les outils numériques, et que les fameux "petits gestes du quotidien" qu'on nous propose pour préserver l'environnement ne concernent jamais les objets que nous utilisons pourtant à longueur de journée et qui nous accompagnent partout.


Pire même, je trouve que les technologies de l'information, comme on les nomme aujourd'hui, ont pris la place de la vielle croissance industrielle qui s'est avérée moins infinie qu'on ne le pensait. On peut donc avoir des forfaits illimités pour des connexions illlimitées à des ressources qu'on peut stocker, échanger, récupérer de manière infinie et ce jusqu'à la fin des temps. On pourrait même penser que nos problèmes écologiques vont se régler magiquement à l'aide de ces nouvelles technologies, de ces capteurs intelligents ou de ces plateformes de collaboration qui permettent de mutualiser tant de choses.


Alors non. Les ressources numériques sont limitées. Ce qu'elles permettent de faire est limité. Leur utilisation a un impact réel et matériel, qui ne s'évapore pas miraculeusement dans les nuages. C'est un outil bien pratique, qui permet des choses formidables, mais comme tout outil il faut apprendre à s'en servir, et j'ajouterais aussi à ne pas s'en servir. En tant qu'informaticien, je serais le premier à regretter que tout ce merveilleux monde de l'informatique n'ait pas existé. Mais s'il faut un jour arbitrer, ce qui arrivera probablement dans un futur plus ou moins proche, entre avoir à manger et avoir un accès internet, mon choix sera vite fait.


Une bonne dose de paresse et de procrastination fait que je ne commence ce blog que plusieurs années après en avoir conçu le projet, et de fait, contrairement à il y a peu, on peut trouver aujourd'hui quelques voix qui commencent à s'exprimer sur les conséquences écologiques des technologies numériques. Elles restent cependant encore très minoritaires, et se contentent souvent d'aborder la question par la voie des Grands Chiffres (combien de milliers de personnes consomment autant qu'un datacenter, combien de millions de milliards de photos sont échangées chaque jour sur Facebook, ...). Ces aspects sont importants mais sont difficiles à reconnecter avec les usages quotidiens que nous avons de nos ordinateurs, téléphones et autres appareils numériques.


Loin d'essayer de faire abandonner les technologies numériques au profit du proverbial âge de pierre et de la bougie, ce blog a donc comme objectif de faire mieux connaître ces technologies pour les utiliser à bon escient et en prenant conscience des mécanismes qu'elles sous-tendent. Une forme d'émancipation numérique en sorte, à un niveau très terre à terre. Nous nous poserons par exemple les questions : faut-il ajouter une pièce-jointe à un mail ? Est-il réellement plus écologique de stocker ses données dans le Cloud ? Et plus encore...


Souhaitons que la Petite Souris Verte (TM) puisse rester notre amie aussi longtemps que possible et continuer à cohabiter avec le reste du monde. En route donc pour notre aventure à travers les méandres de la campagne numérique...


Deux souris partent à l'aventure

"De trois côtés

Les papillons sont partis en volant

Rose trémière."


Matsuyama Teitoku (1571-1653)

>Voir le billet et ses commentaires...
 

1 ... 6 7 8

Infos blog

Des Souris Vertes

Derniers billets

Polémiquons   06/03/2018
A bas le 'c'est pratique'
Le Petit Geste du Jour   04/02/2018
Le Petit Geste Du Jour : je me dirige sans GPS
Club de lecture   21/01/2018
Les souris vertes ont lu pour vous : l'économie symbiotique, d'Isabelle Delannoy
Le Petit Geste du Jour   05/01/2018
Les 5 gestes totalement vraiment incontournables de l'écologie numérique
Le Petit Geste du Jour   22/12/2017
Le Petit Geste de Noël : je ne renouvelle pas ma panoplie numérique
Dossier   16/12/2017
La Programmation Responsable (6) : des sites webs écologiques tu concevras
Dossier   07/12/2017
La Programmation Responsable (5) : les structures de données tu maîtriseras
Dossier   28/11/2017
La Programmation Responsable (4) : de spammer ta base de données tu cesseras
Dossier   18/11/2017
La Programmation Responsable (3) : de déléguer la programmation tu éviteras
Dossier   04/11/2017
La Programmation Responsable (2) : de ricaner en cours d'algorithmique tu arrêteras
Le Petit Geste du Jour   24/10/2017
Le Petit Geste Du Jour : je nettoie ma boîte de messagerie
Dossier   16/10/2017
La Programmation Responsable (1) : Ce dossier tu liras
Réseau   05/10/2017
Mes données dans le cloud : écologique ou pas ?
Dossier   26/09/2017
Au secours, mon ordi est lent ! (8) : J'apprends à reconnaître et changer le matériel
Le Petit Geste du Jour   10/09/2017
Le Petit Geste De La Rentrée : j'arrête le streaming
Divers   25/05/2017
Les souris vertes s'invitent à la radio
Le Petit Geste du Jour   20/05/2017
Le Petit Geste Du Jour : je change les réglages de mon appareil photo
Dossier   11/05/2017
Au secours, mon ordi est lent ! (7) : Je réinstalle mon système tout seul comme un grand
Le Petit Geste du Jour   06/05/2017
Le Petit Geste Du Jour : j'écris un haïku pour me détendre
Divers   14/04/2017
Cultiver l'attente...
Club de lecture   25/03/2017
Les souris vertes ont lu pour vous : la convivialité d'Ivan Illich
Le Petit Geste du Jour   09/03/2017
Le Petit Geste Du Jour : j'enlève la signature automatique des messages
Polémiquons   27/02/2017
L'inquiétant mariage de la science et du numérique
Dossier   17/02/2017
Au secours, mon ordi est lent ! (6) : J'adapte mon système à mes besoins
Club de lecture   12/02/2017
Les souris vertes ont lu pour vous : une question de taille, d'Olivier Rey
Le saviez-vous ?   21/01/2017
Le saviez vous ? La voiture est un ordinateur sur roues
Dossier   10/01/2017
Au secours, mon ordi est lent ! (5) : J'apprends à ne pas perdre mes données
Dossier   30/12/2016
Au secours, mon ordi est lent ! (4) : Je nettoie Windows à grands jets
Polémiquons   23/12/2016
Le Petit Geste de l'Année : je ne commande rien d'électronique au père noël
Le Petit Geste du Jour   11/12/2016
Le Petit Geste Du Jour : j'utilise un bloqueur de publicités
Dossier   27/11/2016
Au secours, mon ordi est lent ! (3) : J'apprends à ne pas polluer mon ordinateur
Dossier   14/11/2016
Au secours, mon ordi est lent ! (2) : Je dégage l'antivirus à coup de pied
Dossier   05/11/2016
Au secours, mon ordi est lent ! (1) : les souris vertes à la rescousse
Le Petit Geste du Jour   23/10/2016
Le Petit Geste Du Jour : j'utilise le mode avion même à pied
Système   16/10/2016
L'ordinateur portable est-il plus écologique ?
Le Petit Geste du Jour   02/10/2016
Le Petit Geste Du Jour : je gère la durée de vie de ma batterie
Club de lecture   17/09/2016
Les souris vertes ont lu pour vous : l'âge des low tech, de Philippe Bihouix
Système   21/08/2016
J'apprends à gérer mes mots de passe
Le Petit Geste du Jour   08/08/2016
Le Petit Geste Du Jour : j'arrête d'inclure les messages quand je réponds
Polémiquons   30/07/2016
Ecole et numérique font-ils bon ménage ?
Le Petit Geste du Jour   19/07/2016
Le Petit Geste du Jour : j'arrête d'écrire mes mails en HTML
Chamois d"or   10/07/2016
Le saviez vous ? Il est possible d'être informaticien sous Windows sans se pendre
Messagerie   04/07/2016
L'incarnation du mal : la pièce jointe dans les mails
Le Petit Geste du Jour   26/06/2016
Le Petit Geste Du Jour : Je réduis la luminosité de mon écran
Divers   18/06/2016
Stop à l'imprimante jetable
Dossier   12/06/2016
Grandeurs du monde numérique (6) : Réseaux en folie
Le Petit Geste du Jour   05/06/2016
Le Petit Geste du Jour : j'éteins ma box quand je ne m'en sers pas
Le saviez-vous ?   31/05/2016
Le saviez-vous : Google n'est pas le seul moteur de recherche ?
Dossier   25/05/2016
Grandeurs du monde numérique (5) : Dans la jungle des écrans
Le Petit Geste du Jour   20/05/2016
Le Petit Geste du Jour : je mets mes sites favoris... en favoris
Le Petit Geste du Jour   15/05/2016
Le Petit Geste du Jour : je change la page de démarrage de mon navigateur
Dossier   14/05/2016
Grandeurs du monde numérique (4) : Les spectaculaires performances des jeux vidéos
Le saviez-vous ?   12/05/2016
Le saviez-vous : à quoi sert l'économiseur d'écran ?
Dossier   08/05/2016
Grandeurs du monde numérique (3) : Monsieur Herz mesure la solitude du processeur
Dossier   06/05/2016
Grandeurs du monde numérique (2) : Octets et compagnie, les rois du stockage
Dossier   05/05/2016
Grandeurs du monde numérique (1) : c'est gros, c'est petit ?
Divers   04/05/2016
Les souris partent à l'aventure


MP  Mighty Productions
> Blogs
> Des Souris Vertes
 
RSS       Mentions légales       Comms  Haut de la page